Le Premier ministre thaïlandais: la Thaïlande est «ouverte aux affaires» et l’Arabie saoudite offre une énorme potentiel

Le Premier ministre Srettha Thavisin, au centre, salue des touristes dans le quartier chinois de Bangkok le jour du Nouvel An chinois, une fête importante. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha Thavisin, au centre, salue des touristes dans le quartier chinois de Bangkok le jour du Nouvel An chinois, une fête importante. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha Thavisin (G) s’est entretenu avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha Thavisin (G) s’est entretenu avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
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Publié le Lundi 12 février 2024

Le Premier ministre thaïlandais: la Thaïlande est «ouverte aux affaires» et l’Arabie saoudite offre une énorme potentiel

  • Srettha Thavisin affirme que c’est son travail de voyager et de «vendre» la Thaïlande au monde entier
  • Il salue les réformes saoudiennes et évoque les possibilités de renforcer les liens entre les deux pays et appelle les dirigeants du monde entier à mettre en œuvre un cessez-le-feu à Gaza

BANGKOK: Rien n’est probablement plus symbolique de l’équilibre délicat que la Thaïlande maintient entre l’Orient et l’Occident que le fait que le Premier ministre thaïlandais ait proposé à Arab News de l’interviewer au Starbucks local, dans le quartier chinois, le jour du Nouvel An chinois, une fête importante.

Mais Srettha Thavisin n’est pas un politicien comme les autres. Avant de devenir Premier ministre, il était un homme d’affaires prospère, connu pour gérer son emploi du temps avec la régularité d’une montre suisse. En fait, il lance immédiatement la conversation en déclarant que son travail consiste à «vendre la Thaïlande», ce qui, selon lui, n’était pas le cas dans le passé. Aujourd’hui, près de six mois après son entrée en fonction, le magnat de l’immobilier devenu homme politique affirme que sa priorité absolue est de voyager et de dire au monde entier que son pays est ouvert aux affaires.

«Les gens ne connaissent pas le monde des affaires en Thaïlande parce que, pendant les neuf ou dix dernières années, la Thaïlande n’est pas allée à l’extérieur pour vendre la Thaïlande. Cependant, depuis que j’ai pris mes fonctions (en août de l’année dernière), ma priorité absolue est de voyager et de dire au monde que la Thaïlande est ouverte aux affaires, que ce soit pour l’investissement et le commerce ou pour l’échange de personnes comme le tourisme, l’éducation et l’assistance technique», assure-t-il.

Sans exagération (ou plutôt parce que c’est à l’œuvre qu’on connaît l’artisan), Srettha est venu à la réunion avec un T-shirt rouge, la couleur traditionnelle du Nouvel An chinois. Lorsque nous sommes sortis du café américain pour entrer dans le quartier chinois animé, il a été assailli par les touristes et les habitants, certains Chinois, d’autres Européens et de nombreux Thaïlandais. Une famille danoise est repartie très heureuse d’avoir réussi à prendre un selfie inattendu avec le Premier ministre du royaume.

M. Srettha plaisante en se référant à une tradition locale qui veut que l’on ne travaille pas le jour du Nouvel An chinois : «Les gens disent que si l’on travaille le jour du Nouvel An chinois, on doit travailler dur toute l’année. Mais je travaille car chaque année, même lorsque je prends un congé pour le Nouvel An, je dois travailler dur tous les jours.»

Lorsqu’on lui demande comment la Thaïlande parvient à maintenir un équilibre dans ses liens avec l’Orient et l’Occident, notamment parce que la Chine (son deuxième partenaire commercial, avec une composante ethnique et une influence culturelle) ne s’entend pas avec les États-Unis (le premier partenaire commercial de Bangkok, qui coopère également en matière de sécurité), il répond : «Nous sommes un pays neutre. Nous ne sommes en conflit avec personne ici. Vous voyez des Européens de l’Est, des Russes, des Chinois, des Indiens, des Japonais, des Coréens, des Européens et des Américains.»

«En raison de notre position diplomatique, nous ne faisons pas partie du conflit. Nous croyons en une paix durable et en une prospérité commune.» 

