La Turquie restreint ses exportations vers Israël, qui promet de répondre

Israël affirme avoir retiré ses dernières troupes terrestres de la ville, mettant fin à une opération de quatre mois (Photo, AP).
Israël affirme avoir retiré ses dernières troupes terrestres de la ville, mettant fin à une opération de quatre mois (Photo, AP).
Short Url
Publié le Mardi 09 avril 2024

La Turquie restreint ses exportations vers Israël, qui promet de répondre

  • La guerre entre Israël et le Hamas palestinien a mis fin à la normalisation des relations turco-israéliennes en 2022 après des années de tension
  • Les exportations de la Turquie vers Israël ont représenté 5,43 milliards de dollars en 2023, contre 7,03 milliards de dollars en 2022 et 6,36 milliards de dollars en 2021

ANKARA: La Turquie a restreint mardi ses exportations vers Israël, une réponse à la guerre à Gaza et à une colère croissante dans la population turque contre le maintien des relations commerciales avec Israël, qui a promis des mesures de rétorsion.

"Cette décision restera en vigueur jusqu'à ce qu'Israël déclare un cessez-le-feu immédiat et autorise l'accès continu de l'aide humanitaire à Gaza", a affirmé le ministère turc du Commerce dans un communiqué.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé dans la foulée qu'Israël prendrait les "mesures nécessaires" à l'encontre de la Turquie, dénonçant une "violation des accords commerciaux" bilatéraux.

Les restrictions annoncées mardi matin par Ankara concernent 54 produits, dont de nombreux matériaux de construction composés d'acier, de fer ou d'aluminium, mais aussi du carburant d'aviation.

Le ministère affirme que "la vente des produits ou services susceptibles d'être utilisés à des fins militaires par Israël" n'était plus autorisée "depuis longtemps".

Cette annonce intervient après qu'Ankara a annoncé lundi qu'Israël avait bloqué une demande turque de largage d'aide humanitaire sur Gaza.

"Il n'y a aucune excuse pour qu'Israël bloque notre tentative de parachuter de l'aide aux Gazaouis affamés", avait déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, annonçant l'imminence d'"une série de nouvelles mesures contre Israël".

"Nous continuerons notre soutien (aux Palestiniens) jusqu'à ce que l'effusion de sang cesse à Gaza et que nos frères palestiniens obtiennent un Etat palestinien libre avec Jérusalem-Est pour capitale", a déclaré mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan dans un message à l'occasion de l'Aïd al-Fitr, qui marquera mercredi la fin du mois du ramadan.

Gouvernement sous pression 

La guerre entre Israël et le Hamas palestinien a mis fin à la normalisation des relations turco-israéliennes en 2022 après des années de tension.

Le président Erdogan, l'une des voix les plus critiques de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, a qualifié à de nombreuses reprises Israël "d'Etat terroriste".

M. Erdogan, qui a rappelé début novembre l'ambassadeur de Turquie à Tel-Aviv, avait toutefois jugé impossible de "rompre complètement" avec Israël.

Mais les critiques se sont intensifiées en Turquie ces dernières semaines contre la poursuite des échanges commerciaux avec Israël.

Selon des analystes, cette colère a contribué à la débâcle historique du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Erdogan aux élections municipales du mois dernier.

Un parti islamiste turc, le Yeniden Refah, a fait une percée lors de ces élections locales en surfant sur ce thème, remportant deux provinces, Sanliurfa (sud-est) et Yozgat (centre), qui étaient dirigées par l'AKP.

Des manifestations dénonçant la poursuite des relations commerciales avec Israël ont eu lieu ces derniers jours dans plusieurs villes turques, dont l'une samedi sur l'une des principales artères d'Istanbul.

La dispersion violente de cette manifestation a suscité un vif émoi. Des images diffusées par les médias locaux, montrant une policière gifler une manifestante, ont été vivement critiquées par l'opposition turque.

Une enquête a été ouverte et deux policiers ont été suspendus à la suite de cet incident, a annoncé le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya.

Les exportations de la Turquie vers Israël ont représenté 5,43 milliards de dollars en 2023, contre 7,03 milliards de dollars en 2022 et 6,36 milliards de dollars en 2021, selon l'Union des exportateurs turcs et l'agence de statistiques Turkstat.


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
Short Url
  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.

 


Egypte: incendie sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette 

Short Url
  • Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée"
  • Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident"

LE CAIRE: Un incendie s'est déclaré mercredi à bord de deux navires de traitement et de stockage de gaz naturel dans le port de Damiette, dans le nord de l'Egypte, a annoncé le ministère égyptien du Pétrole, sans préciser les causes du feu.

Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée", ajoutant qu'il n'y avait eu aucune "perte humaine".

Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident".

L'ancien président de l'Autorité du port de Damiette, le général Ayman Saleh, a indiqué à l'AFP qu'"un navire de regazéification était amarré aux côtés d'un méthanier dans le port", expliquant que l'opération de regazéification "s'effectue sous une très forte pression", de sorte que toute fuite peut provoquer un incendie.

Il n'a pas précisé à qui appartenaient les deux bâtiments.

 


L'armée israélienne accuse le Hezbollah d'une «violation flagrante» de l'accord de cessez-le-feu

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
Short Url
  • "Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité
  • "Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

"Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité", indique le communiqué militaire.

"Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah", poursuit-il.

Un accord-cadre a été conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, en vue de mettre fin à la guerre entre les deux pays.

Son application prévoit notamment la mise en place de "zones pilotes" dans le sud du Liban, où le désarmement du Hezbollah doit constituer un test avant un retrait progressif des forces israéliennes d'autres secteurs.

Le mouvement chiite, soutenu par l'Iran, rejette cet accord et refuse de déposer les armes, mais n'a toutefois pas revendiqué d'attaque depuis le 20 juin.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.

L'armée israélienne a indiqué que des troupes continueraient d'y être déployées pour une période indéterminée, "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Dimanche, l'armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.