Un plan directeur à AlUla pour un voyage magique à travers 200 000 ans d’histoire

Le quartier de Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est une continuation physique de la vieille ville d'AlUla. Il est dominé par le principal site du patrimoine de Dadan, ainsi que par la montagne Umm Daraj, un autre site patrimonial exceptionnel, lié aux anciens royaumes dadanite et lihyanite (Fournie)
Le quartier de Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est une continuation physique de la vieille ville d'AlUla. Il est dominé par le principal site du patrimoine de Dadan, ainsi que par la montagne Umm Daraj, un autre site patrimonial exceptionnel, lié aux anciens royaumes dadanite et lihyanite (Fournie)
La vieille ville d'AlUla, le carrefour historique, serait le cœur vibrant d'AlUla. La région comprend l'oasis culturelle, un ensemble d'expériences en cours de développement pour les visiteurs, y compris les jardins vivants, le quartier des arts, la vieille ville et les galeries perspectives (Fournie)
La vieille ville d'AlUla, le carrefour historique, serait le cœur vibrant d'AlUla. La région comprend l'oasis culturelle, un ensemble d'expériences en cours de développement pour les visiteurs, y compris les jardins vivants, le quartier des arts, la vieille ville et les galeries perspectives (Fournie)
Le quartier nabatéen comprend trois piliers culturels, dont le théâtre nabatéen, qui affichera des performances exceptionnelles en plein air (Fournie)
Le quartier nabatéen comprend trois piliers culturels, dont le théâtre nabatéen, qui affichera des performances exceptionnelles en plein air (Fournie)
Jabal Ikmah, une bibliothèque de langues inscrites dans les roches éternelles d'AlUla. Un témoignage naturel et monumental des temps passés révélant les traces et les écrits des civilisations d'AlUla (Fournie)
Jabal Ikmah, une bibliothèque de langues inscrites dans les roches éternelles d'AlUla. Un témoignage naturel et monumental des temps passés révélant les traces et les écrits des civilisations d'AlUla (Fournie)
Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est en passe de devenir l'un des centres culturels de l'Arabie saoudite. L'Institut des Royaumes a été construit dans ce quartier (Fournie)
Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est en passe de devenir l'un des centres culturels de l'Arabie saoudite. L'Institut des Royaumes a été construit dans ce quartier (Fournie)
Le centre d'interprétation de Jabal Ikmah informera les visiteurs sur la bibliothèque en plein air de Jabal Ikmah, ainsi que sur l’évolution de la langue arabe (Fournie)
Le centre d'interprétation de Jabal Ikmah informera les visiteurs sur la bibliothèque en plein air de Jabal Ikmah, ainsi que sur l’évolution de la langue arabe (Fournie)
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Publié le Jeudi 08 avril 2021

Un plan directeur à AlUla pour un voyage magique à travers 200 000 ans d’histoire

  • Le master plan d’AlUla envisage 15 «atouts culturels» qui serviront de points de repère dans cinq quartiers
  • Le master plan du voyage magique dans le temps d'AlUla symbolise l'engagement du Royaume à préserver le patrimoine culturel et naturel

LONDRES: Jusqu'à présent, peu de personnes ont eu le privilège de visiter l'ancienne ville d’Hégra, taillée dans les rochers du Hijaz au nord-ouest de l'Arabie saoudite il y a plus de deux millénaires et perdue pendant des siècles dans la nuit des temps. 

Comme sa célèbre jumelle Pétra, à environ 460 kilomètres au nord de la Jordanie moderne, Hégra a été créée par les Nabatéens, un peuple mystérieux dont l'empire commercial arabe a brillé il y a plus de deux mille ans. 

Désormais, alors que l'Arabie saoudite ouvre de plus en plus ses portes au monde extérieur, le Royaume est sur le point de partager avec la planète l'un des grands trésors oubliés de l'Antiquité. 

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Tombes nabatéennes (Fournie)

Après plus d'une décennie de l'une des recherches archéologiques les plus intensives jamais entreprises, Hégra doit être le joyau de la couronne d'un plan visant à transformer le paysage et le patrimoine impressionnant de la région d'AlUla en une oasis naturelle et culturelle qui verra de nouveau des visiteurs du monde entier attirés par cet important ancien carrefour. 