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin en marge du sommet CCG-ASEAN à Riyad, le 20 octobre 2023. (SPA/Photo d'archives)
Le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin faisait partie de la délégation de l'ANASE lors de la réunion des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est qui s'est tenue à Riyad en octobre dernier. Pour le Premier ministre Srettha, la priorité absolue est de voyager et de dire au monde que son pays est ouvert aux affaires. (Photo SPA)

Évoquant les avantages de l’investissement dans son pays, M. Srettha a expliqué que pour attirer des travailleurs expatriés qualifiés, il fallait leur fournir des services de qualité.

«C’est très important pour les hommes et femmes d’affaires», affirme-t-il. «Par exemple, il faut de bonnes écoles internationales. Les expatriés, comme vous, viennent avec leur famille. Où leurs enfants vont-ils à l’école ? Nous devons faire en sorte d’avoir d’excellentes écoles internationales.»

En tant qu’ancien homme d'affaires, il sait clairement où se trouvent les principales opportunités, et le pays qui figure en tête de liste est l’Arabie saoudite. En fait, cette interview avec Arab News a été demandée, à l’origine, pour marquer le deuxième anniversaire du rétablissement des relations entre l’Arabie saoudite et la Thaïlande, suspendues du début des années 1990 jusqu’en janvier 2022 en raison d’un incident diplomatique.

Depuis la réconciliation, les relations se sont considérablement améliorées, favorisant les échanges commerciaux, les investissements et les relations interpersonnelles. Toutefois, M. Srettha estime qu’il existe un grand potentiel d’approfondissement des liens, ayant été très impressionné par ce qu’il a vu lors d’une visite dans le Royaume en octobre dernier.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin en marge du sommet CCG-ASEAN à Riyad, le 20 octobre 2023. (SPA/Photo d'archives)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin en marge du sommet CCG-ASEAN à Riyad, le 20 octobre 2023. (SPA/Photo d'archives)

«Je me suis entretenu avec la Saudi Basic Industries Corporation (Sabic)», dit-il. «Ils veulent faire tout ce qui concerne l’agriculture. Je me suis entretenu avec Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde, avec le PIF, le fonds souverain, et avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.»

«J’ai été stupéfait par l’ampleur de ce que vous essayez de faire et par le potentiel du pays. Encore une fois, les investissements transfrontaliers que vous avez réalisés dans le monde entier sont une source d’admiration et d’inspiration pour le reste du monde.»

«Vous n’avez pas seulement la puissance financière. Vous avez la capacité de déterminer ce que vous n’avez pas et d’essayer de l’obtenir pour votre pays. Par exemple, la sécurité alimentaire est très importante.»

«La logistique, The Line (le projet phare de Neom), l’aéroport de Riyad — votre aéroport sera deux fois plus grand que celui de Dubaï dans les dix prochaines années. C’est admirable. C’est vraiment admirable.» 

Rappelant les politiques environnementales de l’Arabie saoudite, notamment l’Initiative verte saoudienne (SGI), qui vise à planter 10 milliards d’arbres dans le Royaume au cours des prochaines années, M. Srettha a indiqué qu’il s’agissait d’un domaine dans lequel la Thaïlande pouvait apporter son soutien, notamment en exportant de jeunes arbres destinés à être replantés.

Le projet de verdissement de l’Arabie saoudite vise à planter 10 milliards d’arbres dans le cadre de l’initiative verte saoudienne. (Photo fournie)
Le projet de verdissement de l’Arabie saoudite vise à planter 10 milliards d’arbres dans le cadre de l’initiative verte saoudienne. (Photo fournie)

La Thaïlande exporte beaucoup de main-d’œuvre. Les travailleurs thaïlandais sont présents dans le monde entier, dans de nombreux secteurs, et sont réputés pour leur éthique de travail et leur amabilité. Environ 8000 travailleurs thaïlandais se trouvent actuellement en Arabie saoudite. Le réchauffement des relations entre les deux pays signifie que ce nombre pourrait rapidement augmenter.

