Interview : le journalisme dans un monde numérique selon une responsable de CNN

Caroline Faraj, vice-présidente des services en arabe de CNN. (Fourni)
Caroline Faraj, vice-présidente des services en arabe de CNN. (Fourni)
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Publié le Dimanche 09 mai 2021

Interview : le journalisme dans un monde numérique selon une responsable de CNN

  • CNN, qui compte parmi les plus grands médias au monde, a enregistré des records d’audience l'année dernière, et CNN Digital a attiré l'audience la plus importante et la plus engagée du monde
  • Arab News s'est entretenu avec Caroline Faraj, vice-présidente des services en arabe de CNN, pour en savoir plus sur la courbe de croissance et la stratégie de CNN Arabic

DUBAÏ : De plus en plus de lecteurs consultent les informations en ligne. La presse, écrite ou télé, accorde désormais une importance croissante à la numérisation de son offre.

CNN, qui compte parmi les plus grands médias au monde, a enregistré des records d’audience l'année dernière, et CNN Digital a attiré l'audience la plus importante et la plus engagée du monde. Ainsi, CNN Arabic a enregistré l'année la plus forte de son histoire en termes de moyenne de visiteurs uniques par mois, avec une hausse de 34 % par rapport à 2019, en grande partie grâce à des niveaux record de consommation via les appareils mobiles, qui ont augmenté de 24 % par rapport à 2019.

Arab News s'est entretenu avec Caroline Faraj, vice-présidente des services en arabe de CNN, pour en savoir plus sur la courbe de croissance et la stratégie de CNN Arabic pour l'avenir.

Pouvez-vous préciser la part du trafic organique par rapport à d'autres sources telles que les médias sociaux ?

Ce qui nous distingue, c'est que la majorité du trafic de CNN Digital et de CNN Arabic nous parvient directement. CNN fait partie des quelques sites sur Internet que les gens continuent de consulter. On parle notamment de notre page d'accueil ou de la couverture d'un sujet particulier, car ils nous associent aux nouvelles et aux informations fiables.

Il est certes important pour nous d'avoir une présence sur les réseaux sociaux.  Mais en comparaison avec d’autres media, nous sommes bien moins dépendants du trafic provenant de ces plateformes, grâce à notre marque solide, tant pour CNN et CNN Arabic.

Quelle est votre stratégie pour stimuler la croissance ?

CNN Arabic est la première plateforme d'information indépendante du Moyen-Orient. Ce qui fait notre spécificité, c'est notre indépendance, ainsi que nos reportages crédibles, authentiques et factuels, et l'énorme confiance dans la marque CNN, que notre audience apprécie énormément. Nous proposons une perspective globale tant sur l'actualité internationale que sur des sujets plus pertinents ou plus ciblés au niveau régional.

Appartenir au plus grand réseau d'information du monde, avec des journalistes qui couvrent l’actualité sur tous les continents, est un formidable atout, notamment pour ce qui est notre journalisme renommé et qualifié, des ressources et de la richesse de nos talents, sans oublier la reconnaissance et la confiance du public. Comme le montrent les chiffres d'audience record, CNN constitue aujourd'hui une source d'information fiable et plus essentielle que jamais.

Notre public est influent ; la qualité de notre public nous démarque des autres médias d'information. Les dirigeants politiques, les PDG, les célébrités et les personnes qui sont au plus haut niveau de leur industrie partagent nos reportages, s'y réfèrent et agissent en conséquence. Nous touchons ces publics à grande échelle, y compris les personnes qui forment l'opinion, celles qui apportent le changement, celles qui dépensent sans compter, celles qui voyagent et celles qui décident en affaires.

Il est essentiel d'avoir un impact, de créer le changement et de constituer une source d'information de confiance essentielle si l'on souhaite maintenir et stimuler la croissance de notre public influent et atteindre de nouvelles audiences plus jeunes.

Une étude récente que nous avons menée sur notre marque montre qu'avec les événements de 2020 et les perspectives pour 2021, 91 % des consommateurs de la région Moyen-Orient et Afrique considèrent que le rôle des médias d'information internationaux est désormais plus important que jamais.

Notre stratégie repose sur l'innovation constante et la réponse au public et à ses comportements de consommation, aux formats et aux histoires qui l'intéressent. Plus nous nous rapprochons de notre public, plus nous pouvons offrir et sélectionner le contenu qui l'intéresse.

Tout repose sur une approche guidée par les données, qui consiste à analyser les tendances et le comportement du public pour déterminer dans quelle optique nous pourrons croître et améliorer nos services à l'avenir. Notre analyse montre par exemple que notre audience arabe va au-delà de la région et qu'il est possible de se développer auprès des arabophones des États-Unis. Outre les actualités de dernière minute, les affaires, la technologie, les voyages, le sport et le divertissement sont des domaines d'intérêt essentiels pour notre public.

