Un plan directeur à AlUla pour un voyage magique à travers 200 000 ans d’histoire

Le quartier de Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est une continuation physique de la vieille ville d'AlUla. Il est dominé par le principal site du patrimoine de Dadan, ainsi que par la montagne Umm Daraj, un autre site patrimonial exceptionnel, lié aux anciens royaumes dadanite et lihyanite (Fournie)
Le quartier de Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est une continuation physique de la vieille ville d'AlUla. Il est dominé par le principal site du patrimoine de Dadan, ainsi que par la montagne Umm Daraj, un autre site patrimonial exceptionnel, lié aux anciens royaumes dadanite et lihyanite (Fournie)
La vieille ville d'AlUla, le carrefour historique, serait le cœur vibrant d'AlUla. La région comprend l'oasis culturelle, un ensemble d'expériences en cours de développement pour les visiteurs, y compris les jardins vivants, le quartier des arts, la vieille ville et les galeries perspectives (Fournie)
La vieille ville d'AlUla, le carrefour historique, serait le cœur vibrant d'AlUla. La région comprend l'oasis culturelle, un ensemble d'expériences en cours de développement pour les visiteurs, y compris les jardins vivants, le quartier des arts, la vieille ville et les galeries perspectives (Fournie)
Le quartier nabatéen comprend trois piliers culturels, dont le théâtre nabatéen, qui affichera des performances exceptionnelles en plein air (Fournie)
Le quartier nabatéen comprend trois piliers culturels, dont le théâtre nabatéen, qui affichera des performances exceptionnelles en plein air (Fournie)
Jabal Ikmah, une bibliothèque de langues inscrites dans les roches éternelles d'AlUla. Un témoignage naturel et monumental des temps passés révélant les traces et les écrits des civilisations d'AlUla (Fournie)
Jabal Ikmah, une bibliothèque de langues inscrites dans les roches éternelles d'AlUla. Un témoignage naturel et monumental des temps passés révélant les traces et les écrits des civilisations d'AlUla (Fournie)
Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est en passe de devenir l'un des centres culturels de l'Arabie saoudite. L'Institut des Royaumes a été construit dans ce quartier (Fournie)
Dadan, ou les anciens royaumes de l'Arabie du Nord, est en passe de devenir l'un des centres culturels de l'Arabie saoudite. L'Institut des Royaumes a été construit dans ce quartier (Fournie)
Le centre d'interprétation de Jabal Ikmah informera les visiteurs sur la bibliothèque en plein air de Jabal Ikmah, ainsi que sur l’évolution de la langue arabe (Fournie)
Le centre d'interprétation de Jabal Ikmah informera les visiteurs sur la bibliothèque en plein air de Jabal Ikmah, ainsi que sur l’évolution de la langue arabe (Fournie)
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Publié le Jeudi 08 avril 2021

Un plan directeur à AlUla pour un voyage magique à travers 200 000 ans d’histoire

  • Le master plan d’AlUla envisage 15 «atouts culturels» qui serviront de points de repère dans cinq quartiers
  • Le master plan du voyage magique dans le temps d'AlUla symbolise l'engagement du Royaume à préserver le patrimoine culturel et naturel

LONDRES: Jusqu'à présent, peu de personnes ont eu le privilège de visiter l'ancienne ville d’Hégra, taillée dans les rochers du Hijaz au nord-ouest de l'Arabie saoudite il y a plus de deux millénaires et perdue pendant des siècles dans la nuit des temps. 

Comme sa célèbre jumelle Pétra, à environ 460 kilomètres au nord de la Jordanie moderne, Hégra a été créée par les Nabatéens, un peuple mystérieux dont l'empire commercial arabe a brillé il y a plus de deux mille ans. 

Désormais, alors que l'Arabie saoudite ouvre de plus en plus ses portes au monde extérieur, le Royaume est sur le point de partager avec la planète l'un des grands trésors oubliés de l'Antiquité. 

