Irak: Deux morts dans des frappes américaines contre des groupes armés pro-Iran

Sur cette image fournie par l'US Air Force, le lieutenant-colonel CQ Brown, Jr., pilote un F-16 Fighting Falcon en soutien à l'opération Southern Watch, en Irak, au début des années 2000 (Photo, AP).
Sur cette image fournie par l'US Air Force, le lieutenant-colonel CQ Brown, Jr., pilote un F-16 Fighting Falcon en soutien à l'opération Southern Watch, en Irak, au début des années 2000 (Photo, AP).
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Publié le Mercredi 24 janvier 2024

Irak: Deux morts dans des frappes américaines contre des groupes armés pro-Iran

  • Les frappes ont visé les Brigades du Hezbollah, turbulente faction affiliée aux anciens paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dans le secteur de Jurf al-Sakhr à une soixantaine de kilomètres au sud de la capitale Bagdad
  • Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin a confirmé dans un communiqué «des frappes nécessaires et proportionnées»

BAGDAD: Les Etats-Unis ont revendiqué des frappes menées tôt mercredi en Irak contre des sites tenus par des groupes armés pro-Iran et qui ont fait deux morts, des bombardements initiés en représailles aux attaques récurrentes visant les soldats américains dans le pays.

Selon des sources irakiennes, les frappes ont visé les Brigades du Hezbollah, turbulente faction affiliée aux anciens paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dans le secteur de Jurf al-Sakhr à une soixantaine de kilomètres au sud de la capitale Bagdad, ainsi que dans la région d'Al-Qaïm, à la frontière avec la Syrie voisine.

Les bombardements dans le secteur d'Al-Qaïm ont fait deux morts et deux blessés, ont indiqué à l'AFP un responsable au ministère de l'Intérieur irakien, et une source au sein du Hachd al-Chaabi, dont les hommes ont été intégrés aux forces régulières.

Les frappes américaines interviennent dans un contexte régional déjà explosif, alimenté par les répercussions de la guerre à Gaza entre Israël -- allié de Washington -- et le mouvement islamiste palestinien Hamas --soutenu par l'Iran.

Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin a confirmé dans un communiqué "des frappes nécessaires et proportionnées" menées en Irak contre "trois installations utilisées par les Brigades du Hezbollah" mais aussi "d'autres groupes affiliés à l'Iran.

Ces bombardements, a-t-il expliqué, sont "en réponse directe" à une série d'attaques menées par "des milices parrainées par l'Iran" contre les militaires américains et les troupes de la coalition internationale antidjihadistes en Irak et en Syrie.

Attaques de drones contre la coalition internationale antijihadistes

Plusieurs "drones d'attaques" ont été lancés mardi contre une base militaire de l'Ouest de l'Irak où sont stationnées des troupes de la coalition internationale antijihadiste, faisant "des blessés et des dégâts" selon un responsable militaire américain.

De son côté un responsable de sécurité irakien a assuré qu'un drone qui avait tenté d'atteindre cette base d'Aïn al-Assad, dans la province largement désertique d'Al-Anbar, avait été abattu.

"Plusieurs drones d'attaques ont été lancés contre la base aérienne d'Aïn al-Assad, en Irak. Les dernières informations font état de blessés et des dommages aux infrastructures. Nous n'avons pas encore d'autres détails", a indiqué à l'AFP un responsable militaire américain s'exprimant sous anonymat.

Dans un communiqué, la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse de combattants issus des groupes armés pro-Iran, a revendiqué "deux attaques distinctes" menées mardi avec des drones contre la base d'Aïn al-Assad, assurant agir en soutien aux Palestiniens de Gaza.,

Les frappes américaines «  n'aident pas à l'apaisement »

Les frappes américaines menées tôt mercredi dans deux secteurs en Irak "n'aident pas à l'apaisement", a réagi le conseiller irakien à la sécurité nationale, Qassem al-Aaraji, déplorant "une agression et une violation flagrante de la souveraineté irakienne".

"La partie américaine devrait faire pression pour stopper l'agression à Gaza plutôt que de cibler et bombarder les locaux d'une institution nationale irakienne", a-t-il ajouté, en allusion au Hachd al-Chaabi, les anciens paramilitaires pro-Iran qui sont officiellement intégrés aux forces irakiennes.

«Escalade du conflit»

De son côté, le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que les bombardements avaient visé des sites et des entrepôts utilisés par les Brigades du Hezbollah ainsi que des bases d'entraînement servant à l'initiation aux "roquettes, missiles et drones".

"Nous ne voulons pas une escalade du conflit dans la région", a encore assuré M. Austin, tout en avertissant que Washington était "tout à fait disposé à prendre des mesures supplémentaires pour protéger" le personnel américain.

Depuis la mi-octobre, plus de 150 attaques de drones ou tirs de roquettes ont visé des soldats américains et ceux de la coalition internationale déployée en Irak et en Syrie pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI).

Ces attaques ont été revendiquées par la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse de combattants issus des groupes armés pro-Iran.

Classées groupe "terroriste" par Washington et visées par des sanctions, les Brigades du Hezbollah ont déjà été ciblées ces dernières semaines par des bombardements. Le groupe a publiquement affiché sa participation et son soutien aux actions de la "Résistance islamique".

«Véritable menace»

Samedi déjà, la base d'Aïn al-Assad avait été visée par plusieurs salves de missiles. "C'était une attaque très sérieuse, utilisant des missiles balistiques qui ont posé une véritable menace", avait alors réagi Jon Finer, un des conseillers à la sécurité nationale du président américain Joe Biden, lors d'une interview sur ABC.

En représailles aux attaques contre son personnel militaire en Irak, Washington a déjà mené plusieurs frappes ces dernières semaines contre des groupes armés favorables à l'Iran dans le pays.

La situation oblige le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani à se livrer à un délicat exercice d'équilibriste. Porté au pouvoir par une coalition de partis pro-Iran, il cherche aussi à préserver les liens stratégiques unissant Bagdad à Washington.

Le chef du gouvernement a plusieurs fois réitéré son appel pour le retrait de la coalition internationale, estimant que mettre un terme à la mission de ces troupes étrangères était "une nécessité pour la sécurité et la stabilité" de son pays.

Washington compte environ 2.500 soldats en Irak et près de 900 en Syrie engagés avec la coalition internationale lancée en 2014 pour combattre l'EI.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.