La princesse saoudienne Abeer partage les leçons de son expédition en Antarctique

En étudiant l'impact du changement climatique sur l'Antarctique, la princesse Abeer a été choquée par le rythme de la fonte des glaces et la menace que cela représente sous la forme d'une élévation du niveau des mers. (Photos /Maya Beano)
En étudiant l'impact du changement climatique sur l'Antarctique, la princesse Abeer a été choquée par le rythme de la fonte des glaces et la menace que cela représente sous la forme d'une élévation du niveau des mers. (Photos /Maya Beano)
La princesse Abeer (à droite) et Maya Beano de Jordanie arborent les drapeaux nationaux de leurs pays respectifs lors de leur visite de l'Antarctique glacé. (Photo fournie)
La princesse Abeer (à droite) et Maya Beano de Jordanie arborent les drapeaux nationaux de leurs pays respectifs lors de leur visite de l'Antarctique glacé. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 24 février 2024

La princesse saoudienne Abeer partage les leçons de son expédition en Antarctique

  • La princesse a participé en novembre à une expédition dans les régions les plus reculées de l'Antarctique, menée par l'ONG australienne Homeward Bound
  • Elle s'est jointe à l'expédition pour sensibiliser à l'action climatique, à la durabilité et à la nécessité d'un «pacte de paix avec la nature»

RIYAD: En novembre, la princesse a fait partie des 80 personnes sélectionnées parmi 1 800 candidats de 45 pays pour participer à l'expédition menée par Homeward Bound, une organisation australienne qui promeut le leadership des femmes dans le domaine des STIMM (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques et médecine).

La princesse Abeer a déclaré à Arab News: «Le but de ma participation à cette expédition était de sensibiliser les gens à l'action climatique, à la durabilité environnementale et à la conclusion d'un pacte de paix avec la nature et la biodiversité.»

Les femmes de l'Island Sky 2023, de 18 pays, ont pris la mer le 12 novembre 2023, au départ de Puerto Madryn, en Argentine, pour un voyage de 19 nuits. (Photo fournie par Homeward Bound)
Les femmes de l'Island Sky 2023, de 18 pays, ont pris la mer le 12 novembre 2023, au départ de Puerto Madryn, en Argentine, pour un voyage de 19 nuits. (Photo fournie par Homeward Bound)

Des astronomes, des océanographes, des glaciologues, des mathématiciens, des biologistes marins et des ingénieurs spécialisés dans les énergies renouvelables faisaient également partie de l'expédition. Ils ont collaboré à divers projets, dont certains ont été présentés lors de la conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP28), qui s'est tenue à Dubaï en novembre et en décembre.

La princesse a signalé: «En tant que groupe, quelques-uns d'entre nous ont collaboré à de multiples projets combinant la science, l'art et la politique et ont plaidé en faveur de l'ONU en rédigeant des rapports et en préparant nos discussions et nos conclusions en vue de notre participation à la COP28.»

EN BREF

• En novembre, la princesse Abeer a participé à une expédition dans les régions les plus reculées de l'Antarctique, menée par Homeward Bound, une organisation australienne qui organise des programmes de leadership pour les femmes dans le domaine des sciences, de la technologie et de l'ingénierie, devenant ainsi la première personne de la région du Golfe à le faire.

 

La princesse Abeer est une professionnelle du développement international qui possède une expertise dans les domaines de la culture et du patrimoine, de la consolidation de la paix, du multilatéralisme et des ONG, et qui a travaillé pour plusieurs agences des Nations unies.

Elle préside actuellement l'Association pour le développement durable (Talga), qui a pour but d'adapter les objectifs de développement durable des Nations unies à la Vision 2030.

La princesse Abeer a travaillé pour plusieurs agences des Nations unies et préside actuellement l'Association pour le développement durable, également appelée Talga. (Photo fournie)
La princesse Abeer a travaillé pour plusieurs agences des Nations unies et préside actuellement l'Association pour le développement durable, également appelée Talga. (Photo fournie)

La princesse a souligné qu'elle était passionnée par le fait de consacrer sa vie à des projets qui contribuent à préserver les espèces menacées, la terre et la planète.

