Le système fiscal algérien entrave-t-il le développement des entreprises?

Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad (à gauche), le ministre des finances Aymane Benabderrahmane (à droite) et le gouverneur de la Banque d'Algérie (Banque centrale) Rosthom Fadli, portant tous des masques de protection en pleine pandémie de COVID-19, présentent des échantillons de nouveaux billets et une pièce de monnaie commémorant les résistants à l'occupation coloniale française du pays d'Afrique du Nord, lors d'une cérémonie dans la capitale Alger, le 4 juillet 2020, à la veille du 58e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. (AFP)
Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad (à gauche), le ministre des finances Aymane Benabderrahmane (à droite) et le gouverneur de la Banque d'Algérie (Banque centrale) Rosthom Fadli, portant tous des masques de protection en pleine pandémie de COVID-19, présentent des échantillons de nouveaux billets et une pièce de monnaie commémorant les résistants à l'occupation coloniale française du pays d'Afrique du Nord, lors d'une cérémonie dans la capitale Alger, le 4 juillet 2020, à la veille du 58e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. (AFP)
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Publié le Lundi 25 janvier 2021

Le système fiscal algérien entrave-t-il le développement des entreprises?

  • La pression fiscale absorbe en moyenne la moitié des revenus des entreprises
  • Le système en place ne sait pas collecter l’impôt sur l’ensemble de l’activité économique de façon équitable

PARIS: La pandémie de Covid-19 a affecté les activités économiques à l’échelle mondiale. Réduction ou arrêt total des activités, réduction drastique des revenus, menaces de faillite, sont les principales problématiques qui préoccupent les patrons des entreprises toutes tailles confondues.  

En Algérie, malgré les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la loi de Finances 2021 concernant les allègements fiscaux pour les start-up, la taxation reste, selon les experts, élevée et menace la survie de nombreuses entreprises, notamment dans un contexte de crises économique et sanitaire. 

Fiscalité élevée 

Interrogé par Arab News en français, Chabane Assad, fondateur de Finabi, une société d’analyse financière, confirme que «le coût élevé de la fiscalité entrave le résultat des entreprises de façon importante». 

Réalisée par Finabi, l’étude intitulée «Coût fiscal en Algérie», consultée par Arab News en français, révèle que la pression fiscale absorbe en moyenne la moitié des revenus des entreprises. Le cabinet de conseil financier estime entre 40 et 55 % le coût fiscal pour les entreprises qui opèrent dans le secteur industriel (bâtiment, travaux publics et hydraulique, [BTPH]), les secteurs de la production hors hydrocarbures, les services et le tourisme. Selon l’étude, le coût fiscal pour une entreprise qui dégage une profitabilité de 15 % avant impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) est de 41,32 % pour le secteur de la production, de 47,10 % pour les BTPH et le tourisme et de 50,08 % pour le secteur des services. 

Pour Mohand Touazi, industriel et membre du Cercle d’action et de réflexion pour l’entreprise (Care), «la taxe sur l’activité professionnelle (TAP), calculée sur le chiffre d’affaires, que vous fassiez ou pas des bénéfices, dans le système fiscal est complètement anachronique». 

Un système fiscal dysfonctionnel

Lors de ses nombreuses interventions au sein du Care, Mohand Touazi estime que le système fiscal algérien est «dysfonctionnel». «Le système algérien n’est ni équitable, ni efficace, ni lisible», commente Mohand Touazi dans les colonnes du quotidien Liberté. Il explique qu’une «réforme sérieuse et profonde du système» devrait être mise en œuvre, et ce «avant d’entamer le débat sur le niveau des taux d’imposition à mettre en place».

Interrogé sur le système fiscal algérien, Chabane Assad nous explique que «la fiscalité algérienne a besoin d’un diagnostic économique et d’un assainissement pour être en mesure d’optimiser les recettes fiscales sans altérer la croissance des entreprises surtout celles qui choisisent de se restructurer, y compris les entreprises publiques». 

Le développement d’un écosystème empêché par le poids de l’informel 

Dans une étude, publiée en septembre 2020, le Care, propose une refonte du système fiscal pour le rendre «crédible et fonctionnel». «Ce système suppose de mettre fin à la plupart des dispositifs d’exonération, car ils créent de la distorsion et affectent le plus souvent l’équité. Cela augmenterait la masse des recettes tout en mettant tous les opérateurs dans les mêmes conditions de concurrence (justice fiscale). Le système en place ne sait pas collecter l’impôt sur l’ensemble de l’activité économique de façon équitable», explique Mohand Touazi

Le Care pointe du doigt le secteur de l’informel qui pollue l’écosystème économique algérien. «Une grande part de l’activité économique nationale est installée depuis longtemps dans une sorte d’informel quasi légalisé où d’importantes masses d’argent circulent et que notre système fiscal ne s’est jamais donné les moyens d’appréhender. La pression des prélèvements pèse alors lourdement sur les entreprises du secteur formel et sur les revenus des salariés», rapporte le Centre. 

