Comment l'Iran se sert des détenus occidentaux pour arracher des concessions diplomatiques

Le régime iranien est réputé pour les prises d'otages, comme celles qu’il a perpétrées à l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979. (Getty Images)
Le régime iranien est réputé pour les prises d'otages, comme celles qu’il a perpétrées à l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979. (Getty Images)
La Britannico-Iranienne Nazanin Zaghari-Ratcliffe, dont la famille apparaît sur cette photo, vit actuellement dans la maison de ses parents à Téhéran après avoir été libérée sous caution. (AFP)
La Britannico-Iranienne Nazanin Zaghari-Ratcliffe, dont la famille apparaît sur cette photo, vit actuellement dans la maison de ses parents à Téhéran après avoir été libérée sous caution. (AFP)
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Publié le Mercredi 18 août 2021

Comment l'Iran se sert des détenus occidentaux pour arracher des concessions diplomatiques

  • Les États-Unis ont beau chercher à dissocier les deux questions, la détention de prisonniers par Téhéran est pourtant imbriquée dans le dossier nucléaire
  • L'échange d'otages contre des fonds ne fait qu'inciter l'Iran à s'engager dans de nouvelles prises d'otages, préviennent les experts

WASHINGTON, D.C.: Plus d'une dizaine de citoyens occidentaux sont détenus en Iran. Cette pratique est perçue par de nombreuses personnes comme une stratégie pour obtenir des concessions de la part de l'Occident.

De nombreux otages occidentaux racontent les violences physiques et psychologiques qu’ils ont subies et révèlent qu’ils se sont vu refuser un traitement médical pendant leur détention dans la tristement célèbre prison iranienne d'Evin. Un ancien otage australien confie ainsi: «Chaque jour apporte son lot de souffrances».

Lors des pourparlers de Vienne pour relancer l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, officiellement connu sous le nom de «Plan d'action global conjoint» (PAGC), les négociateurs iraniens ont tenté de se servir des citoyens occidentaux incarcérés dans les prisons du régime iranien comme une monnaie d'échange.

Des diplomates britanniques, français et allemands (qui forment un groupe du nom d’«E3»), ainsi que leurs homologues américains, négocieraient la libération des otages en contrepartie de la remise d'Iraniens détenus dans des prisons occidentales, d'un allègement des sanctions et du déblocage de milliards de dollars d'actifs gelés.

Kylie Moore-Gilbert, une universitaire australo-britannique détenue par l'Iran pour espionnage, a été libérée en 2020 en échange de trois Iraniens condamnés à la suite des attentats de 2012 à Bangkok. (AP)

 

Il est établi que l'Iran détient quatre Américains. Parmi eux figure Siamak Namazi, arrêté par le puissant Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) au mois d’octobre 2015 alors qu'il effectuait une visite d'affaires dans le pays.

Son père, Mohammed Bagher Namazi, a lui aussi été détenu, au mois de février 2016, lorsqu'il s’est rendu en Iran pour rendre visite à son fils incarcéré. En octobre 2016, les deux hommes ont été inculpés et condamnés à dix ans de prison et à une amende de 4,8 millions de dollars (1 dollar = 0,85 euro) pour «connivence avec un État ennemi».

C'est au mois d’avril 2018 qu'Emad Shargi, un homme d'affaires américain de 56 ans, a été emprisonné pour la première fois en Iran pour espionnage. S’il a été libéré sous caution en décembre de la même année, les autorités iraniennes lui ont néanmoins interdit de quitter le pays. Il a donc été de nouveau arrêté en novembre 2020 et renvoyé à la prison d'Evin.

Morad Tahbaz est un homme d'affaires et écologiste irano-américain qui a également la citoyenneté britannique. Il a été arrêté en janvier 2018 et condamné en novembre 2019 à dix ans de prison pour avoir entretenu des «contacts avec le gouvernement américain ennemi». Il est aujourd'hui détenu à la prison d'Evin, où il semble être privé de soins médicaux.

Au moins un otage américain serait mort en détention en Iran. Il s'agit de Robert Levinson, agent spécial du FBI à la retraite, qui a mystérieusement disparu de l'île iranienne de Kich au mois de mars 2007.

Des photos qui prouvent son incarcération sont apparues en 2011. Étant donné son âge, sa santé et la durée de sa détention, les autorités américaines estiment qu'il est probablement mort en prison.

