L'Arabie saoudite condamne les attaques israéliennes sur Rafah

Les frappes aériennes israéliennes ont tué au moins quarante-cinq personnes dimanche et elles ont touché des tentes de personnes déplacées dans la ville de Rafah, dans le sud de Gaza. Ci-dessus, des Palestiniens cherchent de la nourriture parmi les débris brûlés après la frappe du 27 mai 2024. (Reuters)
Les frappes aériennes israéliennes ont tué au moins quarante-cinq personnes dimanche et elles ont touché des tentes de personnes déplacées dans la ville de Rafah, dans le sud de Gaza. Ci-dessus, des Palestiniens cherchent de la nourriture parmi les débris brûlés après la frappe du 27 mai 2024. (Reuters)
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Publié le Lundi 27 mai 2024

L'Arabie saoudite condamne les attaques israéliennes sur Rafah

  • La Jordanie, le Koweït et les Émirats arabes unis condamnent «les crimes de guerre continus commis par les forces d'occupation israéliennes à Gaza»
  • Le prince Faisal souligne que la solution à deux États au conflit israélo-palestinien reste essentielle pour parvenir à une paix et une sécurité durables dans la région

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné, aujourd’hui, les attaques israéliennes sur Rafah, la dernière en date ayant ciblé des tentes de Palestiniens déplacés près des entrepôts de l'Unrwa, tuant au moins quarante-cinq personnes, principalement des enfants et des femmes.

Dans une déclaration publiée sur la plate-forme X, le ministère des Affaires étrangères affirme également que le Royaume rejette les violations flagrantes des lois internationales et humanitaires par les forces d'occupation israéliennes.

Il appelle la communauté internationale à intervenir immédiatement.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré aujourd’hui que la situation humanitaire à Gaza était totalement inacceptable.

Le prince Faisal souligne que la solution à deux États au conflit israélo-palestinien reste essentielle pour parvenir à une paix et une sécurité durables dans la région.

Il indique également que plusieurs pays européens prévoient de reconnaître officiellement l'État de Palestine, à l'instar de l'Espagne, de l'Irlande et de la Norvège, dans le cadre des efforts visant à mettre en œuvre la solution à deux États.

La Jordanie a également fermement condamné les «crimes de guerre continus commis par les forces d'occupation israéliennes à Gaza», en particulier le «dernier incident impliquant le bombardement d'un camp de réfugiés près du siège de l'Unrwa à l’ouest de Rafah».

«Ce geste défie les décisions de la Cour internationale de justice (CIJ) et il constitue une grave violation du droit international et du droit humanitaire international», lit-on sur un communiqué du ministère jordanien des Affaires étrangères.

La Jordanie réitère sa «condamnation sans équivoque de ces actions», a déclaré le porte-parole de l'ambassade, Sufian Qudah.

M. Qudah qualifie ces actions de «violations flagrantes du droit international et du droit humanitaire international», allant à l'encontre de toutes les valeurs humaines et morales.

Il déclare qu'il s'agit de crimes de guerre que la communauté internationale doit condamner, en s’assurant que les responsables répondent de leurs actes. Il appelle à une action internationale immédiate et efficace pour tenir Israël responsable de ses pratiques et violations.

Sufian Qudah a également exhorté la communauté internationale à «mettre fin aux violations continues du droit international et du droit humanitaire international par Israël, à garantir la protection des civils non armés à Gaza, et à préserver les organisations humanitaires et leur personnel, en particulier l'Unrwa».

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé aujourd’hui que la Turquie déploierait tous les efforts nécessaires pour tenir Israël responsable des frappes à Rafah, qualifiant Israël de «barbare».

«Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour demander des comptes à ces barbares et meurtriers qui n'ont rien à voir avec l'humanité», déclare-t-il.

Le président français, Emmanuel Macron, a exprimé aujourd’hui son indignation face aux dernières frappes d'Israël sur Rafah, qui ont tué des dizaines de personnes déplacées.

«Ces opérations doivent cesser. Il n'y a pas de zones sûres pour les civils palestiniens à Rafah», souligne M. Macron sur la plate-forme X.

Le Koweït a également condamné «l’agression de l'occupation israélienne contre les tentes des déplacés à Rafah, tuant des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants».

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères souligne que les actions de l'occupation israélienne contre les Palestiniens «exposent ses crimes de guerre flagrants et son génocide sans précédent au monde entier».