Elle est également une artiste, inspirée par son environnement et ce qu’elle a décrit comme ses aventures dans le «désert cosmique» en Arabie saoudite, où elle produit des œuvres sur toile en utilisant des matériaux naturels.

Avant de partir pour l'Antarctique, la princesse Abeer a souligné qu'elle allait canaliser son héritage ancestral.

«Je puiserai dans mes racines de femme du désert et de navigatrice, en me tournant vers les cieux pour me guider», a-t-elle  indiqué.

«La Croix du Sud m'a conduit à de nombreuses réponses et à bien d'autres questions, tout comme l'étoile polaire a guidé les voyageurs à travers le désert pendant d'innombrables générations», a-t-elle ajouté.

Les Bédouins qui ont traversé les vastes déserts d'Arabie pendant des millénaires se fiaient aux étoiles.

L'expédition de novembre n'a pas été de tout repos. Une tempête inattendue a frappé le navire de l'équipe alors qu'il naviguait dans le passage de Drake, l'une des routes maritimes les plus agitées au monde, située entre le cap Horn en Amérique du Sud et les îles Shetland du Sud en Antarctique.

Naviguer au milieu des icebergs en pleine tempête peut s'avérer une expérience terrifiante. (Photo /Maya Beano)
Naviguer au milieu des icebergs en pleine tempête peut s'avérer une expérience terrifiante. (Photo /Maya Beano)

La princesse a révélé: «Nous avons passé 48 heures très difficiles dans le passage de Drake. Mes compagnons d'expédition se sont allongés sur leurs couchettes. D'autres ont recouru à l'humour noir pour calmer leur anxiété en jouant la bande originale de ‘Titanic’ sur le vieux piano à bord, dans le salon ouvert.»

Elle a poursuivi: «Quelques autres étaient courageux et calmes, profitant de leur temps en sachant que la tempête passerait.»

«Être témoin de la majesté de la fureur de la nature et en faire l'expérience, c'est l'art de l'exploration humble. Je crois qu'il faut beaucoup d'agilité mentale, de sagesse douce et d'humour pour surmonter n'importe quelle tempête, n'importe quelle vague ou n'importe quelle épreuve dans votre vie», a-t-elle estimé.

Lorsque l'équipe est arrivée en Antarctique, la princesse Abeer a indiqué qu'elle avait eu l'impression d'être transportée dans un autre monde, un peu comme dans «Alice au pays des merveilles».

Elle a mentionné: «J'ai eu l'impression d'être dans un musée naturel immersif et multi-sensoriel d'une beauté brute et intacte. Vous pouvez entendre le son du silence. L'Antarctique, ce sont les icebergs et les glaciers qui vous observent.»

Bien que l'expédition ait eu lieu pendant la saison estivale de l'hémisphère sud, il était essentiel que les participants portent l'équipement approprié pour résister au froid, ainsi que des lunettes de soleil polarisées pour protéger leurs yeux des rayons ultraviolets du soleil.

Mais pour travailler dans des conditions aussi inhospitalières, la princesse a souligné que les participants devaient faire preuve de force intérieure.

Des baleines à bosse font gracieusement surface dans le détroit de Gerlache au coucher du soleil. (Photo /Maya Beano)
Des baleines à bosse font gracieusement surface dans le détroit de Gerlache au coucher du soleil. (Photo /Maya Beano)

«Dans les régions polaires isolées, tout comme les animaux qui hibernent et vivent de leur graisse, nous avons cherché, en tant qu'explorateurs polaires, à enflammer nos esprits − avec des produits de la mer comme le bruant», a-t-elle ajouté.

La princesse Abeer et le reste de l'équipe ont dormi à bord de leur navire, ancré au large de la côte antarctique, mais ont utilisé chaque jour des zodiacs − des bateaux gonflables très résistants − pour se rendre à leurs stations de recherche et pour mener des recherches sur le terrain.

En étudiant l'impact du changement climatique sur le climat, la faune et la géographie de l'Antarctique, la princesse a été choquée de voir les énormes icebergs se briser dans l'océan et le nombre record d'espèces invasives attirées vers le continent par le réchauffement climatique.

