Gaza/Tel-Aviv: nouvelle réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU attendue vendredi

Le Conseil de sécurité de l'ONU / AFP
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Publié le Jeudi 13 mai 2021

Gaza/Tel-Aviv: nouvelle réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU attendue vendredi

  • Israël et les Palestiniens, qui multiplient les actions armées, devraient intervenir lors cette nouvelle session, qui sera publique, à la différence des deux précédentes réunions
  • Selon un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'idée d'une troisième réunion en moins d'une semaine a été poussée par les Palestiniens

NATIONS-UNIES : La Tunisie, la Norvège et la Chine ont demandé mercredi soir la tenue vendredi d'une nouvelle réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur le conflit israélo-palestinien, malgré les réticences des Etats-Unis à voir cette instance endosser un rôle pour un retour au calme au Proche-Orient.

Israël et les Palestiniens, qui multiplient les actions armées, devraient intervenir lors cette nouvelle session, qui sera publique, à la différence des deux précédentes réunions tenues lundi et mercredi matin à huis clos, ont précisé des diplomates.

Lors de ces deux premières rencontres, les Etats-Unis se sont opposés à l'adoption d'une déclaration commune du Conseil de sécurité appelant à un arrêt des affrontements, la jugeant "contre-productive" à ce stade, selon des sources diplomatiques.

Selon un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'idée d'une troisième réunion en moins d'une semaine a été poussée par les Palestiniens.

"La communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité, doit agir sans délai pour exiger qu'Israël cesse ses attaques contre la population civile palestinienne" et arrête aussi ses "projets de déplacement forcé et de nettoyage ethnique des Palestiniens de la ville" de Jérusalem, a écrit l'ambassadeur palestinien auprès de l'ONU, Riyad Mansour, dans une lettre mercredi aux principaux responsables de l'Organisation.

L'objectif d'une nouvelle rencontre du Conseil de sécurité n'est pas de multiplier "les réunions et les projets de texte" mais "d'essayer de contribuer à la paix et d'avoir un Conseil de sécurité capable d'appeler à un cessez-le-feu", a souligné un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, en n'excluant pas d'autres initiatives des pays arabes à l'ONU.

Dans la matinée, les Etats-unis avaient, comme déjà lundi, rejeté une proposition de la Tunisie, de la Norvège et de la Chine d'adopter une déclaration appelant à une "désescalade, à la retenue, à un cessez-le-feu et à une reprise de négociations".

Israël refuse une implication du Conseil de sécurité dans le conflit et Washington, son plus proche soutien, y a fait droit, ont estimé plusieurs diplomates. Pour les Etats-Unis, "le Conseil de sécurité marque sa préoccupation en se réunissant, pas besoin de plus", a indiqué à l'AFP un diplomate en réclamant lui aussi l'anonymat.

Frustration européenne

Selon plusieurs sources, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité étaient en faveur d'approuver le texte proposé mercredi.

"Les Etats-Unis sont activement engagés en coulisses sur un plan diplomatique avec toutes les parties et dans la région en faveur d'une désescalade. Actuellement, une déclaration du Conseil serait contre-productive", a affirmé une source au fait des discussions, en réclamant aussi l'anonymat.

A Washington, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait annoncé simultanément l'envoi d'un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la "désescalade".

Signe de leur frustration à l'égard de Washington, quatre membres européens du Conseil de sécurité - Norvège, Estonie, France et Irlande - ont tenu mercredi à publier un communiqué.

"Le grand nombre de victimes civiles, dont des enfants, dues à des frappes aériennes israéliennes à Gaza et les morts israéliennes causées par des roquettes lancées de Gaza sont à la fois inquiétants et inacceptables", indique leur texte.

"Nous appelons Israël à cesser les activités de colonisation, de démolition et d'expulsion (de Palestiniens), y compris à Jérusalem-Est", ajoute le communiqué, en allusion à l'un des vecteurs à l'origine de la nouvelle flambée de violences.

"Nous espérons que les membres du Conseil trouveront, auront la capacité de publier une déclaration" qui soit "un message fort et unifié", a affirmé de son côté le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, interrogé sur l'incapacité de l'instance chargée de la paix dans le monde à s'exprimer jusqu'à présent - une singularité sur la scène internationale depuis ce week-end.

Lors de la visioconférence du Conseil de sécurité mercredi matin, l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, qui devrait à nouveau intervenir vendredi, a mis en garde contre le risque d'"une spirale de violences", a rapporté une source diplomatique.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".