Le vœu de l'ancien Premier ministre est tout trouvé: «Je souhaite que le pays puisse se doter d’une majorité stable et solide et cohérente avec l’élection du président de la République»
Il est venu à Oléron soutenir, au pas de course, un candidat de son mouvement Horizons dans la 5e circonscription de Charente-Maritime, Christophe Plassard
Sur les 577 sièges à pourvoir à l'Assemblée nationale, LREM devrait pour sa part présenter autour de 400 candidats, à l'issue d'un bureau exécutif à la mi-journée
Une conférence de presse était prévue jeudi après-midi au siège de La République en marche à Paris pour en présenter les contours, alors que les premières investitures était également prévues le même jour
La question des investitures aux législatives provoque de nombreuses turbulences dans la majorité, dont les différentes chapelles rivalisent d'appétit, les troupes d'Edouard Philippe en tête
«Edouard Philippe n'a pas trouvé sa place dans la campagne présidentielle et il est obligé de reconnaître que c'est moins facile que ce qu'il croyait», constate un proche du chef de l'Etat
Samedi 21 mars 2020 au matin, dans l'hémicycle du Palais Bourbon quasi désert, une poignée de députés, la mine grave, écoutent le Premier ministre Edouard Philippe
Il y a un mois encore, le contesté projet de réforme des retraites faisait bouillonner la chambre basse avec en point d'orgue l'utilisation de l'arme constitutionnelle du 49-3
En filigrane se prépare aussi la bataille des législatives, et la possibilité qu'Horizons, qui aurait, de sources internes, déjà rallié une trentaine de députés d'étiquettes diverses, constitue son propre groupe à l'Assemblée
Au coeur des crispations, le refus opposé par le chef de l'Etat en personne à la fusion entre Horizons et le petit parti Agir
Pour justifier son soutien, outre «la loyauté et la cohérence», il a mis en avant le fait qu'«Emmanuel Macron est fait d'un métal dont je ne vois pas beaucoup la trace dans tous ceux qui sont candidats aujourd'hui à l'élection présidentielle»
Concernant son avenir personnel, il précise qu'il «ne demande pas une place», car «j'ai été Premier ministre, j'ai aimé ça, tout va bien, ce n'est pas le sujet»
Selon lui, la fiction est tenue «d'aller un peu moins loin que la réalité parce que si elle va aussi loin, elle est prise pour quelque chose de totalement déconnant»
«Imaginez une série, où sur une saison vous auriez Notre-Dame qui brûle, l'Arc de Triomphe saccagé, le Capitole envahi et puis tous les restaurants, les cafés, tout, fermés...»
« La durée de vie d'un Premier ministre n'est pas forcément celle du président », « je lui en avais parlé », explique Macron
Macron assure « c'est une forme de respiration dans la vie du pays au bout de trois années », « sans qu'il y ait aucun critère personnel ou de confiance qui rentre en jeu »