Le Koweït appelle à une «intervention immédiate et ferme de la communauté internationale pour contraindre les forces israéliennes à respecter les résolutions de la communauté internationale, notamment la résolution de la CIJ sur l’arrêt immédiat de l'agression contre Rafah et la protection du peuple palestinien».

Les Émirats arabes unis ont également condamné ce qu'ils ont qualifié de «ciblage» par Israël des tentes des personnes déplacées à Rafah.

Le ministère émirati des Affaires étrangères souligne l'importance de mettre en œuvre la décision de la CIJ selon laquelle Israël devait cesser immédiatement ses opérations militaires à Rafah, indique un communiqué.

Dans des déclarations distinctes, la Ligue arabe et l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ont condamné «l'agression continue d'Israël dans les camps de réfugiés de l'Unrwa à Rafah».

«Nous présentons ce nouveau crime aux tribunaux internationaux pour renforcer les preuves de ces crimes de guerre et les inculper», a déclaré Ahmad Aboul-Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe.

De son côté, le secrétaire général de l'OCI, Hussein Taha, a déclaré que l'organisation tenait l'occupation israélienne pour responsable des crimes atroces commis contre les Palestiniens, ainsi que des pratiques qui vont à l’encontre des principes humanitaires et violent le droit international.

Le Parlement arabe a également vivement condamné le massacre brutal perpétré par les forces d'occupation israéliennes contre des civils palestiniens, selon l'agence de presse saoudienne officielle (SPA).

Le Parlement a exprimé sa préoccupation concernant les actions des forces d'occupation israéliennes, soulignant qu'elles ont violé les lois, les normes, les résolutions et les décisions internationales qui exigent un arrêt immédiat de l'agression, indique le communiqué.

Ces attaques ont eu lieu deux jours après que la CIJ a ordonné à Israël de mettre fin à son offensive militaire à Rafah, où plus de la moitié de la population de Gaza a trouvé refuge avant l'incursion israélienne plus tôt ce mois-ci.

Des dizaines de milliers de personnes se trouvent encore dans la région, tandis que nombre d'autres ont fui. Les images du site visé par une frappe aérienne majeure montrent d’importantes destructions. L'armée israélienne a confirmé avoir effectué la frappe, précisant qu'elle avait ciblé une installation du Hamas, tuant deux hauts responsables de l’organisation. Elle a également annoncé qu'elle enquêtait sur des informations faisant état de civils blessés lors de cette opération.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, était à Rafah dimanche et il a été informé de «l'intensification des opérations» dans cette zone, indique son bureau.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Les Émirats assurent que la rupture de l’accord aérien par l’Algérie n’affectera pas immédiatement les vols

Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
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  • L’Algérie a lancé la procédure de résiliation de son accord de transport aérien avec les Émirats arabes unis, conclu en 2013
  • Les autorités émiraties assurent que cette décision n’aura pas d’effet immédiat sur les vols, l’accord restant valide durant le préavis légal

ABOU DHABI : Les Émirats arabes unis ont déclaré que la notification par l’Algérie de la résiliation de l’accord de services aériens entre les deux pays n’aurait aucun « impact immédiat sur les opérations de vol », a rapporté dimanche l’agence de presse officielle WAM, citant l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA).

Samedi, l’Algérie a annoncé avoir engagé le processus d’annulation de cet accord de services aériens avec les Émirats arabes unis, signé à Abou Dhabi en 2013.

La GCAA a précisé que l’accord restait en vigueur « pendant la période de préavis légalement requise », sans fournir davantage de détails.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entre peur et attente: au Maroc, des habitants évacués sous le choc des inondations

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
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  • Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations
  • Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge

KENITRA: Dans son village de l'ouest du Maroc, Kasia El Selami a compris qu'il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé à évacuer en raison des intempéries. Rapidement, elle s'est retrouvée dans un immense camp provisoire, sans visibilité sur son retour.

"Nous avons ressenti une grande peur (...) surtout pour nos enfants", raconte à l'AFP cette Marocaine de 67 ans originaire d'Ouled Ameur, en étendant une couverture sur un fil tendu devant sa tente.

Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations, liées à des épisodes de précipitations exceptionnels.

Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge.

Au total, plus de 150.000 habitants ont été évacués depuis la semaine dernière dans le nord-ouest du pays. Dimanche, les autorités locales de Tétouan (nord) ont annoncé la mort de quatre personnes dans des crues soudaines.

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations.

Des distributions d'aide humanitaire ont également été effectuées par hélicoptère, de nombreuses routes restant submergées.

