Racil Chalhoub: «Beyrouth me donne davantage envie de m’habiller que Londres»

Que Racil Chalhoub aime la mode, c’est une évidence depuis ce fameux jour où sa mère l’emmène assister à un défilé de mode Marinelli à l’hôtel Georges V, à Paris. Photo fournie
Que Racil Chalhoub aime la mode, c’est une évidence depuis ce fameux jour où sa mère l’emmène assister à un défilé de mode Marinelli à l’hôtel Georges V, à Paris. Photo fournie
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Publié le Mardi 06 juillet 2021

Racil Chalhoub: «Beyrouth me donne davantage envie de m’habiller que Londres»

  • À Londres, la jeune Libanaise lance Racil, sa marque de smokings pour femmes, en hommage à sa mère
  • «Tout d’un coup, c’est comme si on avait tout débranché. On se demande alors comment tout rebrancher», confie la créatrice

Que Racil Chalhoub aime la mode, c’est une évidence depuis ce fameux jour où sa mère l’emmène assister à un défilé de mode Marinelli à l’hôtel Georges V, à Paris. La petite fille de 10 ans en sort époustouflée: «C’est exactement ce que je veux faire!», affirme-t-elle alors à sa mère.

En 2015, le rêve se réalise. À Londres, la jeune Libanaise lance Racil, sa marque de smokings pour femmes, en hommage à sa mère – car elle n’a pas seulement hérité de son prénom, mais aussi de son sens aigu, et un peu décalé, de la mode. Puis elle enrichit la gamme avec des robes, des petits hauts, tout en veillant à conserver l’ADN de la marque.

Avec la Covid, tout s’arrête, ou presque. Cette période est l’occasion pour Racil, née au Liban, ayant grandi à Paris et désormais installée à Londres, de se poser, de réfléchir, de se recentrer sur l’essentiel. Et peut-être, aussi, se soustraire au diktat de l’horloge. Une nouvelle collection voit le jour: une explosion de couleurs, histoire de contrebalancer les leggings noirs et sweats gris portés pendant le confinement. Pour la collection hiver à venir, le noir a été remplacé par le marron et des couleurs plus fraîches ont fait leur apparition, comme le corail, le fuchsia, le jaune...

Depuis son appartement londonien, par une matinée au temps maussade, Racil Chalhoub revient pour Arab News en français sur cette année particulière, mais aussi sur ses inspirations et ses envies pour la prochaine collection.

Nous sortons à peine du confinement et la pandémie de Covid-19 n’est pas encore derrière nous. Comment cette période de confinement a-t-elle changé votre manière de créer, votre travail quotidien?

Dans mon travail, il y a deux facettes complémentaires: la création (je suis la styliste, donc je dessine tout) et la gestion – qu’il s’agisse de la compagnie, du business, des employés... La Covid a vraiment affecté ces deux aspects.

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Pour Racil Chalhoub, c’est difficile de rester inspirée quand on est enfermée à la maison, seule, pendant plusieurs mois. Photo fournie.

Pour le côté créatif, c’est difficile de rester inspirée quand on est enfermée à la maison, seule, pendant plusieurs mois, surtout quand on éprouve une forme d’inquiétude, qu’on se demande comment gérer le business, les employés, la famille au Liban. C’était difficile de se projeter et de se dire: je suis là, coincée, mais dans trois mois, ça ira, je serai sur la plage et je penserai à ma nouvelle collection.

Je dois avouer que le côté créatif était quasi inexistant, parce que j’étais un peu bloquée. Ce n’est que lorsque j’ai réussi à m’évader de Londres pendant l’été pour retrouver des amis en vacances, entourée, au soleil, dans la rue, lorsque j’ai pu revoir un peu de vie, que j’ai retrouvé l’inspiration. Je me mettais alors un peu dans mon coin et je dessinais.

