Un an après l’assassinat de Soleimani, la menace iranienne fait planer le risque d’attentats

Soleimani a été tué dans une frappe de drone américaine le 3 janvier dernier après que son convoi a été attaqué à l’extérieur de l’aéroport de Bagdad (Photo/ AFP).
Soleimani a été tué dans une frappe de drone américaine le 3 janvier dernier après que son convoi a été attaqué à l’extérieur de l’aéroport de Bagdad (Photo/ AFP).
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Publié le Samedi 02 janvier 2021

Un an après l’assassinat de Soleimani, la menace iranienne fait planer le risque d’attentats

  • Une frappe terroriste iranienne contre les USA et leurs alliés dans le Golfe ou au Yémen est «très probable»
  • «Même Trump n'est pas à l’abri de la justice», déclare le chef du système judiciaire iranien Ebrahim Raissi

DJEDDAH : Les États-Unis et leurs alliés du Golfe ont été avertis de se préparer à des attentats terroristes menés par l’Iran après que Téhéran les a menacés de revanche à la veille du premier anniversaire de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani.

Avec l’intensification des tensions entre les États-Unis et l’Iran dans la région, Ismael Qaani, commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et successeur de Soleimani, a menacé jeudi de se venger et de tuer le président américain Donald Trump et d’autres responsables.

Soleimani a été tué dans une frappe de drone américaine le 3 janvier de l’année dernière après que son convoi a été attaqué à l’extérieur de l’aéroport de Bagdad.

À la suite d’une série de menaces voilées de Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé vendredi le président américain de trouver des excuses pour attaquer l’Iran et a averti que Washington « paierait pour toute aventure possible » dans la région, tandis que le chef du système judiciaire iranien, Ebrahim Raissi, a affirmé que « même Trump n'est pas à l’abri de la justice ».

En ce qui concerne les menaces, le Dr Hamdan Al-Shehri, analyste politique et spécialiste des relations internationales, a déclaré qu’une frappe terroriste iranienne contre les États-Unis ou l’un de leurs alliés dans le Golfe ou au Yémen était «très probable».

Cependant, il a mentionné que tous les attentats seraient limités en raison de la volonté des États-Unis de contrer le régime de Téhéran.

Le Dr Al-Shehri a dit à Arab News que les États-Unis, plus que toute autre puissance mondiale, devait intensifier leurs mesures de dissuasion pour mettre fin au comportement agressif de l’Iran.

Les États-Unis souffrent des actions terroristes iraniennes depuis 1977, lorsque leur ambassade à Téhéran a été envahie par une milice iranienne, a-t-il expliqué.

«Le silence des États-Unis pour plus de 40 ans a permis à l’Iran de se développer, de former des milices et des cellules terroristes, voire même d’améliorer ses relations avec de nombreux pays, qui soutiennent maintenant Téhéran dans la pratique du terrorisme, notamment contre les États-Unis ».

Il a averti que la « clémence » américaine aiderait l’Iran à continuer de menacer la région et le monde, « en particulier au niveau nucléaire ».

Le Dr Al-Shehri a indiqué que les menaces de l’Iran étaient dirigées contre les alliés des États-Unis dans la région et contre les médias révolutionnaires iraniens.

«Si vous me demandez quels sont les propos que nous devons prendre au sérieux, je dirais ceux de Qaani. Il est le fer de lance de Téhéran et celui qui contrôle tout dans le pays».

Il a ajouté que Qaani devrait être tenu responsable pour ses menaces contre le président américain et pour avoir fait allusion à un attentat terroriste aux États-Unis.

Le Commandement central américain a déclaré mercredi qu’il avait envoyé deux bombardiers B-52 au Moyen-Orient « pour souligner l’engagement des États-Unis envers la sécurité régionale ».

Deux jours pus tôt, un sous-marin nucléaire de la marine américaine a traversé le détroit d’Ormuz et est entré dans le golfe Persique lors de la dernière démonstration de force militaire de Washington.

Selon le Dr Al-Shehri, «Si les forces américaines n’agissent pas aujourd’hui contre l’Iran, elles ne le feront jamais, surtout avec le changement de l’administration américaine et la situation actuelle dans le monde».

«C’est le moment idéal pour sanctionner l’Iran pour toutes ces activités terroristes», a-t-il ajouté.

Le Dr Al-Shehri a indiqué que Téhéran tentait d’exercer une pression sur les décideurs américains, notamment ceux de la nouvelle administration.

«Elle veut dire à l’administration de Joe Biden que le meilleur moyen de traiter avec Téhéran est de l’apaiser», a souligné l’analyste politique.

«Biden ne sera probablement pas un autre Obama, mais il ne sera sûrement pas un autre Trump face à Téhéran», selon le Dr Al-Shehri.

Les tensions entre Washington et Téhéran ont commencé à s’intensifier depuis 2018, lorsque Trump s’est retiré de l’accord sur le nucléaire iranien et a réimposé des sanctions paralysantes.


Gaza: 400 tonnes d'aide alimentaire envoyées par la France arrivent en Egypte

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
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  • L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber
  • Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza

PORT-SAID: Un porte-conteneur transportant près de 400 tonnes d'aide alimentaire envoyée par la France à Gaza est arrivé mercredi sur les côtes égyptiennes, ont annoncé le gouverneur de Port-Saïd et l'ambassade française en Egypte.

