Des prévisions moroses pour les médias turcs en 2021

Une nouvelle vague de censure a déferlé sur les médias turcs au début de la nouvelle année, annonçant ainsi des jours difficiles pour le journalisme indépendant du pays. (Dossier/AFP)
Une nouvelle vague de censure a déferlé sur les médias turcs au début de la nouvelle année, annonçant ainsi des jours difficiles pour le journalisme indépendant du pays. (Dossier/AFP)
Short Url
Publié le Samedi 02 janvier 2021

Des prévisions moroses pour les médias turcs en 2021

  • Selon l'Association des journalistes turcs, les Turcs ont été privés du droit d'accès à l'information en 2020
  • La Turquie figure parmi les pays qui comptent le plus grand nombre de journalistes détenus

ANKARA : Une nouvelle vague de censure a déferlé sur les médias turcs au début de la nouvelle année, annonçant ainsi des jours difficiles pour le journalisme indépendant du pays.


Jeudi, les procureurs ont demandé une peine allant jusqu'à 158 ans de prison pour Baris Pehlivan et Baris Terkoglu - respectivement rédacteur en chef et directeur de l'information du site de nouvelles indépendant Oda-TV. Les deux hommes sont accusés de plusieurs infractions relatives à leur nouveau livre qui porte sur la politique intérieure de la Turquie.

En effet, les deux journalistes font actuellement l’objet de 14 enquêtes en raison de plaintes pénales déposées principalement par les avocats du président Recep Tayyip Erdogan pour dénoncer les allégations avancées dans le livre.


L'année dernière, Pehlivan et Terkoglu ont été poursuivis en justice en raison de leur reportage sur les funérailles d'un espion turc tué en Libye. Dans cette affaire, les procureurs ont demandé respectivement 63 et 95 ans de prison. 


Lors d'un autre procès qui a eu lieu en septembre, les deux journalistes ont été accusés d'avoir révélé l'identité d'un officier de renseignement – préalablement dévoilée par un député turc lors d'un discours parlementaire –. Dans ce procès, Terkoglu a été acquitté de toutes les charges retenues contre lui, tandis que Pehlivan a été libéré en attendant l'appel.

« Au nom de mon pays et de la loi, je suis malheureux mais je suis également heureux que cela ait soutenu les faits que j'ai dénoncés dans mon livre », a déclaré Pehlivan à la presse après l'audience de jeudi.


Ce livre co-écrit par les deux journalistes a suscité la colère du gouvernement dans la mesure où il porte principalement sur le contrôle de l'appareil d'État et de la sphère judiciaire des communautés religieuses.


« C'est un tournant décisif pour la liberté d'expression », a déclaré jeudi l'avocat de la défense, Rusen Gultekin.


Entre-temps, M. Erdogan a visé vendredi un journal qui avait critiqué le gouvernement.


« Je ne lis pas le quotidien Sozcu. Personne ne l'achète », a-t-il déclaré à la presse après la prière du vendredi. « Sainte-Sophie est l'étoile de 2020 », a-t-il poursuivi, faisant référence à la couverture par le journal de la réouverture de la mosquée historique Sainte-Sophie pour les prières.


L'Association des journalistes turcs (TGC) a publié un communiqué de presse jeudi, dans lequel elle affirme que les Turcs ont été privés de leur droit d'accès à l'information en 2020.


« Nous espérons que les obstacles qui freinent la liberté d'expression et les médias (libres) seront levés cette année et que les journalistes pourront ... transmettre la vérité », selon le communiqué.

La Turquie figure parmi les pays qui comptent le plus grand nombre de journalistes détenus et occupe la 154e  place sur 180 pays en termes de liberté des médias, selon Reporters sans frontières.

Olay TV, une chaîne de télévision turque privée qui transmet l'opinion de l'opposition, a récemment été contrainte de fermer ses portes, après à peine 26 jours d’ouverture, laissant ainsi 160 personnes sans emploi.

Selon une nouvelle enquête menée par l'Université Bilgi d'Istanbul et le German Marshall Fund des États-Unis, intitulée « Dimensions de la polarisation en Turquie (2020) », un cinquième des citoyens turcs font confiance aux médias. Plus de 90 % des médias principaux en Turquie sont désormais sous le contrôle de conglomérats étroitement liés au gouvernement.


La semaine dernière, un tribunal d'Istanbul a condamné le journaliste exilé en Allemagne, Can Dundar, à 18 ans et neuf mois de prison pour espionnage, et à huit ans et neuf mois pour avoir « aidé une organisation terroriste, sans en être membre ».

Le 10 décembre, Ufuk Ceri, un journaliste travaillant pour la chaîne de nouvelles indépendante Medyascope, a été arrêté alors qu’il couvrait une manifestation d’employés licenciés d’une compagnie aérienne appartenant à des membres de la famille du ministre turc du Tourisme. Ceri a été libéré sans aucune charge.


En novembre, M. Erdogan a fait part de son intention de réformer le système juridique turc afin d'améliorer la situation des droits de l'homme dans le pays. Cependant, aucune mesure concrète susceptible d’accroître la liberté d'expression des médias n'a été prise à ce jour.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 

 


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
Short Url
  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.