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

Pour ce qui concerne la gestion de la compagnie, ça a été aussi difficile parce que je suis rentrée à la maison un jour et je ne suis plus jamais retournée au bureau. J’avais une équipe de douze personnes à gérer, des filles que j’adore et qui, pour moi, font partie de ma famille. Si moi, je ne vais pas bien, elles risquent de ne pas aller bien non plus.

Cette période m’a permis de beaucoup réfléchir sur la structure de la compagnie et de la marque. Je me suis demandé quelle était mon identité et où j’allais. Est-ce que, en sortant de tout ça, je voudrais la même chose qu’avant? Comment est-ce que je dois m’adapter à ce nouveau train de vie et à ses conséquences sans pour autant perdre mon image?

Après la Covid, on se rend compte que la première chose dont on peut se passer, c’est précisément un costume ou un smoking. Un smoking sert soit à se rendre à un gala, soit à aller dîner, ce qu’on ne fait plus; on porte un costume pour aller au bureau, où l’on ne va plus. Mais, en même temps, c’est ce que j’aime, c’est l’ADN de ma marque, et je ne veux pas le perdre non plus; mais traduire cela de façon un peu plus relax? J’aimerais que la coupe soit plus légère, que les couleurs soient plus fraîches…

Je sentais que je ne pouvais pas redémarrer là où je m’étais arrêtée: j’avais besoin de changements, de quelque chose de différent.

J’ai donc travaillé sur un rebranding (stratégie de marketing qui consiste à créer un nouveau nom, symbole ou concept, NDLR) au mois de septembre. J’ai conçu un nouveau logo, lancé de nouveaux articles, de nouvelles catégories, entrepris des collaborations.

Vous étiez déjà en train de désacraliser le smoking en le rendant plus accessible – en le portant en journée avec une paire de basket par exemple. Êtes-vous allée encore plus loin dans cette démarche?

Tout à fait: je me suis demandé comment rendre cette tenue très nonchalante tout en conservant son chic et son élégance. Je dis toujours qu’un rouge à lèvres, c’est tout ce dont on a besoin le soir pour changer son look du jour. On a donc lancé le rouge Racil, en collaboration avec La Bouche rouge.

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

Avant la Covid, je me sentais très restreinte. J’avais lancé cette marque avec cet ADN et je sentais vraiment que c’était la seule chose que je pouvais faire. La Covid a représenté à la fois une opportunité et une belle excuse pour se dire: «Je vais tenter ça car c’est ma marque, je vais me permettre de le faire, et je vais voir comment mes clients vont réagir.» Et, pour l’instant, la réaction est assez positive.

La Covid-19 a-t-elle a changé quelque chose dans le rythme des collections et leur nature? Vous avez fait une collection plus resserrée sur l’essentiel, plus précise...

Pour moi, une veste, c’est un essentiel. Je suis restée sur cette ligne en offrant des essentiels différents, qui s’adaptent un peu plus aux modes de vie d’aujourd’hui. J’ai réduit la taille de la collection.

J’ai aussi travaillé beaucoup plus lentement, ce qui était assez stressant, mais beaucoup plus agréable également. Avant la Covid, ma journée était toujours si stressante. Je devais me réveiller à 6 heures du matin – sinon, je n’avais pas le temps de tout faire avant d’arriver au bureau. Déjà essoufflée le matin, il fallait travailler, se presser afin de tout présenter dans les temps parce qu’il y a une deadline, parce qu’on doit aller à Paris, parce que c’est la Fashion Week. C’était toujours la course.

 

Tout d’un coup, c’est comme si on avait tout débranché. On se demande alors comment tout rebrancher. Mais une chose est sûre: je ne peux pas me permettre de courir aussi vite. Alors tant pis, on ne va pas à Paris; si je présente la collection une semaine plus tard, ce n’est pas si grave.

