Un plan directeur à AlUla pour un voyage magique à travers 200 000 ans d’histoire

Le quartier de Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est une continuation physique de la vieille ville d'AlUla. Il est dominé par le principal site du patrimoine de Dadan, ainsi que par la montagne Umm Daraj, un autre site patrimonial exceptionnel, lié aux anciens royaumes dadanite et lihyanite (Fournie)
La vieille ville d'AlUla, le carrefour historique, serait le cœur vibrant d'AlUla. La région comprend l'oasis culturelle, un ensemble d'expériences en cours de développement pour les visiteurs, y compris les jardins vivants, le quartier des arts, la vieille ville et les galeries perspectives (Fournie)
Le quartier nabatéen comprend trois piliers culturels, dont le théâtre nabatéen, qui affichera des performances exceptionnelles en plein air (Fournie)
Jabal Ikmah, une bibliothèque de langues inscrites dans les roches éternelles d'AlUla. Un témoignage naturel et monumental des temps passés révélant les traces et les écrits des civilisations d'AlUla (Fournie)
Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est en passe de devenir l'un des centres culturels de l'Arabie saoudite. L'Institut des Royaumes a été construit dans ce quartier (Fournie)
Le centre d'interprétation de Jabal Ikmah informera les visiteurs sur la bibliothèque en plein air de Jabal Ikmah, ainsi que sur l’évolution de la langue arabe (Fournie)
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Publié le Jeudi 08 avril 2021

Un plan directeur à AlUla pour un voyage magique à travers 200 000 ans d’histoire

  • Le master plan d’AlUla envisage 15 «atouts culturels» qui serviront de points de repère dans cinq quartiers
  • Le master plan du voyage magique dans le temps d'AlUla symbolise l'engagement du Royaume à préserver le patrimoine culturel et naturel

LONDRES: Jusqu'à présent, peu de personnes ont eu le privilège de visiter l'ancienne ville d’Hégra, taillée dans les rochers du Hijaz au nord-ouest de l'Arabie saoudite il y a plus de deux millénaires et perdue pendant des siècles dans la nuit des temps. 

Comme sa célèbre jumelle Pétra, à environ 460 kilomètres au nord de la Jordanie moderne, Hégra a été créée par les Nabatéens, un peuple mystérieux dont l'empire commercial arabe a brillé il y a plus de deux mille ans. 

Désormais, alors que l'Arabie saoudite ouvre de plus en plus ses portes au monde extérieur, le Royaume est sur le point de partager avec la planète l'un des grands trésors oubliés de l'Antiquité. 

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Tombes nabatéennes (Fournie)

Après plus d'une décennie de l'une des recherches archéologiques les plus intensives jamais entreprises, Hégra doit être le joyau de la couronne d'un plan visant à transformer le paysage et le patrimoine impressionnant de la région d'AlUla en une oasis naturelle et culturelle qui verra de nouveau des visiteurs du monde entier attirés par cet important ancien carrefour. 

Mercredi, le prince héritier Mohammed ben Salmane, président de la Commission royale pour AlUla (RCU), a dévoilé le Voyage dans le temps, le dernier développement ancré dans le projet de Vision 2030 de l’Arabie saoudite pour l’avenir du pays.  
« Aujourd'hui, nous nous engageons dans un voyage pour préserver la plus grande oasis culturelle du monde et faire progresser notre compréhension de 200 000 ans de patrimoine. Le plan directeur du voyage dans le temps est un pas en avant pour développer de manière durable et responsable AlUla et partager notre héritage culturel avec le monde », a déclaré le prince héritier. 

Au cours des quinze prochaines années, la vallée historique d'AlUla, qui abrite Hégra et une multitude d'autres sites historiques, sera transformée en un musée vivant conçu pour plonger les visiteurs dans deux cent mille ans d'histoire naturelle et humaine. 

