Le Parlement tunisien vote le remaniement ministériel, la rue ne désemplit pas

La police tunisienne bloque l'accès du Parlement aux manifestants le 26 janvier (Photo, AFP).
La police tunisienne bloque l'accès du Parlement aux manifestants le 26 janvier (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 27 janvier 2021

Le Parlement tunisien vote le remaniement ministériel, la rue ne désemplit pas

  • Un millier de manifestants étaient rassemblés près du Parlement à l'appel d'une trentaine d'associations, afin de protester notamment contre la stratégie de répression policière adoptée face aux violentes protestations nocturnes
  • Plusieurs nuits durant, des jeunes s'en sont pris à la police déployée pour imposer un couvre-feu, peu après le dixième anniversaire de la révolution qui a fait chuter le 14 janvier 2011 le dictateur Ben Ali, après vingt-trois ans de pouvoir

TUNIS : Des centaines de personnes ont manifesté mardi contre la classe politique et la répression policière près du siège barricadé du Parlement à Tunis, où les députés ont validé un large remaniement du gouvernement dans un contexte de tensions politiques.

Les députés ont voté tard mardi la confiance aux onze nouveaux ministres, dont ceux de l'Intérieur, la Justice ou la Santé, en dépit des controverses sur plusieurs noms et des critiques acerbes du président de la République Kais Saied.

Le chef du gouvernement Hichem Mechichi a assuré mardi soir que son cabinet écouterait les jeunes qui protestent.

Plusieurs nuits durant, des jeunes s'en sont pris à la police déployée pour imposer un couvre-feu, peu après le dixième anniversaire de la révolution qui a fait chuter le 14 janvier 2011 le dictateur Ben Ali, après vingt-trois ans de pouvoir.

Ces nuits de heurts ont été suivies par des manifestations, pour réclamer notamment la libération des centaines de jeunes protestataires interpellés et une meilleure politique sociale.

Mardi matin, les manifestants ont tenté de déjouer un très important dispositif policier entourant l'Assemblée. Des députés ont protesté contre ce déploiement massif, appelant à davantage de dialogue.

Cette session parlementaire intervient au lendemain de troubles entre des protestataires et la police à Sbeitla, dans une région marginalisée du centre du pays, après le décès d'un jeune blessé la semaine dernière par une cartouche de gaz lacrymogène.

Mechichi a déclaré mardi devant l'Assemblée que le but du remaniement était d'obtenir une équipe «plus efficace» pour arriver à concrétiser des réformes.

Mais le président Kais Saied a vivement critiqué ce remaniement lundi soir, regrettant ne pas avoir été consulté.

Il a fustigé l'absence de femmes parmi les nouveaux ministres proposés, et accusé un des ministres choisis d'être «lié à une affaire de corruption» et trois autres d'être soupçonnés de «conflit d'intérêt», sans préciser de noms.

Alliances fragiles 

Cela augure de nouveaux tiraillements sur la composition du gouvernement, une tâche particulièrement laborieuse depuis les législatives de 2019, qui ont abouti à un Parlement divisé en une myriade de partis formant des alliances fragiles.

Après l'échec d'un premier gouvernement à obtenir l'aval des députés en janvier 2020, et la démission en juillet d'un second exécutif après quelques mois au pouvoir, l'actuel cabinet était l'objet de tractations depuis son arrivée en septembre.

Mechichi, un technocrate nommé par le président Kais Saied, avait composé une équipe comprenant de nombreux fonctionnaires ou universitaires, dont certains proches du président. 

Il avait obtenu la confiance des députés qui risquaient à défaut une dissolution de l'Assemblée, mais ceux-ci avaient réclamé des modifications a posteriori.

Mechichi a ainsi recomposé son équipe, avec l'appui du principal parti parlementaire, Ennahdha, allié au parti libéral Qalb Tounès et à la formation islamiste Karama.

Mais le président Saied, un universitaire farouchement indépendant, critique de la démocratie parlementaire et engagé dans un bras de fer avec Ennahdha, tente de se replacer au centre d'un jeu politique instable, au risque d'accentuer les animosités qui paralysent l'action politique, au moment où le pays est touché de plein fouet par la pandémie de coronavirus et ses retombées sociales.

La Tunisie enregistre plus de 2 000 nouveaux cas confirmés et plus de 50 morts de la covid-19 chaque jour, et des médecins ont alerté sur les difficultés croissantes à trouver des places en réanimation.

Mais les restrictions adoptées pour lutter contre la contagion ont touché de plein fouet les plus précaires, détruisant des dizaines de milliers d'emplois et perturbant la scolarité.

 


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.