Les Américains ne sont pas les seuls à être visés. Le touriste français Benjamin Brière est détenu en Iran depuis plus d’un an pour espionnage et «propagande contre le régime». Il avait été arrêté pour avoir piloté un drone à proximité de la frontière entre l'Iran et le Turkménistan et pour avoir exprimé des commentaires sur les réseaux sociaux.

Fariba Adelkhah, anthropologue franco-iranienne et chercheuse à Sciences Po, a été détenue au mois de juin 2019. Elle n'a pas été autorisée à faire appel au consulat de France du fait que l'Iran ne reconnaît pas la double nationalité.

En mai 2020, Mme Adelkhah a été condamnée à cinq ans de prison pour conspiration contre la sécurité nationale, et à un an de prison pour avoir fait de la propagande contre l'État.

Nazanin Zaghari-Ratcliffe possède elle aussi la double nationalité: elle est britannico-iranienne. Elle réside actuellement chez ses parents à Téhéran. Libérée sous caution et dans l'attente d'un appel, elle avait été condamnée pour avoir porté atteinte à l'État iranien en prenant part à une manifestation devant l'ambassade d'Iran à Londres en 2009.

Mme Zaghari-Ratcliffe a été arrêtée pour la première fois en Iran en 2016. Condamnée à cinq ans de prison pour espionnage, elle a déjà purgé cette peine. Si son appel est rejeté, elle risque une année supplémentaire de prison et il lui sera interdit de quitter le pays pour une durée de douze mois.

Washington et les pays de l'E3 ont beau chercher à séparer les deux problématiques, les experts soutiennent que la question des otages occidentaux détenus par Téhéran est étroitement liée au dossier du nucléaire.

 

Un ancien otage australien confie: «Chaque jour apporte son lot de souffrances».

Dans un entretien accordé à Arab News, Jason Brodsky, analyste principal pour le Moyen-Orient et ancien directeur politique de l’association United Against Nuclear Iran («Unis contre l'Iran nucléaire») explique que «même si les deux parties, Washington et Téhéran, ont souligné à plusieurs reprises que les négociations relatives à la libération des otages américains ne sont pas liées, en théorie, aux négociations sur le nucléaire, dans les faits, les deux volets sont interconnectés».

«Du point de vue des États-Unis, l'administration Biden rencontrera des ennuis politiques si elle décide de relancer l'accord sur le nucléaire avec Téhéran sans faire de progrès sur le sort des citoyens américains qui agonisent dans les prisons iraniennes», indique-t-il.

«Téhéran utilise ces binationaux et ces étrangers comme un moyen de pression pour amener les États-Unis et l'Europe à faire davantage de concessions au profit de la République islamique lors des négociations sur de nombreux dossiers», ajoute l’analyste.

En effet, l'Iran a libéré cinq otages américains dans le cadre d'un accord d'échange d’otages conclu en 2016. En contrepartie, près de 2 milliards de dollars d'actifs gelés ont été débloqués et sept agents iraniens ont été libérés après avoir été condamnés par des tribunaux américains.

Xiyue Wang, qui a été détenu en Iran de 2016 à 2019 alors qu'il y effectuait des recherches universitaires, dénonce la stratégie de l'administration Obama. «L'échange de prisonniers mené par Obama en 2016, contre le déblocage de 1,7 milliard de dollars d'actifs gelés en Iran et la libération de prisonniers iraniens des prisons américaines, a encouragé le régime iranien à poursuivre sa stratégie de prise  d’otages», déclare-t-il à Arab News.

«Les interrogateurs du ministère du Renseignement se targuaient de m'avoir capturé parce qu'ils cherchaient à contraindre l'Amérique à libérer davantage de prisonniers et de biens iraniens», ajoute-t-il.

Les experts soutiennent que la question des otages occidentaux détenus par Téhéran est étroitement liée au dossier du nucléaire. (AFP)

«En revanche, l'administration Trump a libéré, par la pression et les compromis tactiques, deux Américains (dont moi) et un résident américain permanent, selon le principe du “un contre un” et sans que de l'argent n'entre en jeu», explique Xiyue Wang.

«Plusieurs anciens fonctionnaires du département d'État m'ont dit avoir obtenu la libération d'un plus grand nombre d'otages américains. Mais, lorsque Trump a perdu les élections, les Iraniens ont renoncé à l'échange et ils ont préféré négocier avec l'administration Biden à ce sujet», poursuit l’ancien otage.