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich, la ville la plus proche du territoire palestinien, dans le nord de l'Egypte.

L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber.

Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza.

L'aide est destinée à "plus de 42.000 enfants âgés de 6 mois à 2 ans", a indiqué l'ambassade française dans un communiqué, sans dire quand la marchandise devait arriver à Gaza.

M. Habachi a assuré dans un communiqué de son bureau que "toutes les dispositions ont été prises pour garantir le passage fluide" du convoi humanitaire français vers Gaza.

"Il est impératif qu'Israël supprime tous les obstacles entravant la capacité de l'ONU et des ONG à acheminer l'aide humanitaire de manière indépendante et neutre dans l'ensemble de la bande de Gaza", a indiqué l'ambassade.

Affrété par la fondation de l'armateur français CMA CGM, le paquebot Tokyo qui transporte l'aide était parti du Havre mi-janvier, selon l'ambassade.

Le point de passage de Rafah --le seul entre Gaza et le monde extérieur qui ne passe pas par Israël-- a rouvert cette semaine au compte-gouttes.

Les autorités israéliennes, qui l'avaient fermé en mai 2024, n'ont pas accepté pour l'heure l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.

Jusqu'à présent, quelques dizaines de Palestiniens l'ont emprunté dans les deux sens, essentiellement des malades ou des blessés évacués vers l'Egypte et accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer les termes de l'accord de cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Mercredi, des bombardements israéliens ont fait 23 morts dans le territoire palestinien, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Après le cessez-le-feu, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome, avait déclaré que la famine était terminée à Gaza, mais avait alerté sur des niveaux élevés d'insécurité alimentaire.


Nouvelles frappes israéliennes meurtrières à Gaza

Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
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  • Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens
  • "Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant

GAZA: Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Le poste frontalier de Rafah avec l'Egypte, seul accès vers le monde extérieur pour les habitants du territoire assiégé par Israël, reste pendant ce temps entrouvert sous de très strictes conditions.

Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens.

"Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant, Abou Mohammed Haboush, dont le fils a été tué à Gaza-ville, dans le nord. "De jeunes enfants ont été tués, mon fils et mon neveu sont parmi les morts", a-t-il ajouté.

Des images de l'AFP dans cette ville ont montré des proches de victimes priant dans l'enceinte de l'hôpital Al-Chifa, où étaient allongés des corps enveloppés de linceuls blancs.

Un secouriste tué 

Le directeur de l'hôpital, Mohammed Abu Salmiya, a déclaré que 14 morts et des dizaines de blessés y avaient été transportés. Il a dénoncé "une situation extrêmement difficile dans les hôpitaux du territoire, en raison des graves pénuries de médicaments et d'équipements".

D'autres frappes ont visé le secteur d'Al-Mawasi à Khan Younès, dans le sud de Gaza, où des dizaines de milliers de déplacés vivent sous des abris de fortune.

Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé la mort d'un de ses secouristes, Hassan Hussein Al-Samiri, durant une intervention pour évacuer des blessés dans cette zone.

L'armée a déclaré avoir tué mercredi dans une frappe dans le sud de Gaza un commandant du Hamas, Bilal Abou Assi, présenté comme le chef du commando auteur d'un assaut contre le kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023, lors des attaques qui ont déclenché la guerre.

Elle a indiqué avoir mené cette frappe en riposte à des tirs qui ont blessé un officier dans le nord de Gaza.

L'armée a aussi annoncé avoir tué un commandant du Jihad islamique, Ali Raziana, ainsi que le chef d'une "cellule terroriste" du Hamas, Muhammad Issam Hassan al-Habil, accusé d'être l'auteur du meurtre d'une soldate israélienne, Noa Marciano, prise en otage le 7 octobre 2023.

Elle a assuré avoir pris des mesures "afin de limiter autant que possible les dommages aux civils".

"Retrouver mon pays" 

Dans ce contexte de trêve très précaire, Israël avait accepté de rouvrir partiellement lundi le passage de Rafah, fermé depuis mai 2024.

Seuls quelques dizaines de Palestiniens de Gaza ont transité jusqu'à présent dans les deux sens, essentiellement des malades ou blessés évacués vers l'Egypte, accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Pendant la nuit, un autocar transportant des Palestiniens de retour d'Egypte est arrivé à Khan Younès, selon des images de l'AFP. Des femmes et des enfants en sont descendus, accueillis par leurs proches impatients de les serrer dans leurs bras.

"Je ne peux décrire ce que je ressens", a confié une Palestinienne, Fariza Barabakh. "Je suis si heureuse de retrouver mon mari, mes enfants, ma famille, mes bien-aimés, et bien sûr, retrouver mon pays".

"Le sentiment d'appartenir à une terre est plus important que tout autre", a-t-elle ajouté.

Aux termes du plan de Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, le passage de Rafah devait rouvrir une fois libérés les derniers otages retenus à Gaza.

Mais les autorités israéliennes n'ont pas accepté pour l'heure de rouvrir totalement la frontière, comme réclamé par les organisations humanitaires pour permettre un afflux de l'aide internationale.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 556 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le 10 octobre, tandis que l'armée a annoncé avoir perdu quatre soldats.

 


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
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  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com