Arabie saoudite: Le statut de résident privilégié offre de nouveaux avantages

Cette initiative a pour but de stimuler la transformation économique en cours dans le pays en créant des opportunités d’emploi et en encourageant le transfert de connaissances (Photo fournie).
Cette initiative a pour but de stimuler la transformation économique en cours dans le pays en créant des opportunités d’emploi et en encourageant le transfert de connaissances (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 11 janvier 2024

Arabie saoudite: Le statut de résident privilégié offre de nouveaux avantages

  • Cette initiative a pour but de stimuler la transformation économique en cours dans le pays en créant des opportunités d’emploi et en encourageant le transfert de connaissances
  • Dans la plupart des cas, les exigences générales relatives aux demandes s’appliquent

RIYAD: Afin d’attirer les talents internationaux et de diversifier son économie pour qu’elle soit moins dépendante du pétrole, l’Arabie saoudite a ajouté cinq nouveaux produits à son programme de résidence privilégiée.

Le programme, lancé en 2019, vise à permettre aux étrangers éligibles de vivre dans le Royaume et de bénéficier d’avantages tels que l’exonération du paiement des taxes pour les expatriés et les personnes à charge, l’exemption de visa pour les voyages internationaux et le droit de posséder des biens immobiliers et de gérer une entreprise sans avoir besoin d’un sponsor.

Cette initiative a pour but de stimuler la transformation économique en cours dans le pays en créant des opportunités d’emploi et en encourageant le transfert de connaissances, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Exigences spécifiques

Les produits de résidence, chacun assorti de conditions de qualification spécifiques, seront proposés dans des catégories telles que «talent spécial», «talentueux», «investisseur», «entrepreneur» et «propriétaire immobilier». Les frais de demande uniques pour chaque catégorie ont été fixés à 4 000 riyals saoudiens (1 riyal saoudien = 0,24 euro).

«Avec le lancement de ces cinq nouveaux produits de résidence privilégiée, nous ouvrons les portes d’un monde d’opportunités pour les professionnels et les investisseurs. Notre objectif est de contribuer à l’effort de l’Arabie saoudite en tant que destination privilégiée pour les talents et les investissements, contribuant ainsi de manière considérable à notre vision d’une économie diversifiée et basée sur la connaissance», a affirmé Mohammed al-Sultan, PDG du Premium Residency Center, à Arab News

«La collaboration avec nos partenaires stratégiques au sein de diverses entités gouvernementales a joué un rôle clé dans l’élaboration de ces produits de résidence. Nous proposons des produits bien conçus, qui vont au-delà des avantages de base, en proposant un environnement holistique à nos résidents privilégiés pour qu’ils puissent vivre, travailler et contribuer à l’avenir dynamique de l’Arabie saoudite», a souligné le haut responsable. 

«Nous avons restructuré les conditions d’éligibilité des membres de la famille à la résidence privilégiée, en incluant désormais les parents en tant que personnes à charge. Ce changement s’inscrit dans le cadre de nos efforts continus pour améliorer le programme de résidence», a-t-il ajouté à la presse locale.

Avantages

Les titulaires de permis pourront désormais obtenir le statut de résident privilégié pour les membres de leur famille, gérer des entreprises, effectuer des transferts d’argent sans frais et accueillir et inviter des membres de leur famille.

«Bien que chaque catégorie de permis de résidence ait sa propre période de validité, tous les détenteurs sont tenus de respecter les termes et conditions stipulés», a expliqué le PDG.

Dans la plupart des cas, les exigences générales relatives aux demandes s’appliquent, notamment la nécessité de détenir un passeport valide et une attestation médicale récente et de résider légalement en Arabie saoudite (pour les personnes qui déposent leur demande à l’intérieur du pays).

«Nous avons également fait passer l’âge limite des enfants à charge à 25 ans», a précisé Al-Sultan lors d’une interview accordée à Al-Ekhbariya.

