L’influence de la guerre à Gaza sur le Hezbollah

De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 07 mars 2024

L’influence de la guerre à Gaza sur le Hezbollah

  • Le Liban craint que la violence entre Israël et le Hezbollah ne dégénère en un conflit dévastateur
  • La pression exercée pour soutenir le Hamas à Gaza tout en évitant une guerre totale avec Israël met le Hezbollah, soutenu par l'Iran, dans une impasse

DUBAI: Après une série de pertes subies par le Hezbollah depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza le 7 octobre, les analystes du Moyen-Orient se demandent de plus en plus si le groupe soutenu par l'Iran n'a pas été affaibli politiquement et militairement par le conflit contenu dans le sud du Liban.

Malgré les discussions sur un éventuel cessez-le-feu à Gaza, rien ne garantit qu'Israël et le Hezbollah mettront fin à leurs échanges meurtriers le long de la frontière sud du Liban. Cela ne mettrait pas non plus un terme aux assassinats ciblés présumés de chefs de milices à l'intérieur du territoire libanais.

Des personnes inspectent le site d'une frappe aérienne israélienne un jour plus tôt dans le village d'Odaisseh, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 5 mars 2024 (Photo, AFP).

Pour le Liban, même ce bras de fer relativement contenu entre Israël et le Hezbollah a été coûteux. Des civils vivant le long de la frontière ont été tués et des milliers ont fui vers le nord par crainte d'une invasion israélienne.

Ce lundi, l'envoyé américain, Amos Hochstein, a atterri à Beyrouth pour essayer de réduire les tensions régionales. Sa visite a coïncidé avec une attaque lancée depuis le Liban contre le nord d'Israël, qui a coûté la vie à un travailleur indien et blessé sept autres personnes.

Le Premier ministre sortant du Liban, Najib Mikati (à droite), rencontre l'envoyé américain, Amos Hochstein, à Beyrouth, le 4 mars 2024 (Photo, Reuters).

Dans une déclaration faite au cours de sa visite, Hochstein a indiqué qu'une escalade «n'aidera ni les Libanais ni les Israéliens à rentrer chez eux. Il n'existe pas de guerre limitée; une solution diplomatique est la seule issue possible».

Pour parvenir à «un accord de sécurité équitable et durable entre le Liban et Israël», Hochstein a déclaré qu'«un cessez-le-feu temporaire n'est pas suffisant» et qu'«une guerre limitée ne peut être contenue».

La sécurité le long de la Ligne bleue, délimitée par les Nations unies en 2000 après le retrait des troupes israéliennes du Liban-Sud, «doit changer afin de garantir la sécurité de tous», a-t-il ajouté.

Des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouillent la zone frontalière entre le Liban et Israël sur la colline d’Hamames dans la région de Khiam au sud du Liban, le 13 octobre 2023 (Photo, AFP).

Certains analystes estiment que le Hezbollah a suffisamment démontré son soutien aux Palestiniens et au Hamas, et qu'il n'a donc plus rien à prouver en entraînant le Liban dans une guerre majeure avec Israël.

«Le Hezbollah en sortira beaucoup plus fort et l'est déjà en interne, parce qu’il peut affirmer qu'il a dissuadé une attaque israélienne», a déclaré à Arab News, Nadim Chehade, ancien responsable du programme sur le Moyen-Orient à la Chatham House de Londres.

«S'il n'y a pas de guerre totale, le Hezbollah peut faire taire tous ceux qui critiquent ses armes et déclarer que tous ses opposants collaborent avec l'ennemi, parce qu'ils prétendront que les armes du Hezbollah ont protégé le Liban et dissuadé une attaque», a-t-il précisé.

«Bien sûr, cela devient de moins en moins convaincant au fur et à mesure de l'escalade israélienne, mais en fin de compte, ils tourneront la situation en leur faveur.»

en chiffres

- 10 soldats et réservistes israéliens tués par des attaques du Hezbollah et d'autres milices depuis le 8 octobre.

 

- 229 membres du Hezbollah tués par Israël, principalement au Liban, mais aussi en Syrie.

 

- 30 civils, dont trois journalistes, tués par des frappes israéliennes au Liban.