Mercredi, le prince héritier Mohammed ben Salmane, président de la Commission royale pour AlUla (RCU), a dévoilé le Voyage dans le temps, le dernier développement ancré dans le projet de Vision 2030 de l’Arabie saoudite pour l’avenir du pays.  
« Aujourd'hui, nous nous engageons dans un voyage pour préserver la plus grande oasis culturelle du monde et faire progresser notre compréhension de 200 000 ans de patrimoine. Le plan directeur du voyage dans le temps est un pas en avant pour développer de manière durable et responsable AlUla et partager notre héritage culturel avec le monde », a déclaré le prince héritier. 

Au cours des quinze prochaines années, la vallée historique d'AlUla, qui abrite Hégra et une multitude d'autres sites historiques, sera transformée en un musée vivant conçu pour plonger les visiteurs dans deux cent mille ans d'histoire naturelle et humaine. 

Le schéma directeur du Voyage dans le temps a été élaboré sous la direction du prince héritier et sous la direction du prince Badr, ministre saoudien de la Culture et gouverneur de la RCU. Amr al-Madani, le PDG de la RCU, a déclaré à Arab News que le plan directeur a été conçu «comme un moyen de capturer l'essence profondément enracinée de ce qu'AlUla est déjà – une oasis de culture, d'héritage, de nature et de communautés uniques – tout en conservant un héritage intemporel avec des récits du passé pour renseigner l'avenir et ouvrir de nouveaux chapitres dans l'histoire qui se déroule à AlUla». 

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Le schéma directeur du Voyage dans le temps a été élaboré sous la direction du prince héritier et sous la direction du prince Badr, ministre saoudien de la Culture et gouverneur de la RCU (Photo, AN, Ziyad Alarfaj / AFP, Photo, Fichier)

Cinq quartiers, chacun centré sur un site patrimonial particulier et s'étalant le long de la spectaculaire vallée d'AlUla, raconteront ensemble l'histoire des deux derniers millénaires. 

Les quartiers seront reliés par un wadi d’hospitalité de 20 kilomètres, une «épine piétonne verte» qui sera associée à une ligne de tramway à faible émission de carbone, longue de 46 kilomètres. Cette dernière reliera les cinq sites à l'aéroport international d'AlUla. Elle suivra une partie de l'itinéraire utilisé depuis des siècles par les pèlerins et, au début du XXᵉ siècle par le chemin de fer historique du Hijaz. 

Un réseau de sentiers serpentant à travers la vallée verdoyante permettra également aux visiteurs de partir à la découverte de lieux à pied, à vélo ou à cheval. 

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Musée Hégra (Fournie)

Le Voyage dans le temps commencera dans le sud de la vallée, dans le quartier de la vieille ville, site d'une colonie en briques de terre crue abandonnée, à 17 kilomètres au sud d'Hégra. La vieille ville a été occupée jusqu'aux années 1980, lorsque les occupants l'ont abandonnée pour le confort de la nouvelle AlUla moderne, à quelques kilomètres au sud. Aujourd'hui, c'est une ville fantôme labyrinthique intrigante et obsédante. 

De la vieille ville d'AlUla, les visiteurs se rendront au nord en direction du quartier 2, site de l'ancienne ville de Dadan, un prédécesseur d'Hégra. Entre 600 et 200 avant J.-C., elle a prospéré comme capitale des mystérieux royaumes dadanite et lihyanite, dont la fortune reposait sur le contrôle des routes commerciales de l'encens qui traversaient la vallée. 

Le quartier 3, Jabal Ikmah, une «bibliothèque en plein air» de pétroglyphes, donnera aux visiteurs un premier aperçu des milliers d'anciens sites d'art rupestre et d'inscriptions qui se trouvent dans la vallée et au-delà. 

La prochaine étape du Voyage à travers le temps sera le quartier 4, l'horizon nabatéen, un ensemble d'actifs culturels reflétant l'architecture nabatéenne. Il constituera le lever de rideau parfait pour le dernier et le plus spectaculaire des cinq quartiers: l'ancienne ville d'Hégra qui en 2007 est devenu le premier site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en Arabie saoudite. 

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Tramway expérimental d'AlUla (Fournie)

Hégra est située sur une grande plaine au sud-est des montagnes du Hijaz, parsemée de collines de grès, isolées ou regroupées pour former des massifs qui ont été remarquablement sculptés par les vents du nord-ouest soufflant dans la région chaque printemps et début d’été depuis l'aube des temps. 

