Une conférence prône la solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien

Mahmoud Abbas a fait savoir qu'il reviendrait à la table des négociations si ces dernières étaient fondées sur les frontières de 1967. (Capture d'écran)
Mahmoud Abbas a fait savoir qu'il reviendrait à la table des négociations si ces dernières étaient fondées sur les frontières de 1967. (Capture d'écran)
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Publié le Mardi 20 avril 2021

Une conférence prône la solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien

  • M. Abbas a accusé le gouvernement israélien en place de faire obstacle à la paix en refusant tout dialogue
  • M. Olmert a fait observer que Jérusalem-Est constituerait la capitale d'Israël et de la Palestine à la fois et qu'elle recevrait le soutien de pays tels que les États-Unis, l'Arabie saoudite et la Jordanie

CHICAGO: Lors de la conférence annuelle du J Street, un groupe de pression composé de Juifs américains progressistes, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a fait savoir qu'il reviendrait à la table des négociations pour que soit étudiée une solution à deux États visant à mettre fin au conflit israélo-palestinien.

Lors du discours qu’il a prononcé dimanche dernier, M. Abbas a accusé le gouvernement israélien en place de faire obstacle à la paix en refusant tout dialogue. Il s'est joint à d'autres intervenants qui ont réitéré leur soutien à la solution à deux États.

Dans la seule année 2008, M. Abbas a rencontré à Madrid Ehud Olmert, alors Premier ministre israélien, à trente-cinq reprises. Il était sur le point de parvenir à un accord avant que les discussions ne tournent court lorsque M. Olmert a été démis de ses fonctions et que Benjamin Netanyahou est devenu Premier ministre. «Nous croyons à la solution à deux États suivant les frontières de 1967 [...] ainsi qu’au partage de Jérusalem-Est. Nous sommes disposés à relancer les négociations», a déclaré M. Abbas devant les délégués qui participaient à la conférence.

La réunion du J Street a été organisée de manière virtuelle en raison de la pandémie du coronavirus (Covid-19) qui perdure. 5 000 personnes y ont participé en ligne.

Négociations directes

Dans son discours, M. Olmert a dit croire que la paix basée sur la solution à deux États était possible et viable si le gouvernement israélien disposait de la bonne gouvernance, ce qui lui permettrait de mener des négociations directes avec les Palestiniens, et si ces derniers acceptaient ce concept sans réserve.

«C'est le seul moyen pour régler le conflit historique qui oppose Israéliens et Palestiniens... sur la base des frontières de 1967 – les frontières seront certes légèrement remaniées, mais la superficie sera identique à celle de 1967. Si nous dialoguons avec les Palestiniens sur cette base, je suis sûr que nous trouverons une solution», a-t-il indiqué.

L'ancien Premier ministre a relaté en détail les discussions qu'il a menées avec M. Abbas et il a affirmé qu'elles aboutiraient à la création d'un État palestinien sur la base des frontières de 1967, avec des ajustements au niveau des territoires. Par ailleurs, il a expliqué que les colonies seraient regroupées en trois zones situées en Cisjordanie et que des terres seraient échangées de manière à proposer une compensation aux Palestiniens pour le reste des terres colonisées.

En outre, M. Olmert a fait observer que Jérusalem-Est constituerait la capitale d'Israël et de la Palestine à la fois et qu'elle recevrait le soutien de pays tels que les États-Unis, l'Arabie saoudite et la Jordanie.

Déployer quelques efforts

Lors de la conférence de J Street, il a signalé que cette solution exigeait «une nouvelle attitude de la part du gouvernement israélien. Mais le gouvernement israélien actuellement au pouvoir est peu disposé à le faire. Je pense toutefois que les Palestiniens sont eux aussi tenus de s'adapter à ce contexte. On peut encore y parvenir», a-t-il souligné.

MM. Olmert et Abbas ont tous deux affirmé que l'instauration de la paix entre Palestiniens et Israéliens avait été «omise du discours politique d'Israël» depuis que M. Netanyahou avait été élu pour la première fois, en 2009. Ils sont toutefois convenus que cette volonté pouvait être ranimée «à condition de déployer quelques efforts».

De son côté, le président et fondateur de J Street, Jeremy Ben-Ami, a indiqué que la solution à deux États était «la seule et unique solution» et qu'il convenait de donner la priorité à la cessation de «l'annexion rampante» de la Cisjordanie et de l'expansion des colonies.

Il a également précisé que les négociations ne pouvaient débuter dans le contexte politique qui prévaut aujourd'hui en Israël.