Les produits que nous proposons, tels que les contenus audio et les bulletins d'information, représentent un autre domaine de croissance. Au niveau mondial, les téléchargements du contenu audio de CNN ont augmenté de plus de 75 % en 2020 par rapport à 2019, la demande pour les bulletins d'information de CNN a atteint un niveau énorme et les abonnements ont augmenté de 90 % en 2020 par rapport à 2019. Nous concevons à présent des concepts adaptés au public arabe.

Comment CNN Arabic s'est-elle adaptée au monde numérique et mobile ?

CNN Arabic a été une destination numérique dès le premier jour de son lancement, voici près de 20 ans. En tant que marque numérique, nous avons devancé bon nombre de nos concurrents. Le mobile est au cœur de nos services depuis que le smartphone est apparu. Il demeurera une priorité, selon les préférences du public du Moyen-Orient, car nous constatons actuellement que la majorité du trafic se fait sur les portables, qui atteint presque 90 % dans certains cas.

Que comptez-vous faire à l'avenir ?

Nous écoutons attentivement notre public et nous apportons des changements pour respecter notre engagement envers lui. Nous envisageons une expansion dans les domaines de l'audio et des bulletins d'information, qui, comme je l'ai mentionné, affichent une croissance considérable à travers le monde. Le portefeuille de produits sera étoffé, les formats de contenu vont évoluer pour devenir plus captivants et nous envisageons de nous orienter vers l'événementiel.

Je me passionne pour la formation de la prochaine génération de journalistes. Nous proposons depuis de nombreuses années des stages à CNN Arabic ; nous avons accueilli plus de 120 stagiaires du monde entier et organisé des cours de formation dans la région. Cette initiative a pris un caractère officiel cette année avec la CNN Academy d'Abu Dhabi, à laquelle je suis fière d'avoir participé. À l'avenir, je souhaite que CNN Arabic offre ce niveau de formation aux arabophones désireux de découvrir les compétences inhérentes à notre métier.

D'un point de vue commercial, nous sommes impatients de collaborer avec davantage de marques. CNN Arabic est la plateforme idéale pour les annonceurs qui cherchent à atteindre le public arabe à grande échelle dans un contexte de qualité. Nous coopérons étroitement avec nos partenaires commerciaux en vue de mettre au point des solutions innovantes et de transmettre efficacement leurs messages en matière de sponsoring, de publicité numérique et de ciblage d'audience.

De quelle manière les médias d'information ont-ils changé ces dernières années - notamment à la lumière de la pandémie - du point de vue de la consommation des utilisateurs et de celui des propriétaires de médias ?

Les gens peuvent obtenir des informations grâce à des moyens très variés et à de nombreuses sources d'information. La pandémie a, certes, modifié les comportements et accéléré la nécessité et l'appréciation des reportages fiables, précis et factuels. Compte tenu du nombre grandissant de sources d'information, les gens se tournent davantage vers les marques de confiance pour obtenir informations et nouvelles. C'est ce que nous avons constaté à travers notre trafic record. Même si les sources sont plus nombreuses que jamais et les plateformes plus diversifiées que jamais, nous avons néanmoins connu la meilleure année de notre histoire.

Les comportements de consommation ont eux aussi changé, dans la mesure où le public s'informe désormais 24 heures sur 24 en consultant régulièrement les dernières nouvelles sur son téléphone; nous  constatons également une forte demande de contenus vidéos.

Que pensez-vous de la relation entre les médias d'information et des sociétés telles que Facebook et Google et de la notion qui en découle qui veut que ces sociétés apportent des revenus aux médias ?

Nous collaborons avec toutes les grandes plateformes. En effet, l'année dernière, nous nous sommes associés à Facebook dans le cadre d'une campagne visant à consolider les liens communautaires et les contacts personnels pendant le Ramadan.

Lorsqu'ils travaillent avec l'une ou l'autre de ces plateformes, les éditeurs doivent être en mesure de générer des revenus. Pour nous, il est important d'être présents sur plusieurs plateformes, mais nous  favorisons les plateformes que nous possédons et gérons, voilà pourquoi nous avons fait passer l'émission « Go There » de Facebook à notre propre site web et à nos applications mobiles.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


Une délégation saoudienne à Damas pour signer plusieurs accords économiques

Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords visant à soutenir l’économie syrienne. (SANA)
La délégation économique saoudienne est dirigée par le ministre saoudien de l’Investissement, Khalid Al-Falih. (SANA)
La délégation économique saoudienne est dirigée par le ministre saoudien de l’Investissement, Khalid Al-Falih. (SANA)
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  • Une délégation économique saoudienne est arrivée à Damas pour signer plusieurs accords afin de soutenir l’économie syrienne et renforcer le partenariat bilatéral
  • Les contrats couvriront l’aviation, les télécommunications, les infrastructures et le développement immobilier, avec des ministres et hauts responsables saoudiens présents

DAMAS : Une délégation économique saoudienne est arrivée au Secrétariat général de la Présidence de la République à Damas pour signer plusieurs accords destinés à soutenir l’économie syrienne et inaugurer une nouvelle phase de partenariat global entre les deux pays.