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

On est dans un contexte où il faut accepter qu’il y ait des retards, qui sont indépendants de notre volonté. Je n’ai aucun contrôle sur ces événements, alors que, avant, si une usine était en retard, je devenais folle. Maintenant, je fais ce que je peux. Surtout qu’il y a la Covid, mais aussi le Brexit, étant donné que j’habite Londres.

Où en êtes-vous en aujourd’hui dans votre collection?

J’ai travaillé sur une petite capsule qu’on a présentée sur Zoom, elle est maintenant livrée. Pour l’automne, on la présentera quand mes cartons arriveront! Il faut un peu gérer les choses au jour le jour.

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

Faire au jour le jour avec ce qu’on a, parce qu’on ne sait jamais de quoi demain sera fait, est-ce que cela ne correspond pas un peu à l’attitude libanaise?

C’est l’attitude libanaise, en effet. On vit toujours au jour le jour. Mais en l’occurrence, en ce qui concerne le travail, ce n’est pas moi qui le veux. J’aimais la structure qu’on avait. Là, il y a tellement de choses que je ne peux pas contrôler... Je peux faire mon programme, essayer de le respecter le plus possible, faire tous les efforts possibles pour que tout fonctionne comme il faut, mais il faut accepter les ralentissements et les contretemps. Dans le domaine de la mode, qui va en général à mille à l’heure, c’est rafraîchissant.

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

D’ailleurs, comment vous habilliez-vous pendant le confinement?

J’étais confinée à la maison, je n’ai donc pas fait énormément d’efforts. Au moins, à Londres, on avait le droit d’aller marcher. J’allais faire des marches dans le parc pendant l’après-midi, histoire de respirer un petit peu. Pendant le confinement, j’étais souvent en tenue de sport, tee-shirt et baskets. Puis on a commencé à avoir le droit d’aller voir des amis à la maison, mais cela se passait également dans une bulle. Avec des amis, on avait décidé de dîner ensemble tous les vendredis soir. Je portais pour cette occasion un sweat un peu plus sympa, mais je ne faisais pas tellement plus d’efforts. Ce n’est qu’après que j’ai repris ma tenue quotidienne, celle que je préfère, pour sortir: un jean, un tee-shirt blanc et une veste Racil avec des baskets.

 

L’accueil des clientes a été positif. Vous n’avez pas perçu de changements dans leurs attentes à elles?

Non. Je le leur avais expliqué quand j’avais fait mes rendez-vous Zoom. En réalité, les clientes, qui sont des partenaires commerciaux avec qui on travaille, ont apprécié le fait que je ne leur ai pas proposé la même chose qu’avant, qui, en ce moment, ne fonctionnerait pas aussi bien. Elles ont apprécié le fait que la marque ait évolué et qu’elle se soit adaptée à l’air du temps sans perdre son identité pour autant.

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

Et quelle est donc cette nouvelle femme Racil?

Ce n’est pas une nouvelle femme. J’avais publié ces mots sur Instagram: «Same woman, new rule» («La même femme, une nouvelle règle»). C’est toujours la même femme, mais elle a évolué en elle-même. Elle a toujours besoin de ses essentiels, mais elle veut qu’ils la rendent heureuse, qu’ils rafraîchissent son look. Elle veut se sentir bien, être à l’aise. C’est vraiment la même femme, mais elle a simplement besoin de respirer un peu plus, de se laisser aller davantage.

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

Vous avez retrouvé l’inspiration pendant vos vacances. Qu’est-ce qui vous inspire?

J’ai retrouvé mon inspiration pendant les vacances car j’étais très loin de ce qui m’inspire habituellement. À l’origine, il y a trois éléments qui sont toujours sur mon mood board (combinaison d’images qui, ensemble, définissent le style visuel d’un projet, NDLR).