Bien que toutes les parties semblent vouloir éviter une confrontation militaire directe qui pourrait déboucher sur un conflit régional majeur, il n'y a pas eu d'accalmie dans les hostilités, sauf dans le cadre du cessez-le-feu temporaire de novembre de l'année dernière lors de la guerre entre Israël et le Hamas.

Ce lundi, le chef adjoint du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé que la milice, qui affirme agir en soutien aux Palestiniens de Gaza et au Hamas, cesserait ses attaques contre Israël une fois que la guerre dans l'enclave prendrait fin. «Arrêtez l'assaut sur Gaza et la guerre prendra fin dans la région», a-t-il affirmé.

Toutefois, Yoav Gallant, le ministre israélien de la Défense, a déclaré que les opérations israéliennes contre le Hezbollah ne connaîtraient aucun répit, même si un cessez-le-feu était obtenu à Gaza.

Israël a prévenu qu'il n’arrêterait pas ses opérations contre le Hezbollah au Liban tant que celui-ci continuerait à représenter une menace (Photo AFP).

En effet, des éléments plus bellicistes en Israël exercent des pressions pour que le gouvernement agisse de manière décisive contre la menace du Hezbollah à la frontière nord du pays. De même, le Hezbollah est sous pression pour aller au secours de ses frères du Hamas.

Il y a des raisons pratiques pour lesquelles le Hezbollah pourrait vouloir éviter une guerre totale avec Israël. La disponibilité des armes, le financement de la reconstruction d'après-guerre et les objectifs de l'Iran pourraient tous être des considérations clés dans les calculs du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Par l'intermédiaire du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), «Téhéran a investi des milliards de dollars dans les missiles du Hezbollah», a révélé à Arab News Meir Javedanfar, conférencier israélien, auteur et professeur de politique iranienne à l'université Reichman en Israël.

«Leur mission, leur priorité la plus importante, est de dissuader Israël d'attaquer les installations nucléaires iraniennes. Si le Hezbollah s'engage dans une guerre contre Israël maintenant, avec tous ces missiles, le programme nucléaire iranien sera gravement exposé», a-t-il expliqué.

Des combattants du Hezbollah participent à une cérémonie de commémoration des leaders du parti morts au combat dans le village libanais Jebchit, à environ 50 kilomètres au sud de la capitale Beyrouth, le 15 février 2024 (Photo, AFP).

En effet, quelle que soit la sincérité de son soutien à la cause palestinienne, le Hezbollah a intérêt à garder sa poudre au sec afin de pouvoir continuer à jouer un rôle dissuasif crédible contre une attaque israélienne préventive sur l'Iran.

«En outre, en cas de guerre, l'Iran ne pourra pas payer pour reconstruire le Liban comme il l'a fait en 2006», a indiqué Javedanfar.

«L'économie iranienne se porte très mal et est soumise à des sanctions depuis 2012. Les Iraniens ne pourront pas payer ni réapprovisionner le Hezbollah en munitions, ce qui affaiblira la position du Hezbollah», a-t-il expliqué.

Une photo fournie par le bureau des médias de l'armée iranienne, le 27 octobre 2023, montre des missiles tirés lors d'un exercice militaire dans la province d'Isfahan, dans le centre de l'Iran (Photo, AFP).

Depuis que le Hezbollah a entamé sa campagne de solidarité avec le Hamas le 8 octobre, dans le but de détourner les ressources israéliennes de la bande de Gaza, Israël a lancé une série de frappes ciblées de drones sur les commandants des milices au Liban.

Hussein Yazbeck, dont le rang exact dans la milice est inconnu, a été tué le 3 janvier. Wissam Hassan al-Tawil, commandant de la force d'élite Radwan du Hezbollah, a été assassiné le 8 janvier, tandis qu'Ali Hussein Burji, commandant des forces aériennes, a été tué dans le sud du Liban le 9 janvier.

Israël a également frappé des dépôts d'armes et des sites de lancement de missiles soupçonnés d'appartenir au CGRI et au Hezbollah au Liban, dont beaucoup étaient situés dans des zones résidentielles.

Jusqu'à présent, les échanges armés ont causé la mort de sept civils du côté israélien, ainsi que celle de dix soldats et réservistes des forces de défense israéliennes. Plusieurs attaques ont également été lancées contre Israël depuis le territoire syrien, sans faire de blessés.

