L'insécurité alimentaire se fait de plus en plus menaçante

Selon le Réseau mondial contre les crises alimentaires, qui réunit l'UE, la FAO et le PAM notamment, 28 millions de personnes dans 38 pays étaient plongées dans une situation d' « urgence alimentaire », « proche de l'inanition ». La République démocratique du Congo, le Yémen et l'Afghanistan sont particulièrement touchés. Sur cette photo, des Yéménites venant de recevoir une ration de farine distribuée par le PAM. (Photo, AFP)
Selon le Réseau mondial contre les crises alimentaires, qui réunit l'UE, la FAO et le PAM notamment, 28 millions de personnes dans 38 pays étaient plongées dans une situation d' « urgence alimentaire », « proche de l'inanition ». La République démocratique du Congo, le Yémen et l'Afghanistan sont particulièrement touchés. Sur cette photo, des Yéménites venant de recevoir une ration de farine distribuée par le PAM. (Photo, AFP)
En Afghanistan, des femmes portant leur traditionnel burqa assistent à une distribution de rations alimentaires par le PAM durant le mois du ramadan. (Photo, AFP)
En Afghanistan, des femmes portant leur traditionnel burqa assistent à une distribution de rations alimentaires par le PAM durant le mois du ramadan. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 06 mai 2021

L'insécurité alimentaire se fait de plus en plus menaçante

  • Les crises alimentaires aiguës ont atteint en 2020 leur plus haut niveau depuis cinq ans et l’année 2021 s’annonce difficile
  • Les conflits armés, la pandémie du Covid-19 ainsi que les chocs climatiques récurrents figurent parmi les premières causes de ce fléau

PARIS : Entre conflits, crises économiques aggravées par la pandémie et événements climatiques, l'insécurité alimentaire aiguë a atteint en 2020 son plus haut niveau depuis cinq ans, avertit le Réseau mondial contre les crises alimentaires qui s'attend à une année 2021 « difficile ».

L'an dernier, 155 millions de personnes dans 55 pays se trouvaient dans une situation de « crise » (phase 3 sur 5 de l'échelle internationale de la sécurité alimentaire) ou « pire ».

Soit 20 millions de plus qu'en 2019, souligne un rapport annuel publié mercredi par ce réseau né en 2016 qui réunit l'Union européenne, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) notamment. « L'insécurité alimentaire aiguë ne cesse de progresser depuis la première édition du rapport », relève le réseau.

L'ampleur « effrayante de l'insécurité alimentaire grave révélée par le rapport est un appel à l'action. Nous devons agir ensemble pour empêcher une détérioration supplémentaire de la situation », a déclaré le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, lors d'une visioconférence.

Il faut « «s'attaquer aux causes profondes » de la faim et « mener une transformation courageuse des systèmes alimentaires », a-t-il ajouté.

L'an dernier, plus de 28 millions de personnes dans 38 pays étaient plongées dans une situation d' « urgence alimentaire » (phase 4 ou pire), « proche de l'inanition ». La République démocratique du Congo, le Yémen et l'Afghanistan sont particulièrement touchés.

Enfin, près de 133 000 personnes étaient dans une situation de « catastrophe/famine » (phase 5), au Burkina Faso, au Soudan du Sud et au Yémen.

 

L'Afrique la plus touchée

Pourquoi tant d'affamés? « Pour 100 millions de personnes confrontées à une crise alimentaire aiguë en 2020, la cause principale était liée aux conflits et à l'insécurité », contre 77 millions en 2019, explique à l'AFP Dominique Burgeon, directeur de la division urgences et résilience à la FAO.

Ce sont ces conflits qui ont provoqué six des dix principales crises alimentaires l'an dernier, en République démocratique du Congo, au Yémen, en Afghanistan, en Syrie, au Nigeria et au Soudan du Sud.

Pour 40 millions de personnes, les crises économiques ont été les premières responsables de leur insécurité alimentaire (contre 24 millions en 2019).

« La pandémie a exacerbé les vulnérabilités » des systèmes agricoles « à tous les niveaux », relève Dominique Burgeon, en particulier en Haïti, au Soudan et au Zimbabwe.

Enfin pour 15 millions de personnes, ce sont les « chocs climatiques » qui ont été la cause principale de leur insécurité alimentaire, soit nettement moins qu'en 2019 (34 millions). Tempêtes tropicales, ouragans et inondations ont accru les problèmes alimentaires en Amérique centrale et en Haïti.

L'an dernier, l'Afrique était de très loin le continent le plus touché par la faim avec 98 millions de personnes concernées, soit 63% des personnes touchées dans le monde, contre 54% en 2019.

 

Nourrir 8,5 milliards d'humains

Pour 2021, les signaux ne sont pas bons. « On voit déjà que ce sera une année difficile », déclare Dominique Burgeon.

« Les conflits continueront à être la première cause des crises alimentaires, tandis que le Covid-19 et les mesures de restrictions sanitaires qu'il entraîne vont continuer à exacerber l'insécurité alimentaire aiguë dans des économies fragiles », anticipe le rapport.

Il prévoit déjà 142 millions de personnes en crise alimentaire dans 40 pays mais ne dispose pas encore d'indications pour les 15 autres. Il redoute que 155.000 personnes se trouvent en situation de « catastrophe/famine » au Soudan du Sud et au Yémen à la mi-2021.

« La pandémie de Covid-19 a révélé la fragilité du système alimentaire mondial et la nécessité de rendre les systèmes plus équitables, plus durables et plus résilients » afin qu'ils puissent nourrir 8,5 milliards d'êtres humains d'ici à 2030, souligne le réseau.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.