Selon M. Srettha, la récente escalade du conflit entre Israël et le Hamas a fortement ébranlé l’un des marchés les plus lucratifs pour la main-d’œuvre thaïlandaise qualifiée, à savoir Israël. Lors de l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre dernier, environ 1200 personnes ont été tuées, dont au moins 39 ressortissants thaïlandais. Les combattants ont pris en otage quelque 240 personnes, dont 32 travailleurs thaïlandais.

Jusqu’à présent, 23 d’entre eux ont été libérés dans le cadre d’un accord distinct entre la Thaïlande et le Hamas, négocié par des tiers. Le Premier ministre thaïlandais souhaite que les otages restants soient libérés.

«Sommes-nous impliqués dans le conflit ? Nous ne sommes pas impliqués dans le conflit. Tout ce que nous voulons, c’est la paix et la prospérité communes. Tout ce que nous voulons, c’est la sécurité pour notre peuple. Tout ce que nous voulons, c’est la libération des huit otages restants. À ce jour, nous ne savons toujours pas s’ils sont en vie», ajoute-t-il.

«Faut-il nous blâmer ? Non. Nous sommes allés là-bas pour contribuer au développement de l’économie. Ce ne sont pas des espions. Ils étaient sur le terrain.»

Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, est vu sur un écran d’affichage alors qu’il s’adresse aux ressortissants thaïlandais libérés par leurs ravisseurs du Hamas à leur arrivée à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, le 30 novembre 2023. (Photo, AFP)
Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, est vu sur un écran d’affichage alors qu’il s’adresse aux ressortissants thaïlandais libérés par leurs ravisseurs du Hamas à leur arrivée à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, le 30 novembre 2023. (Photo, AFP)

Malgré les torts causés aux ressortissants thaïlandais lors de l’attaque du 7 octobre, la Thaïlande s’est jointe à d’autres pays pour demander à Israël de cesser sa campagne de représailles dans la bande de Gaza, s’en tenant fermement à sa politique de neutralité.

«Nous voulons un cessez-le-feu», insiste M. Srettha. «(Lorsque je m’adresse aux dirigeants du monde, je leur demande) : “Comment mettre fin au conflit ?”»

«Comment pouvons-nous parler d’énergie verte ? Comment pouvons-nous parler de développement économique ? Comment peut-on parler d’échanges et de commerce alors que des gens meurent ? Ce n’est pas juste. Ce n’est tout simplement pas juste.»

Le conflit entre Israël et le Hamas n’est pas le seul conflit régional où les travailleurs thaïlandais ont eu besoin d’être rapatriés. Lorsque la crise a éclaté au Soudan le 15 avril dernier, l’Arabie saoudite a ouvert son espace aérien pour permettre à l’armée de l’air thaïlandaise d'évacuer ses ressortissants de ce pays d’Afrique de l’Est ravagé par la guerre.

«Nous sommes reconnaissants à l’Arabie saoudite pour cela», déclare M. Srettha. 

Sur cette photo prise le 3 mars 2022, des responsables saoudiens accueillent des pèlerins thaïlandais arrivant à l’aéroport international du roi Abdelaziz de Djeddah à bord du premier avion de la compagnie Saudia à relier directement la Thaïlande à l’Arabie saoudite après une interruption de trois décennies. (X : @HajMinistry)
Sur cette photo prise le 3 mars 2022, des responsables saoudiens accueillent des pèlerins thaïlandais arrivant à l’aéroport international du roi Abdelaziz de Djeddah à bord du premier avion de la compagnie Saudia à relier directement la Thaïlande à l’Arabie saoudite après une interruption de trois décennies. (X : @HajMinistry)

Quelque 5% de la population thaïlandaise est musulmane. Chaque année, des milliers de Thaïlandais se rendent en Arabie saoudite pour accomplir le pèlerinage du Hajj. Ce phénomène s’est poursuivi même pendant les longues années où les liens entre les deux pays ont été rompus.

«Des millions et des millions de personnes se rendaient à La Mecque», raconte M. Srettha.

Les Thaïlandais musulmans qui se sont adressés à Arab News souhaitent que le gouvernement augmente le quota de pèlerins autorisés à se rendre en Arabie saoudite pour le pèlerinage et ainsi que le nombre de vols proposés.