Elle a notamment été stupéfaite de voir des précipitations dans une région du monde où l'eau présente dans l'atmosphère devrait tomber sous forme de neige.

Elle a précisé: «Il pleuvait de temps en temps au lieu de neiger. C'est un véritable défi à la nature. Il ne peut pas et ne devrait pas pleuvoir du tout en Antarctique.»

Sur la glace de l'Antarctique, la princesse Abeer était bien loin des vastes déserts de sable de la péninsule arabique. Cependant, elle a trouvé des similitudes inattendues dans ces environnements contrastés.

«Lorsque vous êtes dans un désert de glace, par opposition à un désert de sable, vous vivez avec des gens qui sont à la limite de la tolérance humaine. Je pense que cela se traduit par une hospitalité incroyable», a-t-elle ajouté.

Vue de l'Antarctique par une journée ensoleillée. (Photo /Maya Beano)
Vue de l'Antarctique par une journée ensoleillée. (Photo /Maya Beano)

Elle a ainsi pu constater que les écosystèmes les plus distincts de la planète − des régions polaires aux forêts pluviales subtropicales en passant par les vastes déserts intérieurs et les habitats côtiers − étaient interconnectés par le système climatique mondial. 

La princesse Abeer a souligné: «La sauvegarde de la cryosphère n'est pas l'affaire des seules régions polaires, mais de tous les pays. La fonte accélérée des glaciers et des icebergs entraînera une élévation du niveau des mers qui touchera toutes les côtes du monde.

«Les régions polaires et la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) − en fait le monde entier − sont liées. Si nous voulons sauver l'une, nous devons sauver l'autre.

«Il est important de comprendre ces relations réciproques pour gérer efficacement le climat, assurer la stabilité du climat mondial, préserver les écosystèmes des régions polaires et désertiques et, par conséquent, contribuer à la sauvegarde du système climatique mondial», a-t-elle éclairci.

Une autre préoccupation majeure des chercheurs polaires est l'impact du réchauffement climatique sur les habitats des oiseaux de mer. La rupture de la glace de mer a perturbé les colonies, tandis que l'arrivée d'espèces invasives en provenance du nord a entraîné la propagation de la grippe aviaire.

La rupture de la banquise a perturbé les colonies d'oiseaux. (Photo/ Princesse Abeer al Farhan)
La rupture de la banquise a perturbé les colonies d'oiseaux. (Photo/ Princesse Abeer al Farhan)

«L'Antarctique est un véritable paradis pour la faune et la flore. Chaque jour, nous avons eu la surprise de rencontrer des baleines à bosse qui faisaient scintiller leurs nageoires contre l'eau», a-t-elle indiqué.

«Il y avait aussi des colonies de phoques de Weddell que l’on ne trouve que dans les îles libres de glace de l’Antarctique», a dévoilé la princesse.

L'Antarctique abrite une espèce particulièrement emblématique: les manchots. Sur les 18 espèces de manchots que compte la planète, sept ne se trouvent que sur le continent le plus méridional.

«Nous avons eu la chance de les voir tous dans leur habitat naturel lors de notre dernière expédition», a-t-elle affirmé.

Colonie de manchots Adélie sur l'iceberg Antarctique. (Photo, Shutterstock)
Colonie de manchots Adélie sur l'iceberg Antarctique. (Photo, Shutterstock)

«Les espèces présentes en Antarctique et dans la région subantarctique sont le manchot empereur, le manchot d'Adélie, le manchot à jugulaire, le manchot de Gentoo, le manchot de Macaroni, le manchot à bosse et le manchot royal», a-t-elle détaillé.

Pour la princesse Abeer, la plus grande leçon à tirer de son séjour en Antarctique a été la nécessité pour le monde et les individus d’adopter une approche intersectorielle dans leurs efforts pour stopper le changement climatique et empêcher la hausse des températures mondiales. Si cela n’est pas fait, la fonte des glaces et l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale s’accentueront.

