Fuites dans l'armée allemande: le Kremlin dénonce «l'implication directe» de l'Occident en Ukraine

Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius arrive au ministère de la Défense à Berlin le 3 mars 2024 à la suite de fuites sur des pourparlers secrets sur la guerre en Ukraine (Photo, AFP).
Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius arrive au ministère de la Défense à Berlin le 3 mars 2024 à la suite de fuites sur des pourparlers secrets sur la guerre en Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 05 mars 2024

Fuites dans l'armée allemande: le Kremlin dénonce «l'implication directe» de l'Occident en Ukraine

  • Ces échanges, dont l'authenticité a été confirmée par Berlin, montrent «une fois de plus l'implication directe de l'Occident collectif dans le conflit en Ukraine», a déclaré Peskov
  • Le contenu est très embarrassant pour l'Allemagne, car Berlin refuse officiellement de livrer des missiles Taurus à Kiev, en arguant d'un risque d'escalade du conflit

MOSCOU: Moscou a dénoncé lundi "l'implication directe" de l'Occident en Ukraine après la diffusion sur les réseaux sociaux, depuis la Russie, d'échanges entre officiers allemands sur des possibles livraisons d'armes à Kiev pour des frappes contre des cibles russes.

La diffusion vendredi de l'enregistrement audio d'une visioconférence récente entre officiers allemands de haut rang a provoqué une crise entre les deux pays et un choc à Berlin.

Ces échanges, dont l'authenticité a été confirmée par Berlin, montrent "une fois de plus l'implication directe de l'Occident collectif dans le conflit en Ukraine", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Leur diffusion sur les réseaux sociaux "est une tentative transparente des Russes pour semer la discorde" parmi les Occidentaux, a de son côté dénoncé un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby. Avant de lancer : "Nous n'allons pas plier devant cette tentative (...). Nous travaillons tous ensemble pour essayer de soutenir l'Ukraine".

Dans cette conversation, les participants parlent notamment de l'hypothèse de fournir à Kiev des missiles de longue portée Taurus, de fabrication allemande, de ce qui serait nécessaire aux forces ukrainiennes pour les utiliser et de leur impact éventuel.

Son contenu est très embarrassant pour l'Allemagne car Berlin refuse officiellement de livrer des missiles Taurus à Kiev, en arguant d'un risque d'escalade du conflit.

Pont de Crimée

Les participants évoquent aussi l'hypothèse de frappes contre le pont de Crimée reliant la péninsule annexée par Moscou en 2014 et le territoire russe, l'un d'eux soulignant qu'il faudrait entre 10 et 20 missiles pour en venir à bout.

"L'enregistrement lui-même témoigne qu'au sein de la Bundeswehr (l'armée allemande, NDLR), on discute de manière détaillée et concrète de projets d'effectuer des frappes contre le territoire russe", a déploré lundi Dmitri Peskov.

Les déclarations du porte-parole du Kremlin sont intervenues alors que l'ambassadeur d'Allemagne, Alexander Graf Lambsdorff, s'est rendu lundi matin au ministère russe des Affaires étrangères.

L'ambassadeur a quitté le ministère sans faire de commentaires, après y avoir passé un peu plus d'une heure, selon les médias russes. Le gouvernement allemand a précisé qu'il n'avait pas été convoqué mais qu'il s'agissait d'un entretien prévu de longue date.

Dans un communiqué publié lundi en fin de journée lundi, la diplomatie russe a affirmé avoir demandé à l'ambassadeur des "explications" sur les livraisons évoquées de missiles Taurus.

Elle a aussi dénoncé auprès de l'ambassadeur "le caractère inacceptable de tentatives des autorités allemandes d'entraver les activités de journalistes russes en Allemagne", promettant "une réponse sévère" de la part de Moscou.

Berlin accuse pour sa part régulièrement la Russie d'orchestrer des campagnes de désinformation et de propagande prorusses.

L'Ukraine presse l'Occident de lui transférer les actifs russes gelés

Le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal a pressé lundi les Occidentaux de transférer à Kiev les 300 milliards d'euros d'actifs russes gelés afin d'éviter que des élections dans des pays alliés affectent le soutien à l'Ukraine face à l'invasion de Moscou.

"L'aide de nos partenaires est un outil extrêmement important, mais nous avons besoin de prévisibilité et de stabilité indépendamment du temps, des fluctuations politiques, des cycles électoraux qui auront lieu dans le monde", a déclaré M. Chmygal lors d'une conférence de presse. "La confiscation des actifs russes devrait devenir une source fiable de soutien pour notre État", a-t-il ajouté.

«Très mauvais»

Dès samedi, Berlin a confirmé que l'enregistrement était authentique et qu'il avait été "intercepté". Le chancelier allemand Olaf Scholz a promis une enquête "très approfondie" et "très rapide" sur la publication de ces informations.

"J'espère que nous pourrons apprendre d'une manière ou d'une autre (...) à quoi cette enquête a abouti", a commenté lundi M. Peskov.

"Il faut établir bien évidemment si la Bundeswehr le fait de sa propre initiative. Et alors la question est de savoir à quel point la Bundeswehr est contrôlable et à quel point M. Scholz contrôle tout cela, ou bien si cela fait partie d'une politique de l'Etat allemand", a-t-il indiqué.

"Dans les deux cas, c'est très mauvais", a conclu le porte-parole du Kremlin.

Pour sa part, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a accusé dimanche le président russe Vladimir Poutine de chercher à "déstabiliser" l'Allemagne avec l'espionnage d'échanges militaires confidentiels sur l'Ukraine.

Cela "fait partie d'une guerre de l'information que Poutine mène", a-t-il affirmé, "il s'agit clairement de saper notre unité (...), de semer la division politique sur le plan intérieur et j'espère sincèrement que Poutine n'y parviendra pas".

Selon le magazine Der Spiegel, la visioconférence a eu lieu via la plateforme publique WebEx et non sur un réseau interne ultra-sécurisé de la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande. Et l'un des officiers se trouvait dans un hôtel de Singapour, dont la chambre pourrait avoir été piégée avec des micros, affirment certains médias.

Le contre-espionnage militaire allemand devra déterminer si "la bonne plateforme a été choisie" pour la conversation, a reconnu M. Pistorius.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.