La tentative d'enlèvement de Masih Alinejad, citoyenne américaine, activiste et journaliste de premier plan, a récemment montré les risques que Téhéran était prêt à prendre pour s'emparer d'autres otages occidentaux.

«Les États-Unis et les pays de l'E3 ont tous des citoyens qui sont pris au piège en Iran. Ils devraient prendre la tête d'un cadre multilatéral destiné à faire payer plus cher à l'Iran le prix de ses pratiques», déclare Brodsky à Arab News.

«À ce jour, les efforts déployés sont pour la plupart fragmentés et bilatéraux dans la mesure où Téhéran conclut des accords avec chaque pays séparément. S'unir pour refuser les rencontres individuelles avec des diplomates iraniens, isoler Téhéran au sein des organisations internationales, et entreprendre des actions de ce type jusqu'à la libération des otages: voilà ce qui pourrait infléchir la position de l'Iran», explique-t-il.

Robert Levinson, agent spécial du FBI à la retraite, serait mort en détention en Iran. (AFP)

«L'échange d'otages contre le déblocage de fonds ne fait qu'encourager les Iraniens à multiplier les prises d'otages. Cette pratique est donc à éviter», préconise Brodsky.

Richard Ratcliffe, le mari de l'otage irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, partage cet avis. Récemment, il a informé le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, que le calvaire de sa femme se poursuivrait sans doute «à moins que le Royaume-Uni et la communauté internationale n'adoptent une position bien plus ferme contre la prise d'otages par l'Iran et ne qualifient cette pratique de “crime”».

En veillant à détenir au moins quelques citoyens occidentaux, l'Iran a obtenu un avantage considérable sur le long terme. Autrement dit, les échanges de prisonniers ou les accords «argent contre otages» n'ont pas anéanti le goût du régime pour les fausses accusations d'espionnage qu’elle porte contre des étrangers.

Par ailleurs, cette pratique a permis à l'Iran de payer moins cher son approbation des attaques terroristes à l'étranger. L'Iran se sert de ce levier pour faire libérer un grand nombre de ses agents capturés après des attaques terroristes qu'ils ont perpétrées à l'étranger.

Kylie Moore-Gilbert, une universitaire australo-britannique détenue par l'Iran pour espionnage, a été libérée en 2020 en échange de trois Iraniens condamnés à la suite des attentats de 2012 à Bangkok, une tentative qui visait des diplomates israéliens.

Zaghari-Ratcliffe a été arrêtée pour la première fois en Iran en 2016. (AFP)

«Dans la mesure où l'Iran détient de façon régulière des personnes qui disposent d’une double nationalité originaires de l'Occident, il incombe à ce dernier de réagir et d'adopter une position collective», indique à Arab News Ali Fathollah-Nejad, un politologue germano-iranien.

«Les États-Unis et l'Union européenne doivent faire savoir que de telles détentions à but politique entraînent des conséquences politiques immédiates. Parmi ces actions figurent des sanctions ciblées contre les autorités iraniennes visant également leurs avoirs à l'étranger, la restriction de la liberté de mouvement de leurs familles à l'étranger ainsi que des mesures à caractère diplomatique, comme le retrait des diplomates de Téhéran et la suspension de la coopération politique et/ou économique», confie-t-il.

«Il convient également de prendre davantage de mesures juridiques à l'échelle internationale, puisque ces détentions enfreignent les conventions relatives aux droits de l'homme et aux droits civils. Si l'Occident ne réagit pas de la sorte à la pratique des prises d'otages de Téhéran, cette dernière ne fera que perdurer», conclut le politologue.

Pour Wang, la libération des otages étrangers passe inévitablement par un réaménagement radical de la stratégie géopolitique de la Maison Blanche à l'égard de l'Iran, notamment par une remise en cause de l'accord sur le nucléaire.

«Le problème des otages est de toute évidence lié au PAGC, même si l'administration Biden dément cette réalité. Il est très difficile d’avancer sur la question des otages sans avancer sur les négociations du PAGC», explique-t-il à Arab News.

«Malheureusement, la volonté de l'administration Biden de revenir sur l'accord coûte que coûte porte préjudice à l'administration et prolonge la souffrance des otages étrangers en Iran, surtout les otages américains», déplore-t-il.

