Boeing abattu: L’Iran ne peut pas décider seul de l’indemnisation, selon Ottawa

Pour le chef de la diplomatie canadienne François-Philippe Champagne, «conformément au droit international, l'Iran doit accorder des réparations complètes à la satisfaction des États touchés par la destruction du vol PS752» (Photo, AFP).
Pour le chef de la diplomatie canadienne François-Philippe Champagne, «conformément au droit international, l'Iran doit accorder des réparations complètes à la satisfaction des États touchés par la destruction du vol PS752» (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 08 janvier 2021

Boeing abattu: L’Iran ne peut pas décider seul de l’indemnisation, selon Ottawa

  • «La question de l'indemnisation ne sera pas réglée par des déclarations unilatérales de l'Iran mais devra plutôt faire l'objet de négociations entre Etats»
  • Après trois jours de démentis, les forces armées iraniennes avaient reconnu avoir abattu l'avion par «erreur», en pleine montée des tensions entre Washington et l'Iran

OTTAWA: L'Iran ne peut pas fixer unilatéralement le montant des indemnisations des victimes du crash d'un Boeing ukrainien, abattu il y a un an au-dessus de Téhéran, a prévenu jeudi le chef de la diplomatie canadienne François-Philippe Champagne.

«La question de l'indemnisation ne sera pas réglée par des déclarations unilatérales de l'Iran mais devra plutôt faire l'objet de négociations entre Etats», a-t-il dit dans un courriel à la veille du premier anniversaire de la tragédie. 

«Et les discussions de fond avec l'Iran n'ont pas encore commencé», a-t-il ajouté.

Fin décembre, l'Iran a annoncé son intention de verser «150 000 dollars ou l'équivalent en euros» à chacune des familles des victimes du vol PS 752 d'Ukraine International Airlines à destination de Kiev, qui s'était écrasé le 8 janvier 2020, tuant les 176 personnes à bord, dont 85 citoyens ou résidents permanents canadiens.

Après trois jours de démentis, les forces armées iraniennes avaient reconnu avoir abattu l'avion par «erreur», en pleine montée des tensions entre Washington et l'Iran.

Pour M. Champagne, «conformément au droit international, l'Iran doit accorder des réparations complètes à la satisfaction des États touchés par la destruction du vol PS752».

Mais «les réparations sont plus qu'une simple compensation», a-t-il averti.

«Bien que l'Iran ait reconnu sa responsabilité», celle-ci s'accompagne de devoirs en matière de «justice et de transparence», a-t-il ajouté. 

Mi-décembre, le conseiller spécial du gouvernement sur ce drame, l'ancien ministre Ralph Goodale, avait rendu un rapport de 70 pages estimant que l'Iran ne devrait pas être autorisé à «enquêter sur lui-même». Il relevait par ailleurs les nombreuses zones d'ombre dans ce dossier.

«Nous continuerons de nous battre pour que justice soit faite et que les responsables répondent de leurs actes, à chaque étape du processus», a promis jeudi M. Champagne.

Le chef de la diplomatie, ainsi que le Premier ministre Justin Trudeau et plusieurs membres du gouvernement, se sont entretenus jeudi avec des familles de victimes du vol PS 752 lors d'une «commémoration virtuelle privée».

«Nos pensées vont aujourd'hui aux familles et aux proches des victimes, à la veille du premier anniversaire de cette terrible tragédie», conclut M. Champagne. 

M. Trudeau a annoncé récemment que le 8 janvier deviendrait au Canada la «Journée nationale de commémoration des victimes de catastrophes aériennes».


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.