Blinken en route pour Israël, le Hamas refuse tout «  diktat  » américain

Le secrétaire d'Etat américain, dont c'est le neuvième déplacement au Moyen-Orient depuis l'attaque de l'organisation islamiste palestinienne Hamas contre Israël le 7 octobre, doit rencontrer des dirigeants israéliens. (AFP)
Le secrétaire d'Etat américain, dont c'est le neuvième déplacement au Moyen-Orient depuis l'attaque de l'organisation islamiste palestinienne Hamas contre Israël le 7 octobre, doit rencontrer des dirigeants israéliens. (AFP)
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Publié le Dimanche 18 août 2024

Blinken en route pour Israël, le Hamas refuse tout «  diktat  » américain

  • Le gouvernement américain et les médiateurs égyptiens et qataris espèrent parvenir à une cessation des hostilités et à la libération des otages enlevés par le Hamas
  • Israël a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir tué à Jénine, en Cisjordanie occupée, "deux hauts responsables du Hamas", Ahmad Abu Ara, "responsable de la fabrication d'explosifs", et Raafat Dawasi, "responsable militaire" local

TERRITOIRES PALESTINIENS: Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s'est envolé dans la nuit de samedi à dimanche pour Israël, dans le cadre d'une nouvelle tentative de Washington de parvenir à un accord de cessez-le-feu à Gaza, le Hamas dénonçant toutefois tout "diktat" américain.

Le secrétaire d'Etat américain, dont c'est le neuvième déplacement au Moyen-Orient depuis l'attaque de l'organisation islamiste palestinienne Hamas contre Israël le 7 octobre, doit rencontrer des dirigeants israéliens.

Des pourparlers doivent reprendre la semaine prochaine au Caire sous l'égide des Etats-Unis, de l'Egypte et du Qatar mais aucune étape supplémentaire de M. Blinken n'a été annoncée à ce stade dans le cadre de ce voyage.

Après une nouvelle session de deux jours de négociations à Doha en vue d'une trêve, marquée par une nouvelle proposition américaine de compromis, le président américain Joe Biden avait évoqué vendredi un "accord" proche.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza, a toutefois répliqué samedi en estimant qu'il s'agissait d'une "illusion" et en dénonçant "l'imposition de diktats américains". Il rejette toute proposition remaniée et réclame l'application du plan annoncé fin mai par M. Biden.

Le gouvernement américain et les médiateurs égyptiens et qataris espèrent parvenir à une cessation des hostilités et à la libération des otages enlevés par le Hamas durant l'attaque du 7 octobre.

Déclenchée en riposte à cette attaque sans précédent, l'offensive israélienne s'est poursuivie durant ce nouveau cycle de négociations auquel le mouvement islamiste a refusé de participer.

Israël a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir tué à Jénine, en Cisjordanie occupée, "deux hauts responsables du Hamas", Ahmad Abu Ara, "responsable de la fabrication d'explosifs", et Raafat Dawasi, "responsable militaire" local.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, a confirmé la mort des deux hommes, soulignant qu'ils avaient été chargés "de la planification et de la mise en œuvre de plusieurs opérations de qualité".

Samedi soir, le ministère palestinien de la Santé avait fait état de la mort de deux Palestiniens dans le bombardement de leur voiture à Jénine.

Pour Washington, un cessez-le-feu à Gaza aiderait à éviter un embrasement régional après la menace de l'Iran et ses alliés de riposter à l'assassinat, imputé à Israël, du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh à Téhéran le 31 juillet, et à celui du chef militaire du Hezbollah libanais, Fouad Chokr, tué la veille dans une frappe revendiquée par Israël près de Beyrouth.

« Retour en arrière »

Un accord de cessez-le-feu "proche" est une "illusion", a taclé un cadre du Hamas, Sami Abou Zohri, pour qui la dernière proposition américaine "laisse supposer un énorme retour en arrière".

Le Hamas accuse Israël d'avoir ajouté de "nouvelles conditions", notamment le "maintien de troupes" israéliennes à la frontière de Gaza avec l'Egypte et "un droit de veto" sur les prisonniers palestiniens susceptibles d'être échangés contre des otages.

Les chefs de diplomatie britannique, français, allemand et italien ont, de leur côté, exhorté dans un communiqué conjoint "toutes les parties à s'engager de manière positive et flexible dans le processus" de négociation.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a maintes fois affirmé vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la destruction du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

A Tel-Aviv, des milliers de personnes se sont rassemblées pour réclamer un accord permettant de ramener chez eux les otages retenus à Gaza. "Nous savons tous qu'il existe une réelle possibilité d'accord", a dit Mor Korngold, frère d'un otage.

« Scènes indescriptibles »

Dans la bande de Gaza dévastée et assiégée, au moins 15 membres d'une famille, dont trois femmes et neuf enfants, ont péri dans une frappe à al-Zawayda (centre) dans la nuit de vendredi à samedi, selon la Défense civile.

"Trois missiles ont touché directement la maison", a raconté à l'AFP Ahmed Abou al-Ghoul, qui aidait avec d'autres Palestiniens à évacuer des corps des décombres.

A la morgue, Omar al-Dreelmi, un membre de la famille, a évoqué des "scènes indescriptibles, de corps d'enfants démembrés".

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne a dit avoir "touché une infrastructure terroriste dans le centre de la bande de Gaza", affirmant "enquêter" après avoir "reçu des informations" sur des civils "tués dans une structure adjacente".

Selon l'ONU, des milliers de Palestiniens ont dû "partir précipitamment, sans savoir où aller, au milieu de la mort et de la destruction" après de nouveaux ordres d'évacuation israéliens pour des secteurs de Deir al-Balah (centre) et Khan Younès.

L'armée a indiqué avoir éliminé plusieurs "terroristes" à Rafah et Khan Younès et annoncé la mort de deux soldats, portant à 332 le nombre de ses militaires tués depuis le lancement de son offensive terrestre le 27 octobre.

L'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël a entraîné la mort de 1.198 personnes côté israélien, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 111 sont toujours retenues à Gaza dont 39 déclarées mortes par l'armée.

L'offensive de représailles israélienne à Gaza a fait au moins 40.074 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui ne détaille pas le nombre des civils et des combattants tués.

Elle a plongé le territoire palestinien dans un désastre humanitaire, l'immense majorité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ayant été déplacés.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.