Le Liban promet de sévir contre les trafiquants de drogue

Un douanier saoudien ouvre des grenades importées, pendant que les douanes ont déjoué une tentative de contrebande de millions de pilules de Captagon, qui venaient du Liban, au port islamique de Jeddah le 23 avril 2021. (Photo, SPA)
Un douanier saoudien ouvre des grenades importées, pendant que les douanes ont déjoué une tentative de contrebande de millions de pilules de Captagon, qui venaient du Liban, au port islamique de Jeddah le 23 avril 2021. (Photo, SPA)
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Publié le Dimanche 25 avril 2021

Le Liban promet de sévir contre les trafiquants de drogue

  • La contrebande nuit à l'économie et à la réputation, affirme le ministère des Affaires étrangères
  • Les autorités grecques ont annoncé la saisie de cannabis caché dans des machines au Pirée en route du Liban vers la Slovaquie

BEYROUTH: Le Liban s'est engagé à punir les trafiquants de drogue après que des quantités massives de stupéfiants ont été interceptées et saisies par l'Arabie saoudite et la Grèce.

Vendredi, les autorités saoudiennes ont annoncé avoir déjoué une tentative de contrebande de millions de pilules d’amphétamine cachées dans une cargaison de grenades en provenance du Liban au port roi Abdelaziz de Dammam. Elles ont indiqué que cinq personnes impliquées dans l'affaire avaient été arrêtées, quatre Saoudiens et un expatrié.

Il y a eu une autre interception d'une cargaison de grenades, également en provenance du Liban et contenant aussi de la drogue, à Djeddah.

Peu de temps après la déclaration saoudienne, les autorités grecques ont annoncé la saisie de quatre tonnes de cannabis cachées dans des machines de fabrication de desserts au Pirée, en route du Liban vers la Slovaquie. La valeur de la drogue a été estimée à environ 33 millions d'euros (39 millions de dollars).

Les autorités grecques ont révélé qu’ils avaient reçu de l’aide sur cette affaire de la part de l’agence de lutte antidrogue saoudienne.

Le Ministère libanais des affaires étrangères a déclaré que la contrebande de drogues dans des conteneurs ou des camions transportant des fruits et légumes du Liban vers des pays étrangers était punie par la loi. «La contrebande de drogue nuit à l'économie libanaise, aux agriculteurs et à la réputation», ajoute le communiqué.

Il a exhorté les autorités à déployer «tous les efforts» pour contrôler toutes les opérations de contrebande aux points de passage des frontières à la lumière des lois qui criminalisent l'usage, le trafic et la contrebande de drogues.

L'Arabie saoudite a affirmé que les importations libanaises de fruits et légumes seraient interdites à partir de dimanche parce que les autorités avaient remarqué une augmentation des opérations de contrebande visant le Royaume à l'aide de produits libanais.

L’ambassadeur du Royaume au Liban, Walid Al-Bukhari, a souligné que la sûreté et la sécurité du pays et de son peuple étaient les motifs de l’interdiction.

«La contrebande de drogue dans le Royaume révèle l'étendue des défis des réseaux criminels locaux et internationaux auxquels l'Arabie saoudite est confrontée», a-t-il déclaré aux médias locaux.

Une source sécuritaire a déclaré à Arab News que la cargaison saisie n'était pas libanaise mais possédait un certificat d'origine syrienne, transitant par le Liban depuis la Syrie entre le 10 et le 15 avril.

Ibrahim, le président de l’Association des agriculteurs de la Bekaa, a déclaré que les producteurs agricoles libanais étaient innocents de la contrebande de drogue en Arabie saoudite, qui importait plus de 50 000 tonnes de produits agricoles libanais chaque année.

Il a exprimé ses craintes quant à l’impact de l’interdiction.

«Les autorités libanaises doivent contacter leurs homologues saoudiens dès que possible pour confirmer que le Liban n'a aucune intention de nuire au Royaume», a  déclaré Tarshishi, à Arab News. «L'Arabie saoudite est le plus grand pays importateur de nos produits agricoles. Les exportations devaient démarrer en mai. La décision saoudienne signifie que nos exportations n'iront pas plus loin que la Jordanie et ne seront pas transitées par le Royaume vers le reste des États du Golfe. C'est une catastrophe qui menace l'ensemble du secteur agricole au Liban».

Le Liban n’exportait pas de grenades, bien au contraire, il les importait de Syrie, d'Égypte et de Tunisie depuis 20 ans, a-t-il confié.

«Nous exportons nos légumes, agrumes, pêches, poires, abricots et cerises vers l'Arabie saoudite. Cette relation d'exportation avec l'Arabie saoudite a été établie il y a 50 ans et les exportations sont effectuées par voie terrestre, maritime et aérienne, et notre travail est tout à fait légal».

Des marchandises agricoles non libanaises avaient transité par le Liban et les drogues saisies se sont avérées être passées en contrebande dans des camions syriens, a-t-il assuré.

