Adhésion à l'ONU: les Palestiniens espèrent un vote du Conseil de sécurité le 18 avril

L'ambassadeur palestinien auprès de l'ONU Riyad Mansour (au centre), photographié ici avec l'ambassadeur du Yémen Abdullah Ali Fadhel Al-Saadi et le représentant algérien à l'ONU Amar Bendjama, fait pression pour un vote au Conseil de sécurité de l'ONU le 5 avril 2024 pour reconnaître sa nation comme un membre à part entière le mois prochain (Photo, AFP).
L'ambassadeur palestinien auprès de l'ONU Riyad Mansour (au centre), photographié ici avec l'ambassadeur du Yémen Abdullah Ali Fadhel Al-Saadi et le représentant algérien à l'ONU Amar Bendjama, fait pression pour un vote au Conseil de sécurité de l'ONU le 5 avril 2024 pour reconnaître sa nation comme un membre à part entière le mois prochain (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 04 avril 2024

Adhésion à l'ONU: les Palestiniens espèrent un vote du Conseil de sécurité le 18 avril

  • Dans une lettre envoyée mardi au secrétaire général de l'ONU et au Conseil de sécurité, les Palestiniens ont relancé une requête datant de 2011
  • Pour que leur requête aboutisse, il faudrait d'abord une recommandation positive du Conseil de sécurité

NATIONS UNIES: Les Palestiniens espèrent un vote du Conseil de sécurité le 18 avril sur leur demande d'adhésion pleine et entière aux Nations unies, a indiqué mercredi leur ambassadeur à l'ONU Riyad Mansour, même si un succès est improbable.

Dans une lettre envoyée mardi au secrétaire général de l'ONU et au Conseil de sécurité, les Palestiniens ont relancé une requête datant de 2011 demandant de devenir membre à part entière de l'ONU.

"Nous espérons que le Conseil de sécurité réuni au niveau ministériel le 18 (avril) agira sur cette base", a déclaré Riyad Mansour mercredi, en référence à une réunion prévue sur la situation à Gaza à cette date.

"Nous voulons l'admission. C'est notre droit naturel et légal", a-t-il ajouté, estimant que vu le nombre de pays les soutenant, cette adhésion devrait être "facile".

"Tout le monde parle de la solution à deux Etats, alors quelle est la logique de nous empêcher d'être un Etat membre ?", a-t-il lancé, en réponse à l'éventualité d'un veto américain.

Au moins 9 votes pour 

Pour que leur requête aboutisse, il faudrait d'abord une recommandation positive du Conseil de sécurité (au moins 9 votes pour, sans veto d'un membre permanent), puis un vote à une majorité des deux-tiers à l'Assemblée générale.

Mais les observateurs doutent que l'initiative passe l'étape du Conseil. Les Etats-Unis ont insisté mercredi sur le fait que l'ONU n'était pas le lieu pour la reconnaissance d'un Etat palestinien, privilégiant des négociations directes entre Israël et les Palestiniens.

"Nous espérons qu'ils ne vont pas persévérer, mais ça dépend d'eux", a commenté l'ambassadeur américain adjoint à l'ONU Robert Wood.

En septembre 2011, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait lancé la procédure demandant "l'adhésion de l'Etat de Palestine à l'ONU", qui n'est jamais allée à son terme. Les Palestiniens ont finalement obtenu en novembre 2012 le statut d'observateur mais aspirent toujours à devenir un véritable Etat membre.

Ils ont relancé cette démarche en raison de l'offensive israélienne à Gaza en représailles à l'attaque sans précédent du Hamas du 7 octobre.


Un chasseur F-16 s'écrase dans l'ouest de la Turquie

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  • L'armée turque avait déjà été endeuillée en novembre, avec le crash d'un avion cargo militaire C-130 en Géorgie, en provenance d'Azerbaïdjan, tuant les 20 militaires à son bord
  • D'autres F-16, conçus par l'américain Lockheed Martin, ont été victimes de crashs ces derniers mois

ISTANBUL: Un avion de chasse F-16 de l'armée turque s'est écrasé mercredi matin dans l'ouest de la Turquie, tuant son pilote, a rapporté l'agence de presse officielle Anadolu, citant le ministère de la Défense.

L'appareil a décollé à 00H56 locales (21H56 GMT mardi) d'une base de la province de Balikesir puis le contact avec l'appareil a été perdu, selon la même source.

L'épave de l'appareil a ensuite été retrouvée dans cette province. Son pilote est mort et la cause de "l'accident" fait l'objet d'une enquête, indique Anadolu.

L'armée turque avait déjà été endeuillée en novembre, avec le crash d'un avion cargo militaire C-130 en Géorgie, en provenance d'Azerbaïdjan, tuant les 20 militaires à son bord.

D'autres F-16, conçus par l'américain Lockheed Martin, ont été victimes de crashs ces derniers mois.

En janvier, Taïwan avait localisé la boîte noire d'un de ces chasseurs qui s'était abîmé en mer lors d'une mission de routine. Son pilote, qui s'est éjecté au large, a été porté disparu.

En Pologne également, un autre appareil s'était écrasé en août lors des préparatifs d'un show aérien, tuant son pilote.

 


Le Liban craint des attaques d'Israël en cas d'escalade avec l'Iran

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  • "Il existe des signaux indiquant que les Israéliens pourraient frapper très fortement en cas d'escalade, y compris potentiellement des infrastructures stratégiques comme l'aéroport"
  • "Ce que les Libanais redoutent, c'est une chaîne de réactions: une frappe américaine contre l’Iran, une riposte du Hezbollah contre Israël, puis une réponse israélienne massive"

BEYROUTH: Le Liban a dit mardi craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'escalade militaire avec l'Iran et d'implication du puissant Hezbollah dans un conflit régional.