Le Hezbollah a divulgué les noms de 229 membres qui ont été tués par Israël, principalement au Liban, mais aussi en Syrie. Au Liban, 37 autres agents d'autres groupes, un soldat libanais et au moins 30 civils, dont trois journalistes, ont été tués.

Des militants du Hezbollah et des sympathisants assistent aux funérailles d'Ali al-Debs, l'un des commandants du groupe militant tué par un raid aérien israélien deux jours plus tôt, dans la ville de Nabatieh, dans le sud du Liban, le 16 février 2024 (Photo, AFP).

Les ministres libanais ont continué à appeler à la retenue. «Alors que nous insistons sur le calme et appelons toutes les parties à éviter l'escalade, nous constatons que l'ennemi israélien étend son agression», a déclaré Najib Mikati, Premier ministre sortant du Liban, dans un communiqué publié le mois dernier.

Cette déclaration fait suite à une frappe aérienne israélienne meurtrière à Nabatieh, dans le sud du Liban, qui a fait dix morts parmi les civils, dont sept membres d'une même famille et une mère et ses deux enfants. Une journée de deuil a été décrétée à la suite de cette attaque.

Nabih Berri, président du Parlement libanais, a condamné ce «massacre», ajoutant que «l'effusion de sang à Nabatieh est imputable aux envoyés internationaux, à l'ONU et aux organisations de défense des droits de l'homme» qui n'ont pas agi pour réduire les tensions.

Le Hezbollah, quant à lui, a promis de riposter à l'attaque. «L'ennemi paiera le prix de ces crimes», a averti Hassan Fadlallah, un haut responsable du Hezbollah, dans une déclaration.

Le chef suprême du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est vu sur un grand écran de télévision à Beyrouth alors qu'il prononce un discours télévisé (Photo, AFP).

Peu après, un barrage de roquettes a été tiré en direction d'une base militaire à Safed, dans le nord d'Israël, tuant le sergent de l'armée israélienne Omer Sarah Benjo.

Bien que le Hezbollah ait renforcé sa position politique au Liban, tout en préservant son avantage stratégique au nom de l'Iran, certains considéreront la retenue de la milice comme un signe de faiblesse à un moment où ses alliés palestiniens en avaient le plus besoin.

«Nous ne voulons pas la guerre, mais si les Israéliens nous attaquent, nous ne manquerons pas de les attaquer à notre tour», a déclaré à Arab News Ali Chedid, un habitant de Dahieh, banlieue majoritairement chiite de Beyrouth et bastion du Hezbollah.

Des personnes inspectent les dégâts causés par les bombardements israéliens sur les cibles du Hezbollah le long des frontières israéliennes avec le Liban (Photo, AFP).

«Le Hezbollah a fait preuve d'une grande retenue jusqu'à présent. Ce n'est pas parce qu'il n'a pas assez d'armes ou de fonds pour lancer une guerre. C'est plutôt parce que nous savons que si nous entreprenons de détruire Israël, nous serons également détruits dans le processus. Nous n'avons jamais prétendu que nous serions indemnes», a indiqué Chedid.

Pour lui, la guerre à Gaza a mis le Hezbollah dans une situation complexe que ses dirigeants auront du mal à gérer s'ils espèrent éviter, à tout le moins, de ternir leur réputation de champions de la cause palestinienne et de principal rempart contre Israël.

«Le Hezbollah est maudit s'il attaque, car les gens diront alors qu'il entraîne le pays dans la guerre pour ses propres intérêts», a soutenu Chedid. «Il est également maudit s'il ne le fait pas, car on l'accusera d'être de la poudre aux yeux et d'avoir laissé les habitants de Gaza souffrir seuls.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le pape dans les pas de saint Augustin au 2e jour de sa visite en Algérie

Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
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  • La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre"
  • Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle

ALGER: Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape.

Le pontife américain est devenu lundi le tout premier pape à fouler le sol algérien, étape initiale d'une tournée dans quatre pays d'Afrique, en partie occultée par une diatribe de Donald Trump à son encontre.

Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance, récemment converti au catholicisme, a appelé le Vatican à "s'en tenir aux questions morales" et à "laisser le président des Etats-Unis se charger de définir la politique publique américaine".

La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre". Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle.

Sur fond de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être "un grand fan" du pape, l'accusant de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien et de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

Les évêques italiens et américains ont apporté leur soutien au chef de l'Eglise catholique, tout comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, réputée proche de M. Trump, qui a jugé "inacceptables" ses déclarations.