«Les agriculteurs libanais n'ont rien à voir avec cette affaire. La cargaison est contrôlée par les douanes libanaises. Ils passent par un scanner au poste frontalier de Masnaa avec la Syrie. Cependant, les scanners de l'aéroport de Beyrouth ont été endommagés depuis l'explosion de Beyrouth le 4 août. De nouveaux scanners ont été fournis mais n'ont pas encore été installés. Par conséquent, la cargaison est vidée dans la zone franche où un membre des douanes manipule la cargaison avant qu’elle ne soit expédiée».

Le comité fondateur de l'Association d'amitié libano-saoudienne a publié un communiqué dans lequel il regrette les actions qui ont conduit le Royaume à interdire l’importation des produits libanais. C'est «la preuve du niveau de régression» que le Liban avait atteint en raison du fait que certaines personnes essayaient «de prendre le contrôle du pays et de ses actifs en cherchant à mettre en péril ses institutions publiques», a ajouté le communiqué.

Les services de sécurité libanais se sont précipités sur de nombreuses usines de drogue, en particulier celles qui fabriquent des pilules de Captagon dans la vallée de la Bekaa, ainsi que des drogues destinées à être introduites en contrebande à l’étranger.

Le 10 avril, Hassan Daqou a été arrêté pour des soupçons de trafic de drogue, de production et de contrebande. Il est originaire de la ville de Tufail, à 57 kilomètres de Damas.

L'ancien mufti de Baalbek, Cheikh Ayman Al-Rifai, a alerté que la région d'Hermel endure la consommation, le trafic et la production de drogue.

«Cela a provoqué plusieurs problèmes sociaux et familiaux que nous essayons de résoudre», a-t-il déclaré à Arab News, affirmant qu'il souhaitait que les autorités procèdent à davantage de raids et d'arrestations.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis reprennent leur aide alimentaire à la Somalie

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
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  • La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri"
  • Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis

NAIROBI: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi reprendre leur aide alimentaire à la Somalie, qu'ils avaient suspendue début janvier, après que Mogadiscio a annoncé avoir rendu l'aide alimentaire que Washington accusait les autorités somaliennes d'avoir saisie illégalement.

Le département d'Etat américain avait annoncé le 8 janvier avoir suspendu "tous les programmes américains d'assistance" à la Somalie, évoquant une "politique de tolérance zéro" en matière de gaspillage ou de vol après avoir reçu des informations selon lesquelles des responsables somaliens avaient "détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) financé par les Etats-Unis et saisi illégalement 76 tonnes d'aide alimentaire".

La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri" et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l'expulsion.

Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis. Après un scandale suscité par des révélations sur une gigantesque fraude aux aides publiques dans le Minnesota, mise en place par des membres de la diaspora somalienne, il a lancé une opération anti-immigration extrêmement critiquée à Minneapolis, capitale de cet Etat.

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis".

"À la suite de cette déclaration, nous reprendrons la distribution de denrées alimentaires au PAM tout en continuant à réévaluer notre posture d’assistance plus générale en Somalie", peut-on lire dans le même message.

"Toutes les marchandises du PAM affectées par l'expansion du port ont été rendues" et un "plus grand entrepôt" avait été fourni à l'agence onusienne, avait annoncé mardi sur X le gouvernement somalien, insistant sur sa "transparence".

Mogadiscio avait initialement indiqué que la démolition de l'entrepôt s'inscrivait dans le cadre de "travaux d'agrandissement et de réaménagement" du port de Mogadiscio et que tous les vivres resteraient sous la responsabilité du PAM.

Les fragiles autorités somaliennes sont dépendantes de l'aide militaire américaine face aux insurgés islamistes shebab qu'elles combattent depuis près de 20 ans ainsi que contre des jihadistes de l'Etat islamique.

Mardi, le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) avait indiqué avoir accéléré le rythme de leurs frappes aériennes contre ces deux groupes, avec 23 frappes depuis le 1er janvier.


Un groupe de femmes retrace la route sacrée de la Hijrah jusqu’à Médine

Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
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  • L’environnement favorable du Royaume pour les femmes a rendu possible ce périple de 500 km à pied, selon la fondatrice de Soul Al-Hijrah

DJEDDAH : Dans un voyage spirituel unique, un groupe de femmes a retracé les pas sacrés du prophète Muhammad de La Mecque à Médine.

Les 22 participantes – aventurières, cadres, médecins, infirmières, enseignantes, mères âgées de 30 à 50 ans – seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir effectué le voyage le plus proche de l'itinéraire original.

Les femmes ont parcouru à pied près de 500 km pour revivre ce que le prophète Muhammad et ses compagnons ont pu traverser il y a plus de 1 400 ans.