«Je ne suis pas au courant qu’ils n’ont pas assez de quotas. Évidemment, leurs vols sont déjà prêts à être assurés. En tant que gouvernement issu du peuple, nous devons être à l’écoute des besoins de la population», souligne-t-il.

Le Premier ministre Srettha a reçu des dattes de la part du rédacteur en chef d’Arab News, Faiçal J. Abbas, après une interview dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)
Le Premier ministre Srettha a reçu des dattes de la part du rédacteur en chef d’Arab News, Faiçal J. Abbas, après une interview dans un Starbucks du quartier chinois de Bangkok, samedi, à l’occasion du Nouvel An chinois. (Photo AN, Abdelrahman Fahad ben Shulhub)

Les provinces du sud de la Thaïlande, à majorité musulmane, ont connu des décennies de troubles. C’est pourquoi M. Srettha explique que son gouvernement s’efforce de soutenir l’économie locale du sud afin d’encourager la stabilité.

«Si vous suivez la Thaïlande depuis longtemps, vous constaterez qu’il y a un problème dans l’extrême sud, dans les trois ou quatre provinces de l’extrême sud, et qu’il y a eu des troubles récemment», précise-t-il.

«J’aimerais que davantage de personnes vivant dans les zones rurales tirent des revenus plus importants des produits agricoles.»

M. Srettha souhaite que les citoyens jouissent de plus de libertés individuelles et d’une plus grande prospérité.

«Je souhaite le bien-être de la population en général et plus d’argent dans les poches», dit-il. «Libérez votre cœur pour faire ce que vous voulez, être ce que vous voulez être.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump dit qu'il va déclarer que le détroit d'Ormuz est "un territoire des Etats-Unis"

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  • Donald Trump affirme que le détroit d’Ormuz pourrait devenir un « territoire américain » après la défaite de l’Iran, une déclaration que la Maison Blanche présente comme une plaisanterie
  • Trump assume la guerre contre l’Iran malgré la hausse de plus de 35 % du prix de l’essence aux États-Unis, tandis que Téhéran affirme qu’Ormuz « restera iranien »

Garden City, États-Unis: Donald Trump a dit vendredi qu'une fois l'Iran battu, il déclarerait le très stratégique détroit d'Ormuz comme un "territoire des Etats-Unis", sur un ton laissant penser qu'il plaisantait.

Il a aussi défendu sa décision d'entrer en guerre pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, disant qu'il ne s'"excuserait jamais" pour cela en dépit de la hausse du prix du carburant subie par les Américains.

"Une fois que nous aurons fini de battre l'Iran (...), bientôt je déclarerai le détroit d'Ormuz comme étant un territoire des Etats-Unis", a dit le président américain, avec un petit sourire, pendant un meeting à Garden City, près de New York.

Donald Trump répète que les Etats-Unis ont le "contrôle" du détroit d'Ormuz, une affirmation que Téhéran a qualifiée de "mensonge".

Selon Brian Schwartz, un journaliste du Wall Street Journal qui cite sur X un haut responsable de la Maison Blanche, le président "plaisantait" en disant qu'Ormuz deviendrait un "territoire américain".

Samedi matin, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a réagi à la déclaration du président américain en assurant sur X que le détroit d'Ormuz "restera iranien".

"Le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l'Iran. Tant que vous refuserez d'accepter la réalité de votre défaite et que vous continuerez à vous bercer d'illusions, l'Iran continuera à imposer un blocus", a déclaré M. Gharibabadi.

"Le détroit d'Ormuz ne peut pas être pris d'assaut avec un tweet ou un porte-avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale", a également martelé le responsable iranien.

Dans les faits, ce passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, alors que les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

L'Iran n'aura "jamais l'arme nucléaire", a aussi affirmé Donald Trump.

"Si vous devez payer un peu plus" pour l'essence, "c'est ok. (...) Je ne m'excuserai jamais. J'ai pris la bonne décision", a-t-il déclaré.

Par rapport au niveau d'avant la guerre, le prix de l'essence aux Etats-Unis s'affichait vendredi en hausse de plus de 35%.

Le conflit est impopulaire et le mécontentement des ménages face au coût de la vie vaut à la cote de popularité de Donald Trump d'avoir fortement baissé.