Dans ce contexte tendu, l'armée libanaise a accusé Israël d'avoir visé le secteur d'une position militaire dans le sud, près de la frontière entre les deux pays, et affirmé avoir donné l'ordre de riposter.

"Il existe des signaux indiquant que les Israéliens pourraient frapper très fortement en cas d'escalade, y compris potentiellement des infrastructures stratégiques comme l'aéroport", a déclaré le chef de la diplomatie libanaise Youssef Raggi à quelques médias, dont l'AFP, à Genève.

"Nous conduisons actuellement des démarches diplomatiques pour demander que, même en cas de représailles, les infrastructures civiles libanaises ne soient pas ciblées", a-t-il ajouté en marge d'une session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. "Cette guerre ne nous concerne pas".

Sur X, il a dit espérer que le Hezbollah pro-iranien s'abstienne "de prendre part à toute nouvelle aventure et épargne au Liban davantage de destructions".

"Chaîne de réactions" 

"Ce que les Libanais redoutent, c'est une chaîne de réactions: une frappe américaine contre l’Iran, une riposte du Hezbollah contre Israël, puis une réponse israélienne massive" contre le Liban, a indiqué un responsable libanais qui a requis l'anonymat.

Lundi, les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth.

Le président Donald Trump, qui a ordonné le déploiement dans la région d'un dispositif militaire massif, menace de frapper l'Iran si les pourparlers actuels échouent.

Téhéran a averti que toute frappe des Etats-Unis, même limitée, le pousserait à riposter "avec férocité", et mis en garde contre un risque d'"escalade" régionale.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affirmé le mois dernier que sa formation s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli d'une guerre avec Israël, qui continue de le frapper régulièrement malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. Israël l'accuse de se réarmer.

"Résistance" 

Samedi, la formation a appelé à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres, dont un responsable militaire, qui participaient à une réunion dans l'est du Liban.

Conformément aux termes du cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la région frontalière avec Israël où elle s'est déployée.

Mardi, elle a accusé l'armée israélienne d'avoir ouvert le feu dans sa direction alors qu'elle établissait un point de contrôle dans la région de Marjeyoun, proche de la frontière.

"Le commandement de l'armée a ordonné de renforcer la position et de riposter aux sources de tirs", a affirmé l'armée dans un communiqué.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir repéré des soldats libanais installant une position "sans coordination préalable" et avoir réclamé qu'ils suspendent l'opération.

"Après que cette demande est restée sans réponse, les troupes ont effectué des tirs de sommation", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"Monopole des armes" 

L'armée libanaise doit à présent désarmer le Hezbollah dans une région située plus au nord de la frontière, mais manque d'équipements et de moyens financiers.

Au Caire, une réunion visant à préparer une conférence de soutien aux forces armées libanaises, que Paris accueillera le 5 mars, a souligné que l'Etat libanais devait avoir "le monopole des armes".

La réunion "vise à aider les institutions nationales libanaises, en particulier l'armée et les forces de sécurité intérieure, à renforcer leur souveraineté et à étendre leur contrôle total" sur le territoire, a souligné le ministre égyptien des Affaires étrangères.

La France, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis ont pris part à cette réunion, qui s'est tenue en présence du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal.

 

 


Iran: les étudiants ont le «droit» de manifester mais ne doivent pas franchir de «lignes rouges», dit le gouvernement

Ces rassemblements, qui pour certains ont donné lieu à des affrontements, s'inscrivent dans la continuité d'un vaste mouvement qui a débuté en décembre avec des revendications initialement économiques mais a pris début janvier une tournure anti-pouvoir sans précédent. (AFP)
Ces rassemblements, qui pour certains ont donné lieu à des affrontements, s'inscrivent dans la continuité d'un vaste mouvement qui a débuté en décembre avec des revendications initialement économiques mais a pris début janvier une tournure anti-pouvoir sans précédent. (AFP)
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  • Des rassemblements étudiants pro et antigouvernementaux dans plusieurs universités, notamment à Téhéran, ont lieu depuis la reprise des cours samedi
  • Les médias locaux ont diffusé des images montrant des étudiants en train de brûler le drapeau de la République islamique, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie

TEHERAN: Les étudiants iraniens ont le droit de manifester mais ne doivent pas franchir des "lignes rouges", a mis en garde mardi le gouvernement dans sa première réaction depuis la reprise samedi d'un mouvement de contestation dans certaines universités.

Ils "ont naturellement le droit de manifester", a déclaré la porte-parole Fatemeh Mohajerani.

Mais il y a "des lignes rouges à protéger et à ne pas franchir, même au plus fort de la colère", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse hebdomadaire, citant en exemples "les lieux sacrés et le drapeau" de la République islamique.

Des rassemblements étudiants pro et antigouvernementaux dans plusieurs universités, notamment à Téhéran, ont lieu depuis la reprise des cours samedi.

Les médias locaux ont diffusé des images montrant des étudiants en train de brûler le drapeau de la République islamique, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.

Ces rassemblements, qui pour certains ont donné lieu à des affrontements, s'inscrivent dans la continuité d'un vaste mouvement qui a débuté en décembre avec des revendications initialement économiques mais a pris début janvier une tournure anti-pouvoir sans précédent.

Le bilan officiel des autorités iraniennes s'élève à plus de 3.000 morts.

Elles affirment que la grande majorité des victimes sont des forces de sécurité ou des passants tués par des "terroristes", à la solde d'Israël et des Etats-Unis.

Des ONG, basées à l'étranger, accusent les forces de sécurité d'avoir délibérément tiré sur les manifestants.

L'organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, affirme que plus de 7.000 personnes ont été tuées.