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Tombes nabatéennes (Fournie)

Après plus d'une décennie de l'une des recherches archéologiques les plus intensives jamais entreprises, Hégra doit être le joyau de la couronne d'un plan visant à transformer le paysage et le patrimoine impressionnant de la région d'AlUla en une oasis naturelle et culturelle qui verra de nouveau des visiteurs du monde entier attirés par cet important ancien carrefour. 

Mercredi, le prince héritier Mohammed ben Salmane, président de la Commission royale pour AlUla (RCU), a dévoilé le Voyage dans le temps, le dernier développement ancré dans le projet de Vision 2030 de l’Arabie saoudite pour l’avenir du pays.  
« Aujourd'hui, nous nous engageons dans un voyage pour préserver la plus grande oasis culturelle du monde et faire progresser notre compréhension de 200 000 ans de patrimoine. Le plan directeur du voyage dans le temps est un pas en avant pour développer de manière durable et responsable AlUla et partager notre héritage culturel avec le monde », a déclaré le prince héritier. 

Au cours des quinze prochaines années, la vallée historique d'AlUla, qui abrite Hégra et une multitude d'autres sites historiques, sera transformée en un musée vivant conçu pour plonger les visiteurs dans deux cent mille ans d'histoire naturelle et humaine. 

Le schéma directeur du Voyage dans le temps a été élaboré sous la direction du prince héritier et sous la direction du prince Badr, ministre saoudien de la Culture et gouverneur de la RCU. Amr al-Madani, le PDG de la RCU, a déclaré à Arab News que le plan directeur a été conçu «comme un moyen de capturer l'essence profondément enracinée de ce qu'AlUla est déjà – une oasis de culture, d'héritage, de nature et de communautés uniques – tout en conservant un héritage intemporel avec des récits du passé pour renseigner l'avenir et ouvrir de nouveaux chapitres dans l'histoire qui se déroule à AlUla». 

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Le schéma directeur du Voyage dans le temps a été élaboré sous la direction du prince héritier et sous la direction du prince Badr, ministre saoudien de la Culture et gouverneur de la RCU (Photo, AN, Ziyad Alarfaj / AFP, Photo, Fichier)

Cinq quartiers, chacun centré sur un site patrimonial particulier et s'étalant le long de la spectaculaire vallée d'AlUla, raconteront ensemble l'histoire des deux derniers millénaires. 

Les quartiers seront reliés par un wadi d’hospitalité de 20 kilomètres, une «épine piétonne verte» qui sera associée à une ligne de tramway à faible émission de carbone, longue de 46 kilomètres. Cette dernière reliera les cinq sites à l'aéroport international d'AlUla. Elle suivra une partie de l'itinéraire utilisé depuis des siècles par les pèlerins et, au début du XXᵉ siècle par le chemin de fer historique du Hijaz. 

Un réseau de sentiers serpentant à travers la vallée verdoyante permettra également aux visiteurs de partir à la découverte de lieux à pied, à vélo ou à cheval. 

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Musée Hégra (Fournie)

Le Voyage dans le temps commencera dans le sud de la vallée, dans le quartier de la vieille ville, site d'une colonie en briques de terre crue abandonnée, à 17 kilomètres au sud d'Hégra. La vieille ville a été occupée jusqu'aux années 1980, lorsque les occupants l'ont abandonnée pour le confort de la nouvelle AlUla moderne, à quelques kilomètres au sud. Aujourd'hui, c'est une ville fantôme labyrinthique intrigante et obsédante. 

De la vieille ville d'AlUla, les visiteurs se rendront au nord en direction du quartier 2, site de l'ancienne ville de Dadan, un prédécesseur d'Hégra. Entre 600 et 200 avant J.-C., elle a prospéré comme capitale des mystérieux royaumes dadanite et lihyanite, dont la fortune reposait sur le contrôle des routes commerciales de l'encens qui traversaient la vallée. 

Le quartier 3, Jabal Ikmah, une «bibliothèque en plein air» de pétroglyphes, donnera aux visiteurs un premier aperçu des milliers d'anciens sites d'art rupestre et d'inscriptions qui se trouvent dans la vallée et au-delà. 