Le schéma directeur du Voyage dans le temps a été élaboré sous la direction du prince héritier et sous la direction du prince Badr, ministre saoudien de la Culture et gouverneur de la RCU. Amr al-Madani, le PDG de la RCU, a déclaré à Arab News que le plan directeur a été conçu «comme un moyen de capturer l'essence profondément enracinée de ce qu'AlUla est déjà – une oasis de culture, d'héritage, de nature et de communautés uniques – tout en conservant un héritage intemporel avec des récits du passé pour renseigner l'avenir et ouvrir de nouveaux chapitres dans l'histoire qui se déroule à AlUla». 

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Le schéma directeur du Voyage dans le temps a été élaboré sous la direction du prince héritier et sous la direction du prince Badr, ministre saoudien de la Culture et gouverneur de la RCU (Photo, AN, Ziyad Alarfaj / AFP, Photo, Fichier)

Cinq quartiers, chacun centré sur un site patrimonial particulier et s'étalant le long de la spectaculaire vallée d'AlUla, raconteront ensemble l'histoire des deux derniers millénaires. 

Les quartiers seront reliés par un wadi d’hospitalité de 20 kilomètres, une «épine piétonne verte» qui sera associée à une ligne de tramway à faible émission de carbone, longue de 46 kilomètres. Cette dernière reliera les cinq sites à l'aéroport international d'AlUla. Elle suivra une partie de l'itinéraire utilisé depuis des siècles par les pèlerins et, au début du XXᵉ siècle par le chemin de fer historique du Hijaz. 

Un réseau de sentiers serpentant à travers la vallée verdoyante permettra également aux visiteurs de partir à la découverte de lieux à pied, à vélo ou à cheval. 

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Musée Hégra (Fournie)

Le Voyage dans le temps commencera dans le sud de la vallée, dans le quartier de la vieille ville, site d'une colonie en briques de terre crue abandonnée, à 17 kilomètres au sud d'Hégra. La vieille ville a été occupée jusqu'aux années 1980, lorsque les occupants l'ont abandonnée pour le confort de la nouvelle AlUla moderne, à quelques kilomètres au sud. Aujourd'hui, c'est une ville fantôme labyrinthique intrigante et obsédante. 

De la vieille ville d'AlUla, les visiteurs se rendront au nord en direction du quartier 2, site de l'ancienne ville de Dadan, un prédécesseur d'Hégra. Entre 600 et 200 avant J.-C., elle a prospéré comme capitale des mystérieux royaumes dadanite et lihyanite, dont la fortune reposait sur le contrôle des routes commerciales de l'encens qui traversaient la vallée. 

Le quartier 3, Jabal Ikmah, une «bibliothèque en plein air» de pétroglyphes, donnera aux visiteurs un premier aperçu des milliers d'anciens sites d'art rupestre et d'inscriptions qui se trouvent dans la vallée et au-delà. 

La prochaine étape du Voyage à travers le temps sera le quartier 4, l'horizon nabatéen, un ensemble d'actifs culturels reflétant l'architecture nabatéenne. Il constituera le lever de rideau parfait pour le dernier et le plus spectaculaire des cinq quartiers: l'ancienne ville d'Hégra qui en 2007 est devenu le premier site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en Arabie saoudite. 

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Tramway expérimental d'AlUla (Fournie)

Hégra est située sur une grande plaine au sud-est des montagnes du Hijaz, parsemée de collines de grès, isolées ou regroupées pour former des massifs qui ont été remarquablement sculptés par les vents du nord-ouest soufflant dans la région chaque printemps et début d’été depuis l'aube des temps. 

Les vents ont également créé des formes étranges et évocatrices, comme le rocher de trois étages à 10 kilomètres au nord-est de la ville moderne d'AlUla, sculpté pendant des millions d'années et qui ressemble à un éléphant. 

