L’influence de la guerre à Gaza sur le Hezbollah

De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
De la fumée s’échappe au-dessus du village libanais de Bint Jbeil lors du bombardement israélien du 28 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 07 mars 2024

L’influence de la guerre à Gaza sur le Hezbollah

  • Le Liban craint que la violence entre Israël et le Hezbollah ne dégénère en un conflit dévastateur
  • La pression exercée pour soutenir le Hamas à Gaza tout en évitant une guerre totale avec Israël met le Hezbollah, soutenu par l'Iran, dans une impasse

DUBAI: Après une série de pertes subies par le Hezbollah depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza le 7 octobre, les analystes du Moyen-Orient se demandent de plus en plus si le groupe soutenu par l'Iran n'a pas été affaibli politiquement et militairement par le conflit contenu dans le sud du Liban.

Malgré les discussions sur un éventuel cessez-le-feu à Gaza, rien ne garantit qu'Israël et le Hezbollah mettront fin à leurs échanges meurtriers le long de la frontière sud du Liban. Cela ne mettrait pas non plus un terme aux assassinats ciblés présumés de chefs de milices à l'intérieur du territoire libanais.

Des personnes inspectent le site d'une frappe aérienne israélienne un jour plus tôt dans le village d'Odaisseh, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 5 mars 2024 (Photo, AFP).

Pour le Liban, même ce bras de fer relativement contenu entre Israël et le Hezbollah a été coûteux. Des civils vivant le long de la frontière ont été tués et des milliers ont fui vers le nord par crainte d'une invasion israélienne.

Ce lundi, l'envoyé américain, Amos Hochstein, a atterri à Beyrouth pour essayer de réduire les tensions régionales. Sa visite a coïncidé avec une attaque lancée depuis le Liban contre le nord d'Israël, qui a coûté la vie à un travailleur indien et blessé sept autres personnes.

Le Premier ministre sortant du Liban, Najib Mikati (à droite), rencontre l'envoyé américain, Amos Hochstein, à Beyrouth, le 4 mars 2024 (Photo, Reuters).

Dans une déclaration faite au cours de sa visite, Hochstein a indiqué qu'une escalade «n'aidera ni les Libanais ni les Israéliens à rentrer chez eux. Il n'existe pas de guerre limitée; une solution diplomatique est la seule issue possible».

Pour parvenir à «un accord de sécurité équitable et durable entre le Liban et Israël», Hochstein a déclaré qu'«un cessez-le-feu temporaire n'est pas suffisant» et qu'«une guerre limitée ne peut être contenue».

La sécurité le long de la Ligne bleue, délimitée par les Nations unies en 2000 après le retrait des troupes israéliennes du Liban-Sud, «doit changer afin de garantir la sécurité de tous», a-t-il ajouté.

Des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouillent la zone frontalière entre le Liban et Israël sur la colline d’Hamames dans la région de Khiam au sud du Liban, le 13 octobre 2023 (Photo, AFP).

Certains analystes estiment que le Hezbollah a suffisamment démontré son soutien aux Palestiniens et au Hamas, et qu'il n'a donc plus rien à prouver en entraînant le Liban dans une guerre majeure avec Israël.

«Le Hezbollah en sortira beaucoup plus fort et l'est déjà en interne, parce qu’il peut affirmer qu'il a dissuadé une attaque israélienne», a déclaré à Arab News, Nadim Chehade, ancien responsable du programme sur le Moyen-Orient à la Chatham House de Londres.

«S'il n'y a pas de guerre totale, le Hezbollah peut faire taire tous ceux qui critiquent ses armes et déclarer que tous ses opposants collaborent avec l'ennemi, parce qu'ils prétendront que les armes du Hezbollah ont protégé le Liban et dissuadé une attaque», a-t-il précisé.

«Bien sûr, cela devient de moins en moins convaincant au fur et à mesure de l'escalade israélienne, mais en fin de compte, ils tourneront la situation en leur faveur.»

en chiffres

- 10 soldats et réservistes israéliens tués par des attaques du Hezbollah et d'autres milices depuis le 8 octobre.