État palestinien

Ayman Odeh, dirigeant du parti arabe Hadash et membre de la Liste unifiée à la Knesset, a déclaré lors de cette conférence qu’il était «possible d’abroger les lois» et «de créer» un État palestinien fondé sur les frontières de 1967.

Tout comme Olmert et Abbas, Odeh a toutefois confié qu'il ne comptait pas sur des progrès significatifs tant que Netanyahou continuait à proposer aux citoyens arabes palestiniens une égalité des chances si faible.

M. Odeh a exhorté les Israéliens à «renverser le régime corrompu de Netanyahou et à édifier une démocratie qui convienne à chacun d'entre nous».

Tourmente

Il a ajouté: «Nous représentons l’espoir, la force qui va stopper les rouages de la division et de la peur. Nous sommes les Arabes et les Juifs qui refusent de rester des ennemis.»

En effet, l'administration israélienne est toujours plongée dans la tourmente au terme de quatre élections depuis le mois d’avril 2019 qui, toutes, ont accouché de gouvernements fragiles et indécis avec Netanyahou à leur tête.

Les intervenants à la conférence de J Street sont convenus que, si Netanyahou ne parvenait pas à former une coalition pour diriger le pays, la personne la plus à même de le remplacer était Naftali Bennett. Ce dernier adopte nombre des programmes extrémistes hostiles à la paix que défend Netanyahou, mais il s'est montré plus disposé à former des coalitions avec les organisations centristes.

 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le Hezbollah a tiré une trentaine de roquettes sur le nord d'Israël mercredi matin 

Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah
  • "Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite

JERUSALEM: Les combattants du mouvement libanais Hezbollah ont tiré une trentaine de roquettes sur Israël à partir du Liban mercredi matin, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne.

Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah. A l'issue de ces discussions, Israël et le Liban ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable, selon le département d'Etat américain qui accueillait la rencontre.

"Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite, allié de l'Iran.

 

 


Liban: frappe israélienne au sud de Beyrouth 

Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
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  • "L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle)
  • Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable.

"L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques.

 

 

 


Le pape dans les pas de saint Augustin au 2e jour de sa visite en Algérie

Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
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  • La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre"
  • Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle

ALGER: Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape.

Le pontife américain est devenu lundi le tout premier pape à fouler le sol algérien, étape initiale d'une tournée dans quatre pays d'Afrique, en partie occultée par une diatribe de Donald Trump à son encontre.

Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance, récemment converti au catholicisme, a appelé le Vatican à "s'en tenir aux questions morales" et à "laisser le président des Etats-Unis se charger de définir la politique publique américaine".

La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre". Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle.

Sur fond de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être "un grand fan" du pape, l'accusant de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien et de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

Les évêques italiens et américains ont apporté leur soutien au chef de l'Eglise catholique, tout comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, réputée proche de M. Trump, qui a jugé "inacceptables" ses déclarations.

Grand penseur 

A Annaba (est), l'antique Hippone, le chef de l'Eglise catholique vivra une étape à la dimension personnelle et spirituelle, dans les pas de saint Augustin (354-430).

Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l'ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd'hui composé d'environ 3.000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

Léon XIV visitera le site archéologique romain et une maison d'accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

L'islam sunnite est religion d'Etat en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d'habitants.

L'après-midi, devant environ 1.500 fidèles, il célèbrera une messe à la basilique Saint-Augustin, perchée sur une colline, en présence de religieux africains de différentes nationalités.

Lundi, accueilli avec les honneurs sous un ciel d'Alger inhabituellement pluvieux, Léon XIV a rendu hommage, devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d'indépendance contre la France (1954-1962).

La "paix qui permet d'envisager l'avenir avec un esprit réconcilié n'est possible que par le pardon", a-t-il déclaré, appelant à ne "pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération".

 "Vivante, dynamique et libre" 

Devant les plus hautes autorités dont le président Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a aussi invité les responsables du pays à "ne pas dominer" le peuple et à promouvoir "une société civile vivante, dynamique et libre".

Depuis l'élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l'espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

L'après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie d'Alger.

Là, il s'est recueilli dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200.000 morts selon un bilan officiel.

Le pape a rappelé que ces religieux étrangers, dont les sept moines de Tibhirine (à 100 km au sud d'Alger), avaient choisi de rester en Algérie malgré des attentats meurtriers.

Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d'un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu'au 23 avril, un périple de 18.000 km à l'agenda très dense.