La prochaine étape du Voyage à travers le temps sera le quartier 4, l'horizon nabatéen, un ensemble d'actifs culturels reflétant l'architecture nabatéenne. Il constituera le lever de rideau parfait pour le dernier et le plus spectaculaire des cinq quartiers: l'ancienne ville d'Hégra qui en 2007 est devenu le premier site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en Arabie saoudite. 

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Tramway expérimental d'AlUla (Fournie)

Hégra est située sur une grande plaine au sud-est des montagnes du Hijaz, parsemée de collines de grès, isolées ou regroupées pour former des massifs qui ont été remarquablement sculptés par les vents du nord-ouest soufflant dans la région chaque printemps et début d’été depuis l'aube des temps. 

Les vents ont également créé des formes étranges et évocatrices, comme le rocher de trois étages à 10 kilomètres au nord-est de la ville moderne d'AlUla, sculpté pendant des millions d'années et qui ressemble à un éléphant. 

Au centre du site, autrefois desservi par les 130 puits enfoncés dans la roche qui ont rendu possible la tentaculaire oasis qui soutenait la ville antique, se trouve l'ancien quartier résidentiel. Bien qu’il ne reste que très peu de choses au-dessus de la surface des bâtiments construits dans l'Antiquité, des études géophysiques ont révélé des preuves de structures souterraines, alors que des parties de l'enceinte de la ville peuvent encore être vues à l'œil nu. 

Mais, sans aucun doute, les étoiles d'Hégra sont les nécropoles qui entourent le quartier résidentiel. Elles rassemblent plus de 90 tombes monumentales creusées dans les rochers entourant et surplombant l'ancienne ville des vivants. Elles datent environ de l’an I avant J.-C. à l'an 75 de notre ère. 

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La tombe de Lihyan, fils de Kuza, à Hégra (Fournie)

Des quatre nécropoles principales, Qasr al-Bent, qui abrite 31 tombes datées de l'an 0 à 58 après J.-C.,  est visuellement la plus impressionnante, de loin ou de près. Les façades extérieures de la plupart des tombes présentent des monstres sculptés, des aigles, d'autres petits animaux sculptés et des visages humains. 

Comme à Pétra, qui a également été créée par les Nabatéens, de nombreuses tombes d'Hégra présentent des façades sculptées spectaculaires. Cependant, contrairement à Pétra, de nombreuses façades portent également des inscriptions nabatéennes datées, qui nomment souvent les morts et offrent des aperçus uniques sur la vie des anciens habitants d’Hégra. 

Le plan directeur prévoit quinze «atouts culturels» qui serviront de points de repère dans les cinq quartiers. Ils comprendront des galeries, des musées, un jardin oasis vivant et, en hommage au rôle historique d’AlUla comme carrefour d’anciennes routes commerciales, un marché routier de l’encens. 

L'éducation et l'acquisition de connaissances joueront un rôle clé dans le développement du projet. Outre les centres de recherche axés sur les sites antiques de Dadan et Jabal Ikmah, un élément phare du plan est l'Institut des royaumes, un centre mondial de connaissances et de recherches archéologiques dédié aux cultures et civilisations qui ont habité la région pendant plus de sept mille ans. 

Une étude archéologique en cours sur l'ensemble de la région d'AlUla, qui s’étend sur 22 000 km2, a déjà identifié plus de 23 000 sites d'intérêt archéologique. 

Un autre élément clé du développement sera la renaissance de l'oasis culturelle au cœur de la vallée d'AlUla. «Grâce à la recherche et à des solutions innovantes allant de la gestion de l'eau à l'irrigation et à l'utilisation des terres, la reconstitution de l'oasis culturelle sera un élément clé du plan directeur du Voyage dans le temps», a déclaré M. Al-Madani à Arab News. 

«Les efforts de régénération les plus intenses se concentreront sur le cœur de 9 kilomètres de l’ancienne oasis – le «poumon vert» d’AlUla reliant la vieille ville, Dadan et Jabal Ikmah – et permettront une expansion majeure des espaces verts et ouverts d’AlUla», a-t-il affirmé. 