«Concernant la fiscalité, bien entendu, la seule présence de la TAP, une taxe calculée sur le chiffre d’affaires, que vous fassiez ou pas des bénéfices, est complètement anachronique», poursuit Mohand Touazi, car, selon lui, «cet impôt fait fuir un grand nombre d’opérateurs (…) vers l’informel». 

Pour le chef d’entreprise, le paiement de l’IBS, de 19 % pour la production et de 26 % pour les services, ne représente pas un frein pour les entreprises, mais, l’application de toutes les taxes, dans un contexte de concurrence déloyale de l’économie informelle, crée, selon lui, une distorsion. «Le principal handicap fiscal à l’investissement et à la production de richesse reste la TAP et l’iniquité de l’impôt», ajoute-t-il.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.

 

 

 

 


Veolia et Amazon accélèrent la transformation hydrique des data centers

Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
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  • Un partenariat Veolia-Amazon pour déployer des solutions de réutilisation des eaux usées dans les data centers, avec un premier site opérationnel en 2027
  • Une économie annuelle estimée à 314 millions de litres d’eau potable, au service d’une stratégie globale de durabilité et de résilience hydrique

DUBAI: Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins en infrastructures numériques et de pression accrue sur les ressources naturelles, Veolia et Amazon annoncent un partenariat structurant visant à transformer la gestion de l’eau dans les data centers. L’ambition : substituer l’eau potable par des eaux usées traitées pour les besoins de refroidissement, un poste particulièrement consommateur dans ces installations critiques.

Cette collaboration associe l’expertise de Veolia, leader mondial des technologies de l’eau et des services à l’environnement, aux capacités d’Amazon en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Ensemble, les deux groupes entendent concevoir et déployer des stratégies de gestion de l’eau plus durables, adaptées aux data centers de nouvelle génération.

Le projet pilote sera lancé dans le Mississippi, où Veolia accompagnera les opérations d’Amazon afin de réduire significativement leur consommation d’eau potable. À l'horizon 2027, une première installation devrait entrer en service, marquant une étape importante : il s’agira du premier data center d’Amazon dans cet État à recourir à de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement.

Une innovation industrielle au service de la sobriété hydrique

Au cœur du dispositif, des systèmes de traitement de l’eau développés par Veolia, à la fois autonomes, modulaires et conteneurisés. Ces unités seront capables de capter des effluents issus de stations d’épuration locales ainsi que d’autres sources disponibles, puis de les transformer en une ressource conforme aux exigences de qualité des procédés industriels de refroidissement.

Cette approche permet de convertir un déchet en ressource stratégique, tout en limitant le recours aux nappes phréatiques et aux réseaux d’eau potable, particulièrement sollicités dans certaines régions. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait permettre de réutiliser plus de 314 millions de litres d’eau potable par an. Ce volume correspond à la consommation annuelle d’environ 760 foyers américains — une économie significative à l’échelle locale.

Au-delà de la performance environnementale, cette solution répond également à des enjeux de continuité opérationnelle. En sécurisant l’approvisionnement en eau via des sources alternatives, elle renforce la résilience des data centers face aux risques de stress hydrique ou de restrictions d’usage.

Un modèle réplicable à l’échelle mondiale

L’un des atouts majeurs du dispositif réside dans sa conception modulaire. Les systèmes conteneurisés de Veolia peuvent être déployés rapidement et adaptés aux spécificités locales, ce qui ouvre la voie à une duplication de la solution sur d’autres sites d’Amazon dans le monde.

Cette logique d’industrialisation s’inscrit dans la nouvelle offre « Data Center Resource 360 » développée par Veolia. Celle-ci vise à optimiser l’ensemble des flux de ressources — eau, énergie, déchets — au sein des data centers, en s’appuyant sur des technologies avancées et des outils de pilotage numérique.

Pour Amazon, cette initiative constitue un levier concret pour atteindre son objectif d’empreinte eau positive dans l’ensemble de ses opérations directes de data centers d’ici 2030. Cela implique non seulement de réduire ses prélèvements, mais aussi de contribuer activement à la restauration des ressources en eau dans les territoires où l’entreprise est implantée. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com