Catégorie «investisseur»

L’option «investisseur» permettra à ceux qui investissent 7 millions de riyals saoudiens et créent au moins dix emplois au cours des deux premières années d’obtenir une résidence permanente directement. Les demandeurs recevront une autorisation d’investissement et devront également fournir un registre commercial et les statuts de la société.

Edgard Tawk, PDG et cofondateur d’Eurisko, société multinationale d’innovation numérique, a affirmé que ces «offres créent des opportunités passionnantes pour des investisseurs comme nous. Non seulement nous pouvons établir une présence en Arabie saoudite, mais nous pouvons aussi en faire notre siège stratégique.»

Il a ajouté que grâce à ces avantages supplémentaires, la résidence d’investisseur «est en passe de devenir une attraction très recherchée par les investisseurs régionaux et internationaux».

Commentant ces informations, George Haddad, producteur créatif et fondateur de Yellowcore Productions, basé en Arabie Saoudite, a déclaré: «En tant que producteur de films et de publicités télévisées, les nouvelles options de résidence privilégiée en Arabie saoudite offrent la possibilité d’accéder plus facilement à un marché en pleine croissance, de développer ses activités et de tirer parti de la croissance économique du pays.»

Haddad est optimiste quant à l’impact de ces nouvelles politiques sur la croissance globale de son secteur. «Il vous sera peut-être plus facile d’établir et de développer vos activités de production, d’accéder aux talents et aux ressources, et d’explorer les opportunités commerciales régionales et internationales dans le secteur du film et de la publicité télévisée.»

Catégorie «entrepreneur»

Cette catégorie permettra aux demandeurs de désigner deux membres du personnel en vue d’obtenir le statut de talents spéciaux.

La résidence d’entrepreneur de catégorie 1 est d’une durée fixe de cinq ans, renouvelable une fois (à condition de respecter les normes d’éligibilité et de vivre dans le Royaume pendant au moins trente mois au cours de ces cinq années). Les demandeurs doivent avoir obtenu un investissement minimum de 400 000 riyals de la part d’une organisation accréditée et doivent détenir au moins 20% des parts de la startup.

«Conformément à notre engagement, l’un des principaux critères pour la résidence d’entrepreneur est la création de possibilités d’emploi pour les citoyens saoudiens», a mentionné Al-Sultan.

La seconde catégorie accorde directement la résidence permanente à condition que l’entrepreneur crée au moins dix emplois la première année et dix emplois ou plus la deuxième année. Pour être éligible, un investissement minimum de 15 millions de riyals devra être présenté, ainsi que la preuve d’une participation de 10% dans l'entreprise.

Catégorie «propriétaire immobilier»

Ce plan de résidence sera lié à la propriété ou à l’usufruit d’un bien immobilier. Les critères comprennent la possession d’un bien immobilier d’une valeur minimale de 4 millions riyals saoudiens, libre de toute hypothèque existante ou future. La propriété ou l’utilisation d’un bien immobilier ne doit pas être liée à un financement immobilier, le bien immobilier détenu doit être résidentiel, aménagé et ne pas provenir d’un terrain non aménagé ou non amélioré. Enfin, le bien immobilier doit être évalué par des évaluateurs accrédités de l’autorité Taqeem du Royaume.

«Nous acceptons les demandes de toutes les nationalités. Notre objectif est de combler les lacunes en matière de compétences dans différents secteurs. Les candidats qui répondent à nos exigences et à nos objectifs sont donc encouragés à postuler», a déclaré le PDG du Premium Residency Center. 

Dans un premier temps, l’Arabie saoudite a lancé un programme de résidence d’une durée limitée d’un an, assorti d’une taxe annuelle de 100 000 riyals saoudiens et de l’obligation de prouver sa solvabilité financière. Par ailleurs, la résidence à durée illimitée coûte 800 000 riyals saoudiens pour obtenir la résidence permanente, toujours avec l’obligation de prouver la situation financière du demandeur.