«Je crois qu’il est temps de conclure un pacte de paix avec la nature. Nous ne devons pas laisser fondre notre foi en un avenir régénérateur pour cette planète. Ce qui se passe en Antarctique ne reste pas en Antarctique», a-t-elle soutenu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: le Maroc a confirmé son nouveau statut et regarde déjà vers 2030

Des supporters marocains réagissent en regardant le quart de finale de la Coupe du monde 2026 opposant leur équipe à la France, disputé aux États-Unis, depuis le stade Prince Moulay Abdellah, transformé en fan zone, à Rabat, au Maroc. (AFP)
Des supporters marocains réagissent en regardant le quart de finale de la Coupe du monde 2026 opposant leur équipe à la France, disputé aux États-Unis, depuis le stade Prince Moulay Abdellah, transformé en fan zone, à Rabat, au Maroc. (AFP)
  • Malgré son élimination face à la France (2-0), le Maroc confirme sa progression parmi les grandes nations du football
  • Les Lions de l'Atlas se projettent déjà vers la CAN 2027 et le Mondial 2030 avec de fortes ambitions

LOS ANGELES: Eliminé en quart de finale par la France (2-0) jeudi, le Maroc a néanmoins confirmé lors du Mondial-2026 son statut de nation forte et, certaine d'être sur la bonne voie, se projette déjà sur "sa" Coupe du monde dans quatre ans.

Comme en 2022, les Lions de l'Atlas ont en effet fini par plier face aux Bleus, sur le même score. Et avec cette fois le sentiment d'avoir été battus par une équipe qui leur a été assez largement supérieure, quand la demi-finale perdue sans démériter au Qatar avait pu à l'époque faire naître quelques regrets.

"Nous avons tout donné face à un adversaire très fort. Mais nous continuerons à construire une équipe capable de lutter pour les titres", s'empressait de déclarer à l'issue du match le sélectionneur Mohamed Ouahbi.

Car pour le Maroc, l'enseignement de cette Coupe du monde dépasse largement l'issue de ce quart de finale: après avoir créé la surprise lors de la précédente édition, il a confirmé qu'il fallait désormais bien compter sur lui sur l'échiquier mondial, dans la foulée d'une Coupe d'Afrique des nations remportée sur tapis vert (le Tribunal arbitral du sport doit encore statuer) à domicile, qui aurait pu jeter un voile sur ses prétentions.

Mohamed Ouahbi, qui a succédé à Walid Regragui, a réussi, en un peu plus de trois mois à peine, à transfigurer le style de jeu des Lions de l'Atlas, devenu plus proactif, offensif, basé sur la possession.

- "Croire en notre projet" -

"Je suis très fier de ce que nous avons réalisé. Je suis agréablement surpris par la vitesse avec laquelle les joueurs ont assimilé ma philosophie de jeu. Ils ont montré une immense envie de progresser", a souligné le technicien.

Son équipe, menée par le capitaine Achraf Hakimi, s'est montrée conquérante lors de ses cinq premiers matches. Elle a d'abord fait plus que jeu égal avec le Brésil (1-1) pour son entrée en lice, puis elle a su faire preuve de grandes ressources mentales pour renverser les Pays-Bas en 16es (1-1, 3-2 t.a.b.) et elle s'est montrée implacable en 8e face au Canada pays coorganisateur (3-0).

Tant et si bien que le Maroc était perçu comme un adversaire de taille pour la France et les paroles de Mohamed Ouahbi prononcées en début de tournoi - "Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde" - ont été prises au sérieux.

A commencer par les Bleus de Kylian Mbappé, qui n'ont pas pris de haut leurs adversaires et ont mis fin à leur aventure plus tôt qu'ils ne l'avaient envisagé.

"Cette défaite ne doit pas briser notre détermination", a déclaré Ouahbi. "Nous devons continuer à croire en notre projet, poursuivre notre travail et rester concentrés sur les fondamentaux."

- "L'avenir sera très beau" -

Un mot d'ordre venu rappeler la double stratégie au long cours mise en place par la Fédération.

La première se repose sur la formation des jeunes, qui a déjà porté ses fruits avec le titre glané au Mondial des moins de 20 ans l'an passé, déjà sous les ordres de Ouahbi à la tête d'une génération talentueuse appelée à jouer chez les A, Gessime Yassine ayant été le seul convoqué pour le tournoi.