Au centre du site, autrefois desservi par les 130 puits enfoncés dans la roche qui ont rendu possible la tentaculaire oasis qui soutenait la ville antique, se trouve l'ancien quartier résidentiel. Bien qu’il ne reste que très peu de choses au-dessus de la surface des bâtiments construits dans l'Antiquité, des études géophysiques ont révélé des preuves de structures souterraines, alors que des parties de l'enceinte de la ville peuvent encore être vues à l'œil nu. 

Mais, sans aucun doute, les étoiles d'Hégra sont les nécropoles qui entourent le quartier résidentiel. Elles rassemblent plus de 90 tombes monumentales creusées dans les rochers entourant et surplombant l'ancienne ville des vivants. Elles datent environ de l’an I avant J.-C. à l'an 75 de notre ère. 

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La tombe de Lihyan, fils de Kuza, à Hégra (Fournie)

Des quatre nécropoles principales, Qasr al-Bent, qui abrite 31 tombes datées de l'an 0 à 58 après J.-C.,  est visuellement la plus impressionnante, de loin ou de près. Les façades extérieures de la plupart des tombes présentent des monstres sculptés, des aigles, d'autres petits animaux sculptés et des visages humains. 

Comme à Pétra, qui a également été créée par les Nabatéens, de nombreuses tombes d'Hégra présentent des façades sculptées spectaculaires. Cependant, contrairement à Pétra, de nombreuses façades portent également des inscriptions nabatéennes datées, qui nomment souvent les morts et offrent des aperçus uniques sur la vie des anciens habitants d’Hégra. 

Le plan directeur prévoit quinze «atouts culturels» qui serviront de points de repère dans les cinq quartiers. Ils comprendront des galeries, des musées, un jardin oasis vivant et, en hommage au rôle historique d’AlUla comme carrefour d’anciennes routes commerciales, un marché routier de l’encens. 

L'éducation et l'acquisition de connaissances joueront un rôle clé dans le développement du projet. Outre les centres de recherche axés sur les sites antiques de Dadan et Jabal Ikmah, un élément phare du plan est l'Institut des royaumes, un centre mondial de connaissances et de recherches archéologiques dédié aux cultures et civilisations qui ont habité la région pendant plus de sept mille ans. 

Une étude archéologique en cours sur l'ensemble de la région d'AlUla, qui s’étend sur 22 000 km2, a déjà identifié plus de 23 000 sites d'intérêt archéologique. 

Un autre élément clé du développement sera la renaissance de l'oasis culturelle au cœur de la vallée d'AlUla. «Grâce à la recherche et à des solutions innovantes allant de la gestion de l'eau à l'irrigation et à l'utilisation des terres, la reconstitution de l'oasis culturelle sera un élément clé du plan directeur du Voyage dans le temps», a déclaré M. Al-Madani à Arab News. 

«Les efforts de régénération les plus intenses se concentreront sur le cœur de 9 kilomètres de l’ancienne oasis – le «poumon vert» d’AlUla reliant la vieille ville, Dadan et Jabal Ikmah – et permettront une expansion majeure des espaces verts et ouverts d’AlUla», a-t-il affirmé. 

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L'Oasis culturelle (Fournie)

Avec la renaissance prévue de dix millions de mètres carrés, le schéma directeur du Voyage dans le temps, qui se veut «une réponse directe aux défis du développement durable et responsable d'un environnement désertique fragile», sera le plus grand projet de régénération d'oasis culturelle au monde, créant un havre enchanteur pour les visiteurs et une opportunité unique pour une production agricole durable. 

En outre, 80% des terres du comté d'AlUla seront désignées comme réserves naturelles, avec une flore et une faune clés à réintroduire. 

Une fois le projet achevé, l'URC s'attend à ce qu'AlUla attire deux millions de visiteurs chaque année, renforçant son objectif de contribuer à hauteur de 120 milliards de riyals saoudiens (27 milliards d’euros) au PIB national et de créer 38 000 nouveaux emplois dans la région d'ici à 2035. 

