Nucléaire iranien: des avancées pour des négociations «difficiles»

Le dialogue entre les représentants de la Chine, de la France, de l'Allemagne, de la Russie, du Royaume-Uni et de l'Iran vise à déterminer quelles sanctions Washington doit lever et quelles mesures Téhéran doit prendre pour revenir au plein respect de l'accord signé en 2015. (Photo, AFP)
Le dialogue entre les représentants de la Chine, de la France, de l'Allemagne, de la Russie, du Royaume-Uni et de l'Iran vise à déterminer quelles sanctions Washington doit lever et quelles mesures Téhéran doit prendre pour revenir au plein respect de l'accord signé en 2015. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 18 avril 2021

Nucléaire iranien: des avancées pour des négociations «difficiles»

  • «Nous pensons que les négociations ont atteint un stade où les parties peuvent commencer à travailler sur un texte commun»
  • Biden a déploré l'enrichissement à 60% par l'Iran, qui n'aide «pas du tout» à sortir de l'impasse, mais il s'est montré «satisfait de voir que l'Iran continue de participer aux discussions»

VIENNE: Les discussions sur le nucléaire iranien ont fait des «progrès» à Vienne malgré la persistance de «désaccords sérieux», ont rapporté samedi des participants, alors que l'AIEA a confirmé le lancement de l'enrichissement d'uranium à 60% par Téhéran.

Le dialogue entre les représentants de la Chine, de la France, de l'Allemagne, de la Russie, du Royaume-Uni et de l'Iran vise à déterminer quelles sanctions Washington doit lever et quelles mesures Téhéran doit prendre pour revenir au plein respect de l'accord signé en 2015.

«Après d'intenses discussions, (...) des progrès ont été réalisés dans une tâche loin d'être facile», a déclaré sur Twitter à la fin de la réunion samedi le représentant de l'Union européenne (UE) Enrique Mora, qui préside les négociations. 

L'ambassadeur russe à Vienne Mikhaïl Oulianov a lui aussi parlé des «progrès dont les participants ont pris note avec satisfaction» ainsi que de la «détermination» de ces derniers «à poursuivre les négociations, en vue de mener à bien le processus dans les meilleurs délais».

Il affirme que les discussions vont continuer dimanche et la semaine prochaine au niveau technique. 

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de contrôler le programme nucléaire iranien, «a vérifié» samedi que l'Iran avait commencé la production d'UF6 enrichi jusqu'à 60 % U235 (...) à l'usine pilote d'enrichissement de combustible de Natanz». 

«Selon l'Iran, le niveau d'enrichissement de l'UF6 produit était de 55,3% U235. L'Agence a pris un échantillon de l'UF6 produit pour vérifier indépendamment le niveau d'enrichissement déclaré par l'Iran. Les résultats de cette analyse seront communiqués par l'Agence aux Etats Membres en temps voulu», a précisé l'AIEA dans une déclaration.

De son côté, l'Iran qui avait lui-même déclaré vendredi avoir lancé sa production d'uranium enrichi à 60% - son désengagement de l'accord le plus important jusqu'à présent - parle d'un nouvel «objectif final commun», mais évoque toujours des «désaccords sérieux». 

«Il semble qu'il existe désormais un objectif final commun à tous. Le chemin à parcourir est également un peu mieux compris. Bien sûr, ce ne sera pas un chemin facile», a estimé le négociateur Abbas Araghchi. 

«Ce n'est pas comme si les désaccords avaient été résolus. Il existe encore de sérieux désaccords qui doivent être réduits lors des futures négociations», a-t-il ajouté dans une vidéo du ministère iranien des Affaires étrangères sur Telegram.

«Nous pensons que les négociations ont atteint un stade où les parties peuvent commencer à travailler sur un texte commun, au moins dans les domaines où il y a un consensus», a-t-il détaillé.

Vendredi, le président américain Joe Biden a déploré l'enrichissement à 60% par l'Iran, qui n'aide «pas du tout» à sortir de l'impasse, mais il s'est «malgré tout» montré «satisfait de voir que l'Iran continue de participer aux discussions». 

Les Etats-Unis et l'Iran se parlent à ce stade de manière indirecte, par l'intermédiaire de l'UE.

L'ex-président américain Donald Trump a fait sortir son pays de l'accord en 2018 et rétabli les sanctions américaines, mais Joe Biden a dit vouloir le rejoindre, à condition que la République islamique renoue elle aussi avec les engagements nucléaires dont elle s'est progressivement affranchie.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.