« Oui, c’est la toute première marche de la Hijrah réservée aux femmes. Elles sont venues du monde entier pour marcher ensemble lors de ce périple inoubliable. Elles ont complété un voyage d’une semaine, expérimentant la signification historique et spirituelle du trajet », a déclaré Salma Abdulrahman, directrice de Soul Al-Hijrah, à Arab News.

Les 22 participantes ont visité des sites clés le long de la route, pour une immersion totale dans la valeur historique et spirituelle de la Hijrah. Abdulrahman faisait partie des premières à emprunter ce chemin.

« J’ai trouvé mon âme sur ce chemin et j’ai eu l’impression de renaître. Ce voyage a ravivé mon cœur et changé le cours de ma vie. C’est aussi le début de ma société de tourisme, Soul Al-Hijrah », a-t-elle expliqué.

Elle a accompagné les participantes tout au long du voyage : « Ce fut un honneur de les servir et d’accueillir les invités de notre bien-aimé Prophète Muhammad, paix et bénédictions sur lui, en veillant à leur confort tout au long du parcours. C’est un honneur que je chéris profondément, et ma joie envers elles est indescriptible. »

Abdulrahman a ajouté que plus de 20 voyages ont déjà été organisés sur la route de la Hijrah pour des groupes venus du monde entier, témoignant de l’intérêt croissant pour ce type de tourisme spirituel et historique.

« Il faut dire que ce type d’initiative n’aurait pas été possible sans l’environnement favorable offert par le Royaume aux femmes saoudiennes, leur donnant la confiance nécessaire pour être à l’avant-garde du secteur touristique », a-t-elle souligné.

La Dre Dina Altayeb, parodontiste et implantologue, a décrit ce voyage comme le plus intense et profond parmi toutes ses aventures. « J’aimerais que plus de gens aient cette opportunité, car elle offre d’innombrables bienfaits pour l’âme, le corps et l’esprit », a-t-elle déclaré.

Altayeb, qui est la première femme saoudienne à se qualifier et à participer au championnat du monde Ironman,  a déclaré à Arab News que c'était une expérience totalement différente. « Pour moi, ce n'était pas aussi difficile que mes aventures habituelles, mais spirituellement, ce fut une expérience formidable, car c'était une expérience émotionnelle indescriptible... (et) ce fut aussi une expérience enrichissante. »

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Les 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo: fournie)

Elle s’est dite ravie d’arriver à Médine. « Nous avons traversé des montagnes, des vallées et des déserts, tout comme l'avait fait le Prophète. Ce fut un sentiment extraordinaire lorsque nous sommes arrivés à Médine après huit jours de marche. »

Ghadeer Sultan, responsable en ressources humaines, a rejoint le groupe par hasard. « Je n’avais pas prévu de suivre le voyage de la Hijrah, c’était une coïncidence, une invitation qui m’est parvenue, et un peu de curiosité pour vivre l’expérience », a-t-elle confié.

« Lorsque nous sommes entrés dans le jardin ombragé de Médine, j'ai eu l'impression que la paix et la lumière avaient pénétré au plus profond de mon âme. J'ai ressenti la joie des Ansar à l'arrivée du Prophète, que la paix et les bénédictions soient sur lui, et mon cœur a vibré à tous ces moments historiques. Je découvrais les véritables grandes valeurs incarnées par la ville du Prophète : les valeurs d'amour et de tolérance. »

À leur arrivée à Médine, après un voyage qui a débuté le 22 décembre et s'est terminé le 29 décembre, les participantes ont été chaleureusement accueillis avec des roses et des prières.

Leur première visite a été la mosquée Quba, où le Prophète a séjourné lors de sa migration. Première mosquée de l’histoire de l’Islam et en partie construite par le Prophète lui-même, elle revêt une profonde signification spirituelle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le lauréat du prix Nobel de chimie 2025, Omar Yaghi

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
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  • Le prince héritier a félicité Yaghi pour avoir reçu ce prix et lui a souhaité beaucoup de succès pour l'avenir

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi à Riyad le professeur Omar Yaghi, lauréat du prix Nobel de chimie 2025.

Le prince héritier a félicité Omar Yaghi pour cette distinction et lui a souhaité un succès continu, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le professeur a été récompensé par le prix Nobel de chimie 2025, qu’il partage avec Richard Robson, de l’Université de Melbourne en Australie, et Susumu Kitagawa, de l’Université de Kyoto au Japon.

Les scientifiques ont été distingués pour la création de « constructions moléculaires dotées de vastes espaces permettant la circulation de gaz et d’autres substances chimiques. Ces structures, appelées réseaux métallo-organiques, peuvent être utilisées pour capter l’eau de l’air du désert, piéger le dioxyde de carbone, stocker des gaz toxiques ou catalyser des réactions chimiques ».

Omar Yaghi a exprimé sa gratitude au prince héritier pour cette rencontre ainsi que pour le soutien qu’il a reçu dans ses travaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com