«L’Arabie saoudite n’est pas seulement un lieu de travail et d’investissement, mais une terre d’opportunités où l’innovation, la culture et les affaires prospèrent ensemble. Ces nouveaux produits de résidence privilégiée sont notre invitation au monde à nous rejoindre dans notre parcours de transformation et de croissance», a indiqué Al-Sultan à Arab News.

Catégorie «talent particulier»

Pour bénéficier de cette option de résidence de cinq ans, les demandeurs doivent être des professionnels spécialisés dans les soins de santé et les sciences et gagner au moins 35 000 riyals saoudiens par mois, ou des chercheurs avec un salaire mensuel minimum de 14 000 riyals saoudiens.

Les cadres qui souhaitent obtenir le statut de talents particuliers devront avoir un contrat de travail de cadre supérieur, avec une rémunération mensuelle supérieure à 80 000 riyals saoudiens.

«Ces nouvelles résidences sont plus que de simples permis; elles constituent un engagement à façonner l’avenir de notre nation. En attirant des talents particuliers, des entrepreneurs et des investisseurs, non seulement stimulons-nous notre économie, mais nous enrichissons aussi notre paysage culturel et scientifique», a déclaré le PDG du Premium Residency Center.

Catégorie «talentueux»

Cette option couvrira une période fixe de cinq ans et sera divisée en deux catégories. Dans le premier cas, les candidats devront être nommés ou devront avoir reçu un prix approuvé par les ministères saoudiens de la Culture et du Sport. Dans le second cas, ils doivent remplir les critères d’éligibilité minimums approuvés par les deux ministères.

Todd Albert Nims, un ressortissant américain né en Arabie saoudite, s’est réjoui de la nouvelle: «L’Arabie saoudite est dans mon cœur. Elle m’a tant apporté pendant ma jeunesse. En tant que professionnel créatif dans les domaines du cinéma, du théâtre et des arts, je suis honoré d’avoir eu la chance de rendre la pareille en contribuant au développement de ces secteurs dans le Royaume après mon retour des États-Unis», a-t-il dit à Arab News.

Mohsin Ali Khan, contrôleur financier d’une société de jeux cloud à Riyad, a lui aussi exprimé un point de vue similaire. Il a souligné que le lancement des cinq nouvelles options de résidence privilégiée constitue un développement considérable dans le Royaume. Selon lui, l’afflux potentiel de talents spécialisés pourrait avoir un impact positif sur les initiatives de recherche et de développement dans le pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.


L'Iran vise les infrastructures pétrolières du Golfe et fait à nouveau flamber les cours

L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
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  • Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché
  • Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement

TEHERAN: L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques.

Ce conflit qui a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l'Iran a pris une échelle régionale et menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.

Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".

Mais au treizième jour du conflit, les dégâts dans les infrastructures pétrolières s'étendent. Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures, appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées provoquées par l'installation en feu.

A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient aussi en feu la veille après une attaque de drone, selon une vidéo publiée par l'AFP, tandis que l'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l'est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours

Boules de feu 

Une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort, tandis les sauveteurs recherchent plusieurs disparus, selon l'autorité portuaire.

La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.

Un porte-conteneurs a été à nouveau touché jeudi par un "projectile inconnu" au large des Emirats arabes unis, provoquant un "petit incendie" à bord, selon l'agence maritime britannique (UKMTO), après au moins trois bateaux touchés la veille.

Donald Trump a promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.

Signaux contradictoires 

"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.

Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.

La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.

L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".

En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.

Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, tandis que l'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de "futures cibles" de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle ou encore Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.

Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".

L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".

Frappes conjointes 

Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.

Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.

A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.

 

 


Flambée historique du pétrole, la guerre au Moyen-Orient fait s'envoler les cours de 30%

Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars. (Reuters)
Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars. (Reuters)
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  • Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s'envolait de 15,51%, à 104,96 dollars
  • Plus tôt dans les échanges asiatiques, il avait flambé de plus de 30% à 119,48 dollars

NEW YORK: Le baril de pétrole a flambé lundi de 30% en quelques heures et tutoyé brièvement 120 dollars, envolée historique dans un marché paniqué par la prolongation du conflit au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz et les dommages aux infrastructures énergétiques.