Twitter : @OS26

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France–Arabie saoudite : un siècle de relations diplomatiques, un partenariat stratégique tourné vers l’avenir

L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, s'exprime lors de la réception organisée à Riyad à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, s'exprime lors de la réception organisée à Riyad à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le prince Turki Al-Faisal. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le prince Turki Al-Faisal. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, rencontre le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
La réception a réuni des membres du corps diplomatique accrédité auprès du Royaume, ainsi que des représentants des communautés française et saoudienne. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, et le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf, coupent un gâteau à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, et le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdelaziz ben Ayyaf, coupent un gâteau à l'occasion du 14 Juillet. (Photo fournie)
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  • Le centenaire des relations diplomatiques entre la France et l'Arabie saoudite marque une nouvelle étape dans le renforcement d'un partenariat stratégique couvrant des domaines variés, de la culture à l'intelligence artificielle
  • Paris et Riyad affichent des convergences sur plusieurs enjeux régionaux majeurs, notamment la sécurité, la stabilité du Golfe et la recherche de solutions diplomatiques

RIYAD : À l'occasion de la fête nationale française du 14 juillet, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Patrick Maisonnave, a souligné la solidité et la dynamique des relations entre Paris et Riyad lors d'un entretien avec Arab News en français, alors que les deux pays célèbrent en 2026 le centenaire de leurs relations diplomatiques.

Il rappelle que cette année marque le centenaire de la reconnaissance par la France de la souveraineté du roi Abdelaziz sur les territoires du Nejd et du Hedjaz. Un anniversaire qui illustre, à ses yeux, une relation « ancienne, solide et tournée vers l'avenir », portée aujourd'hui par un dialogue politique régulier entre le président Emmanuel Macron et le prince héritier Mohammed ben Salmane.

L'ambassadeur estime que la visite d'État du président français en Arabie saoudite, en décembre 2024, a constitué une étape majeure dans la consolidation du partenariat stratégique global entre les deux pays. Il souligne que les prochaines échéances politiques devraient permettre de donner davantage de contenu et d'ambition à cette relation.

Patrick Maisonnave met également en avant l'élargissement des domaines de coopération bilatérale, qui couvrent désormais l'ensemble des priorités de la Vision 2030. Culture, patrimoine, tourisme, énergie, transports, défense, santé, intelligence artificielle, technologies, éducation ou encore développement urbain figurent parmi les principaux secteurs de collaboration.

Le projet d'AlUla demeure, selon lui, « l'exemple le plus emblématique » de cette dynamique. L'initiative associe préservation du patrimoine, développement touristique durable, archéologie, architecture, muséographie et formation de talents, illustrant l'ambition commune des deux pays.

L'ambassadeur cite également la culture comme l'un des piliers de la relation franco-saoudienne, évoquant notamment le lancement de « La Fabrique », présentée comme un incubateur de projets culturels franco-saoudiens. Il met aussi en avant l'essor de nouvelles coopérations dans les secteurs du numérique et du divertissement, notamment autour de l'e-sport. À ce titre, il voit dans le choix de Paris par les autorités saoudiennes pour accueillir cet été la Coupe du monde d'e-sport « un acte de confiance envers la France », qui témoigne, selon lui, d'un partenariat s'étendant désormais « aux nouvelles industries du sport, du divertissement, du numérique et de l'innovation ».

Sur le plan régional, Patrick Maisonnave décrit la France comme un partenaire « présent, fiable et constant » des pays du Golfe. Il rappelle l'engagement français en faveur de la sécurité régionale, de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz et de la désescalade.

L'ambassadeur souligne enfin les convergences entre Paris et Riyad sur plusieurs dossiers majeurs, notamment la sécurité du Golfe, la mise en œuvre de la solution à deux États au Proche-Orient, le soutien à l'intégrité territoriale du Liban et les efforts de stabilisation de la Syrie. Selon lui, ces priorités communes traduisent la volonté des deux pays de privilégier la diplomatie, le respect du droit international et la recherche de solutions politiques au service de la stabilité régionale.

Ces convergences illustrent, selon lui, la portée du partenariat stratégique entre la France et l'Arabie saoudite. « Tous nos efforts vont dans le même sens : la stabilité régionale doit passer par la diplomatie, le respect du droit international et la recherche de solutions politiques », affirme-t-il.

Une approche qui résume, selon lui, l'esprit du partenariat franco-saoudien : « une relation bilatérale forte et une coopération de tous les instants au service de la stabilité régionale ».


