L'émissaire de l'ONU sonne l’alerte d’une «guerre à grande échelle» en Palestine

Des flammes et des colonnes de fumée s’élèvent d'une tour détruite par les frappes aériennes israéliennes au milieu d’une flambée de violences dans la ville de Gaza, le 12 mai 2021. (Photo, Reuters)
Des flammes et des colonnes de fumée s’élèvent d'une tour détruite par les frappes aériennes israéliennes au milieu d’une flambée de violences dans la ville de Gaza, le 12 mai 2021. (Photo, Reuters)
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Publié le Jeudi 13 mai 2021

L'émissaire de l'ONU sonne l’alerte d’une «guerre à grande échelle» en Palestine

  • Tor Wennesland: «Cessez le feu immédiatement. Nous nous dirigeons vers une guerre à grande échelle. Les dirigeants de toutes les parties doivent prendre en charge la désescalade»
  • «Le coût de la guerre à Gaza est dévastateur et les gens ordinaires sont ceux qui en subissent les conséquences»

GAZA: L’émissaire de l’ONU pour la paix au Moyen-Orient a mis en garde mercredi contre une «guerre à grande échelle», à moins d’un cessez-le-feu immédiat, alors que les frappes israéliennes sur la bande de Gaza multiplient radicalement le nombre de morts palestiniens.

De fortes explosions ont secoué la bande toute la journée. Alors qu’Israël pilonnait des cibles du Hamas, les forces à Gaza ont riposté en lançant des centaines de roquettes profondément à l’intérieur du territoire israélien.

Le ministère palestinien de la Santé a déclaré qu'au moins 56 individus ont été tués à ce jour, dont 14 enfants, cinq femmes et un homme âgé, et que plus de 335 ont été blessés.

Dans un communiqué, Tor Wennesland, Coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, ne mâche pas ses mots: «Cessez le feu immédiatement. Nous nous dirigeons vers une guerre à grande échelle. Les dirigeants de toutes les parties doivent prendre en charge la désescalade. Le coût de la guerre à Gaza est accablant, et les gens ordinaires sont ceux qui en subissent les conséquences. L'ONU travaille avec toutes les parties pour rétablir le calme. Arrêtez la violence maintenant».

Des rapports palestiniens et israéliens indiquent que des efforts sont déployés par l'Égypte, l'ONU et un grand nombre de pays afin de rétablir le calme et revenir à l'accord de cessez-le-feu.

Le carnage a été déclenché par les agitations du week-end dans l'enceinte de la mosquée d’Al-Aqsa de Jérusalem, lieu sacré tant pour les musulmans que pour les juifs.

Les opérations militaires se sont intensifiées ces derniers jours, suscitant des appels internationaux à la fin de la violence.

Mercredi, Israël a pris pour cible un certain nombre de bâtiments et de maisons du gouvernement du Hamas, des voitures privées et même des parcelles agricoles. Des sites d'entraînement militaire appartenant au mouvement et au Jihad islamique ont également été touchés.

Les bombardements se sont intensifiés après la destruction de deux tours résidentielles dans la ville de Gaza, et les Brigades d’Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont riposté en tirant un barrage de roquettes sur Tel Aviv et Beer Sheva. Le commandant de la brigade de Gaza, Basem Issa, ainsi que d'autres auraient été tués au cours des frappes.

Le Jihad islamique a annoncé que plusieurs de ses commandants de son unité de missiles, notamment Muhammad Abu Al-Ata, sont morts lorsqu'un appartement du centre de Gaza a été touché.

Les Brigades d’Al-Qassam et les Brigades d’Al-Quds ont tiré des centaines de roquettes vers Tel Aviv et Beer Sheva, des villes éloignées de Gaza qui n'avaient pas été ciblées auparavant.

Sherine Awad, 38 ans, mère de trois enfants, confie à Arab News que la «terreur et la peur n’ont pas cessé. Après que les bâtiments aient été touchés, j'ai déménagé de mon appartement car il se trouve dans un gratte-ciel. J'ai déménagé dans la maison de mon ami avec mes enfants, mais la nuit dernière, une maison a été bombardée près de l'endroit où je me suis réfugiée.

«Cela n'est du tout une vie. Nous ne pouvons pas supporter tout cela. Les bombardements ne cessent pas et les bruits terrifiants ne cessent pas. Mes enfants sont dans un état de peur et de choc. Notre vie a entièrement basculé au moment où nous nous préparions pour la réception de l'Aïd».

Mercredi, les rues de la ville de Gaza étaient pour la plupart vides, à l'exception de certains piétons et voitures, tandis que la plupart des magasins sont restés fermés à l'exception de certaines épiceries.

Ahmed Al-Kahlout, un épicier de la rue Nasr, raconte à Arab News que le dernier jour de ramadan, les gens ont toujours besoin de provisions et que «la peur ne les empêche certainement pas d'acheter de la nourriture.

«Certes, il y a des morts, mais les gens chez eux ont besoin de se nourrir. Ce n'est pas la première fois que Gaza fait face à une telle escalade, mais cet épisode est le plus grave depuis la guerre de 2014», a-t-il affirmé.

Bien que les deux parties du conflit aient menacé de lancer de nouveaux bombardements, les Palestiniens de Gaza espèrent que la dernière série de carnages et de destruction se terminera bientôt.

«Nous souhaiterons que tout ça prenne fin. Et ça prendra sans aucun doute fin, mais quand? Personne ne le sait. Espérons que ce soit bientôt», soupire Awad.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
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  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.