Des soldats israéliens mènent une opération dans un hôpital de Gaza

Une femme pleure les corps de ses proches tués lors des bombardements israéliens à l’hôpital Al-Najar à Rafah (AFP)
Une femme pleure les corps de ses proches tués lors des bombardements israéliens à l’hôpital Al-Najar à Rafah (AFP)
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Publié le Jeudi 15 février 2024

Des soldats israéliens mènent une opération dans un hôpital de Gaza

  • L'armée israélienne a annoncé mener une "opération ciblée et limitée" dans l'hôpital, après avoir reçu "des renseignements crédibles" indiquant que le Hamas y avait retenu des otages
  • Pendant que les pays médiateurs poursuivent au Caire leurs négociations en vue d'une trêve, les appels se multiplient à travers le monde face aux conséquences potentiellement dévastatrices d'une telle opération

JÉRUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi mener une opération dans un grand hôpital assiégé du sud de la bande de Gaza, où auraient selon elle été retenus des otages du Hamas et où des médecins décrivent une situation désespérée.

Cerné par les combats entre l'armée et le mouvement islamiste palestinien, l'hôpital Nasser de Khan Younès, le plus grand du sud de Gaza, a accueilli des milliers de civils fuyant la guerre, dont l'évacuation a commencé ces derniers jours sous les bombes.

L'armée a annoncé mener une "opération ciblée et limitée" dans l'hôpital, après avoir reçu "des renseignements crédibles" indiquant que le Hamas y avait retenu des otages "et qu'il y aurait peut-être des corps d'otages" sur place.

Après Khan Younès, une ville transformée en champ de ruines où l'armée continue à affronter les combattants du Hamas, Israël prépare une offensive terrestre dans la ville surpeuplée de Rafah, à quelques kilomètres plus au sud, devenue le dernier refuge pour des centaines de milliers de civils qui ont fui les combats.

Jeudi, des photographes de l'AFP ont vu des nuages de fumée s'élever au-dessus de Khan Younès, après de nouveaux bombardements.

Après plus de quatre mois de guerre contre le Hamas dans le territoire palestinien assiégé, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, veut maintenant détruire le "dernier bastion" du mouvement islamiste à Rafah.

Il a annoncé une "action puissante" dans la ville, mais assuré que l'armée permettrait auparavant aux civils "de quitter les zones de combat".

Pendant que les pays médiateurs poursuivent au Caire leurs négociations en vue d'une trêve, les appels se multiplient à travers le monde face aux conséquences potentiellement dévastatrices d'une telle opération.

Après notamment l'ONU et les Etats-Unis, principal allié d'Israël qui réclame des "garanties" pour la sécurité des civils, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande ont mis en garde jeudi Israël contre une opération "catastrophique" à Rafah, soulignant que les civils bloqués contre la frontière fermée avec l'Egypte n'avaient "nulle part où aller".

Paysage apocalyptique

Environ 1,4 million de personnes, selon l'ONU, soit plus de la moitié de la population de Gaza, sont massées à Rafah, transformée en un gigantesque campement, dans l'angoisse de l'offensive annoncée.

Rafah est en outre le principal point d'entrée de l'aide humanitaire depuis l'Egypte, contrôlée par Israël et insuffisante pour répondre aux besoins d'une population menacée par la famine et les épidémies.

Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé jeudi un bilan de 87 morts en 24 heures dans le territoire, ajoutant que des bombardements sur l'hôpital Nasser avaient fait un mort et plusieurs blessés.

Les déplacés qui ont fui l'hôpital, répondant à un ordre d'évacuation de l'armée, se retrouvent à présent "sans endroit où aller", dans un "paysage apocalyptique" où les bombardements "font partie de la vie quotidienne", a déclaré jeudi Médecins Sans Frontières.

Une équipe de MSF continue à travailler dans l'hôpital "dans des conditions quasi impossibles", a ajouté l'ONG.

Beaucoup d'hôpitaux de la bande de Gaza ont été visés depuis le début de la guerre par l'armée qui accuse le Hamas de les utiliser comme bases.

"Nous avons peur" 

"Mon mari et mon fils Mohammad sont partis mercredi avec des milliers de personnes mais je ne sais pas ce qu'ils sont devenus", a raconté à l'AFP une déplacée à l'hôpital Nasser, Jamila Zidane.

"Nous avons peur", confie cette femme de 43 ans, restée dans l'hôpital avec ses six filles: "Depuis plusieurs jours, nous n'avons plus de nourriture et nous buvons de l'eau souillée".

La guerre a été déclenchée par l'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. L'armée a lancé une offensive qui a fait 28.663 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

La guerre a aussi ravivé les tensions à la frontière nord d'Israël avec le Liban, où les échanges de tirs sont devenus quotidiens entre l'armée israélienne et le Hezbollah chiite libanais, allié du Hamas et soutenu par l'Iran.

Mercredi, Israël a lancé des frappes dans le sud du Liban qui ont fait 15 morts parmi lesquels un commandant du Hezbollah, en représailles à des tirs de roquette qui ont tué une soldate dans le nord d'Israël.

Menace existentielle

Les négociations en vue d'une trêve incluant de nouvelles libérations d'otages du Hamas et de Palestiniens détenus par Israël se poursuivent au Caire jusqu'à vendredi, par l'intermédiaire des pays médiateurs, Qatar, Egypte et Etats-Unis.

Selon le Washington Post, les Etats-Unis et un petit groupe de leurs alliés arabes élaborent un plan destiné à établir une paix durable entre Israël et les Palestiniens, qui inclurait une pause dans les combats, la libération des otages et un calendrier pour l'établissement à terme d'un Etat palestinien.

La mise en oeuvre de ce plan commencerait par un cessez-le-feu "d'une durée prévue d'au moins six semaines", a indiqué le quotidien américain, en citant des responsables américains et arabes qui espèrent un accord avant le 10 mars, date de début du ramadan.

Cette perspective a été dénoncée avec force par deux ministres israéliens d'extrême droite, pour qui "un Etat palestinien est une menace existentielle pour l'Etat d'Israël".

Selon Israël, 130 otages sont encore détenus à Gaza, dont 29 seraient morts, sur environ 250 personnes enlevées le 7 octobre. Une trêve d'une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages et de 240 Palestiniens détenus par Israël.

 

 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.