Les contrats, qui devraient être signés entre les parties syrienne et saoudienne, porteront sur les secteurs de l’aviation, des télécommunications, des services d’infrastructure et du développement immobilier.

La délégation économique saoudienne est dirigée par le ministre saoudien de l’Investissement Khalid Al-Falih et comprend le ministre des Communications et des Technologies de l’Information Abdullah Al-Swaha, le président de l’Autorité générale de l’aviation civile Abdulaziz Al-Duailej, ainsi que plusieurs représentants de ministères saoudiens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les États-Unis dénoncent une attaque des FSR contre un convoi humanitaire au Soudan

Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 11 millions de personnes et a été qualifié par l’ONU comme l’une des pires crises humanitaires au monde. (Photo d’archives AFP)
Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 11 millions de personnes et a été qualifié par l’ONU comme l’une des pires crises humanitaires au monde. (Photo d’archives AFP)
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  • « Détruire de la nourriture destinée aux personnes dans le besoin et tuer des travailleurs humanitaires est révoltant »

WASHINGTON : Les États-Unis ont condamné vendredi une attaque de drone menée par les Forces de soutien rapide (FSR) contre un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) dans l’État du Kordofan du Nord, au Soudan, qui a fait un mort et trois blessés.

« Les États-Unis condamnent la récente attaque de drone contre un convoi du Programme alimentaire mondial dans le Kordofan du Nord, qui transportait de la nourriture destinée à des populations menacées par la famine et qui a tué une personne et blessé plusieurs autres », a écrit sur X Massad Boulos, conseiller principal américain pour les affaires arabes et africaines.

« Détruire de la nourriture destinée aux personnes dans le besoin et tuer des travailleurs humanitaires est révoltant », a-t-il ajouté.

« L’administration Trump a une tolérance zéro pour cette destruction de vies humaines et de l’aide financée par les États-Unis ; nous exigeons des comptes et présentons nos condoléances à toutes les personnes affectées par ces événements inexcusables et cette guerre terrible », a-t-il poursuivi.

Le Réseau des médecins soudanais a indiqué que le convoi avait été frappé par des drones des FSR dans la zone d’Allah Karim alors qu’il se dirigeait vers des personnes déplacées à El Obeid, capitale de l’État.

Le réseau a qualifié l’attaque de « violation flagrante du droit international humanitaire », avertissant qu’elle compromet les efforts visant à acheminer une aide vitale aux civils dans un contexte de détérioration rapide de la situation humanitaire à travers le pays.

Aucun commentaire immédiat n’a été émis par le groupe rebelle.

Sur les 18 États que compte le Soudan, les FSR contrôlent l’ensemble des cinq États de la région occidentale du Darfour, à l’exception de certaines parties du Darfour du Nord qui restent sous contrôle de l’armée. L’armée contrôle la majorité des zones des 13 autres États du sud, du nord, de l’est et du centre du pays, y compris la capitale, Khartoum.

Le conflit entre l’armée et les FSR, qui a éclaté en avril 2023, a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Chef de la diplomatie française : il faut donner à l’armée libanaise les « moyens » de désarmer le Hezbollah

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
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  • La France appelle à renforcer l’armée libanaise pour lui permettre de désarmer le Hezbollah et restaurer le monopole de l’État sur les armes
  • Paris prépare une conférence de soutien à l’armée libanaise le 5 mars, alors que la deuxième phase du désarmement doit débuter au sud du pays

BEYROUTH: Il faut donner à l'armée libanaise les moyens de désarmer le Hezbollah pro-iranien, a affirmé à l'AFP le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, attendu vendredi à Beyrouth dans le cadre d'une tournée régionale.

"La vision de la France au Liban, c'est celle d'un État fort, souverain, disposant du monopole des armes (...). La première étape pour accomplir cette mission, c'est de donner aux forces armées libanaises les moyens de poursuivre le travail de désarmement du Hezbollah", a déclaré le ministre.

Jean-Noël Barrot a indiqué se rendre à Beyrouth "pour préparer la conférence consacrée au soutien aux forces armées libanaises" que Paris accueille le 5 mars.

Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli de sa dernière guerre avec Israël, qui a pris fin en novembre 2024.

Conformément à l'accord de cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, qui couvre la région entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, une trentaine de kilomètres plus au nord.

"Le gouvernement libanais a pris ses responsabilités en engageant et en menant jusqu'à son terme la première phase de ce plan de désarmement", a souligné Jean-Noël Barrot.

"C'est la deuxième phase qui doit désormais s'ouvrir et le plan associé à cette deuxième phase doit être présenté dans les prochains jours, et en tout état de cause avant que la conférence ne se tienne", a-t-il poursuivi.

La deuxième phase du plan concerne le secteur entre le Litani et le fleuve Awali, à une quarantaine de km au sud de Beyrouth. Le Hezbollah affirme refuser de remettre ses armes au nord du Litani.

Le ministre français des Affaires étrangères doit rencontrer vendredi les principaux responsables libanais à Beyrouth, dernière étape d'une tournée qui l'a mené en Syrie et en Irak.