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L'Oasis culturelle (Fournie)

Avec la renaissance prévue de dix millions de mètres carrés, le schéma directeur du Voyage dans le temps, qui se veut «une réponse directe aux défis du développement durable et responsable d'un environnement désertique fragile», sera le plus grand projet de régénération d'oasis culturelle au monde, créant un havre enchanteur pour les visiteurs et une opportunité unique pour une production agricole durable. 

En outre, 80% des terres du comté d'AlUla seront désignées comme réserves naturelles, avec une flore et une faune clés à réintroduire. 

Une fois le projet achevé, l'URC s'attend à ce qu'AlUla attire deux millions de visiteurs chaque année, renforçant son objectif de contribuer à hauteur de 120 milliards de riyals saoudiens (27 milliards d’euros) au PIB national et de créer 38 000 nouveaux emplois dans la région d'ici à 2035. 

Avec un total de 5 000 «clés d'accueil» prévues dans le cadre d'un objectif global de 9 400 d'ici à 2035, bon nombre de ces emplois créés seront dans le tourisme et l'hôtellerie. 

Dans chacun des cinq quartiers, les visiteurs pourront choisir parmi un «mélange sur mesure d'options de vie et d'hospitalité», allant des hôtels et centres de villégiature écotouristiques aux lodges de luxe et aux «fermes de canyons», taillés dans les rochers de grès, là où les Nabatéens tentaient autrefois de s’installer. 


Dans le Kordofan soudanais, une offensive paramilitaire se profile, la ville d'El-Obeid tremble

Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie. (AFP)
Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie. (AFP)
  • El-Obeid est un enjeu majeur dans la guerre qui oppose depuis trois ans l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR)
  • La ville d'un demi-million d'habitants accueille environ 100.000 réfugiés, déplacés par la violence ailleurs dans le pays

Al-Ubayyid: Dans un camp de déplacés près d'El-Obeid, dans la région soudanaise du Kordofan, Agsam Hamad brave péniblement la chaleur écrasante pour aller chercher de l'eau trouble dans un puits. Déjà assiégés, les habitants vivent dans la crainte d'un assaut des paramilitaires, qui serait le plus violent à ce jour contre cette grande ville stratégique.

"Nous faisons de longues distances pour cette eau et elle est imbuvable", dit à l'AFP cette femme de 35 ans, mère de sept enfants. "Notre situation est très difficile. Nous avons besoin de nourriture et d'eau" potable.

El-Obeid est un enjeu majeur dans la guerre qui oppose depuis trois ans l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

La ville d'un demi-million d'habitants accueille environ 100.000 réfugiés, déplacés par la violence ailleurs dans le pays.

Ces dernières semaines, elle a fait face à des attaques des FSR, les plus intenses jusqu'à présent.

Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie.

De récentes attaques ont frappé la principale centrale électrique et les dépôts de carburant, plongeant des quartiers dans l'obscurité et mettant les pompes à eau hors service.

Les habitants doivent aujourd'hui s'en remettre à des camions-citernes, des puits et quelques points de distribution d'eau, ont-ils expliqué à l'AFP.

"Pouvoir et argent" 

L'ONU a alerté sur un renforcement de la présence des FSR autour de la ville avant un possible assaut terrestre, ce qui fait craindre une répétition des atrocités observées à El-Facher.

Cette ville du Darfour est tombée aux mains des paramilitaires en octobre dernier, lors d'une attaque présentant selon l'ONU les caractéristiques d'un "génocide".

D'après Nohad Eltayeb, de l'ONG basée aux Etats-Unis ACLED, des mouvements de troupes ont été observés au cours du mois passé à environ 60 kilomètres au nord, au sud et à l'ouest d'El-Obeid.

El-Obeid se trouve à un carrefour stratégique reliant des régions du centre et de l'est du Soudan contrôlées par l'armée, dont Khartoum, au Darfour sous contrôle des FSR à l'ouest.

Selon des analystes, sa prise consoliderait le contrôle des FSR sur l'ouest du Soudan et pourrait ouvrir la voie à une avancée vers la capitale.