"L'eau continue de monter" 

De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées dimanche jusqu'à mardi dans plusieurs provinces par la Direction générale de la météorologie (DGM).

Autour des tentes du camp près de Kénitra, la vie s'organise. Une femme frotte son linge dans une bassine avec une planche à laver à quelques mètres d'enclos abritant vaches, chevaux, poules et moutons, eux aussi déplacés par les eaux.

Sur place, des vétérinaires administrent piqûres et traitements aux animaux affaiblis. Près du campement, une brebis et son agneau gisent, morts.

Plus loin, une longue file s'étire devant une clinique mobile qui reçoit des personnes malades ou légèrement blessées.

"La hauteur de l'eau était d'environ un mètre et demi", se souvient Ali El Aouni, assis sous sa toile de tente, entouré de sa famille et de quelques ustensiles dont des verres à thé, un tajine et plusieurs assiettes.

"Nous avons peur de retourner (dans notre village, NDLR), de crainte que l'eau ne revienne", raconte le sexagénaire originaire d'une commune dans les environs de Kénitra.

Il évoque des "jours très difficiles", marqués par le froid et l'angoisse. Ses enfants, dit-il, étaient "terrifiés".

Son fils aîné a voulu rester pour surveiller leur propriété. Il "communique avec nous par téléphone, nous disant que l'eau continue de monter", explique-t-il.

Secouristes en jet-ski 

A quelques kilomètres de là, au dernier endroit accessible depuis Kénitra en direction de Tanger par la route nationale, le trafic est interrompu. Seule l'autoroute reste ouverte.

Des membres de la protection civile avancent dans les eaux en bateau ou en jet-ski. Dans les zones submergées, seules dépassent les cimes des arbres.

L'Espagne et le Portugal ont aussi subi des intempéries ces derniers jours. En cause, selon la DGM: la rencontre d'air froid venu du nord et d'air chaud et humide du sud, qui déstabilise l'atmosphère et favorise des pluies abondantes.

Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l'Eau à l'AFP, après sept années consécutives d'une grave sécheresse.

Dans le camp provisoire, la protection civile distribue des sacs de provisions.

"Des tentes, couvertures et matelas ont été fournis, ainsi que des aides alimentaires et des fournitures essentielles pour les personnes affectées, en plus de soins de santé et de suivi vétérinaire pour le bétail", rapporte Adil Al-Khatabi, un responsable de la province de Kénitra sur place.

Kasia El Selami, elle, ne pense qu'à regagner son foyer: "Nous attendons que cette épreuve prenne fin au plus vite afin de pouvoir rentrer chez nous."


Liban: le Premier ministre promet la reconstruction dans le sud, dévasté par le conflit Israël-Hezbollah

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
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  • De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne

TAYR HARFA: Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a promis samedi d'oeuvrer à la reconstruction dans le sud, lors d'une visite de localités dévastées par des frappes israéliennes, la première depuis que l’armée a annoncé avoir désarmé le Hezbollah dans la zone.

De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités (dont deux mois de guerre ouverte) entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de km plus au sud.

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe".

A Dhayra, la délégation officielle a été saluée par des habitants rassemblés sur les gravats, et à Bint Jbeil, plus à l’est, elle a tenu une réunion avec des responsables, dont des députés du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal.

M. Samal a promis aux habitants des localités concernées le lancement de projets clés de reconstruction, portant notamment sur la réhabilitation des routes et le rétablissement des réseaux de communication et d’eau.

L’an dernier, la Banque mondiale avait annoncé avoir débloqué 250 millions de dollars pour soutenir la reconstruction post-guerre du Liban. Elle a estimé les coûts de reconstruction et de relance du pays à environ 11 milliards de dollars.

La deuxième phase du plan gouvernemental de désarmement du Hezbollah concerne la zone située entre les fleuves Litani et Awali, à environ 40 km  au sud de Beyrouth.

Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer, a jugé insuffisants les progrès de l'armée libanaise, tandis que le Hezbollah a rejeté les appels à remettre ses armes.

Malgré l'accord de cessez-le-feu, Israël mène des frappes régulières contre ce qu’il présente généralement comme des cibles du Hezbollah et maintient des troupes dans cinq zones du sud du Liban.

Des responsables libanais ont accusé Israël de chercher à empêcher la reconstruction dans le sud, un bastion du Hezbollah, en menant des frappes répétées visant notamment des engins de chantier.