Grand penseur 

A Annaba (est), l'antique Hippone, le chef de l'Eglise catholique vivra une étape à la dimension personnelle et spirituelle, dans les pas de saint Augustin (354-430).

Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l'ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd'hui composé d'environ 3.000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

Léon XIV visitera le site archéologique romain et une maison d'accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

L'islam sunnite est religion d'Etat en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d'habitants.

L'après-midi, devant environ 1.500 fidèles, il célèbrera une messe à la basilique Saint-Augustin, perchée sur une colline, en présence de religieux africains de différentes nationalités.

Lundi, accueilli avec les honneurs sous un ciel d'Alger inhabituellement pluvieux, Léon XIV a rendu hommage, devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d'indépendance contre la France (1954-1962).

La "paix qui permet d'envisager l'avenir avec un esprit réconcilié n'est possible que par le pardon", a-t-il déclaré, appelant à ne "pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération".

 "Vivante, dynamique et libre" 

Devant les plus hautes autorités dont le président Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a aussi invité les responsables du pays à "ne pas dominer" le peuple et à promouvoir "une société civile vivante, dynamique et libre".

Depuis l'élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l'espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

L'après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie d'Alger.

Là, il s'est recueilli dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200.000 morts selon un bilan officiel.

Le pape a rappelé que ces religieux étrangers, dont les sept moines de Tibhirine (à 100 km au sud d'Alger), avaient choisi de rester en Algérie malgré des attentats meurtriers.

Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d'un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu'au 23 avril, un périple de 18.000 km à l'agenda très dense.

 


Premiers pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, sans le Hezbollah

De la fumée s'élève derrière des palmiers et le logo « Golden Arches » de McDonald's, sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la région d'Al-Hosh, près de la ville côtière libanaise de Tyr, le 14 avril 2026. (AFP)
De la fumée s'élève derrière des palmiers et le logo « Golden Arches » de McDonald's, sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la région d'Al-Hosh, près de la ville côtière libanaise de Tyr, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Avant même la rencontre prévue à Washington, le chef de la formation libanaise, Naïm Qassem, a réclamé son "annulation", affirmant que de tels pourparlers étaient une "capitulation"
  • Depuis que le Liban a été entraîné début mars par le Hezbollah dans le conflit avec l'Iran, les bombardements israéliens ont fait plus de 2.000 morts -- dont les frappes meurtrières sans précédent du 8 avril -- et déplacé plus d'un million de personnes

WASHINGTON: Washington accueille mardi des pourparlers directs de paix, les premiers du genre depuis 1993, entre des représentants du Liban et d'Israël mais avec un grand absent, le Hezbollah, réduisant les perspectives d'accord.

Parallèlement, le blocus américain des ports d'Iran, jugé mardi "dangereux et irresponsable" par Pékin, se poursuit au lendemain de son entrée en vigueur après l'échec des discussions au Pakistan entre Washington et Téhéran sur un règlement du conflit.

La guerre, déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran, a embrasé le Moyen-Orient, déstabilisé l'économie mondiale et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Après plus de cinq semaines de frappes des deux côtés, un fragile cessez-le-feu est en place depuis le 8 avril. Mais selon Israël et les Etats-Unis, il n'inclut pas le Liban, où les frappes israéliennes contre le Hezbollah pro-iranien continuent.

Avant même la rencontre prévue à Washington, le chef de la formation libanaise, Naïm Qassem, a réclamé son "annulation", affirmant que de tels pourparlers étaient une "capitulation".

Depuis que le Liban a été entraîné début mars par le Hezbollah dans le conflit avec l'Iran, les bombardements israéliens ont fait plus de 2.000 morts -- dont les frappes meurtrières sans précédent du 8 avril -- et déplacé plus d'un million de personnes.

La rencontre à Washington doit se dérouler en fin de matinée sous la médiation de Marco Rubio, aux côtés des ambassadeurs israélien et libanais à Washington, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Nada Hamadeh Moawad.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a posé deux conditions à ces pourparlers: le "désarmement du Hezbollah" et la recherche d'un "véritable accord de paix".

Selon un responsable du département d'Etat, parlant sous couvert d'anonymat, cette discussion a pour objectif "de garantir la sécurité à long terme de la frontière nord d'Israël et à soutenir la détermination du gouvernement libanais à rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire et sa vie politique".

