L'Irak fustige une «agression» après les tirs de missiles iraniens

Vue d'un bâtiment endommagé suite à des attaques de missiles, à Erbil, en Irak, le 16 janvier 2024 (Photo, Reuters).
Vue d'un bâtiment endommagé suite à des attaques de missiles, à Erbil, en Irak, le 16 janvier 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 17 janvier 2024

L'Irak fustige une «agression» après les tirs de missiles iraniens

  • L'Irak est déjà aspiré par les tensions régionales provoquées par le conflit à Gaza et qui font craindre un embrasement entre les alliés des deux camps
  • Bagdad, grand allié de Téhéran mais également partenaire des Etats-Unis, doit se livrer à un exercice d'équilibriste

BAGDAD: L'Irak a condamné mardi une "agression" de sa souveraineté après des tirs iraniens de missiles sur la région autonome du Kurdistan, Téhéran défendant une opération "précise" contre un site présumé des renseignements israéliens, dans un contexte régional explosif.

Ces frappes, ayant tué "quatre civils" dans le nord de l'Irak selon des sources kurdes, interviennent sur fond de guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas depuis le 7 octobre.

Mardi soir à Davos (Suisse) où se tient la réunion annuelle du Forum économique mondial, le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani a déploré "un développement dangereux qui sape la relation solide entre l'Irak et l'Iran", dans des propos rapportés par l'agence de presse officielle Ina.

L'agence de presse officielle iranienne Irna a annoncé lundi soir que les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, avaient mené une attaque dans la périphérie d'Erbil, capitale du Kurdistan.

Selon elle, des missiles ont détruit "un quartier général" d'où opéreraient les services de renseignement d'Israël, qui n'a pas réagi dans l'immédiat à ces accusations.

A Bagdad, le ministère des Affaires étrangères a condamné "une agression visant la souveraineté de l'Irak et la sécurité de son peuple".

Il a convoqué le chargé d'affaires iranien pour lui remettre une "missive de protestation" et rappelé son ambassadeur à Téhéran "pour consultations".

L'Irak est déjà aspiré par les tensions régionales provoquées par le conflit à Gaza et qui font craindre un embrasement entre les alliés des deux camps.

Bagdad, grand allié de Téhéran mais également partenaire des Etats-Unis, doit se livrer à un exercice d'équilibriste: des groupes armés pro-Iran enchaînent les attaques contre les soldats américains déployés en Irak et en Syrie.

«Espions» israéliens

Les frappes à Erbil ont tué au moins "quatre civils" et fait six blessés, selon les autorités locales. Parmi les morts figurent un magnat de l'immobilier, Peshraw Dizayee, son épouse et d'autres membres de sa famille, leur domicile ayant été directement touché.

Chargé de l'enquête sur les frappes, le conseiller irakien à la sécurité nationale, Qassem al-Aaraji, a dénoncé mardi des "allégations fausses" concernant "la présence d'un QG du Mossad (service de renseignement extérieur, ndlr) israélien" à Erbil.

"Nous avons inspecté le lieu, visité chaque recoin de la maison. Tout indique qu'il s'agit de la maison d'un homme d'affaires" a assuré M. Aaraji.

La diplomatie iranienne a elle défendu une "opération précise et ciblée", assurant avoir "identifié" et "visé" les quartiers généraux des "criminels (...) en utilisant des armes de précision".

Les Etats-Unis proposent à l'Irak plus de coopération sécuritaire

Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale du président américain Joe Biden, a rencontré le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani et le Premier ministre du Kurdistan, Masrour Barzani, lors du Forum économique mondial à Davos.

Il a parlé avec al-Soudani de "l'attaque balistique irresponsable", selon un communiqué de la Maison Blanche.

Les deux hommes ont "évoqué l'importance de mettre fin aux attaques contre le personnel américain en Irak et en Syrie et se sont engagés à améliorer la coopération en matière sécuritaire dans le cadre d'un partenariat de défense durable et à long terme", selon le communiqué.

Dans la nuit, les Gardiens de la Révolution avaient assuré avoir détruit un des principaux quartiers généraux "des espions du régime sioniste (Mossad)", selon Irna.

Cette attaque intervient en représailles à des opérations récentes, attribuées à Israël, ayant éliminé des commandants iraniens ou alliés --et les opérations des Gardiens de la Révolution "se poursuivront jusqu'à ce que soit vengée la dernière goutte du sang des martyrs", selon Irna.

Le 2 janvier au Liban, une frappe avait tué le numéro deux du Hamas, Saleh al-Arouri, et six autres responsables et cadres du mouvement. Quelques jours plus tard, Wissam Tawil, un haut responsable militaire du Hezbollah libanais, était tué.

Fin décembre, Téhéran avait aussi accusé Israël d'avoir éliminé en Syrie le général de brigade Razi Moussavi, un important commandant de la Force Qods, la branche des opérations étrangères et l'unité d'élite des Gardiens.

«Opérations terroristes»

Si l'Irak criminalise tout contact avec Israël, des politiciens et hommes d'affaires à Erbil ont par le passé été accusés d'entretenir des contacts informels avec ce pays. Mais la ligne officielle du Kurdistan dément tout rapport avec Israël.

Mardi à Erbil, plusieurs centaines de personnes brandissant des drapeaux de la région autonome se sont rassemblées pour manifester contre les tirs de missiles.

Par ailleurs, en Syrie, les Gardiens de la Révolution ont annoncé sur leur site Sepah News avoir identifié et détruit "les lieux de rassemblement des commandants et des principaux éléments liés aux récentes opérations terroristes, en particulier l'Etat islamique" (EI).

Ils ont expliqué que cette attaque avait été menée en "représailles aux récents crimes de groupes terroristes", notamment à Kerman (sud).

Le 3 janvier, un attentat suicide y avait été perpétré lors d'une cérémonie commémorative près de la tombe du général Qassem Soleimani, architecte des opérations militaires iraniennes au Moyen-Orient, tué en janvier 2020 par une frappe américaine en Irak.

L'attaque, revendiquée par l'EI, avait fait environ 90 morts et de nombreux blessés.


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.

 

 

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.