Cette défense du conflit en Iran vient juste après que le vice-président JD Vance a tenu un discours un peu différent sur les objectifs poursuivis.

"Le pétrole a baissé et il est beaucoup plus bas que les sommets atteints au début du conflit. Voilà l'objectif numéro un, faire en sorte que le pétrole et l'essence restent bon marché pour les Américains", a-t-il dit sur la chaîne Fox News.

"Et ensuite l'objectif numéro deux est évidemment d'assurer que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire", a ajouté JD Vance, en déclarant: "Je pense que nous sommes en train de réaliser ces deux objectifs."


Washington menace l'Iran d'un isolement «jamais vu», loin des promesses d'accord sur Ormuz

Une photo d'archive non datée, diffusée le 11 novembre 2020 par KNPC, une filiale de la Kuwait Petroleum Corporation, montre l'unité de distillation du brut de la raffinerie de Mina Abdullah, située dans le quartier de Fahaheel, à environ 35 kilomètres au sud de Koweït City. (AFP)
Une photo d'archive non datée, diffusée le 11 novembre 2020 par KNPC, une filiale de la Kuwait Petroleum Corporation, montre l'unité de distillation du brut de la raffinerie de Mina Abdullah, située dans le quartier de Fahaheel, à environ 35 kilomètres au sud de Koweït City. (AFP)
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  • Le ton a changé en quelques jours: le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran "aujourd'hui ou demain" pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d'hydrocarbures
  • Ces propos rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole

WASHINGTON: Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l'Iran d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu", nouveau signe d'un durcissement de Washington, qui promettait pourtant début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Ce sera une combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens", a déclaré M. Bessent sur la chaîne conservatrice Newsmax, en promettant de nouvelles mesures, sans en préciser la nature: "Restez à l'écoute, d'autres annonces arrivent la semaine prochaine."

Le ton a changé en quelques jours: le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible avec Téhéran "aujourd'hui ou demain" pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d'hydrocarbures. "Nous avons de très bonnes discussions", avait déclaré le même jour Donald Trump, assurant que l'Iran voulait passer un accord.

Ces propos rassurants avaient fait grimper Wall Street et chuter les cours du pétrole.

Cette nouvelle escalade verbale intervient alors que la guerre, déclenchée fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, approche de son sixième mois: le protocole d'accord conclu en juin pour y mettre durablement fin a volé en éclats début juillet, avant que Donald Trump ne suspende les frappes à la fin du mois, en conditionnant cette pause à la conclusion rapide d'un accord.

Tout accord devait inclure l'ouverture "complète et totale" du détroit d'Ormuz et "la fin de la menace nucléaire iranienne", avait-il affirmé le 1er août.

Le président américain semble depuis privilégier une approche plus attentiste, fondée sur la pression économique.

"Actes de piraterie" 

Sur le terrain, le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, reste le point de friction le plus brûlant.

Les Emirats arabes unis ont dénoncé une attaque iranienne menée jeudi soir contre deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique ADNOC qui franchissaient le détroit. Abou Dhabi a condamné les "actes de piraterie" des Gardiens de la Révolution qui constituent "une menace directe" pour "la sécurité énergétique mondiale".

Les Emirats ont demandé à l'Iran de "rouvrir complètement et sans condition" ce passage.

Téhéran a de son côté fustigé jeudi les "mensonges" de Donald Trump, qui avait assuré la veille, sur son réseau Truth Social, que les Etats-Unis avaient un contrôle "total" du détroit.

Ormuz reste "sous la gestion et le contrôle total de la République islamique", a martelé Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central Khatam al-Anbiya.

Dans les faits, le détroit est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, tandis que les Etats-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Téhéran exige des navires une autorisation et veut imposer à terme des frais de service, ce que Washington refuse.

Avant Scott Bessent, le vice-président JD Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l'arme économique: "l'objectif numéro un" des Etats-Unis est de "faire en sorte que le pétrole et l'essence restent bon marché pour les Américains", "l'objectif numéro deux" étant "d'assurer que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire".