 

- 229 membres du Hezbollah tués par Israël, principalement au Liban, mais aussi en Syrie.

 

- 30 civils, dont trois journalistes, tués par des frappes israéliennes au Liban.

Bien que toutes les parties semblent vouloir éviter une confrontation militaire directe qui pourrait déboucher sur un conflit régional majeur, il n'y a pas eu d'accalmie dans les hostilités, sauf dans le cadre du cessez-le-feu temporaire de novembre de l'année dernière lors de la guerre entre Israël et le Hamas.

Ce lundi, le chef adjoint du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé que la milice, qui affirme agir en soutien aux Palestiniens de Gaza et au Hamas, cesserait ses attaques contre Israël une fois que la guerre dans l'enclave prendrait fin. «Arrêtez l'assaut sur Gaza et la guerre prendra fin dans la région», a-t-il affirmé.

Toutefois, Yoav Gallant, le ministre israélien de la Défense, a déclaré que les opérations israéliennes contre le Hezbollah ne connaîtraient aucun répit, même si un cessez-le-feu était obtenu à Gaza.

Israël a prévenu qu'il n’arrêterait pas ses opérations contre le Hezbollah au Liban tant que celui-ci continuerait à représenter une menace (Photo AFP).

En effet, des éléments plus bellicistes en Israël exercent des pressions pour que le gouvernement agisse de manière décisive contre la menace du Hezbollah à la frontière nord du pays. De même, le Hezbollah est sous pression pour aller au secours de ses frères du Hamas.

Il y a des raisons pratiques pour lesquelles le Hezbollah pourrait vouloir éviter une guerre totale avec Israël. La disponibilité des armes, le financement de la reconstruction d'après-guerre et les objectifs de l'Iran pourraient tous être des considérations clés dans les calculs du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Par l'intermédiaire du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), «Téhéran a investi des milliards de dollars dans les missiles du Hezbollah», a révélé à Arab News Meir Javedanfar, conférencier israélien, auteur et professeur de politique iranienne à l'université Reichman en Israël.

«Leur mission, leur priorité la plus importante, est de dissuader Israël d'attaquer les installations nucléaires iraniennes. Si le Hezbollah s'engage dans une guerre contre Israël maintenant, avec tous ces missiles, le programme nucléaire iranien sera gravement exposé», a-t-il expliqué.

Des combattants du Hezbollah participent à une cérémonie de commémoration des leaders du parti morts au combat dans le village libanais Jebchit, à environ 50 kilomètres au sud de la capitale Beyrouth, le 15 février 2024 (Photo, AFP).

En effet, quelle que soit la sincérité de son soutien à la cause palestinienne, le Hezbollah a intérêt à garder sa poudre au sec afin de pouvoir continuer à jouer un rôle dissuasif crédible contre une attaque israélienne préventive sur l'Iran.

«En outre, en cas de guerre, l'Iran ne pourra pas payer pour reconstruire le Liban comme il l'a fait en 2006», a indiqué Javedanfar.

«L'économie iranienne se porte très mal et est soumise à des sanctions depuis 2012. Les Iraniens ne pourront pas payer ni réapprovisionner le Hezbollah en munitions, ce qui affaiblira la position du Hezbollah», a-t-il expliqué.

Une photo fournie par le bureau des médias de l'armée iranienne, le 27 octobre 2023, montre des missiles tirés lors d'un exercice militaire dans la province d'Isfahan, dans le centre de l'Iran (Photo, AFP).

Depuis que le Hezbollah a entamé sa campagne de solidarité avec le Hamas le 8 octobre, dans le but de détourner les ressources israéliennes de la bande de Gaza, Israël a lancé une série de frappes ciblées de drones sur les commandants des milices au Liban.

Hussein Yazbeck, dont le rang exact dans la milice est inconnu, a été tué le 3 janvier. Wissam Hassan al-Tawil, commandant de la force d'élite Radwan du Hezbollah, a été assassiné le 8 janvier, tandis qu'Ali Hussein Burji, commandant des forces aériennes, a été tué dans le sud du Liban le 9 janvier.