Les vents ont également créé des formes étranges et évocatrices, comme le rocher de trois étages à 10 kilomètres au nord-est de la ville moderne d'AlUla, sculpté pendant des millions d'années et qui ressemble à un éléphant. 

Au centre du site, autrefois desservi par les 130 puits enfoncés dans la roche qui ont rendu possible la tentaculaire oasis qui soutenait la ville antique, se trouve l'ancien quartier résidentiel. Bien qu’il ne reste que très peu de choses au-dessus de la surface des bâtiments construits dans l'Antiquité, des études géophysiques ont révélé des preuves de structures souterraines, alors que des parties de l'enceinte de la ville peuvent encore être vues à l'œil nu. 

Mais, sans aucun doute, les étoiles d'Hégra sont les nécropoles qui entourent le quartier résidentiel. Elles rassemblent plus de 90 tombes monumentales creusées dans les rochers entourant et surplombant l'ancienne ville des vivants. Elles datent environ de l’an I avant J.-C. à l'an 75 de notre ère. 

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La tombe de Lihyan, fils de Kuza, à Hégra (Fournie)

Des quatre nécropoles principales, Qasr al-Bent, qui abrite 31 tombes datées de l'an 0 à 58 après J.-C.,  est visuellement la plus impressionnante, de loin ou de près. Les façades extérieures de la plupart des tombes présentent des monstres sculptés, des aigles, d'autres petits animaux sculptés et des visages humains. 

Comme à Pétra, qui a également été créée par les Nabatéens, de nombreuses tombes d'Hégra présentent des façades sculptées spectaculaires. Cependant, contrairement à Pétra, de nombreuses façades portent également des inscriptions nabatéennes datées, qui nomment souvent les morts et offrent des aperçus uniques sur la vie des anciens habitants d’Hégra. 

Le plan directeur prévoit quinze «atouts culturels» qui serviront de points de repère dans les cinq quartiers. Ils comprendront des galeries, des musées, un jardin oasis vivant et, en hommage au rôle historique d’AlUla comme carrefour d’anciennes routes commerciales, un marché routier de l’encens. 

L'éducation et l'acquisition de connaissances joueront un rôle clé dans le développement du projet. Outre les centres de recherche axés sur les sites antiques de Dadan et Jabal Ikmah, un élément phare du plan est l'Institut des royaumes, un centre mondial de connaissances et de recherches archéologiques dédié aux cultures et civilisations qui ont habité la région pendant plus de sept mille ans. 

Une étude archéologique en cours sur l'ensemble de la région d'AlUla, qui s’étend sur 22 000 km2, a déjà identifié plus de 23 000 sites d'intérêt archéologique. 

Un autre élément clé du développement sera la renaissance de l'oasis culturelle au cœur de la vallée d'AlUla. «Grâce à la recherche et à des solutions innovantes allant de la gestion de l'eau à l'irrigation et à l'utilisation des terres, la reconstitution de l'oasis culturelle sera un élément clé du plan directeur du Voyage dans le temps», a déclaré M. Al-Madani à Arab News. 

«Les efforts de régénération les plus intenses se concentreront sur le cœur de 9 kilomètres de l’ancienne oasis – le «poumon vert» d’AlUla reliant la vieille ville, Dadan et Jabal Ikmah – et permettront une expansion majeure des espaces verts et ouverts d’AlUla», a-t-il affirmé. 

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L'Oasis culturelle (Fournie)

Avec la renaissance prévue de dix millions de mètres carrés, le schéma directeur du Voyage dans le temps, qui se veut «une réponse directe aux défis du développement durable et responsable d'un environnement désertique fragile», sera le plus grand projet de régénération d'oasis culturelle au monde, créant un havre enchanteur pour les visiteurs et une opportunité unique pour une production agricole durable. 

En outre, 80% des terres du comté d'AlUla seront désignées comme réserves naturelles, avec une flore et une faune clés à réintroduire. 

Une fois le projet achevé, l'URC s'attend à ce qu'AlUla attire deux millions de visiteurs chaque année, renforçant son objectif de contribuer à hauteur de 120 milliards de riyals saoudiens (27 milliards d’euros) au PIB national et de créer 38 000 nouveaux emplois dans la région d'ici à 2035. 