M. Bessent a, lui, présenté sa stratégie comme la combinaison de deux leviers, l'asphyxie financière et le blocus physique, citant Cuba et le Venezuela en comparaison: "Le Venezuela s'est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus", s'est-il félicité.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé jeudi les Etats-Unis de "mauvais calculs" liés à des défaillances du renseignement. "Un exemple: la guerre contre l'Iran. Maintenant, un mauvais calcul encore plus important sur le détroit d'Ormuz", a-t-il écrit sur X.


Poutine en visite pour la première fois aux îles Kouriles, disputées avec le Japon

Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel. (AFP)
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  • Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou
  • Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois jeudi dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite provoquant une vive protestation du Japon qui revendique également cet archipel.

Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de ces îles, considérées par Tokyo comme occupées par l'Union soviétique depuis 1945.

Au lendemain d'une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, mercredi où il a visité un hôpital, le président russe s'est rendu à Itouroup, l'une des îles de l'archipel des Kouriles, selon une vidéo publiée par Moscou.

Selon les médias russes, il y a notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école.

A Sakhaline, Vladimir Poutine avait présidé une réunion "sur la garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie", selon l'agence de presse RIA Novosti.

Tokyo n'a pas tardé à réagir à ce déplacement par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi.

"Les Territoires du Nord constituent une partie inhérente du territoire du Japon, tant sur le plan historique qu'au regard du droit international, et le gouvernement du Japon proteste vigoureusement contre cette visite", a déclaré M. Motegi dans un communiqué, utilisant l'appellation japonaise de ces îles.

Après l'offensive russe en Ukraine en février 2022, le Japon avait durci le ton et considéré, pour la première fois depuis 2003, que les îles Kouriles, au nord de l'archipel, étaient "occupées illégalement" par la Russie. Depuis 2003, la diplomatie nippone évitait de parler d'occupation.

"Le Japon a identifié la Russie comme l'une des principales sources de menace. Je tiens à souligner que nous ne menaçons pas le Japon (...) Au contraire, c'est lui qui a des revendications territoriales contre notre pays", a déclaré M. Poutine mercredi.

La Russie et la Chine se sont récemment rapprochées, leurs marines et leurs forces aériennes menant des exercices conjoints dans des zones proches du Japon, ce qui conduit les avions japonais à décoller en alerte des centaines de fois par an.

De son côté, la Corée du Nord, qui a qualifié ce mois-ci le renforcement militaire du Japon de "transformation en État de guerre", a également envoyé des troupes et des obus d'artillerie pour soutenir l'effort de guerre russe en Ukraine.

Début août, le Japon a souligné à nouveau les risques croissants représentés par ces trois pays dans son dernier livre blanc de la défense.

Le New York Times a également rapporté en juillet que la Russie avait fait du Japon un "nid d'espions" et une source clé de technologies à double usage nécessaires à son effort de guerre en Ukraine.

L'Union soviétique avait pris possession de l'archipel volcanique stratégique des Kouriles situé au nord de l'île nippone d'Hokkaido dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale et y maintient depuis lors une présence militaire.

En 2010, le président russe de l'époque, Dmitri Medvedev, était devenu le premier dirigeant russe à se rendre sur ce territoire, suscitant la colère de Tokyo. Il y est également retourné en 2019 en tant que Premier ministre.

L'Union soviétique n'avait déclaré la guerre au Japon que le 8 août 1945, après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima et six jours avant la fin du conflit.

Les noms des îles concernées sont similaires dans les deux pays : Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup en russe ; en japonais, elles sont connues sous les noms de Kunashiri, Habomai, Shikotan et Etorofu.

Leur population, composée d'environ 20.000 citoyens russes, vit dans un climat rigoureux, mais les îles possèdent des gisements minéraux, notamment d'or et d'argent, ainsi que des zones de pêche riches.

Après l'occupation des îles en 1945, Moscou a expulsé leur population japonaise d'environ 17.000 personnes.

Par la suite, les îles ont acquis une importance stratégique, servant de bases aériennes et navales durant la Guerre froide, lorsque l'Union soviétique était confrontée aux Etats-Unis et à leur plus proche allié dans le Pacifique, le Japon.