El-Obeid abrite une division d'infanterie, une base aérienne, un oléoduc stratégique et un important marché de gomme arabique.

" La contrôler, c'est une question de pouvoir, de territoire et d'argent ", affirme l'analyste Kholood Khair.

Les combats et les restrictions ont pratiquement coupé tout accès à la ville, rendant de plus en plus difficile toute couverture indépendante.

De rares images obtenues par l'AFP dans le camp d'Al-Rahmaniyah montrent des femmes épuisées avançant sous un soleil accablant, des jerricans sur la tête après des heures passées à attendre de l'eau à un puits éloigné.

Trop fatigués 

Dans le camp, près de 200 familles s'entassent dans des abris précaires.

Des enfants traînent dans l'étroite zone d'ombre projetée par les huttes . Certains sont trop fatigués pour jouer, d'autres suivent silencieusement leur mère.

" Nous n'avons rien. Ni eau, ni nourriture, ni matelas ", lâche Waseela Mohamed, une grand-mère de 70 ans.

Les livraisons d'aide qui avaient réussi à atteindre le camp il y a plusieurs semaines se sont raréfiées.

" Les organisations humanitaires font ce qu'elles peuvent, mais les besoins sont bien plus importants ", explique un bénévole qui a requis l'anonymat.

A l'intérieur d'El-Obeid, les drones bourdonnent presque en permanence, raconte Adam Hussein - un pseudonyme.

"Nous ne savons pas ce qui se passe vraiment. Tout est en crise. Les civils et les infrastructures sont constamment pris pour cible ", a-t-il confié à l'AFP.

Au moment où il parlait, un drone s'est écrasé tout près, sans faire de victimes.

Alors que le prix de l'eau a doublé, que celui de la nourriture a augmenté jusqu'à 300 % et que les tarifs des transports ont aussi grimpé en flèche, de nombreux habitants sont désormais, de fait, "encerclés ", selon Kholood Khair.

"Boucliers humains" 

Mohamed Refaat, de l'Organisation internationale pour les migrations, a averti que la ville se rapprochait d'un siège total, les civils pouvant bientôt "ne plus être capables de partir ni de revenir".

Sans aide immédiate, les conditions pourraient "en quelques semaines" ressembler à celles observées à El-Facher, où les civils ont survécu en se nourrissant d'aliments pour animaux pendant 18  mois de siège, a-t-il prévenu.

Selon l'ONU, plus de 6. 000 personnes ont été tuées durant les trois premiers jours de sa chute.

Une source gouvernementale a indiqué à l'AFP que l'armée avait tenté de ralentir l'avancée des paramilitaires.

Une source proche des FSR a elle accusé l'armée d'utiliser des civils comme " boucliers humains ", estimant qu'ils devraient être évacués.

Bien que la composition démographique de la ville diffère de celle d'El-Facher, où les violences ont suivi des lignes ethniques, Noha Eltayeb prévient que les civils "pourraient néanmoins être confrontés à des pillages, des violences sexuelles et des attaques contre ceux accusés de soutenir l'armée".


Liban: nouvelles frappes israéliennes, le chef du Parlement enterre déjà l'accord-cadre

Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté. (AFP)
Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté. (AFP)
  • "Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en oeuvre dans sa forme actuelle", a dit Nabih Berri
  • Les bombardements rapportés par l'Agence libanaise d'information ANI (officielle) interviennent alors que la veille déjà, une série de raids israéliens avait fait un mort dans la région

BEYROUTH: Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté.

"Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en oeuvre dans sa forme actuelle", a dit Nabih Berri, allié du Hezbollah pro-Iran, dans un communiqué diffusé par son parti, le mouvement Amal, dénonçant un "accord de +diktats+, pas un accord qui préserve les droits du Liban".

Les bombardements rapportés par l'Agence libanaise d'information ANI (officielle) interviennent alors que la veille déjà, une série de raids israéliens avait fait un mort dans la région.

Le ministère de la Santé a en outre fait état dimanche de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud.