Envolée du brut, "petit prix à payer" selon Trump

Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s'envolait de 15,51%, à 104,96 dollars. Plus tôt dans les échanges asiatiques, il avait flambé de plus de 30% à 119,48 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gonflait de 17,42% à 108,82 dollars, après avoir dépassé dépassé 119 dollars.

Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI s'est apprécié de quelque 60%, du jamais vu sur une période aussi courte.

Même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu'à 130,50 dollars début mars 2022, n'avait pas provoqué de mouvements aussi violents.

Au dixième jour du conflit, les marchés de l'énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de l'offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste quasi-paralysé.

Alors que la flambée sans précédent des cours pénalise déjà les consommateurs américains, Donald Trump a rapidement réagi sur son réseau Truth Social, déclarant que ce coup de chaud était un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde".

Ormuz bloqué, production en berne

Certes, vendredi, l'Agence américaine de développement DFC a annoncé la mise en place d'un mécanisme de réassurance pour faciliter la couverture des risques liés au passage du détroit d'Ormuz, jusqu'à 20 milliards de dollars.

Les Etats-Unis collaborent actuellement avec des armateurs qui souhaitent faire sortir leurs tankers du Golfe persique, a insisté dimanche le ministre américain de l'Energie Chris Wright.

"Dans les premiers temps, ces navires seront probablement sous protection militaire américaine", a-t-il ajouté, prévoyant un retour du trafic à la normale "dans un avenir relativement proche".

Mais ces signaux n'ont pas suffi à rassurer: par peur d'attaques, la circulation reste quasi-paralysée dans le détroit --des informations de presse mentionnant seulement le passage de quelques navires s'identifiant comme chinois.

"Les perturbations de l'approvisionnement s'intensifient, les données de suivi des navires confirmant l'arrêt du trafic maritime", observe Lloyd Chan, de la banque MUFG, parlant de "choc pétrolier".

Surtout, l'extension du conflit exacerbe les inquiétudes sur la production d'hydrocarbures.

L'Arabie saoudite a notamment encore intercepté lundi plusieurs drones qui se dirigeaient vers le gisement de pétrole de Shaybah, dans le sud-est du pays, déjà attaqué la veille.

"Les Émirats arabes unis, le Koweït et l'Irak ont réduit leur production de pétrole, l'Irak annonçant une baisse d'environ 3 millions de barils/jour" et "les frappes israéliennes ciblant des installations de stockage de carburant clés en Iran renforcent les risques", souligne M. Chan.

Crainte d'un choc économique

En Asie, très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient, la flambée du pétrole a fait dévisser lundi les places boursières, de Tokyo à Taipei en passant par Séoul.

Particulièrement exposée, la Corée du Sud est le quatrième plus gros importateur de brut, et son économie repose sur une industrie tech très énergivore. le Japon est le cinquième plus gros pays importateur.

"Le Japon et la Corée sont des moteurs industriels géants qui fonctionnent au pétrole importé. Lorsque le prix du brut flambe, il se répercute directement sur les entreprises: les coûts des intrants explosent, les anticipations d'inflation grimpent", note Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Des signes de tensions apparaissent: la Chine a demandé la semaine dernière à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon Bloomberg. Et la presse nippone indique que Tokyo réfléchit à ouvrir ses réserves pétrolières stratégiques.

Les Etats-Unis pourraient également élargir la levée temporaire des sanctions sur le pétrole russe pour soulager le marché, après avoir accordé une première autorisation à l'Inde, jeudi.

Les ministres des Finances du G7 doivent par ailleurs se réunir en visioconférence lundi, et selon le Financial Times, ils pourraient discuter d'un possible recours coordonnée à leurs réserves pétrolières stratégiques respectives.

L'information contribuait à la modération de l'envolée du brut en fin d'échanges asiatiques.