La seconde vise à convaincre les binationaux de choisir le Maroc, à l'image d'Ayyoub Bouaddi, né à Senlis il y a 18 ans, passé par les sélections de jeunes en équipe de France et qui s'est décidé juste avant le Mondial à jouer pour le pays de ses parents.

"Nous disposons d’un grand vivier de jeunes joueurs et de toutes les conditions nécessaires pour continuer à progresser", a dit le sélectionneur.

Son homologue Didier Deschamps ne pouvait qu'abonder: "A part Achraf Hakimi, qui compte plus d’une centaine de sélections, beaucoup de joueurs sont encore au début de leur parcours international. Cela laisse penser que le Maroc aura un avenir avec le sourire".

Dans quatre ans, le Maroc coorganisera le prochain Mondial, avec l'Espagne et le Portugal. Et il n'y a aucune raison pour que ses ambitions viennent à baisser.

"Il y aura d'abord une Coupe d’Afrique des Nations (en 2027) avec des éliminatoires à bien préparer et puis une compétition que nous voulons remporter à domicile en 2030", a martelé Mohamed Ouahbi, convaincu que "l'avenir sera très beau si cette équipe continue sur cette voie".


Des photographies de la Coupe du Monde au Qatar exposées à Mexico

Mêlant photographie, installations multimédias et objets emblématiques du sport, l’exposition explore l’impact de la précédente Coupe du Monde bien au-delà du football. (Fourni)
Mêlant photographie, installations multimédias et objets emblématiques du sport, l’exposition explore l’impact de la précédente Coupe du Monde bien au-delà du football. (Fourni)
  • L’exposition « Journeys to Greatness: Qatar 2022 Legacy » à Mexico présente des photographies de Tasweer illustrant l’impact humain et culturel de la Coupe du Monde Qatar 2022
  • Ouverte jusqu’au 9 août au Centro de Cultura Digital, elle met en avant l’héritage du tournoi à travers la photographie, des installations multimédias et des objets sportifs

DUBAÏ : Des photographies mettant en lumière les histoires humaines qui ont marqué la Coupe du Monde de la FIFA Qatar 2022 sont arrivées à Mexico, où elles sont présentées dans le cadre d’une exposition qui établit un lien entre l’héritage du tournoi et la Coupe du Monde actuelle.

Une sélection d’images de « After the Game », l’une des expositions phares de la troisième édition du Tasweer Photo Festival Qatar en 2025, est présentée dans « Journeys to Greatness: Qatar 2022 Legacy ». Organisée par le Musée olympique et sportif 3-2-1 Qatar, en partenariat avec le ministère mexicain de la Culture à travers le Centro de Cultura Digital, l’exposition s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture Qatar-Canada-Mexique 2026.

Associant photographie, installations multimédias et souvenirs sportifs, l’exposition explore les répercussions de la précédente Coupe du Monde au-delà du terrain, en mettant l’accent sur les personnes, les cultures et les communautés réunies par cet événement.

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Les photographies de Tasweer sont présentées dans différentes sections de l’exposition, notamment « Look of the Game », « Matches and Players » et « Unity in Diversity ». (Fourni)

Les photographies de Tasweer sont présentées dans différentes sections de l’exposition, notamment « Look of the Game », « Matches and Players » et « Unity in Diversity ». Plutôt que de documenter l’action sur le terrain, elles mettent en lumière les célébrations des supporters, les échanges culturels et les rencontres du quotidien.

« L’héritage de Qatar 2022 appartient non seulement aux joueurs et aux matchs, mais aussi aux supporters qui ont donné vie à cette compétition », a déclaré Abdulla Al-Mulla, directeur du Musée olympique et sportif 3-2-1 Qatar, soulignant que l’exposition illustre la manière dont le tournoi continue de créer des liens au-delà des frontières.

De son côté, Khalifa Al-Obaidli, directeur du Tasweer Photo Festival, a déclaré : « La photographie possède une capacité unique à préserver les émotions. Les œuvres présentées pour la première fois dans After the Game capturent les expériences, les rencontres et l’humanité partagée qui ont fait de Qatar 2022 une étape marquante et profondément transformatrice. »

L’exposition est présentée au Centro de Cultura Digital de Mexico jusqu’au 9 août. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


IMA: « Raconte moi ton mariage », un événement qui met à l’honneur une France multiculturelle

Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.  Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire. Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
  • Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin
  • Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français

PARIS: Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.

Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais.

Les youyous résonnent, les mains se parent de henné, un orchestre nord-africain entraîne la foule dans une danse spontanée, les enfants courent entre les voitures décorées de fleurs, tandis que les visiteurs se mêlent aux comédiens sans toujours distinguer où s’arrête la représentation et où commence la réalité.

Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin. Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français.

Conçue à partir de témoignages recueillis auprès d’habitants de Gennevilliers, Saint-Denis, Pantin ou Saint-Ouen, la performance donne vie à des histoires de mariage issues de l’immigration maghrébine.

Des cortèges de voitures fleuries convergent vers l’IMA avant de poursuivre leur route jusqu’au Grand Palais, où un couscous géant, des concerts et des spectacles prolongent la fête jusque tard dans la nuit.

Une nouvelle étape dans l’évolution de l’IMA

Pour Chawki Abdel Amir, vice-président de l’Institut du monde arabe, cette manifestation marque une nouvelle étape dans l’évolution de l’institut.

« On nous reproche parfois d’être trop intellectuels », déclare-t-il à Arab News en français. « Or, la culture, ce ne sont pas seulement les colloques ou les collections patrimoniales ; c’est aussi la cuisine, les coutumes, les mariages. Nous voulions montrer une culture vivante, joyeuse, telle qu’elle est réellement vécue. »

Dans une période internationale marquée par les conflits et les tensions, il revendique le choix d’offrir « un peu de bonheur » et de faire du parvis de l’IMA un lieu où les cultures populaires retrouvent toute leur vitalité.

Au-delà de l’aspect festif, il voit également dans cette célébration une manière d’assumer sereinement des identités parfois contestées, malgré les polémiques récurrentes autour des cortèges de mariage ou des youyous.

Il regrette que certains cherchent à faire disparaître des expressions culturelles pourtant parfaitement compatibles avec les valeurs de la République.

Ses propos font écho aux initiatives de certaines municipalités visant, au nom de l’ordre public ou d’une conception très restrictive de la neutralité, à encadrer, voire à décourager, certaines manifestations festives inspirées des cultures d’origine.

« La France est une idée universelle, rappelle-t-il. Elle s’est toujours enrichie des cultures qui la composent. Vouloir effacer ces particularités, c’est finalement appauvrir ce qu’elle représente. »

Le cortège lui-même illustre cette volonté de rendre visibles des traditions souvent confinées à la sphère privée.

Au volant de la voiture des mariés, l’un des participants raconte avec enthousiasme cette traversée de Paris, commencée à Gennevilliers.

Le convoi a emprunté les grands axes de la capitale, traversé Bir-Hakeim, longé les Champs-Élysées avant de rejoindre l’Institut du monde arabe.

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.

Tout au long du parcours, les passants applaudissaient, klaxonnaient et répondaient spontanément à la fête. « Les gens participaient comme s’ils assistaient à un vrai mariage », raconte-t-il avec émotion.

« C’était formidable de voir autant de sourires. Même devant l’Assemblée nationale, nous avions l’impression de partager un moment avec toute la ville. »

Pour Mohamed Bourouissa, cette réaction confirme l’ambition de son projet. « On ne voit pas cela tous les jours à Paris, indique-t-il. Je voulais rejouer le rituel du mariage parce qu’il est porteur de joie, d’amour et de mémoire. C’est un moment qui rassemble toute une communauté, mais qui parle aussi à tout le monde. »

L’artiste explique avoir voulu dépasser le simple folklore pour transformer ces récits familiaux en une œuvre contemporaine.

Les histoires recueillies auprès de familles venues principalement du Maghreb, mais aussi du Liban et d’autres horizons du monde arabe, deviennent ici une matière artistique qui relie les générations. La traversée entre les villes populaires de la périphérie parisienne et le cœur de la capitale revêt d’ailleurs une portée hautement symbolique.

« J’ai eu l’impression de vivre une véritable odyssée, confie-t-il, car cette traversée raconte quelque chose de notre histoire commune. »

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.