D’abord ma mère, qui est ma muse et m’inspire énormément, mais que je n’ai pas vue pendant dix mois. Puis les gens du studio 64, Bianca Jagger, les années disco, les soirées –  et tout d’un coup on ne sort même plus, et on ne sait pas quand les boîtes vont rouvrir. Comment créer une tenue pour aller danser alors qu’on ne sait même pas quand on va pouvoir y aller? La troisième source d’inspiration, c’est la rue. Je marche énormément. Je passe beaucoup de temps seule. Je peux trouver l’inspiration dans un parc, sur la terrasse d’un café, regarder les gens passer en me disant: «J’aime bien la manière dont cette femme a mélangé divers vêtements...»

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Racil, collection été 2021. Photo fournie.

Pendant la crise de la Covid, aucun de ces trois éléments n’étaient présents. Et se trouver à la maison était encore plus compliqué.

J’ai ensuite passé l’été dans le sud de la France, là où j’allais quand j’étais petite. J’ai respiré ce parfum de nostalgie et j’ai fait cette collection, très high summer («plein été»), parfaite pour la plage, pour l’été...

Le sud de la France vous a donc inspirée. Qu’est-ce que vous avez pris du Liban dans vos créations ?

J’ai grandi à Paris. Je n’ai pas vécu au Liban très longtemps mais je pense que ce pays m’influence. J’aime l’attitude des femmes libanaises, qui aiment sortir, se faire belles, bien s’habiller, qui ont un côté glamour.

Vous avez toujours un lien fort avec ce pays ?

 

Ma famille est là-bas. J’y ai beaucoup d’amis. Je suis née à Beyrouth. C’est un pays que j’adore et qui parle infiniment à mon cœur. Avant la Covid et les différentes crises que le pays a traversées, quand j’allais à Beyrouth, c’était dans cette ville que je prenais mes robes, mes smokings, mes talons. Je savais qu’il y aurait des fêtes agréables, qu’on allait sortir, voir du monde, qu’une grande convivialité régnait. Souvent, Beyrouth me donne davantage envie de m’habiller que Londres.

On trouve donc dans votre dernière collection des influences de la France, du Liban et de Londres?

Je pense que chaque pays m’a donné quelque chose de différent. Je possède également un côté très parisien dans mon look quotidien, qui est à la fois un peu nonchalant et assez chic. À Londres, la mode est très funk, haute en couleur. On peut s’exprimer vraiment à travers ce qu’on a envie de porter. Il existe un grand contraste entre les looks français et anglais. Tout ça mélangé donne quelque chose d’assez unique, que j’essaie de représenter avec la marque Racil.

 

 

 


Le mannequin franco-saoudien Amira Al-Zuhair défile pour Dolce & Gabbana

Le mannequin franco-saoudien Amira Al-Zuhair a défilé lors de la dernière présentation Alta Moda de Dolce & Gabbana, organisée dans le cadre luxuriant du parc botanique Radicepura, à Taormine, en Sicile. (Instagram)
Le mannequin franco-saoudien Amira Al-Zuhair a défilé lors de la dernière présentation Alta Moda de Dolce & Gabbana, organisée dans le cadre luxuriant du parc botanique Radicepura, à Taormine, en Sicile. (Instagram)
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  • Amira Al-Zuhair a participé au défilé Alta Moda de Dolce & Gabbana, organisé au parc botanique Radicepura à Taormine, en Sicile
  • La collection, inspirée de la mythologie et du patrimoine sicilien, présentait 100 créations de haute couture mettant les motifs floraux à l'honneur

DUBAÏ : Le mannequin franco-saoudien Amira Al-Zuhair a foulé le podium à l’occasion de la dernière présentation Alta Moda de Dolce & Gabbana, organisée dans le cadre luxuriant du parc botanique Radicepura, à Taormine, en Sicile.

Amira Al-Zuhair portait l’une des silhouettes aériennes de la collection, rejoignant un casting international de mannequins pour cette présentation exclusive.

