Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira dimanche pour discuter des attaques de l'Iran contre Israël

L'ambassadeur d'Israël à l'ONU Gilad Erdan, au centre, évoque lors  d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU le risque de famine et les attaques contre les travailleurs humanitaires à Gaza, au siège de l'ONU à New York, le 5 avril 2024. (AFP/File)
L'ambassadeur d'Israël à l'ONU Gilad Erdan, au centre, évoque lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU le risque de famine et les attaques contre les travailleurs humanitaires à Gaza, au siège de l'ONU à New York, le 5 avril 2024. (AFP/File)
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Publié le Dimanche 14 avril 2024

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira dimanche pour discuter des attaques de l'Iran contre Israël

  • Israël a demandé la tenue d'une réunion, exhortant le Conseil à condamner l'Iran et à désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste
  • L'Iran a justifié son attaque de représailles par le fait que le Conseil n'a pas condamné l'attaque israélienne contre son consulat à Damas

NEW YORK : Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait tenir une réunion d'urgence dimanche après-midi à New York pour discuter de l'attaque de l'Iran contre Israël, a annoncé la présidence maltaise du Conseil.

L'Iran a lancé samedi des dizaines de drones et de missiles sur Israël en représailles à une attaque israélienne contre le consulat iranien à Damas, qui a tué sept gardes révolutionnaires, dont deux généraux. L'Iran avait prévenu qu'Israël serait « puni » pour cette attaque, qui a eu lieu le 1er avril.

Le représentant permanent d'Israël auprès des Nations unies a demandé au Conseil de sécurité de « condamner sans équivoque l'Iran pour ces graves violations et d'agir immédiatement pour désigner le CGRI comme une organisation terroriste ».

Dans une lettre adressée à l'ambassadeur de Malte, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil pour le mois d'avril, Gilad Erdan a qualifié l'attaque d'«escalade sérieuse et dangereuse », ajoutant que la gravité et le volume des attaques sont sans précédent et constituent une violation flagrante de la souveraineté d'Israël, du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité.

« L'Iran constitue une menace directe pour la paix internationale et viole effrontément la charte des Nations unies et les résolutions du Conseil de sécurité. Le temps est venu pour le Conseil de sécurité de prendre des mesures concrètes contre la menace iranienne », a affirmé Erdan.

La mission permanente de l'Iran auprès de l'ONU a indiqué sur X que « si le Conseil de sécurité de l'ONU avait condamné l'acte d'agression répréhensible du régime sioniste contre nos locaux diplomatiques à Damas et avait ensuite traduit en justice ses auteurs, l'Iran n’aurait pas été contraint de punir ce régime voyou ».

La mission a décrit les attaques de samedi comme « un recours à l'article 51 de la Charte des Nations unies », qui invoque le « droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, en cas d'attaque armée contre un membre des Nations unies, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

Il a déclaré que les attaques de représailles ont eu lieu après une période de 13 jours marquée par « l'inaction et le silence du Conseil de sécurité, qui n'a pas dénoncé les agressions du régime israélien ». La condamnation précipitée par certains pays de l'exercice par l'Iran de son droit légitime suggère une inversion des rôles, mettant sur un pied d'égalité la victime et le criminel ».

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a fermement condamné « la grave escalade que représente l'attaque à grande échelle lancée ce soir par la République islamique d'Iran contre Israël » et a appelé à une cessation immédiate de ces hostilités. Il a déclaré que ni la région ni le monde ne pouvaient se permettre une nouvelle guerre.

« Je suis profondément alarmé par le danger très réel d'une escalade dévastatrice à l'échelle de la région », a déclaré le chef de l'ONU dans un communiqué, tout en exhortant « toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue afin d'éviter toute action qui pourrait conduire à des affrontements militaires majeurs sur de multiples fronts au Moyen-Orient ».

 

 Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com