Israël a également frappé des dépôts d'armes et des sites de lancement de missiles soupçonnés d'appartenir au CGRI et au Hezbollah au Liban, dont beaucoup étaient situés dans des zones résidentielles.

Jusqu'à présent, les échanges armés ont causé la mort de sept civils du côté israélien, ainsi que celle de dix soldats et réservistes des forces de défense israéliennes. Plusieurs attaques ont également été lancées contre Israël depuis le territoire syrien, sans faire de blessés.

Le Hezbollah a divulgué les noms de 229 membres qui ont été tués par Israël, principalement au Liban, mais aussi en Syrie. Au Liban, 37 autres agents d'autres groupes, un soldat libanais et au moins 30 civils, dont trois journalistes, ont été tués.

Des militants du Hezbollah et des sympathisants assistent aux funérailles d'Ali al-Debs, l'un des commandants du groupe militant tué par un raid aérien israélien deux jours plus tôt, dans la ville de Nabatieh, dans le sud du Liban, le 16 février 2024 (Photo, AFP).

Les ministres libanais ont continué à appeler à la retenue. «Alors que nous insistons sur le calme et appelons toutes les parties à éviter l'escalade, nous constatons que l'ennemi israélien étend son agression», a déclaré Najib Mikati, Premier ministre sortant du Liban, dans un communiqué publié le mois dernier.

Cette déclaration fait suite à une frappe aérienne israélienne meurtrière à Nabatieh, dans le sud du Liban, qui a fait dix morts parmi les civils, dont sept membres d'une même famille et une mère et ses deux enfants. Une journée de deuil a été décrétée à la suite de cette attaque.

Nabih Berri, président du Parlement libanais, a condamné ce «massacre», ajoutant que «l'effusion de sang à Nabatieh est imputable aux envoyés internationaux, à l'ONU et aux organisations de défense des droits de l'homme» qui n'ont pas agi pour réduire les tensions.

Le Hezbollah, quant à lui, a promis de riposter à l'attaque. «L'ennemi paiera le prix de ces crimes», a averti Hassan Fadlallah, un haut responsable du Hezbollah, dans une déclaration.

Le chef suprême du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est vu sur un grand écran de télévision à Beyrouth alors qu'il prononce un discours télévisé (Photo, AFP).

Peu après, un barrage de roquettes a été tiré en direction d'une base militaire à Safed, dans le nord d'Israël, tuant le sergent de l'armée israélienne Omer Sarah Benjo.

Bien que le Hezbollah ait renforcé sa position politique au Liban, tout en préservant son avantage stratégique au nom de l'Iran, certains considéreront la retenue de la milice comme un signe de faiblesse à un moment où ses alliés palestiniens en avaient le plus besoin.

«Nous ne voulons pas la guerre, mais si les Israéliens nous attaquent, nous ne manquerons pas de les attaquer à notre tour», a déclaré à Arab News Ali Chedid, un habitant de Dahieh, banlieue majoritairement chiite de Beyrouth et bastion du Hezbollah.

Des personnes inspectent les dégâts causés par les bombardements israéliens sur les cibles du Hezbollah le long des frontières israéliennes avec le Liban (Photo, AFP).

«Le Hezbollah a fait preuve d'une grande retenue jusqu'à présent. Ce n'est pas parce qu'il n'a pas assez d'armes ou de fonds pour lancer une guerre. C'est plutôt parce que nous savons que si nous entreprenons de détruire Israël, nous serons également détruits dans le processus. Nous n'avons jamais prétendu que nous serions indemnes», a indiqué Chedid.

Pour lui, la guerre à Gaza a mis le Hezbollah dans une situation complexe que ses dirigeants auront du mal à gérer s'ils espèrent éviter, à tout le moins, de ternir leur réputation de champions de la cause palestinienne et de principal rempart contre Israël.

«Le Hezbollah est maudit s'il attaque, car les gens diront alors qu'il entraîne le pays dans la guerre pour ses propres intérêts», a soutenu Chedid. «Il est également maudit s'il ne le fait pas, car on l'accusera d'être de la poudre aux yeux et d'avoir laissé les habitants de Gaza souffrir seuls.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.