Inspirée par la rencontre entre les divinités mythologiques et les mortels, la collection réunissait 100 créations de haute couture célébrant l’héritage intemporel de la Sicile. Dentelle noire emblématique, robes de bal spectaculaires en tulle, broderies florales somptueuses, capes de velours et ornements tridimensionnels raffinés composaient un univers où la mythologie antique rencontrait la fantaisie contemporaine. Les fleurs constituaient le fil conducteur de la collection, se déclinant en appliqués sculpturaux, ornements scintillants et broderies élaborées, en écho aux luxuriants jardins botaniques qui entouraient le podium. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Espagne brise le rêve des Bleus

Comme lors des deux dernières confrontations entre les deux pays, en demi-finales de l'Euro-2024 (2-1) et de la Ligue des nations 2025 (5-4), survolées par la Roja, la France a paru impuissante et on a eu peine à reconnaître la fantastique équipe du début de la compétition avec ce jeu résolument porté vers l'avant, magnifié par des attaquants à la connexion parfaite. 9QFP0
Comme lors des deux dernières confrontations entre les deux pays, en demi-finales de l'Euro-2024 (2-1) et de la Ligue des nations 2025 (5-4), survolées par la Roja, la France a paru impuissante et on a eu peine à reconnaître la fantastique équipe du début de la compétition avec ce jeu résolument porté vers l'avant, magnifié par des attaquants à la connexion parfaite. 9QFP0
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  • Une éventuelle médaille de bronze ne consolera sans doute pas les Bleus, qui se disaient en mission pour décrocher de nouveau le Graal et succéder aux héros de 1998 et 2018
  • La France a paru impuissante et on a eu peine à reconnaître la fantastique équipe du début de la compétition avec ce jeu résolument porté vers l'avant, magnifié par des attaquants à la connexion parfaite

ARLINGTON: Il n'y aura pas de troisième étoile pour les Bleus. La formidable aventure de l'équipe de France au Mondial-2026 a pris fin brutalement mardi après une cuisante défaite en demi-finale face à l'Espagne (2-0), qualifiée pour la deuxième finale de son histoire, seize ans après son unique sacre de 2010.

Le dénouement est cruel pour les hommes de Didier Deschamps, parvenus dans le dernier carré pour la troisième fois d'affilée mais surclassés par des champions d'Europe bien plus forts collectivement et qui peuvent en outre s'appuyer sur une défense de fer. Après avoir enchanté la planète football par leur jeu offensif flamboyant, les Bleus sont tombés sur une véritable machine, qui ne leur a laissé aucune chance.

La Roja, qui l'a emporté grâce à un penalty de Mikel Oyarzabal (22e), à la suite d'une faute de Lucas Digne sur le prodige Lamine Yamal, et un but de Pedro Porro (58e), peut désormais rêver d'un deuxième titre, dimanche au MetLife Stadium d'East Rutherford (New Jersey), contre le vainqueur d'Angleterre-Argentine. La France va elle devoir se contenter du match pour la troisième place, samedi à Miami.

Une éventuelle médaille de bronze ne consolera sans doute pas les Bleus, qui se disaient en mission pour décrocher de nouveau le Graal et succéder aux héros de 1998 et 2018. Mais il va falloir se remobiliser rapidement pour ne pas gâcher la dernière en tant que sélectionneur de Didier Deschamps, qui quittera son poste à l'issue de la partie après 14 années glorieuses sur le banc.

Comme lors des deux dernières confrontations entre les deux pays, en demi-finales de l'Euro-2024 (2-1) et de la Ligue des nations 2025 (5-4), survolées par la Roja, la France a paru impuissante et on a eu peine à reconnaître la fantastique équipe du début de la compétition avec ce jeu résolument porté vers l'avant, magnifié par des attaquants à la connexion parfaite.