Israël: les élections législatives se tiendront le 27 octobre

Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (AFP)
Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (AFP)
  • Ce scrutin sera le premier organisé depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza et a ouvert d'autres fronts pour Israël dans la région
  • Benjamin Netanyahu, le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat

JERUSALEM: Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La Knesset, nom du Parlement israélien, doit achever son mandat le 17 juillet, permettant à la coalition au pouvoir d'aller jusqu'au bout de ses quatre ans, pour la première fois depuis plusieurs décennies.

Dans un communiqué, la conseillère juridique de Parlement, Sagit Afik, a indiqué que la législature actuelle était appelée à aller jusqu'au terme de son mandat, et que par conséquent "les élections étaient (...) fixées par la loi au 27 octobre, sans qu'il soit envisagé d'écourter le mandat de la Knesset".

Ce scrutin sera le premier organisé depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza et a ouvert d'autres fronts pour Israël dans la région.

Benjamin Netanyahu, le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat.

Empêtré dans un procès pour corruption, le dirigeant de 76 ans a affirmé vouloir gagner cette élection, qui pourrait constituer le scrutin le plus déterminant de sa carrière politique.

Ces derniers jours, son gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, s'est employé à faire adopter une série de projets de loi afin de consolider sa majorité et d'aborder les élections en position de force.

Les derniers sondages montrent toutefois qu'une majorité d'Israéliens souhaitent le départ de M. Netanyahu. L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot apparaît désormais comme son principal rival.

La colère suscitée par les défaillances sécuritaires ayant entouré les attaques du 7-Octobre reste vive et continue de peser sur la popularité de Benjamin Netanyahu.

Popularité en baisse 

L'opinion publique lui reproche aussi de ne pas avoir tenu ses promesses de "victoire totale" sur le Hamas et le Hezbollah libanais pro-iranien et d'avoir été écarté des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, le protocole d'accord conclu ayant été jugé par beaucoup défavorable aux intérêts israéliens.

Un récent sondage de l'Université hébraïque de Jérusalem a révélé que plus de 92% des Israéliens estiment que l'Iran a remporté la guerre au Moyen-Orient, tandis que le soutien à M. Netanyahu comme Premier ministre a chuté de 40,5% début mars à 29,4% en juin.

Le mois dernier, le dirigeant israélien a déclaré qu'il souhaitait "établir un large gouvernement national".

En cherchant à tendre la main au-delà de son camp, il semble vouloir recentrer son discours électoral sur l'unité nationale plutôt que sur l'appartenance idéologique.

Le débat public est aussi profondément marqué par la question du service militaire obligatoire pour les hommes juifs ultra-orthodoxes.

Les principaux alliés de M. Netanyahu issus des partis ultra-orthodoxes ont à plusieurs reprises menacé de faire tomber le gouvernement si les étudiants en yechiva (centre d'études des textes rabbiniques) n'étaient pas exemptés de l'obligation de servir dans l'armée.

A l'inverse, l'armée israélienne et une grande partie de l'opinion publique estiment qu'un enrôlement plus large est nécessaire, après des années de guerres alors que les réservistes enchaînent les périodes sous les drapeaux.

Parmi les autres sujets susceptibles de peser sur la campagne figurent les réformes judiciaires controversées lancées par M. Netanyahu avant le déclenchement de la guerre à Gaza, son procès pour corruption en cours ainsi que les incertitudes concernant la gouvernance de la bande de Gaza, près d'un an après l'entrée en vigueur d'une trêve précaire.


L'Iran revendique de nouvelles frappes contre Oman, le Koweït et Bahreïn 

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation. (AFP)
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  • "Outre le ciblage des installations et infrastructures de l'armée américaine à Juffair à Bahreïn, où des incendies font rage, la marine des Gardiens a ciblé et détruit" des radars dont l'un de détection des navires à Oman
  • L'armée jordanienne a annoncé lundi avoir abattu quatre missiles iraniens au-dessus du pays, que Téhéran a dit viser en représailles à des frappes américaines

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont revendiqué lundi de nouvelles attaques contre des installations américaines situées à Oman et Bahreïn, selon un communiqué publié sur le site de l'organisation.

"Outre le ciblage des installations et infrastructures de l'armée américaine à Juffair à Bahreïn, où des incendies font rage, la marine des Gardiens a ciblé et détruit" des radars dont l'un de détection des navires à Oman, a indiqué le texte publié sur Sepah News.

Les Gardiens disent aussi avoir frappé deux bases aériennes au Koweït