Maroc: le procès du journaliste Soulaimane Raissouni piétine à cause de sa santé

La nouvelle demande de liberté de Soulaimane Raissouni a été rejetée dans la soirée. (Photo, AFP)
La nouvelle demande de liberté de Soulaimane Raissouni a été rejetée dans la soirée. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Maroc: le procès du journaliste Soulaimane Raissouni piétine à cause de sa santé

  • Soulaimane Raissouni refuse obstinément de s'alimenter pour protester contre «la grande injustice» de sa détention préventive depuis un an
  • Jeudi, son apparition titubante, corps amaigri, peau sur les os, a saisi la salle d’audience, dans un silence rompu par les sanglots de sa famille

CASABLANCA : Le procès du journaliste marocain Soulaimane Raissouni, en grève de la faim depuis 64 jours, a été une nouvelle fois renvoyé au 15 juin, après une audience tendue où sa défense s'est déclarée "incapable" de plaider au regard de sa santé “alarmante”.

"On ne peut plaider alors que cet homme se meurt devant nos yeux", ont affirmé ses avocats, tandis que le juge de la Cour d'appel de Casablanca insistait au contraire pour démarrer les débats au plus vite.

Le rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum --en banqueroute depuis mi-mars-- est poursuivi pour "agression sexuelle". 

Il refuse obstinément de s'alimenter pour protester contre "la grande injustice" de sa détention préventive depuis un an, la justice ayant rejeté toutes ses demandes de remises en liberté provisoire depuis son interpellation fin mai 2020.

Jeudi, son apparition titubante, corps amaigri, peau sur les os, a saisi la salle d’audience, dans un silence rompu par les sanglots de sa famille.

"Vous pouvez me sortir de prison pour me renvoyer chez moi, mais c'est moi seul qui décide d'aller de la prison au tombeau", a-t-il lancé au juge.

“Sa place est dans un hôpital” a imploré une de ses avocates, Souad Brahma. Il "n’arrive ni à parler, ni réfléchir, pas même à s’assoir droit sur sa chaise", a insisté son confrère Mohamed Messaoudi. 

Pour leur part, le juge comme le procureur estimaient que "le choix personnel de l'accusé ne pouvait entraver le début du procès". Le juge a cependant dû se résoudre à renvoyer une nouvelle fois l'audience après que le journaliste a pris la parole pour dire: "Je n'en peux plus. Je souhaite retourner mourir en prison".

Sa nouvelle demande de liberté a été rejetée dans la soirée. Jeudi matin, la Cour d'appel a aussi refusé la sixième demande de liberté provisoire d'un autre journaliste, Omar Radi, en préventive depuis dix mois pour une double affaire de "viol" et d'"atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat".

MM. Radi et Raissouni clament leur innocence, leurs soutiens dénoncent des "procès politique". Les autorités marocaines, elles, mettent en avant l'indépendance de la justice et la conformité des procédures.

Leurs cas mobilisent au Maroc et à l'international: des défenseurs des droits humains, des intellectuels, des hommes politiques et des journalistes réclament qu'ils soient jugés en état de liberté, comme le permet la procédure pénale. 

Jeudi soir, Reporters sans frontières (RSF) a appelé sur son compte twitter le roi Mohammed VI "à ne pas laisser mourir le journaliste en prison".

RSF a aussi signalé sur Twitter le renvoi du procès en appel de l'historien marocain Maati Monjib au 30 septembre, après une brève audience jeudi à Rabat. 

Selon RSF, c'est pour "avoir formé des journalistes à l'investigation" que ce militant des  droits humains a été condamné en première instance à un an de prison ferme pour "fraude" et "atteinte à la sécurité de l'Etat".


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre britannique discutent des développements régionaux

Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre britannique Keir Starmer pour renforcer la coopération stratégique entre leurs deux pays
  • Les discussions ont porté sur les enjeux régionaux, avec un soutien commun à la stabilité et à un cessez-le-feu durable, notamment concernant l’Iran et le détroit d’Ormuz

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mercredi à Djeddah le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Au cours de la rencontre, ils ont passé en revue les relations entre leurs deux pays et examiné les moyens de renforcer davantage leur partenariat stratégique dans divers domaines.

Ils ont également abordé les derniers développements régionaux et internationaux, notamment les évolutions dans la région ainsi que leurs implications en matière de sécurité et d’économie.

Les deux parties ont affirmé leur soutien à tous les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité de la région. Plusieurs questions d’intérêt commun ont également été discutées.