Dans un communiqué, le Hezbollah "réaffirme que ce qu'a fait l'ennemi est une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il s'était tenu jusque-là, et qu'il surveille et recense ces violations, se réservant le droit de défendre sa patrie et son peuple".

De son côté, l'armée israélienne a affirmé cibler des combattants du Hezbollah près de ce qu'elle appelle sa "zone de sécurité".

Elle a aussi annoncé la mort d'un soldat lors de combats, portant à 38 ses pertes dans le pays voisin, où elle affronte le mouvement islamiste. L'auteur, un "terroriste du Hezbollah", a ensuite été localisé et "éliminé par les soldats", a précisé l'armée.

Tunnel détruit 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont par ailleurs indiqué que l'armée avait détruit un long tunnel construit par le Hezbollah dans le sud du pays.

Celui-ci "s'étendait sur plus de 200 mètres et atteignait une profondeur de plus de 25 mètres, contenait des centaines d'armes ainsi que plusieurs puits de lancement destinés à frapper l'État d'Israël et ses civils", détaille un communiqué conjoint.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à l'Iran, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en représailles de vastes frappes aériennes et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4.200 morts selon Beyrouth.

Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée mais les affrontements ont largement diminué depuis la signature mi-juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran ayant exigé qu'une cessation des combats au Liban en fasse partie.

Parallèlement, Israël et le Liban ont entamé des discussions directes sous l'égide de Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays techniquement toujours en état de guerre. Et ils ont conclu vendredi un accord-cadre, qualifié d'"historique" par Benjamin Netanyahu.

Dans un entretien téléphonique avec Donald Trump, le président libanais Joseph Aoun a assuré que l'Etat "assumerait ses responsabilités" dans la mise en œuvre de l'accord, qui conditionne un retrait israélien du pays au désarmement du mouvement chiite. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

"Sédition" 

Le Hezbollah s'était déjà fermement opposé à l'accord, son député Hassan Fadlallah affirmant dès dimanche qu'il "ne serait pas appliqué".

Ce qu'ont fait les autorités "équivaut à une sédition" visant à passer "d'un conflit avec l'ennemi à un conflit interne", avait-t-il ajouté.

Dénonçant une "grave erreur", le chef du groupe Naïm Qassem avait fustigé samedi un texte "humiliant, honteux, qui représente un abandon de souveraineté", accusant les autorités libanaises de "légitimer la poursuite de l'occupation" israélienne.

Des partisans du Hezbollah ont manifesté vendredi soir et un correspondant de l'AFP a vu, sur la route de l'aéroport de Beyrouth longeant la banlieue sud, bastion du Hezbollah, des pancartes portant l'inscription "Le Liban d'abord" incendiées.

L'Iran a, lui, réitéré ses exigences d'un retrait total d'Israël.

"Notre objectif est de mettre fin à la guerre au Liban, permettre le retour des déplacés dans leurs foyers, mettre un terme à l'occupation et obtenir le retrait du régime sioniste du territoire libanais", a souligné le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un appel avec son homologue libanais Nabih Berri.

 


L'accord sur le Liban est un "premier pas" vers la restauration de sa souveraineté, dit le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
  • Le président libanais Joseph Aoun a qualifié l'accord-cadre signé avec Israël de « première étape » vers le rétablissement de la pleine souveraineté du Liban
  • Il a affirmé son engagement à mettre fin à toute occupation, à obtenir la libération des prisonniers et à garantir un Liban sans subordination ni tutelle

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré vendredi que l'accord cadre signé avec Israël était "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté de son pays sans "occupation", "subordination" ni "tutelle".

"L'accord-cadre signé aujourd'hui est une première étape" qui doit permettre aux Libanais "de revenir sur leurs terres entièrement libérées et dans leurs maisons qui seront assurément reconstruites (...) sous la souveraineté de l'Etat libanais, qui n'a aucun partenaire dans l'exercice de sa souveraineté sur sa terre et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué de la présidence.

"Nous jurons de continuer à oeuvrer jusqu'à ce que cela soit accompli. Il n'y aura plus d'occupation, de prisonniers, de subordination ni de tutelle", a-t-il promis.