Négociations sur une trêve au Caire, Washington appelle à un cessez-le-feu «immédiat»

La vice-présidente américaine Kamala Harris (Photo, AFP).
La vice-présidente américaine Kamala Harris (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 mars 2024

Négociations sur une trêve au Caire, Washington appelle à un cessez-le-feu «immédiat»

  • «Cela permettra de libérer les otages et d'acheminer une quantité significative d'aide», a affirmé Kamala Harris, appelant le Hamas à accepter l'accord
  • Entretemps, l'armée israélienne a poursuivi ses bombardements par air et terre sur plusieurs secteurs du territoire palestinien

TERRITOIRES PALESTINIENS: Les négociations sur une trêve dans la guerre entre Israël et le Hamas palestinien reprennent lundi au Caire après un "progrès significatif", au lendemain d'un appel de la vice-présidente américaine Kamala Harris à un "cessez-le-feu immédiat" dans la bande de Gaza menacée de famine.

Entretemps, l'armée israélienne a poursuivi ses bombardements par air et terre sur plusieurs secteurs du territoire palestinien qu'elle assiège depuis près de cinq mois, faisant au moins 100 morts, dont des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.

La communauté internationale, y compris les Etats-Unis, principal allié d'Israël, multiplie les appels pour une trêve dans cette guerre déclenchée le 7 octobre par une attaque du Hamas sur le sol israélien qui a entraîné la mort d'au moins 1.160 personnes, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas lançant une campagne de bombardements intensifs par terre, air et mer sur Gaza suivis d'une offensive terrestre le 27 octobre, qui ont fait au moins 30.534 morts, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.

Face à un lourd bilan humain et une situation humanitaire catastrophique, des représentants d'Egypte, du Qatar et des Etats-Unis -pays médiateurs- ont repris au Caire les négociations en vue d'une trêve, une télévision proche du renseignement égyptien parlant d'un "progrès significatif" dimanche. Une délégation du Hamas se trouve également au Caire.

Les pays médiateurs tentent depuis des semaines d'obtenir un accord de trêve permettant notamment une libération d'otages retenus à Gaza en échange de prisonniers palestiniens.

Environ 250 personnes ont été enlevées lors de l'attaque du 7 octobre. Une trêve fin novembre avait permis la libération de 105 otages en échange de 240 prisonniers palestiniens.

"L'Egypte poursuit ses efforts intenses pour parvenir à une trêve avant le ramadan", un mois de jeûne sacré pour les musulmans qui débutera cette année le 10 ou le 11 mars, a affirmé la chaîne AlQahera News.

«Il n'y a pas d'excuses!»

Considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, le Hamas exige pour accepter un accord un retour dans le nord de Gaza des déplacés, une augmentation de l'aide humanitaire, un cessez-le-feu définitif et un retrait militaire israélien de Gaza.

Israël, qui ne participe pas aux négociations du Caire, rejette ces conditions, disant vouloir poursuivre ses opérations militaires jusqu'à l'élimination du Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007. Il exige aussi que le Hamas fournisse une liste des otages encore retenus à Gaza.

Alors que la guerre va bientôt entrer dans son sixième mois, la famine est "quasiment inévitable" selon l'ONU pour 2,2 millions des 2,4 millions d'habitants de ce petit territoire exigu auquel Israël imposait déjà un blocus terrestre aérien et maritime depuis 2007.

Sans compter la destruction de quartiers entiers et le déplacement de 1,7 million de personnes, la plupart entassées dans la ville de Rafah (sud), adossée à la frontière fermée de l'Egypte, et qui craignent une offensive terrestre israélienne annoncée.

"Etant donné l'ampleur des souffrances à Gaza, il doit y avoir un cessez-le-feu immédiat pour au moins les six prochaines semaines, ce qui est actuellement sur la table des négociations", a déclaré dimanche Mme Harris.

Elle a demandé à Israël, qui contrôle l'entrée des aides humanitaires dans le territoire palestinien, à "faire davantage pour augmenter de manière significative le flux d'aide. Il n'y a pas d'excuses (...) Il (Israël) ne doit pas imposer de restrictions inutiles à l'acheminement de l'aide".

Dans le même temps, "la menace que le Hamas pose au peuple d'Israël doit être éliminée", selon elle.

Lundi à Washington, Benny Gantz, membre du cabinet de guerre israélien de Benjamin Netanyahu doit rencontrer Mme Harris. Il doit aussi s'entretenir avec le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche Jake Sullivan et le secrétaire d'Etat Antony Blinken.

Cette visite a été condamnée par d'autres membres du gouvernement israélien qui la jugent subversive.

«Arrêtez ce sang!»

Face aux difficultés d'acheminement par la route, plusieurs pays ont mené des parachutages d'aide sur la bande de Gaza, dont les Etats-Unis.

Ces dernières heures, les bombardements israéliens ont visé surtout Rafah et Khan Younès dans le sud, Jabaliya, Nousseirat dans le centre et la ville de Gaza dans le nord, selon le gouvernement du Hamas et des témoins.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats, avec un appui aérien, cherchaient à encercler la partie ouest de Khan Younès où "se trouvent de nombreuses infrastructures terroristes et où se cachent des terroristes en fuite".

"Arrêtez ce sang! Arrêtez-le! Pourquoi ce sang? Pourquoi?! Pourquoi nous exterminent-ils?, s'emporte une femme déplacée de Gaza devant une morgue à l'hôpital Najjar de Rafah où des Palestiniens pleurent la mort de leurs proches tués dans un bombardement israélien. "Chaque jour, des bombardements, des bombardements, des bombardements. Il n'y a pas d'endroit sûr."

A Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a dit sa crainte que la guerre à Gaza ne conduise "à une conflagration beaucoup plus large" en citant les échanges de tirs quotidiens à la frontière israélo-libanaise et les attaques des rebelles yéménites houthis contre des navires en mer Rouge et dans le Golfe d'Aden.


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.