Les juges des référés du tribunal administratif de Paris ont rejeté à la mi-journée le recours introduit par la Coordination nationale contre les violences policières pour obtenir le maintien de la manifestation, prévue à 15h00 place de la République
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé dès mercredi l'interdiction de ce rassemblement, ainsi que de toute autre manifestation, jusqu'au 15 juillet inclus, «en lien direct avec les émeutes» qui ont suivi la mort le 27 juin de Nahel
Selon la mairie de Paris, comme l'an passé, quelque 70 000 personnes ont pris place dans la zone sécurisée du Champ-de-Mars pour assister au concert classique puis surtout au spectacle pyrotechnique qui suit, à partir de 23h00
A Paris, environ 10 000 policiers et gendarmes sont sur le terrain, dans la capitale et ses départements limitrophes, pour un 14-Juillet sous surveillance renforcée
Des plaintes de quatre policiers, ayant notamment participé à son arrestation, ont été jointes à l'enquête de flagrance menée par la Sûreté territoriale de Paris
Ces fonctionnaires l'accusent de violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique, rébellion et menaces
«Le tir mortel d’un policier sur Nahel M. (...) souligne l'urgence d’une refonte totale des règles françaises régissant l’utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois», commente le directeur régional d'Amnesty International
La mort de Nahel M., 17 ans, le 27 juin à Nanterre a provoqué une onde de choc et relancé le débat sur les conditions dans lesquelles les forces de l'ordre utilisent leurs armes
Deux enquêtes pour violences volontaires aggravées ont été ouvertes après l'interpellation samedi de Youssouf Traoré lors d'une marche interdite à la mémoire de son frère Adama
Ces investigations confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été lancées alors que l'action des forces de l'ordre est à nouveau sous le feu des critiques
Environ 2 000 personnes, dont une dizaine de députés LFI et EELV, ont marché samedi à Paris en mémoire du jeune de 24 ans, mort il y a sept ans peu après son interpellation par des gendarmes
Le rassemblement avait été interdit par la préfecture de police, qui a invoqué des crainte de troubles à l'ordre public après les récentes violences urbaines
Une quarantaine de personnes ont réclamé lundi soir devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) «l'amnistie» des personnes condamnées pour leur participation aux émeutes
Des membres de la Coordination des comités de défense pour les quartiers populaires, à l'origine de ce rassemblement, ont eux aussi dénoncé les interpellations et les peines de prison ferme prononcées
«Cautionner l’irrespect et la haine envers nos forces de l’ordre, c’est abîmer sciemment la République», selon la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet
Environ 2 000 personnes ont participé samedi à Paris à la marche en mémoire d'Adama Traoré, mort il y a 7 ans peu après son interpellation par des gendarmes