Tunisie: première nomination par le président Saïed, au ministère de l'Intérieur

Ridha Garsalaoui prête le serment d'allégeance devant le président tunisien Kais Saïed. (Capture d'écran)
Ridha Garsalaoui prête le serment d'allégeance devant le président tunisien Kais Saïed. (Capture d'écran)
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Publié le Vendredi 30 juillet 2021

Tunisie: première nomination par le président Saïed, au ministère de l'Intérieur

  • Gharsalloui, qui a prêté serment, est un commissaire de police devenu conseiller à la sécurité nationale auprès du président, selon des médias locaux
  • Cette nomination intervient après que plusieurs organisations de la société civile, ainsi que des pays étrangers, ont appelé M. Saied à désigner sans tarder un nouveau gouvernement, comme il s'était engagé à le faire

TUNIS: Le président tunisien Kais Saïed a nommé jeudi un conseiller de sécurité en charge du ministère de l'Intérieur, première nomination quatre jours après qu'il s'est emparé de l'ensemble du pouvoir exécutif, suspendant l'activité du Parlement pour un mois.

"Le président de la République a pris un décret présidentiel chargeant Ridha Gharsallaoui de gérer le ministère de l'Intérieur", a indiqué la présidence dans un communiqué jeudi soir.

M. Gharsalloui, qui a prêté serment, est un commissaire de police devenu conseiller à la sécurité nationale auprès du président, selon des médias locaux.

Cette nomination intervient après que plusieurs organisations de la société civile, ainsi que des pays étrangers, ont appelé M. Saïed à désigner sans tarder un nouveau gouvernement, comme il s'était engagé à le faire.

M. Saïed, a argué des "périls imminents" auxquels était confrontée la Tunisie, plongée depuis des mois dans une profonde crise politique, et frappé de plein fouet par un pic meurtrier de coronavirus, pour justifier sa prise de pouvoir dimanche.

Il a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi, très critiqué pour sa gestion de l'épidémie de Covid-19 qui a laissé la Tunisie à court d'oxygène et débordée par un pic d'hospitalisations, indiquant qu'il exercerait le pouvoir exécutif avec "l'aide d'un gouvernement" dont il doit encore nommer le chef.

M. Saïed a également annoncé mercredi soir la mise en place d'une cellule de crise pour gérer la pandémie de Covid-19, supervisée par un haut gradé militaire.

Plusieurs organisations de la société civile avaient réclamé mercredi une feuille de route et mis en garde contre toute prolongation "illégitime" de la suspension du Parlement au-delà des 30 jours prévus par la Constitution.

Campagne anti-corruption

Mercredi soir, M. Saïed avait également lancé une offensive anti-corruption, réclamant des comptes à 460 hommes d'affaires accusés de détournement de fonds sous le régime du dictateur Zine El Abidine Ben Ali (au pouvoir de 1987 à 2011), s'en prenant à "ceux qui pillent l'argent public". 

Ils sont "460" à devoir "13,5 milliards" de dinars (4 milliards d'euros) à l'Etat, a-t-il rappelé, en citant un ancien rapport d'une commission d'enquête sur la corruption et les malversations sous l'ancien régime.

"Cet argent doit revenir au peuple tunisien", a martelé le président. Pour cela, il compte proposer à ces hommes d'affaires un abandon des poursuites, en échanges d'un versement des sommes détournées au profit des régions marginalisées de Tunisie.

Il a indiqué vouloir s'en prendre à la corruption qui participe à l'effondrement de la production de phosphate, l'une des rares ressources naturelles du pays.

Le parquet, placé sous l'autorité de M. Saïed dans le cadre des nouvelles mesures d'urgence, a également annoncé mardi l'ouverture le 14 juillet d'une enquête contre plusieurs partis soupçonnés de financement étranger de leur campagne électorale en 2019.

Cette enquête vise notamment la formation d'inspiration islamiste Ennahdha, principal parti parlementaire, en conflit avec le président.

- Coup de force -

Le président jouit pour l'instant d'une "popularité durable", observe Riccardo Fabiani, spécialiste de la Tunisie pour l'International Crisis Group. Sa prise de pouvoir a été saluée par de nombreux Tunisiens exaspérés par les blocages institutionnels, l'économie en crise et la mauvaise gestion de la pandémie.

Dans ce contexte, "en soutenant une campagne anti-corruption contre les responsables et les hommes d'affaires liés à Ennahdha, (...) il pourrait affaiblir définitivement certains de ses rivaux politiques les plus puissants", et ainsi réussir "à établir un nouveau statu quo" en Tunisie, estime l'analyste.

Le coup de force présidentiel suscite toutefois de l'inquiétude, dans le pays comme à l'étranger.

Le président du Parlement tunisien Rached Ghannouchi a regretté jeudi dans un entretien le manque de dialogue avec la présidence. 

A défaut d'accord sur la formation d'un gouvernement et la réouverture du Parlement, "nous inviterons le peuple tunisien à défendre sa démocratie", a mis en garde M. Ghannouchi, chef de file d'Ennahdha.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a affirmé jeudi que le président Saïed lui avait assuré oeuvrer en faveur de la démocratie.

"Nous espérons fortement que la Tunisie revienne sur cette voie démocratique, agisse conformément à la Constitution, rétablisse le Parlement, se dote d'un gouvernement pour mener à bien le travail du peuple, pour répondre à leurs besoins", a-t-il souligné.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
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  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

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  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.