Avec un total de 5 000 «clés d'accueil» prévues dans le cadre d'un objectif global de 9 400 d'ici à 2035, bon nombre de ces emplois créés seront dans le tourisme et l'hôtellerie. 

Dans chacun des cinq quartiers, les visiteurs pourront choisir parmi un «mélange sur mesure d'options de vie et d'hospitalité», allant des hôtels et centres de villégiature écotouristiques aux lodges de luxe et aux «fermes de canyons», taillés dans les rochers de grès, là où les Nabatéens tentaient autrefois de s’installer. 


Des manifestants libanais déçus retournent dans la rue, exigeant la sortie de l'impasse

Des manifestants brandissent une pancarte lors d'une manifestation contre la détérioration de la situation économique, à Beyrouth, au Liban, le 10 avril 2021 (Reuters)
Des protestataires se rassemblent lors d'une manifestation contre la détérioration de la situation économique, à Beyrouth, au Liban, le 10 avril 2021 (Reuters)
Un homme tient un drapeau libanais alors que les manifestants se rassemblent lors d'une protestation contre la détérioration de la situation économique, à Beyrouth, au Liban, le 10 avril 2021 (Reuters)
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  • «Les soldats ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille ni même payer le transport pour aller et revenir du travail», déclare Akar
  • 170 jours sont passés depuis la nomination de Hariri pour former un nouveau gouvernement

BEYROUTH: Les fortes pluies de samedi après-midi ont empêché un grand nombre de personnes de participer à une «Journée de la rage» au cœur de Beyrouth, annoncée par les groupes du 17 octobre qui exigent un gouvernement de transition doté de pouvoirs législatifs exceptionnels.

Ces groupes tentent de réactiver les manifestations contre la classe politique qu'ils accusent de corruption.

Waddah Sadek, directeur adjoint de l'initiative «Je suis une ligne rouge», déclare à Arab News: «Nous soutenons ces manifestations. L'objectif de cette journée était de mobiliser les étudiants des écoles et des universités pour encourager les gens à retourner progressivement dans la rue pour exprimer leur colère. Les lieux de protestation étaient vides ces derniers mois en raison du coronavirus et les gens sont déçus car les expériences précédentes n'ont pas mené à un changement au niveau gouvernemental.

Sadek a évoqué « les erreurs récentes des manifestants, causées par des différends sur des problèmes mineurs qui auraient pu être évités ».

Sadek déclare que « les principaux groupes révolutionnaires, les partis politiques d'opposition, les politiciens indépendants et les personnalités intellectuelles annonceront la formation d'un front politique d'opposition d'ici la fin du mois d'avril, qui s’appuie sur un programme politique visant à former un gouvernement qui sauverait le pays.

«La classe politique actuelle est incapable de former un gouvernement alternatif. Tout gouvernement qu'ils formeront ne sera que la réplique de l’actuel », dit-il.

Le juge Shoukri Sader, qui a été chef du Conseil d'Etat Shoura avant de prendre sa retraite, déclare à Arab News: «Si les manifestants ne s'unissent pas, les mêmes politiciens seront élus en 2022. Ceux qui sont au pouvoir cherchent maintenant à nous diviser. Si nous présentons trois listes électorales aux prochaines élections législatives, ils nous battront. Aujourd'hui, nous risquons notre présence. Nous ne pouvons pas rester divisés ; par conséquent, nous formons un front politique pour unifier les votes et les priorités. »

Il ajoute : «Nous ne pouvons pas jouer leur jeu; ils ne sont pas d’accord sur la nature et le quota du gouvernement. Nous, en revanche, devons nous unir et mettre de côté nos petites différences.

«De grands groupes de manifestants communiquent via Whatsapp et Facebook et chacun d'eux a ses propres revendications et opinions. Ce qu'il faut à ces groupes à ce stade, c'est être mûrs et conscients, avant d'essayer de réveiller la majorité silencieuse des Libanais qui souffrent.

