Un Liban dévasté accueille le verdict du TSL avec déception

Beaucoup ont déclaré que le tribunal avait laissé trop de questions sans réponse. (AFP)
Beaucoup ont déclaré que le tribunal avait laissé trop de questions sans réponse. (AFP)
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Publié le Jeudi 20 août 2020

Un Liban dévasté accueille le verdict du TSL avec déception

  • Un certain nombre de Libanais ont vivement condamné l’acquittement de trois accusés appartenant au Hezbollah, dénonçant « l’échec du tribunal »
  • « La raison du choc et de la déception des Libanais s’explique par le fait qu’ils sont habitués au droit pénal latin, alors que la procédure du TSL est tirée du droit pénal anglo-saxon »

BEYROUTH: Le Liban a été choqué et déçu par les conclusions du tribunal international crée par les Nations Unies sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005.

Un seul homme, Salim Jamil Ayyash, âgé de 56 ans, a été déclaré coupable pour son implication dans l’attentat, selon les conclusions du tribunal rendues mardi à La Haye.

Les partisans du Courant du futur, fondé par Rafic Hariri, ont largement accepté le jugement du Tribunal spécial pour le Liban, mais certains ont vivement condamné l’acquittement de trois membres du Hezbollah accusés d’être impliqués dans l’attentat à la bombe à Beyrouth qui a fait 21 morts en plus de l’ancien Premier ministre.

Ils ont exprimé leur consternation sur les réseaux sociaux, condamnant « l’échec » du tribunal, qui a affirmé manquer de preuves pour pouvoir condamner les autres accusés. Ils ont fait remarquer que le tribunal avait coûté un milliard de dollars pour de faibles résultats. Pour beaucoup, le tribunal a laissé trop de questions sans réponse, tandis que d'autres ont estimé que l’absence de preuves équivalait à une déclaration d’innocence.

Une question juridique

 « La raison du choc et de la déception des Libanais s’explique par le fait qu’ils sont habitués au droit pénal latin, alors que la procédure du TSL est tirée du droit pénal anglo-saxon, explique une source légale proche du tribunal à Arab News. Les magistrats anglo-saxons ne se prononcent pour une condamnation que lorsqu'ils possèdent des preuves solides et convaincantes. L’accusation doit prouver la culpabilité au-delà d’un doute raisonnable. Les magistrats latins peuvent eux condamner des accusés qui ont été complices du crime. Ils sont jugés en tant que complices, et écopent d’une peine plus légère, tandis que ceux qui ont planifié le crime sont immédiatement inculpés. »

Le tribunal a reconnu coupable Salim Ayyash, qui « avait des liens avec le Hezbollah », « d’homicide intentionnel » et d'avoir été à la tête de l'équipe qui a mené l'attaque tuant l'ancien Premier ministre. Il a en revanche acquitté trois suspects - Assad Hassan Sabra, 43 ans, Hussein Hassan Oneissi, 46 ans, et Hassan Habib Merhi, 54 ans – pour manque de preuves.

Dans une décision longue de 2 600 pages, le tribunal a ajouté qu'il soupçonnait que « la Syrie et le Hezbollah ont peut-être eu des motifs d’éliminer M. Hariri et ses alliés politiques. »  

Beaucoup se sont questionnés sur le choix de s'appuyer sur la tradition juridique anglo-saxonne. « Le TSL disposait de beaucoup d’options, mais il a choisi de s'appuyer sur le droit anglo-saxon car tous les juges du TSL possèdent une expertise dans ce domaine, affirme la source précitée. Le TSL a confirmé qu’il existait bien une coordination entre les quatre accusés, mais qu’il ne disposait pas d’assez de preuves claires pour démontrer que les trois accusés acquittés avaient conscience que leur activité conduirait à l’assassinat de Rafic Hariri. »

Les motivations politiques du crime mises en lumière

Le tribunal a en effet déclaré « qu'il était difficile de prouver que Mustafa Badreddine était à la tête de la cellule chargée de l'assassinat de Hariri », ajoutant  qu’il « avait l'intention de commettre les actes ayant conduit à l'assassinat », mais qu’il ne pouvait pas « être convaincu que Badreddine était le cerveau de l’attentat. »

