Les Houthis enlèvent 50 employés yéménites de l'ONU et d'organisations américaines

Des Yéménites déplacés à l'intérieur du pays font la queue pour de l'eau potable dans un camp du district d'Abs du gouvernorat de Hajjah, alors que la crise humanitaire se poursuit au Yémen depuis le début de la guerre civile en 2014. (File/AFP)
Des Yéménites déplacés à l'intérieur du pays font la queue pour de l'eau potable dans un camp du district d'Abs du gouvernorat de Hajjah, alors que la crise humanitaire se poursuit au Yémen depuis le début de la guerre civile en 2014. (File/AFP)
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Publié le Samedi 08 juin 2024

Les Houthis enlèvent 50 employés yéménites de l'ONU et d'organisations américaines

  • L'ONU a été « avertie à plusieurs reprises » de la menace qui pèse sur les travailleurs, déclare le ministre des Droits de l'homme
  • Les enlèvements sont liés à la décision de la banque centrale de transférer des fonds à Aden, selon un fonctionnaire de l'ambassade

AL-MUKALLA : Plus de 50 Yéménites employés par l'ONU, les Etats-Unis et d'autres organisations étrangères ont été enlevés par les Houthis à la suite de descentes dans leurs maisons à Sanaa, a déclaré vendredi le ministre des Droits de l'homme du pays.

Ahmed Arman a précisé que 18 personnes travaillant pour des agences de l'ONU - dont le PNUD, l'OCHA, le PAM, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et le bureau de l'envoyé du Yémen - et au moins 32 personnes employées par le National Democratic Institute (financé par les États-Unis), Partners Yemen, la GIZ (financée par l'Allemagne), Resonate Yemen et d'autres organisations avaient été enlevées.

« Les raids des Houthis ont duré du jeudi matin jusqu'à environ 4 heures du matin le vendredi. Ils ont envahi les résidences de Yéménites travaillant pour des organisations étrangères et en ont même enlevé d'autres qui travaillaient avec ces organisations », a-t-il souligné à Arab News.

Le ministère a indiqué que ces arrestations étaient les dernières d'une série d'opérations de ce type qui ont commencé le 31 mai, lorsqu'un homme et sa famille, y compris des enfants, ont été enlevés à leur domicile à Sanaa. Deux autres maisons ont été attaquées le lendemain.

 Arman a réitéré son appel aux Nations unies et aux autres organisations étrangères pour qu'elles transfèrent leur siège de Sanaa, ville tenue par les Houthis, à Aden, bastion du gouvernement yéménite.

« Nous avons averti l'ONU à plusieurs reprises que le traitement réservé par les Houthis à son personnel, essentiellement composé de Yéménites, allait se détériorer, et nous lui avons donc demandé de transférer son siège à Aden. Mais les Nations unies ont rejeté nos requêtes pour des raisons que nous ne comprenons pas », a-t-il dit.

Les derniers enlèvements ont eu lieu après qu'un tribunal dirigé par les Houthis a condamné à mort, le mois dernier, un homme d'affaires yéménite travaillant avec des organisations humanitaires étrangères, ainsi que 43 autres personnes accusées d'espionnage.

Des groupes de défense des droits de l'homme, des journalistes et des fonctionnaires ont condamné ces opérations, et des dizaines d'entre eux ont signé une pétition en ligne exhortant les Houthis à libérer leurs captifs. Ils ont également averti les Houthis que leurs actions pourraient inciter les organisations humanitaires à quitter le pays, ce qui priverait les Yéménites d'une aide vitale.

« Nous insistons sur le fait que l'arrestation de personnel yéménite travaillant pour des organisations étrangères constitue une violation des droits de l'homme et contribue à isoler le pays du reste du monde », indique la pétition.

Baligh Al-Mekhlafi, conseiller en information à l'ambassade du Yémen au Caire, a déclaré que la campagne des Houthis contre les employés des organisations internationales était liée aux mesures prises par la banque centrale contre les institutions financières basées à Sanaa, notamment en sanctionnant celles qui n'avaient pas transféré leurs bureaux à Aden.

« La folie des milices est une réaction à la décision douloureuse de la banque centrale, et le chaos qui s'en est suivi est une preuve évidente du degré de leurs appréhensions », a-t-il déclaré sur X.

Le ministère des Transports d'Aden a exhorté vendredi les agences de voyage et de tourisme situées dans les zones contrôlées par les Houthis à se relocaliser à Aden.

 Il s'agit de la dernière mesure en date d'une série de décisions prises par le gouvernement yéménite pour transférer de Sanaa à Aden les grandes banques, les organisations d'aide internationale, les sociétés de télécommunications et d'autres entités génératrices de revenus.

La semaine dernière, il a demandé à Yemenia, la compagnie aérienne nationale, de conserver ses fonds à Aden ou à l'étranger plutôt que dans les banques de Sanaa.

Le gouvernement a accusé les Houthis d'avoir volé des millions de dollars de l'argent du pays.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.

 

 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.