Devant le Panthéon, hommage au résistant apatride Manouchian et colère contre Marine Le Pen

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors de l'hommage national au combattant de la résistance communiste arménienne et à ses camarades au Panthéon, à Paris, le 21 février 2024 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors de l'hommage national au combattant de la résistance communiste arménienne et à ses camarades au Panthéon, à Paris, le 21 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Devant le Panthéon, hommage au résistant apatride Manouchian et colère contre Marine Le Pen

  • En dépit des réserves exprimées par Emmanuel Macron et l'indignation du comité de soutien à cette panthéonisation, la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen a assisté à la cérémonie
  • Lentement et solennellement, des soldats de la Légion étrangères ont avancé vers le Panthéon avec les cercueils de Missak et de son épouse Mélinée, couverts de drapeaux tricolores

PARIS: "Un étranger qui a donné sa vie pour la France": des anonymes ont célébré mercredi le résistant apatride d'origine arménienne Missak Manouchian qui entre au Panthéon en dénonçant la présence de Marine Le Pen, "héritière politique", selon eux, de ceux qui l'ont torturé et fusillé.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sous une pluie battante pour assister à la "panthéonisation" de Missak Manouchian, fusillé il y a 80 ans jour pour jour. Un hommage national hautement symbolique en plein débat sur l'immigration et le repli identitaire d'une partie de la société.

Lentement et solennellement, des soldats de la Légion étrangères ont avancé vers le Panthéon avec les cercueils de Missak et de son épouse Mélinée, couverts de drapeaux tricolores.

Le coeur de l'armée française entonnait "Le chant des partisans", l'hymne de la Résistance. Emus, plusieurs personnes debout aux abords du Panthéon, chantaient avec eux au passage du cortège.

Les 24 noms des résistants étrangers - Manouchian et 23 de ses compagnons d'armes - ont été lus par ordre alphabétique, suivis de la mention "mort pour la France", prononcés par les élèves du lycée militaire d’Autun, médaillé de la Résistance française, au même titre que plusieurs personnes venues assister à la cérémonie.

«Honte qu'elle soit là»

Fusillé par les nazis au mont Valérien à l'âge de 37 ans, Missak Manouchian, "a versé son sang pour un pays qui n'était pas le sien", souligne Charles Lagier, 22 ans, étudiant en économie qui se félicite de cet hommage à "un immigré dans un contexte politique particulier".

Pour lui, "cela pose aussi la question de la présence du Rassemblement national" (RN), "parti politique aux antipodes des idées et des valeurs que défendaient ou incarnaient Manouchian".

En dépit des réserves exprimées par Emmanuel Macron et l'indignation du comité de soutien à cette panthéonisation, la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen a assisté à la cérémonie.

"C'est une véritable honte qu'elle soit là", s'insurge Augris Carmen, 82 ans, dont le père était résistant. "Je suis là parce que Manouchian est un personnage extraordinaire. Un étranger qui donne sa vie pour la France, c'est tout un symbole, surtout actuellement", poursuit-elle abritée au bas d'un immeuble pour éviter la pluie.

Pour Ronan Farnos, 23 ans, étudiant en histoire, "c'est important de venir lui rendre hommage dans le cadre de tout ce qui se passe aux quatre coins du monde. Manouchian s'est engagé très tôt contre le fascisme, et là où l'extrême droite revient, c'est un symbole".

Et de renvoyer aux origines du Front national, dont une partie des fondateurs était "collaborationniste" : "Manouchian a été torturé par des policiers français, par des vichystes. Marine Le Pen est l'héritière politique et même quasi familiale de ceux qui l'ont combattu, donc oui, ça me gêne", ajoute-t-il. "Manouchian était plus français par ses actions que par une simple carte d'identité."

"Je viens rendre hommage à un grand monsieur de la Résistance, venu d'un pays étranger (...) C'est un exemple de ce que notre pays devrait être: ouvert sur le monde, avec des valeurs universelles, partagées", dit Philippe Le Blevennec, un retraité de 62 ans.

Pour Emma Pekmezian, étudiante en économie de 19 ans, il est important qu'il s'agisse d'un premier résistant étranger et communiste à entrer au Panthéon dans un contexte "où les étrangers sont rejetés un peu par les politiciens".

"C'est extrêmement surprenant de voir Marine Le Pen conviée à cette cérémonie. On connaît bien l'histoire de son parti politique. On ne comprend pas trop quel message elle vient apporter aux gens", conclut-elle.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.