«Les militants doivent s'entendre sur les priorités et ne doivent pas forcer les autres à les suivre. Les gens ont quitté leurs partis politiques et nous ont rejoints pour ne pas être forcés de suivre des politiciens et des partisans de l’opposition, ni d'être marginalisés.

«La priorité absolue sur laquelle nous devons nous mettre d’accord est le rejet des armes du Hezbollah. Nous devons réclamer la libération de la décision de l'État. Notre deuxième priorité est de restaurer les dispositions de la constitution libanaise qui inclut toutes nos revendications de souveraineté ; la neutralité du Liban, une république parlementaire et un système économique libre. Par conséquent, allons droit au but et appelons à des élections anticipées et à un gouvernement de transition. Le pays s'effondre.

Il souligne : « L’expérience au pouvoir du président Michel Aoun a été infructueuse, de la guerre de libération des années 80, la guerre d’annulation, jusqu’à son mandat actuel. Il n'a fait que le contraire de ce qu'il avait promis et a placé ses intérêts personnels au-dessus des intérêts nationaux. Nous sommes conscients qu’au Liban, les révolutions sont vouées à l’échec, et nous sommes également conscients qu’une nouvelle guerre civile est improbable car il n’y a pas d’équité entre les combattants en présence des armes du Hezbollah. Le chaos pourrait prévaloir et c'est ce qui nous pousse à attendre les délais constitutionnels pour opérer un changement.

Cent soixante-dix jours se sont écoulés depuis la nomination de Saad Hariri pour former un nouveau gouvernement, mais les responsables continuent de se rejeter les responsabilités et accusations sans établir de réseau de sécurité sociale pour les les nécessiteux afin de contrer l’effondrement économique qui s’aggrave.

Zeina Akar, ministre de la Défense du gouvernement intérimaire, a fait la lumière sur la situation de vie des soldats lors d’une visite dans une ville de la vallée de la Bekaa. Elle a déclaré que les salaires des soldats avaient perdu 85% de leur valeur par rapport au dollar américain. «Les soldats ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille ni même payer le transport pour aller et revenir du travail», a-t-elle dit.

Akar a exhorté les soldats à «ne pas se laisser emporter par quoi que ce soit qui pourrait les empêcher d’accomplir leurs tâches, car ils représentent la soupape de sécurité de la souveraineté et du peuple du Liban, et préservent sa sécurité et sa stabilité ».


L'Égypte et la Tunisie discutent de la Libye et du barrage contesté de l'Éthiopie

Le président tunisien Kais Saied (à gauche) rencontre le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi au Caire. (Fichier / AFP)
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  • Les deux dirigeants ont eu des entretiens «approfondis et constructifs» samedi au palais Ittihadiya du Caire
  • «Nous espérons que la Libye s’engage sur la bonne voie ... Il n’est pas question de diviser la Libye», déclare Saied

LE CAIRE: Le président égyptien a rencontré samedi son homologue tunisien au Caire, où ils ont discuté de la Libye voisine, et d’un barrage massif que l’Éthiopie est en train de construire sur le principal affluent du Nil.

Le président tunisien Kais Saied est arrivé vendredi au Caire pour une visite de trois jours. Il a été reçu à l'aéroport par le président Abdel Fattah El-Sissi.

Les deux dirigeants ont eu des entretiens «approfondis et constructifs» samedi au palais Ittihadiya du Caire, qui sert de bureau au président égyptien, précise Saied.

«Nous espérons que la Libye s’engage sur la bonne voie ... Il n’est pas question de diviser la Libye», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec El-Sissi. La Libye est voisine de l'Égypte et de la Tunisie. Le pays a plongé dans le chaos après un soulèvement soutenu par l'OTAN en 2011 qui a renversé le leader Mouammar Kadhafi au pouvoir depuis longtemps.