L'Espagne a comme à son habitude monopolisé le ballon mais les individualités bleues sont totalement passées à côté de cet immense rendez-vous, surtout Ousmane Dembélé, transparent et dont la prestation a été indigne d'un Ballon d'Or, et Michael Olise, incapable de trouver la moindre ouverture. Fautes techniques, transmissions ratées, le joueur du Bayern Munich n'a pas réussi grand chose, il est vrai guère aidé par Adrien Rabiot qui a symbolisé la faillite du milieu de terrain.

Mbappé impuissant 

Le capitaine Kylian Mbappé s'est lui démené mais après avoir été le fer de lance de l'équipe de France avec ses huit buts, il pouvait difficilement faire la différence sans l'aide de ses compères face à une telle équipe d'Espagne. L'attaquant du Real Madrid se savait attendu contre son pays d'adoption mais il a été complètement muselé et ne s'offrira pas de deuxième couronne mondiale après celle de 2018.

Sa première grosse occasion n'est intervenue qu'à la 65e minute mais le "crack" de Bondy est tombé sur un Unai Simon vigilant dans la cage. Il a eu dans la foulée une autre belle opportunité, également détournée en corner (67e).

La sortie sur blessure dès la 30e minute du défenseur William Saliba, remplacé par Maxence Lacroix, n'a pas non plus aidé les hommes de Deschamps. Aurélien Tchouaméni, de retour après avoir manqué les deux dernières rencontres pour cause de soucis aux adducteurs, a lui été très loin de son meilleur niveau.

Le comble pour la France c'est que Lamine Yamal, considéré comme la principale menace espagnole et bourreau des Bleus en 2024 et 2025, ne s'est montré à son avantage qu'à de très rares exceptions, à l'image de sa Coupe du monde. Il a certes été à l'origine du penalty mais ne s'est pas souvent mis en valeur.

Qu'importe pour l'astre du Barça. A tout juste 19 ans, il va découvrir pour la première fois une finale de Coupe du monde, deux ans après avoir remporté l'Euro. Un écrin à la mesure de son talent.


Livin et Lunar, deux championne saoudiennes présentes à la EWC: nous sommes ici pour gagner

Arrivées à Paris hier soir, les joueuses ont confié à Arab News en français qu’elles abordent cette compétition avec enthousiasme, mais aussi avec la conscience de vivre un moment historique. (Photo fournie)
Arrivées à Paris hier soir, les joueuses ont confié à Arab News en français qu’elles abordent cette compétition avec enthousiasme, mais aussi avec la conscience de vivre un moment historique. (Photo fournie)
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  • Si Paris accueille cette troisième édition, l’Arabie saoudite reste plus que jamais au cœur de la compétition, car le Royaume arrive avec les deux principaux favoris du championnat des clubs, véritable épreuve reine de l’EWC
  • Double tenant du titre, Team Falcons vise un troisième sacre consécutif

PARIS: À Paris, l’Esports World Cup dépasse le simple cadre du jeu vidéo : c’est aussi un rendez-vous où se jouent l’influence, l’image et la puissance d’un pays qui veut s’imposer au cœur de l’e-sport mondial.

En installant pour la première fois sa compétition phare hors de Riyad, l’Arabie saoudite transforme la capitale française en vitrine internationale de ses ambitions sportives et géopolitiques.

Pendant sept semaines, plus de 2 000 joueurs venus d’une centaine de pays vont s’affronter pour un titre qui vaut bien plus qu’un trophée.

Mais si Paris accueille cette troisième édition, l’Arabie saoudite reste plus que jamais au cœur de la compétition, car le Royaume arrive avec les deux principaux favoris du championnat des clubs, véritable épreuve reine de l’EWC, où les organisations accumulent des points dans plusieurs disciplines afin de désigner le meilleur club du monde.

Double tenant du titre, Team Falcons vise un troisième sacre consécutif. Présent dans dix-huit tournois, le club saoudien dispose de l’effectif le plus dense du circuit et fait figure de référence sur des jeux aussi variés que Rocket League, Counter-Strike 2, Call of Duty: Warzone ou encore Overwatch.