Avec un total de 5 000 «clés d'accueil» prévues dans le cadre d'un objectif global de 9 400 d'ici à 2035, bon nombre de ces emplois créés seront dans le tourisme et l'hôtellerie. 

Dans chacun des cinq quartiers, les visiteurs pourront choisir parmi un «mélange sur mesure d'options de vie et d'hospitalité», allant des hôtels et centres de villégiature écotouristiques aux lodges de luxe et aux «fermes de canyons», taillés dans les rochers de grès, là où les Nabatéens tentaient autrefois de s’installer. 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.


Le chef de l'ONU appelle à lever les dernières sanctions contre la Syrie

 Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre. (AFP)
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  • "Je salue les mesures qui ont allégé les sanctions et ouvert de nouvelles possibilités pour une reprise de l'économie, mais toutes ces sanctions doivent être immédiatement levées"
  • Des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont levé la plupart des sanctions économiques contre le pays, mais des investisseurs hésitent encore à se lancer

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre.

"Je salue les mesures qui ont allégé les sanctions et ouvert de nouvelles possibilités pour une reprise de l'économie, mais toutes ces sanctions doivent être immédiatement levées", a affirmé M. Guterres lors d'une conférence de presse à Damas.

Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, renversé par une coalition de rebelles islamistes, les nouvelles autorités syriennes, sous la houlette d'Ahmad al-Chareh, se sont attelées à la reconstruction et à la relance de l'économie du pays, théâtre de plus de 13 ans de guerre civile meurtrière et dévastatrice.

Des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont levé la plupart des sanctions économiques contre le pays, mais des investisseurs hésitent encore à se lancer, alors que la Banque mondiale a estimé le coût de la reconstruction à quelque 216 milliards de dollars.

L'ONU "solidaire" 

Le 8 juillet, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Et en décembre dernier, un mois après une visite de M. Chareh à Washington, le Congrès américain avait approuvé la levée définitive des sanctions imposées contre la Syrie du temps de Bachar al-Assad, devant permettre le retour d'investissements dans ce pays.

Ces sanctions prévoyaient notamment l'interdiction d'accès au système bancaire international et des transactions financières en dollars.

"Les Nations unies sont solidaires des Syriens à ce moment crucial", a ajouté M. Guterres, qui effectuait la première visite d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis 2009.

Il a appelé la communauté internationale à "n'épargner aucun effort pour soutenir les Syriens".

"La Syrie a besoin d'investissements dans sa population, son économie et ses institutions. La Syrie doit rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures, recréer les moyens de subsistance", a-t-il énuméré, en mentionnant aussi l'objectif d'un "retour volontaire, digne et en toute sécurité, des réfugiés et des déplacés".

Depuis la chute de Bachar al-Assad, quelque 1,7 million de réfugiés sont revenus en Syrie selon l'ONU, mais six millions restent à l'étranger tandis que 5,5 millions de personnes restent déplacées dans le pays.

Lors de sa visite, M. Guterres a rencontré de hauts responsables dont le président et le chef du Parlement de transition qui a tenu sa session inaugurale ce mois-ci.

Mais le processus de désignation des élus a été vivement critiqué par la société civile qui a dénoncé une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du nouveau pouvoir.

M. Chareh avait proclamé en mars 2025 une Déclaration constitutionnelle fixant une période de transition de cinq ans, à l'issue de laquelle doivent être organisées des élections.

"Dans la bonne direction" 

Le secrétaire général de l'ONU a aussi retrouvé à Damas des Casques bleus déployés dans une zone tampon sur le plateau du Golan syrien, dont une grande partie est occupée et a été annexée par Israël en 1981, ainsi que des membres de la société civile, des femmes et des jeunes.

M. Guterres, arrivé samedi, a visité la tristement célèbre prison de Saydnaya, symbole des atrocités commises contre les opposants sous le pouvoir de Bachar al-Assad, ainsi que la vieille ville de Damas, dont la mosquée emblématique des Omeyyades.

Depuis que M. Chareh a pris le pouvoir, la communauté internationale l'a exhorté à mettre en place un système de gouvernance prenant en compte toutes les composantes ethniques et religieuses de la Syrie.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que cette transition aille dans la bonne direction", a assuré le chef de l'ONU.

Il a par ailleurs répété que "les violations de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie sont inacceptables", quelques heures après que des médias d'Etat syriens eurent annoncé une nouvelle incursion israélienne accompagnée de tirs dans le sud du pays.