Les deux dirigeants ont également discuté d’un barrage massif que l’Éthiopie est en train de construire sur le principal affluent du Nil. L'Égypte et le Soudan considèrent le projet comme une menace majeure s'il est exécuté et exploité sans accord juridiquement contraignant.

Le président tunisien a affirmé que son pays soutenait la position de l’Égypte dans ce différend de plusieurs années. Il a déclaré que toute atteinte à la sécurité de l’eau en Égypte était inacceptable.

«Nous recherchons des solutions justes, mais la sécurité nationale de l’Égypte est la nôtre, et la position de l’Égypte… sera la nôtre.»

L'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie peinent à trouver un accord sur la question du barrage, et les dernières négociations se sont soldées par un échec mardi.


Algérie: 23 détenus d'opinion en grève de la faim (ONG)

Des petits groupes d'activistes tentent aussi de défiler le samedi, lors de marches qui sont souvent rapidement étouffées dans l'oeuf par la police. (AFP)
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  • «Samedi 10 avril 2021, les 23 détenus sont au quatrième jour de grève de la faim à la prison d'El Harrach (à Alger) entamée depuis mercredi 7 avril», a précisé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook
  • Après un an d'interruption, pandémie oblige, les hirakistes redescendent dans la rue depuis le 22 février, date du deuxième anniversaire du soulèvement populaire, pour réclamer le démantèlement du «système» en place depuis l'indépendance de l'Algérie en 1

ALGER : Vingt-trois détenus, écroués après une marche du mouvement antirégime du Hirak il y a une semaine à Alger, sont en grève de la faim depuis mercredi, a rapporté samedi une association de soutien aux prisonniers d'opinion.

"Samedi 10 avril 2021, les 23 détenus sont au quatrième jour de grève de la faim à la prison d'El Harrach (à Alger) entamée depuis mercredi 7 avril", a précisé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.

Le 3 avril, 24 personnes avaient été arrêtées, dont les 23 grévistes de la faim, poursuivies pour "atteinte à l'unité nationale et attroupement non armé".

Elles avaient été interpellées alors que des militants du Hirak tentaient de défiler dans le centre de la capitale algérienne.

Après un an d'interruption, pandémie oblige, les hirakistes redescendent dans la rue depuis le 22 février, date du deuxième anniversaire du soulèvement populaire, pour réclamer le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962.

Ils manifestent habituellement chaque mardi, pour les étudiants, et vendredi, jour emblématique de la contestation. 

Des petits groupes d'activistes tentent aussi de défiler le samedi, lors de marches qui sont souvent rapidement étouffées dans l'oeuf par la police.   

Plusieurs militants ont encore été interpellés ce samedi à Alger, notamment à la Casbah (vieille ville) et dans le quartier populaire de Bab El Oued, bastion du Hirak, selon le CNLD qui n'en précise pas le nombre. 

Cette association a recensé une soixantaine de personnes associées au Hirak et aujourd'hui derrière les barreaux.

En février, une quarantaine de détenus d'opinion avaient été libérés après une mesure de grâce du président Abdelmadjid Tebboune.

Le Hirak est aujourd'hui accusé par le pouvoir d'être infiltré par des activistes islamistes, héritiers du Front islamique de salut (dissous en 1992), qui chercheraient à entraîner le mouvement de protestation dans l'action violente.

Dans son dernier rapport annuel publié mercredi, Amnesty International a dénoncé le fait que "cette année encore, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice des manifestant.e.s pacifiques, des journalistes, des militant.e.s et des citoyen.ne.s qui n'avaient fait qu'exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique".

La diplomatie américaine a également épinglé l'Algérie, dans son rapport sur la situation des droits humains dans le monde, dénonçant en particulier la détention arbitraire de prisonniers politiques, le manque d'indépendance de la justice et les restrictions à la liberté d'expression et de la presse.