Keir Starmer est arrivé dans le Royaume plus tôt dans la journée, où il a été accueilli à l’aéroport de Djeddah par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, selon des photos diffusées par l’Agence de presse saoudienne.

Lors de sa visite, Starmer a salué le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, tout en soulignant qu’il restait « beaucoup de travail à faire » pour garantir sa pérennité.

« Il reste également beaucoup à faire concernant le détroit d’Ormuz, qui a un impact à l’échelle mondiale », a-t-il ajouté. 

À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, a rapporté l’Agence de presse saoudienne. Les ambassadeurs respectifs des deux pays étaient également présents.

*Avec SPA, Reuters 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël dit avoir mené mercredi sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah depuis le 28 février

« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
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  • L’armée israélienne a mené la plus vaste frappe coordonnée contre le Hezbollah depuis le début du conflit, visant une centaine de cibles à Beyrouth, dans la Bekaa et le sud du Liban
  • Malgré le cessez-le-feu avec l’Iran, Israël confirme que le Liban n’est pas concerné et que les opérations contre le Hezbollah vont se poursuivre

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé mercredi une centaine d'objectifs du Hezbollah à travers le Liban, affirmant qu'il s'agissait de "la plus grande frappe coordonnée" contre le mouvement pro-iranien depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février.

"En l'espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, [les forces israéliennes ont attaqué] une centaine de postes de commandement et d'infrastructures militaires" du mouvement islamiste libanais à travers le pays voisin, indique un communiqué militaire israélien.

Les frappes ont visé des objectifs à Beyrouth, dans la plaine de la Bekaa (est du Liban) ainsi que dans le sud du pays, selon l'armée israélienne.

Les frappes israéliennes sur Beyrouth, les plus violentes depuis le début de la guerre, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale à une heure de grande affluence, selon des journalistes de l'AFP.

Ennemi d'Israël et allié de Téhéran, le Hezbollah s'était joint le 2 mars à la guerre régionale.

Le cessez-le-feu de 15 jours avec l'Iran décrété dans la nuit par le président américain Donald Trump "n'inclut pas le Liban", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "La bataille continue au Liban, a ensuite déclaré l'armée israélienne

"Nous continuerons de frapper l'organisation terroriste Hezbollah et exploiterons chaque occasion qui se présente sur le plan opérationnel", a dit le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée, cité dans un communiqué militaire.

"Nous ne transigerons pas sur la sécurité des habitants du nord d'Israël [et] nous continuerons de frapper avec détermination", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne avait annoncé mardi avoir achevé dans le sud du Liban le déploiement de ses troupes au sol jusqu'à une "ligne de défense avancée" destinée à maintenir le nord d'Israël à l'abri des tirs de roquettes antichars du Hezbollah, dont la portée est évaluée à une dizaine de kilomètres.


Le Liban fait état de huit morts dans une frappe israélienne à Saïda

Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
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  • Une frappe israélienne à Saïda, au Liban, a fait au moins 8 morts et 22 blessés parmi les civils, causant d’importants dégâts sur le front de mer
  • L’attaque survient malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis, l’Iran et leurs alliés, dont l’application au Liban reste floue et contestée

BEYROUTH: Une frappe israélienne a fait huit morts dans la ville libanaise de Saïda, a annoncé mercredi le ministère libanais de la Santé, alors que Washington et ses alliés se sont mis d'accord pour un cessez-le-feu avec l'Iran.

"La frappe de l'ennemi israélien sur Saïda, dans le sud du Liban, a fait, selon un bilan provisoire, huit morts parmi la population civile et 22 blessés", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Un photographe de l'AFP présent sur les lieux de l'attaque, qui a touché le front de mer de cette ville côtière, a vu des flammes s'élever d'un café aux vitres brisées qui jonchaient la chaussée.

Les pompiers s'efforçaient d'éteindre l'incendie tandis que l'armée bouclait le secteur. Des voitures stationnées à proximité ont également été endommagées.

"Nous avons été informés d'une frappe sur la route du front de mer à Saïda. Nous avons envoyé deux équipes, mais celles-ci ont demandé des renforts en raison du nombre élevé de victimes", a indiqué à l'AFP Louay Sabeh, secouriste au sein d'une association locale.

Les équipes de secours ont transporté au moins six blessés depuis les lieux de l'attaque, a-t-il précisé.

Cette frappe est survenue peu avant que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme que les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu de deux semaines "partout", y compris au Liban.

Le Pakistan a joué le rôle de médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran dans le but de mettre fin à plus de cinq semaines de guerre au Moyen-Orient.