L'Arabie saoudite, les USA et l'UE promettent une aide supplémentaire au Yémen

Un bureau de change fermé à Aden alors que les conditions économiques se détériorent. (Photo, AFP/Archives)
Un bureau de change fermé à Aden alors que les conditions économiques se détériorent. (Photo, AFP/Archives)
Short Url
Publié le Jeudi 23 septembre 2021

L'Arabie saoudite, les USA et l'UE promettent une aide supplémentaire au Yémen

  • L'Arabie saoudite demeure le premier donateur d'aide humanitaire à son voisin déchiré par la guerre
  • Riyad et Sanaa appellent à pousser les Houthis vers une solution politique sous l’égide de l’ONU

NEW YORK : L'Arabie saoudite, les États-Unis, l'UE et d'autres pays ont annoncé mercredi des centaines de millions de dollars d'aide humanitaire et de développement supplémentaire pour le Yémen lors d'une réunion de haut niveau à l'ONU.

Abdellah ben Abdelaziz Al-Rabeeah, superviseur général du Centre d'aide humanitaire et de secours Roi Salmane, a annoncé que l'Arabie saoudite fournira $90 millions supplémentaires d'aide humanitaire au Yémen, déchiré par la guerre.

«Au cours des six dernières années, le Royaume d'Arabie saoudite a fourni plus de $18 milliards pour soutenir le Yémen », a-t-il révélé. «Cette année seulement, l'Arabie saoudite a soutenu le Yémen avec plus de $848 millions».

La dernière promesse de don signifie que l'Arabie saoudite est à nouveau le plus grand donateur d'aide au Yémen. Mais «les dons en argent à eux seuls n'atténueront certainement pas la crise au Yémen , a averti Al-Rabeeah.

«À moins que nous ne travaillions ensemble pour mettre fin au conflit et réduire les obstacles à l'acheminement de l'aide, la situation continuera de s'aggraver», a-t-il ajouté.

«L'agressivité en cours par les milices houthies contre l'ONU et les ONG internationales ne fait qu'ajouter plus de misère au peuple yéménite».

Al-Rabeeah a exprimé le souhait du Royaume que la communauté internationale soutienne son plan politique «pour mettre fin au conflit et apporter une paix durable à tous les Yéménites».

Les États-Unis ont promis $290 millions supplémentaires de dons pour 2021, tandis que l'UE a annoncé qu'elle ferait un don supplémentaire de €119 millions d'euros ($139,65 millions), ce qui, selon la commissaire aux partenariats internationaux du bloc, Jutta Urpilainen, est un «engagement conjoint d'aide humanitaire et de développement».

Elle a ajouté que «dans l'immédiat, notre soutien aidera les familles à accéder à la nourriture et aux produits de base» et qu’«à long terme, l'UE vise à aider le Yémen à combler l'écart entre la crise et la reprise économique». À cet égard, a-t-elle assuré, «investir dans les jeunes et les femmes jouera un rôle essentiel».

Le Canada, le Qatar, la Suède et le Brésil ont promis ensemble des dons supplémentaires d'une valeur de plus de $120 millions, dont plusieurs millions seront versés à des organismes des Nations Unies tels que le Programme alimentaire mondial afin de soutenir leurs opérations au Yémen.

Au total, environ $600 millions consacrés à l'aide humanitaire supplémentaire ont été annoncés lors de la réunion des Nations Unies.

Cet argent sera utilisé pour garantir que la sécurité alimentaire, l'assainissement, les soins de santé et l'éducation continuent d'être fournis au plus grand nombre de Yéménites possible.

Alors que l'aide fournie par la communauté internationale allégera plusieurs difficultés auxquelles sont confrontées les 29 millions d'habitants du pays, les leaders mondiaux ont clairement indiqué à maintes reprises qu'une solution politique au conflit est le seul moyen, pour mettre effectivement fin à la crise humanitaire au Yémen.

Le Yémen est le pays le plus pauvre du Moyen-Orient et il a été plongé dans la guerre civile lorsque les Houthis soutenus par l'Iran ont renversé le gouvernement reconnu par l'ONU en 2015. Depuis lors, la famine et les conflits ont causé la mort de dizaines de milliers de civils.

Le ministre yéménite des Affaires étrangères et des expatriés, Ahmed Awad ben Moubarak, a averti mercredi que «malgré les généreuses contributions de la communauté internationale, notamment le plan de réponse humanitaire dirigé par l'ONU, la crise humanitaire que connaît le Yémen reste la plus grande et la plus urgente au monde».

Ben Moubarak a blâmé les Houthis pour la crise humanitaire au Yémen, citant leur assaut contre la ville de Marib comme exemple de la façon dont ils perpétuent les souffrances des Yéménites, dans ce cas en empêchant l'approvisionnement en combustible domestique à travers le pays.

«Marib est la principale source de gaz domestique au Yémen… Les attaques brutales et continues des milices houthies contre Marib ne font qu’aggraver les souffrances humaines», a souligné ben Moubarak.

Il a averti qu'une poursuite de tel offensive sur Marib pourrait forcer des milliers de Yéménites déplacés à l'intérieur du pays qui avaient cherché refuge dans la ville à s’exiler à l'étranger.

«Tous les efforts humanitaires fournis par les différentes agences de l'ONU ne mettront pas fin aux souffrances des Yéménites à moins que cette guerre ne s'arrête à jamais», a-t-il soutenu.

«Je voudrais donc, appeler la communauté internationale à faire davantage d'efforts pour que les milices houthies et leurs partisans abandonnent l'option de la guerre et s'engagent dans un processus de paix dirigé par l'ONU».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

Short Url
  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Short Url
  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Short Url
  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.