NEOM et The Line voient grand, et avec raison

Une illustration de NEOM, qui sera bâtie en Arabie saoudite dans la province de Tabouk (Photo, NEOM).
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Publié le Mercredi 13 janvier 2021

NEOM et The Line voient grand, et avec raison

  • Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, auquel on doit NEOM et The Line, a soulevé un point très important lorsqu’il a affirmé qu’il ne faut pas sacrifier la nature au nom du développement
  • Au cours des dernières années, les investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance se sont multipliés plus rapidement que tout autre mécanisme de financement, et Deloitte s’attend en effet à ce qu’ils augmentent de 300% aux États-Unis entre 20

La Révolution industrielle a ouvert la voie pour sortir des millions de personnes de la pauvreté. Elle était le moteur de l’urbanisation qui a permis aux gens de vivre les uns à côté des autres. Mais, elle a également eu des effets néfastes sur l’environnement ; selon l’Accord de Paris sur le changement climatique, les températures mondiales ne devraient pas dépasser les niveaux préindustriels de plus de 1,5 degré Celsius.

Si cet objectif n’est pas atteint, les scientifiques prédisent un avenir chaotique, avec une élévation du niveau de la mer et des conditions météorologiques instables. Ceci aurait certainement une influence sur la migration et la sécurité, en plus des répercussions sur l’économie mondiale.

Les dés semblent être jetés en ce qui concerne la trajectoire climatique, et ajuster le tir n’est pas chose aisée. Quand on veut changer les anciennes méthodes, bien établies, pour en adopter de nouvelles, les actions audacieuses deviennent des modèles qui nous donnent un aperçu potentiel de notre nouvel avenir durable.

NEOM et The Line sont de parfaits exemples. NEOM est une ville futuriste située dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite et dans laquelle vivront 1 million de personnes. The Line fournira à ses habitants une hyperconnectivité activée par intelligence artificielle (IA) qui leur permettra de ne jamais être à plus de cinq minutes à pied de leur prochaine destination — que ce soit leur lieu de résidence, de travail, de vente au détail ou de loisirs. Encore mieux, elle sera entièrement alimentée par une énergie propre.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, auquel on doit NEOM et The Line, a soulevé un point très important lorsqu’il a affirmé qu’il ne faut pas sacrifier la nature au nom du développement. «Nous devons transformer le concept de ville conventionnelle en un concept de ville futuriste », a-t-il souligné.

NEOM et The Line sont capables de réaliser ces objectifs, et bien d’autres.  

Premièrement, et c’est l’élément le plus important, ces projets offrent une modélisation de l’évolution de la vie urbaine au XXIe siècle. Le changement climatique est un enjeu de taille qui hante l’humanité en ce moment, et des objectifs zéro émission de carbone entre 2040 et 2060 ont été adoptés par la plupart des pays. Un début encourageant, mais ce ne sera ni simple ni facile de les atteindre. Dans de nombreux cas, les gouvernements devront faire la part entre ce qui est bon pour l’environnement et ce qui convient à leurs citoyens. Des mesures très courageuses sont requises pour résoudre ce casse-tête. NEOM et The Line montrent le meilleur chemin à suivre non seulement à l’Arabie saoudite, mais au monde entier.

Deuxièmement, la Vision 2030 veut mettre un terme à la dépendance de l’Arabie saoudite vis-à-vis du pétrole. Elle veut également créer des emplois à forte valeur ajoutée pour sa jeune population, talentueuse mais aussi en continuelle croissance. NEOM et The Line apportent des solutions aux deux défis. The Line créera au moins 380 000 emplois, et la ville et les moyens de transport carburent sur un énergie propre qui correspond aux objectifs zéro émission de carbone.

Troisièmement, les grands projets exigent toujours un financement considérable. Ces flux de capitaux devront provenir de sources nationales et internationales. NEOM et The Line ont de grandes dimensions de durabilité sur les plans environnemental et social. Au cours des dernières années, les investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) se sont multipliés plus rapidement que tout autre mécanisme de financement, et Deloitte s’attend en effet à ce qu’ils augmentent de 300% aux États-Unis entre 2020 et 2025. D’ici 2025, 50% des fonds professionnellement gérés aux États-Unis sera déversé dans des placements ESG. Les perspectives audacieuses de NEOM et The Line, compatibles avec ce genre de financement, renforcent leur attrait auprès de la communauté mondiale des investisseurs.

Pour conclure, The Line et NEOM sont des projets importants. Le prince héritier et le Royaume voient grand. C’est le seul moyen de sortir du cercle vicieux de la croissance économique polluante. Ils prouvent qu’il est possible de procéder autrement, et de faire en sorte que la croissance et l’emploi donnent lieu à un avenir socialement et écologiquement rationnel. On pourrait dire que le monde a besoin de plus de projets similaires, dans lesquels les gouvernements et les citoyens voient grand à leur tour, sans perdre de vue l’ultime objectif d’un avenir durable et propre à long terme.

Cornelia Meyer est une économiste titulaire d'un doctorat, avec trente ans d'expérience dans le domaine de la banque d'investissement et de l'industrie. Elle est présidente et PDG de la société de conseil aux entreprises Meyer Resources. Twitter : @MeyerResources 

NDRL : L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com