"Fatigués" 

Côté libanais, le président Joseph Aoun a dit espérer la conclusion d'un accord sur un cessez-le-feu au Liban, "dans le but d'entamer des négociations directes entre le Liban et Israël", techniquement en état de guerre depuis des décennies.

A Beyrouth, des Libanais, las des guerres successives d'Israël, mettent leurs espoirs dans ces discussions.

"Nous sommes pour (les négociations) si c'est dans l'intérêt du Liban, si cela résout les problèmes", dit à l'AFP Kamal Ayad, un réparateur de fenêtres de 49 ans. "Nous voulons la paix, pour nos enfants et notre avenir, nous sommes fatigués, nous avons vécu tant de guerres".

L'administration Trump insiste sur le désarmement du Hezbollah, regrettant que l'armée libanaise n'ait pas su ou pu le faire jusqu'à présent.

Mais Washington est entre deux feux, exigeant le respect de l'intégrité territoriale du Liban tout en défendant le droit d'Israël à se défendre.

Il va falloir "beaucoup d'imagination et d'optimisme pour penser" que le différend entre Israël et le Liban "puisse être résolu demain à Washington", souligne un ancien responsable israélien de la Défense. "Il sera très difficile de parvenir à un accord, et Israël va créer une zone tampon dans le nord, très similaire à celle que nous avons à Gaza", dit-il à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Israël prévoit d'établir une "zone de sécurité" dans le sud du Liban, où les forces israéliennes ont pénétré pour éliminer selon eux la menace que le Hezbollah pose pour les habitants du nord d'Israël.

Le Hezbollah est entré le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Israël a riposté par des frappes aériennes meurtrières au Liban et une invasion dans le sud du pays.

"Dangereux et irresponsable" 

En Iran, le blocus maritime des Etats-Unis contre les ports iraniens dans le Golfe et en mer d'Oman est toujours en cours, suscitant une vive réaction de la Chine.

Pékin, qui dépend largement de l'Iran pour son approvisionnement pétrolier, a appelé au rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial, notamment des hydrocarbures, et verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre.

Le blocus américain "ne fera qu'exacerber les tensions, fragiliser un accord de cessez-le-feu déjà fragile et compromettre encore davantage la sécurité du passage dans le détroit", a regretté Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, parlant d'un comportement "dangereux et irresponsable".

Le président américain Donald Trump avait menacé lundi de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus. Téhéran, de son côté, dénonçant un acte "illégal" de "piraterie", a averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si "la sécurité des ports de la République islamique (...) était menacée".

 


Le Kurde Nizar Amedi élu président de l'Irak, Al-Maliki pressenti pour Premier ministre

Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid
  • Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan

BAGDAD: Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient.

Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde, la fonction de Premier ministre à un chiite et la présidence du Parlement à un sunnite.

Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid.

Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan.

M. Amedi a été ministre de l’Environnement entre 2022 et 2024 dans le gouvernement du Premier ministre sortant Mohammed Chia al-Soudani.

Il a également été conseiller des anciens présidents de la République, Jalal Talabani, Fouad Massoum et Barham Saleh.

Après les élections législatives de novembre, la date de l'élection du président avait été fixée à janvier mais avait été reportée deux fois en raison de désaccords politiques, reculant d'autant la nomination d'un Premier ministre.

Le président dispose désormais de 15 jours pour nommer un Premier ministre, qui devrait être Nouri al-Maliki.

Déjà deux fois consécutives à ce poste (entre 2006 et 2014), M. Maliki avait reçu en janvier l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens avec Téhéran, pour redevenir Premier ministre.

Ce probable retour au pouvoir de M. Maliki avait suscité de vives inquiétudes à Washington.

M. Maliki avait dans un premier temps bénéficié du soutien américain après l'invasion de 2003 et la chute de Saddam Hussein, mais s'était brouillé avec Washington après s'être rapproché de l'Iran.

L'Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux partenaires, eux-même ennemis.

Les Etats-Unis et l'Iran ont entamé samedi à Islamabad des négociations pour tenter d'obtenir une trêve durable après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient.

L'Irak a été happé par le conflit, des groupes pro-iraniens attaquant des intérêts américains dans le pays et ces mêmes groupes étant l'objet de frappes imputées aux Etats-Unis et à Israël.