À ses côtés, Twisted Minds poursuit une ascension fulgurante. Déjà vainqueur sur PUBG: Battlegrounds et Call of Duty: Warzone l’an dernier, le club s’est qualifié dans neuf disciplines et nourrit lui aussi de grandes ambitions.

Face à eux, la concurrence sera rude, notamment avec la formation française Team Vitality, portée par son public, et l’expérimentée Team Liquid, qui tenteront de mettre un terme à la domination saoudienne.

L’e-sport féminin constitue également l’un des temps forts de cette édition parisienne, avec le Mobile Legends: Bang Bang Women’s Invitational (MWI), seule compétition exclusivement féminine de l’EWC, qui réunit les seize meilleures équipes du monde après des qualifications organisées dans plus de soixante régions.

Parmi les équipes les plus attendues figure Virtus.pro MENA, qualifiée pour représenter officiellement la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Arrivées à Paris hier soir, les joueuses ont confié à Arab News en français qu’elles abordent cette compétition avec enthousiasme, mais aussi avec la conscience de vivre un moment historique.

« Au début, nous avons été très surprises », souligne Lunar. « Nous avions l’habitude de jouer en Arabie saoudite, où nous évoluions à domicile. C’est la première fois que nous représentons l’Arabie saoudite dans une compétition organisée à l’étranger. C’est une expérience très particulière et nous avons hâte que le tournoi commence. »

Pour l’équipe, cette édition parisienne constitue pourtant déjà une troisième participation à l’Esports World Cup, après les éditions 2024 et 2025.

À la tête de Virtus.pro MENA, Livin incarne parfaitement la nouvelle génération de joueuses saoudiennes. Analyste de données à plein temps, elle partage son quotidien entre son travail et les entraînements organisés chaque soir avec ses coéquipières.

« Certaines d’entre nous travaillent, d’autres poursuivent leurs études », explique-t-elle. « Mais nous trouvons toujours le temps de nous entraîner ensemble. Nous nous préparons intensivement depuis trois mois et c’est ce travail qui nous a permis de décrocher notre qualification pour la scène mondiale. »

Concilier études, emploi et e-sport de haut niveau n’est pas toujours simple, reconnaît Lunar, mais la passion l’emporte sur les contraintes. « Nous adorons ce que nous faisons. La préparation demande beaucoup de discipline, mais nous prenons énormément de plaisir à nous entraîner ensemble. Nous étions déjà amies avant de devenir coéquipières. »

Toutes deux jouent à Mobile Legends: Bang Bang depuis leur adolescence et, lorsque MOONTON Games a lancé un tournoi féminin et ouvert des qualifications pour la région MENA, elles ont immédiatement saisi leur chance.

Aujourd’hui, leur objectif est clair. « Nous sommes ici pour gagner », affirme Livin sans détour. « Bien sûr, nous allons apprendre en affrontant les meilleures équipes du monde, mais notre ambition reste de remporter le titre. »

Lunar partage cette détermination. « Nous voulons aller le plus loin possible. Pour atteindre le sommet, il faut être prêtes à affronter toutes les équipes qui se présenteront devant nous. »

Au-delà de leurs performances, les deux joueuses espèrent contribuer à faire évoluer le regard porté sur l’e-sport féminin dans la région.

« Si des jeunes sont passionnés par les jeux vidéo, je les encourage à suivre cette voie. L’e-sport permet de réaliser son rêve de devenir joueur ou joueuse professionnelle », souligne Lunar.

À travers Team Falcons, Twisted Minds et Virtus.pro MENA, l’Arabie saoudite ne se contente donc pas d’organiser l’un des plus grands rendez-vous mondiaux de l’e-sport : elle entend aussi démontrer qu’elle est devenue une puissance sportive de premier plan, capable de briller aussi bien dans les compétitions masculines que féminines.