ONU: Un projet de résolution US sur Gaza qui rivalise avec celui de l'Algérie

Des Palestiniens transportent des sacs de farine qu’ils ont reçus d’un camion d’aide près d’un point de contrôle israélien, le 19 février 2024, alors que les habitants de Gaza souffrent gravement de la faim. (Reuters)
Des Palestiniens transportent des sacs de farine qu’ils ont reçus d’un camion d’aide près d’un point de contrôle israélien, le 19 février 2024, alors que les habitants de Gaza souffrent gravement de la faim. (Reuters)
Short Url
Publié le Mardi 20 février 2024

ONU: Un projet de résolution US sur Gaza qui rivalise avec celui de l'Algérie

  • Les États-Unis ont déclaré qu’ils s’opposeraient à la résolution algérienne, puisqu’elle pourrait compromettre les efforts diplomatiques de Washington pour mettre un terme aux hostilités à Gaza
  • La proposition algérienne rejette le déplacement forcé des Palestiniens et exige un acheminement complet, rapide et sans entrave de l’aide humanitaire vers Gaza et partout dans la bande

NEW YORK: Les États-Unis ont présenté, lundi, leur propre projet de résolution sur Gaza au Conseil de sécurité de l’ONU (CSNU), avant de débattre, aujourd’hui, d’une résolution algérienne appelant à un cessez-le-feu immédiat entre Israël et le Hamas.

Bien qu’il s’agisse du premier projet américain soutenant un «cessez-le-feu», il est qualifié de «temporaire» et il «dépend de la libération de tous les otages».

Le projet de résolution américain souligne que l'offensive israélienne contre la ville gazaouie de Rafah ne doit pas se poursuivre, citant les circonstances dans lesquelles une telle attaque «entraînerait de nouveaux dommages pour les civils et leur déplacement, y compris potentiellement dans les pays voisins, ce qui aurait de graves répercussions sur la paix et la sécurité régionales».

Dimanche, les États-Unis ont déclaré qu’ils s’opposeraient à la résolution algérienne, puisqu’elle pourrait compromettre les efforts diplomatiques de Washington pour mettre un terme aux hostilités à Gaza.

La proposition algérienne rejette le déplacement forcé des Palestiniens et exige un acheminement complet, rapide et sans entrave de l’aide humanitaire vers Gaza et partout dans la bande.

Depuis le début de la guerre, les États-Unis ont exercé, à deux reprises, leur droit de veto, s’opposant ainsi à des résolutions de cessez-le-feu soutenues par une écrasante majorité de pays. Ils se sont abstenus de voter sur deux autres résolutions, ce qui a permis au CSNU d'appeler à l'augmentation des convois d'aide à Gaza.

Pour être adoptées, les résolutions du CSNU nécessitent au moins neuf voix pour et aucune voix contre de la part des cinq membres permanents – les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine et la Russie.

L’ambassadeur chinois auprès de l’ONU, Zhang Jun, ne voit aucune raison pour que les États-Unis s’opposent à la résolution algérienne.

«Les massacres se poursuivent, la catastrophe humanitaire s’amplifie et les voix s’élèvent partout dans le monde pour mettre fin à cette situation tragique. Je ne vois pas pourquoi les États-Unis voteraient contre», déclare-t-il. «Ils ont pourtant toujours appelé à la protection des droits de l’homme.»

La résolution américaine, consultée par Arab News, condamne «tous les actes de terrorisme, y compris les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, l’enlèvement et le meurtre d’otages, ainsi que les violences sexuelles, notamment le viol».

Elle souligne les «graves préoccupations» quant au bien-être des cent trente otages israéliens détenus par le Hamas, entre autres groupes, et à celui de la population civile de Gaza, notamment les plus d’1,5 million de Palestiniens réfugiés à Rafah.

Elle appelle à la levée de «tous les obstacles à l’acheminement d’une aide humanitaire à grande échelle». Elle demande, par ailleurs, aux parties au conflit de permettre «la fourniture immédiate, sûre, soutenue et sans entrave d’une aide humanitaire à grande échelle, destinée directement à la population civile palestinienne dans la bande de Gaza».

Cette résolution soutient également le besoin urgent d’élaborer «un plan viable pour garantir la protection des civils et éviter leur déplacement en cas d’offensive militaire terrestre majeure sur Rafah». Elle appelle toutes les parties à «s’abstenir de priver les Palestiniens de Gaza de l’aide indispensable à leur survie».

Elle ajoute que Gaza fait «partie intégrante du territoire occupé en 1967» et elle réitère la vision d’une solution à deux États, où la bande de Gaza ferait partie d’un État palestinien.

La résolution américaine réitère ses exigences pour que le Hamas et les autres groupes armés accordent immédiatement un accès humanitaire à tous les otages restants et elle appelle les États membres de l’ONU à intensifier leurs efforts «pour réprimer le financement du terrorisme, y compris en limitant le financement du Hamas».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

Short Url
  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.


Netanyahu affirme que la menace du Hezbollah impose la poursuite de l'action militaire au Liban

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Short Url
  • Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban
  • Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle)

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives.

Le président libanais Joseph Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban.

M. Aoun a souligné que leur objectif était de mettre fin au conflit, ajoutant à l'intention du Hezbollah que la véritable "trahison" était d'avoir entraîné le Liban dans la guerre.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait auparavant accusé les autorités libanaises d'avoir fait "des concessions gratuites et humiliantes".

"Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban", a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, lors d'une rencontre avec l'envoyée de l'ONU au Liban.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper "des sites d'infrastructures du Hezbollah" dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d'autres zones du sud.

Elle a affirmé avoir "détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah" pour des attaques contre Israël.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué de nouvelles attaques contre les troupes israéliennes déployées dans des localités frontalières du sud,  notamment contre un char Merkava à Kantara, et un bulldozer qui "démolissait des maisons dans la ville de Bint Jbeil".

"10% des missiles" 

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril puis prolongé de trois semaines le 23 avril, après deux sessions de pourparlers à Washington au niveau des ambassadeurs libanais et israélien.

Selon M. Netanyahu, il "reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d'actions opérationnelles et technologiques", a-t-il affirmé devant des gradés.

Selon lui, le mouvement dispose encore "d’environ 10% des missiles" qu'il détenait au début de la guerre, déclenchée le 2 mars par des tirs du Hezbollah sur Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

Ses forces ont délimité par une "ligne jaune" une zone le long de la frontière pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

"Pas d'accord humiliant" 

"Mon objectif est de parvenir à la fin de l'état de guerre avec Israël", a affirmé M. Aoun, assurant qu'il "n'accepterait pas un accord humiliant".

"Ce que nous faisons n'est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers", a-t-il rétorqué au mouvement chiite.

Ce dernier, qui dénonce une "capitulation" et se pose en défenseur de la souveraineté territoriale du Liban, "refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël", a réaffirmé lundi son chef, dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à "un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d'instabilité", ajoutant que son mouvement, dont Israël exige le désarmement, ne renoncerait pas à ses armes.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que 2026 "pourrait encore être une année de combats" sur tous les fronts.

Selon des chiffres de l'AFP fondés sur des sources officielles libanaises, les opérations israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche.

Depuis le 2 mars, la campagne militaire israélienne a tué 2.521 personnes et en a blessé 7.804 blessées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon les autorités.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Short Url
  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.