Sur les plages libanaises, on tente d'oublier la guerre toute proche

Tyr est située à une vingtaine de kilomètres de la frontière, et des frappes israéliennes ont déjà visé la cité portuaire millénaire et ses environs. (AFP).
Tyr est située à une vingtaine de kilomètres de la frontière, et des frappes israéliennes ont déjà visé la cité portuaire millénaire et ses environs. (AFP).
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Publié le Mercredi 12 juin 2024

Sur les plages libanaises, on tente d'oublier la guerre toute proche

  • Oum Hassan raconte que son petit-fils, âgé d'un an, a éclaté en sanglots, avant de se mettre à rire puis à pleurer à nouveau, quand un avion israélien a franchi le mur du son au-dessus du village il y a quelques jours
  • "J'ai appelé le médecin, qui m'a dit que c'était une crise d'hystérie", ajoute la grand-mère. "On l'emmène au bord de la rivière et à la mer pour qu'il puisse oublier"

TYR: Sur la plage de Tyr, dans le sud du Liban, Oum Hassan regarde son petit-fils jouer tranquillement dans le sable, espérant qu'il oubliera pendant quelques heures la guerre toute proche avec Israël qui le terrifie.

"Les enfants ont peur", explique à l'AFP cette femme originaire de Srifa, un village situé à environ 14 kilomètres de la frontière et qui a déjà été bombardé par Israël.

Depuis le début il y a plus de huit mois de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le sud du Liban vit au rythme des échanges de tirs entre le Hezbollah libanais et l'armée israélienne.

Oum Hassan raconte que son petit-fils, âgé d'un an, a éclaté en sanglots, avant de se mettre à rire puis à pleurer à nouveau, quand un avion israélien a franchi le mur du son au-dessus du village il y a quelques jours.

"J'ai appelé le médecin, qui m'a dit que c'était une crise d'hystérie", ajoute la grand-mère. "On l'emmène au bord de la rivière et à la mer pour qu'il puisse oublier".

A ses côtés, la mère de l'enfant, Fatima, se baigne tout habillée, la tête recouverte d'un foulard.

Plus loin, des femmes bronzent en bikini, alors que le bruit sourd des bombardements se fait entendre.

Tyr est située à une vingtaine de kilomètres de la frontière, et des frappes israéliennes ont déjà visé la cité portuaire millénaire et ses environs.

Ne pas « devenir fou »

Sur le littoral aux eaux turquoises, des centaines de baigneurs tentent d'oublier les nouvelles anxiogènes le temps d'un week-end.

Tenant une bière d'une main et fumant la chicha de l'autre, Abbas Oueidat profite du soleil, aux côtés de sa femme, Aya.

"On n'a jamais pensé à aller ailleurs. Ici, je me sens détendu", déclare cet employé de 34 ans, qui dit vouloir se distraire pour ne pas "devenir fou".

Les habitants du sud "ont peur ou attendent que la grande bataille ait lieu. Même au travail, tout le monde est convaincu que la guerre arrive", ajoute-t-il.

Abbas Oueidat dit que les avions israéliens franchissent régulièrement le mur du son au-dessus de son village de Aazzé, à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Ces survols à grande vitesse font trembler les bâtiments et brisent parfois les vitres, selon lui.

Mais si Israël frappe, "notre peuple frappera. On a le Hezbollah ici", soutient-il fièrement.

Le sud du pays est la chasse gardée de la puissante formation pro-iranienne, qui a ouvert les hostilités contre Israël pour soutenir son allié palestinien, le Hamas, dans la guerre à Gaza.

Les baigneurs affluent chaque été des différentes régions du Liban vers les plages publiques de Tyr, où l'alcool est toléré.

Mais cette année, la guerre jette une ombre sur la saison estivale, surtout avec les récentes menaces du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon lequel Israël est "préparé à une opération très intense" à sa frontière nord.

Le Hezbollah a déclaré qu'il ne cesserait ses attaques contre Israël que si un cessez-le-feu était conclu dans la bande de Gaza.

Huit mois de violences ont fait plus de 460 morts au Liban, dont environ 90 civils et près de 300 combattants du Hezbollah, selon un décompte de l'AFP.

Du côté israélien, au moins 15 soldats et 11 civils ont été tués, selon les autorités.

Sous son parasol, Wael El Hajj, 42 ans, dit être venu depuis sa région de Koura, à environ 125 kilomètres plus au nord, pour rejoindre des amis du sud.

"Il n'y a aucune raison d'avoir peur", assure cet homme qui vit en Arabie Saoudite.

"Laissez-les (Israël) avoir peur, pendant que nous buvons de la bière", dit-il crânement.

Il est revenu au Liban pour les vacances, comme d'autres expatriés libanais, source de revenus cruciale pour le secteur du tourisme.

Nasser Mohsen, propriétaire d'un restaurant côtier, se dit agréablement surpris par le taux de fréquentation cette année.

"Nous n'avons pas été très affectés", dit-il. "Malgré la situation, les gens n'ont d'autre échappatoire que cette plage. Cela fait huit mois. On s'est habitué."


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
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  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.