Rachid Derbas, ancien ministre et bâtonnier de l'ordre des avocats, s’interroge sur le verdict. « Le jugement doit être lu attentivement car il est ambigu et contient des contradictions. Il et semble pouvoir être utilisé aussi bien par le Hezbollah et la Syrie, que par les victimes », explique t-il à Arab News. « Ce verdict a indiqué qu'un responsable du Hezbollah, aidé de complices avait commis le crime. L’affaire devrait se poursuivre, en se servant des travaux qui ont été réalisés jusqu’ici », ajoute t-il.

Les députés et dirigeants du Hezbollah ont refusé de commenter le jugement, mais les partisans du groupe se sont réjouis  sur les réseaux sociaux des conclusions du tribunal, affirmant qu’ils n’avaient jamais reconnu le tribunal soutenu par l’ONU.

L'ancien député Fares Souhaid a déclaré pour sa part que le verdict mettait en lumière les motivations politiques du crime. « L’appel de l’opposition pour que l’armée syrienne se retire du Liban était au cœur du verdict qui a été rendu. La décision se fonde sur des faits précis et inculpe des individus. Mais elle a aussi bien expliqué les mobiles politiques du crime, ce qui a été relevé par le Royaume d'Arabie saoudite et les États-Unis. Il incombe aux partis politiques libanais de s’interroger et de répondre à la question suivante: le Hezbollah peut-il continuer ce qu'il fait ? , explique t-il. Le verdict a inculpé un groupe terroriste. Personne ne sera convaincu qu’Ayyash aurait pu planifier, préparer, financer et exécuter l'assassinat sans le soutien d’une organisation qui, depuis longtemps, a du sang sur les mains. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur ArabNews.com


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.

 


L'Arabie saoudite condamne l'attaque de drone près de la centrale nucléaire d'Abou Dhabi

 Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
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  • Ministère des Affaires étrangères : L'attentat menace la sécurité et la stabilité régionales
  • Le Koweït, le Bahreïn et le chef de la Ligue arabe expriment également leur condamnation

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné une attaque de drone qui a visé un générateur d'électricité aux Émirats arabes unis, situé à l'extérieur du périmètre de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d'Al-Dhafra, à Abou Dhabi.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que cette attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales, et a exprimé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et son soutien à toutes les mesures visant à préserver leur souveraineté, leur sécurité et leur intégrité territoriale, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Les ministères des affaires étrangères du Koweït et de Bahreïn, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont également condamné l'attentat.

Le Koweït a déclaré que le fait de viser des installations nucléaires pacifiques constituait une violation flagrante du droit international et représentait un risque pour les civils, l'environnement et la sécurité.

Bahreïn a réaffirmé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et a félicité les forces de défense aérienne d'Abou Dhabi pour leur réponse à la menace.

M. Aboul Gheit a exprimé son soulagement après les déclarations de l'Autorité fédérale de régulation nucléaire des Émirats arabes unis selon lesquelles l'incendie provoqué par l'attaque avait été circonscrit.

L'autorité "a confirmé que l'incendie n'a pas affecté la sécurité de la centrale ou l'état de préparation de ses systèmes essentiels, et que toutes les unités fonctionnent normalement".

Les Émirats arabes unis n'ont pas précisé qui avait lancé le drone ni son territoire d'origine.

L'attaque s'est produite pendant un fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, alors que près de 40 pays préparent des efforts pour rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé depuis fin février, ce qui a perturbé les marchés du pétrole et du gaz.


Le ministère de la défense saoudien annonce l'interception de trois drones en provenance de l'espace aérien irakien

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
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  • Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité
  • M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien

RIYAD: L'Arabie saoudite a déclaré dimanche avoir intercepté trois drones qui avaient pénétré sur son territoire depuis l'espace aérien irakien.

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité.

M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien.

Bien que les hostilités dans le cadre du conflit iranien aient été largement réduites depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en avril, des drones ont été lancés depuis l'Irak en direction des pays du Golfe.