Gaza: «sérieuses inquiétudes» de l'ONU sur le respect du droit de la guerre par Israël

Les personnes en deuil réagissent à côté des corps de Palestiniens tués lors des frappes israéliennes lors d'une opération militaire à Rafah, au milieu du conflit Israël-Hamas, lors de leurs funérailles à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 18 juin 2024. (Reuters)
Les personnes en deuil réagissent à côté des corps de Palestiniens tués lors des frappes israéliennes lors d'une opération militaire à Rafah, au milieu du conflit Israël-Hamas, lors de leurs funérailles à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 18 juin 2024. (Reuters)
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Publié le Mercredi 19 juin 2024

Gaza: «sérieuses inquiétudes» de l'ONU sur le respect du droit de la guerre par Israël

  • Dans un communiqué envoyé par la représentation israélienne à Genève, «l'État d'Israël rejette fermement les conclusions et les assertions factuelles présentées» par l'ONU
  • Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a publié une évaluation de six attaques «emblématiques» menées l'année dernière par les Forces de défense israéliennes à Gaza

GENEVE: L'ONU a fait état mercredi "de sérieuses inquiétudes" sur le respect du droit de la guerre par l'armée israélienne, dans une enquête menée sur six bombardements "emblématiques" dans la bande de Gaza l'année dernière qui ont fait au moins 218 morts.

Dans un communiqué envoyé par la représentation israélienne à Genève, "l'État d'Israël rejette fermement les conclusions et les assertions factuelles présentées" par l'ONU.

"L'obligation de choisir des moyens et des méthodes de guerre qui évitent ou, à tout le moins, minimisent dans toute la mesure du possible les dommages causés aux civils semble avoir été systématiquement violée lors de la campagne de bombardements d’Israël", a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk, dans un communiqué.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a publié une évaluation de six attaques "emblématiques" menées l'année dernière par les Forces de défense israéliennes (FDI) à Gaza, "qui ont entraîné un nombre élevé de morts parmi les civils et une destruction généralisée de biens civils, soulevant de sérieuses inquiétudes au regard du droit de la guerre, aux principes de distinction, de proportionnalité et de précaution".

S'exprimant par liaison vidéo en conférence de presse, Ajith Sunghay, le représentant de l'ONU pour les droits humains dans les territoires palestiniens, a spécifié qu'Israël avait "lancé des initiatives dans cinq des six attaques pour établir les faits", estimant que "ce n'est pas suffisant".

"Nous n'avons toujours pas vu d'enquêtes crédibles et transparentes sur ces incidents", a ajouté une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani.

«Zones habitées»

Le rapport détaille les six attaques qui ont impliqué, selon l'ONU, "l'utilisation présumée de bombes GBU-31 (1 tonne, 2.000 livres), GBU-32 (500 kilogrammes, 1.000 livres) et GBU-39 ( 125 kg, 250 livres) du 9 octobre au 2 décembre 2023 sur des immeubles résidentiels, une école, des camps de réfugiés et un marché".

Le Haut-Commissariat "a vérifié 218 décès dus à ces six attaques et a déclaré que les informations reçues indiquaient que le nombre de morts pourrait être beaucoup plus élevé", selon le communiqué.

Selon l'ONU, lorsque ce type d'attaques, lorsqu'elles sont commises dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique contre une population civile, "peut impliquer des crimes contre l'humanité".

Interrogé sur les raisons qui ont poussé l'ONU à ne pas examiner l'incident du 17 octobre à l'hôpital Ahli Arab, à Gaza-ville, M. Sunghay a expliqué que les six attaques ont été choisies car l'ONU disposait "de beaucoup plus d'informations".

Le Hamas avait initialement parlé de centaines de morts dans cet incident et accusé Israël. Israël a imputé la responsabilité au tir raté de tir d'une roquette du Jihad islamique, une affirmation appuyée par les Etats-Unis. Des sources des renseignements occidentaux suggèrent un bilan très inférieur à celui avancé par le Hamas.

M. Sunghay a expliqué que le rapport "se concentre assez fortement sur Israël, principalement parce que les armes" utilisés dans les attaques "ne sont pas en possession des groupes armés palestiniens".

En outre, a-t-il dit, les "missiles tirés" par les groupes armés palestiniens, qui sont "totalement inacceptables", "n'ont pas causé un nombre significatif de morts pendant la guerre".

Le communiqué de la représentation israélienne affirme que "le seul objectif" du rapport est "de fustiger et d'isoler Israël" et déplore qu'il "n'aborde pas la stratégie délibérée du Hamas visant à maximiser les dommages causés aux civils" en implantant "systématiquement et illégalement ses moyens militaires dans des zones habitées".

Le Haut-Commissariat "s'est fait l'écho du discours du Hamas et a diffusé des allégations infondées", a dénoncé l'ambassadrice israélienne auprès de l'ONU, Meirav Eilon Shahar.

La guerre a éclaté le 7 octobre, quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le Sud d'Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur 251 personnes enlevées, 116 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 41 sont mortes, selon l'armée israélienne.

En riposte, l'armée israélienne a lancé une offensive sur la bande de Gaza, qui a fait jusqu'à présent 37.396 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".