Dans quelle mesure le territoire autonome des Kurdes dans le nord-est de la Syrie est-il stable?

Des membres des services de sécurité intérieure kurdes syriens connus sous le nom d'«Asayesh» défilent en procession devant le corps de leur camarade mort, Khalid Hajji. (Photo, AFP/Archives)
Des membres des services de sécurité intérieure kurdes syriens connus sous le nom d'«Asayesh» défilent en procession devant le corps de leur camarade mort, Khalid Hajji. (Photo, AFP/Archives)
Short Url
Publié le Dimanche 17 octobre 2021

Dans quelle mesure le territoire autonome des Kurdes dans le nord-est de la Syrie est-il stable?

  • Bashar Assad ne semble pas intéressé par un État plus décentralisé dans lequel les Kurdes ont une plus grande autonomie
  • Le retrait raté des États-Unis d’Afghanistan pourrait jouer en faveur des Kurdes si Biden veut éviter des scènes similaires en Syrie

MISSOURI, États-Unis : Ilham Ahmed, chef de l'aile politique des Forces démocratiques syriennes(FDS), a fait pression sur Moscou et Washington pour soutenir la représentation kurde dans le processus de paix syrien soutenu par l'ONU.

Ahmed, qui s'est rendu dans les deux capitales ces dernières semaines, souhaite également que la région dirigée par les Kurdes soit exemptée des sanctions imposées en vertu de la Caesar Syria Civilian Protection Act 2019 (la loi César), la législation américaine qui a sanctionné le régime du président Bashar Assad pour crimes de guerre contre le peuple syrien.

Mais qu'espèrent précisément les Kurdes syriens et dans quelle mesure leurs propositions sont-elles viables ?

Des avions à réaction russes, des combattants soutenus par Téhéran, des insurgés soutenus par Ankara, des islamistes radicaux, des troupes américaines et des forces gouvernementales syriennes, ainsi que les Unités de protection du peuple kurde (YPG), opèrent à travers la mosaïque de territoires qui constituent le nord de la Syrie.

Les États-Unis considèrent les YPG comme un allié clé dans la lutte contre Daech dans le nord-est de la Syrie, tandis que la Russie possède des forces dans la région pour soutenir le président Assad.

Alors que certains médias ont rapporté qu'Ahmed, en tant que président du comité exécutif du Conseil démocratique syrien (SDC), faisait pression pour avoir le soutien américain ou russe à la création d'un État séparatiste, les Kurdes syriens ne poussent pas réellement pour un objectif aussi maximaliste.

Les partis kurdes syriens sont favorables à l'idéologie du chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdellah Ocalan. Ils affirment rejeter le nationalisme, la sécession et l'étatisme en général, conformément aux écrits d'Ocalan post-2001.

Dans le même temps, les organisations kurdes syriennes semblent établir tous les pièges de leur propre État séparé sur le territoire qu'elles contrôlent.

Leurs forces militaires, notamment les FDS, les YPG et les YPJ, la milice entièrement féminine des YPG, travaillent assidûment pour mettre en vigueur et maintenir leur monopole sur l'usage de la force dans le nord-est.

Ils se sont affrontés non seulement avec les forces turques et divers groupes extrémistes islamistes de la région, mais aussi à l'occasion avec des groupes armés kurdes, les forces militaires du régime Assad, les rebelles de l'Armée syrienne libre et d'autres.

img
Une membre des services de sécurité intérieure kurde connu sous le nom d'Asayesh monte la garde lors d'une manifestation de Kurdes syriens contre l'assaut turc dans le nord-est de la Syrie et en soutien aux Forces démocratiques syriennes (SDF), dans la ville de Qamishli. (Photo, AFP/Archives)

Les partis politiques concurrents dans les territoires sous leur contrôle ont également fait l'objet de pressions, voire d'interdictions pures et simples, alors que le Conseil démocratique syrien (SDC) et son allié, le Parti de l'union démocratique (PYD), cherchent à rassembler tout le monde sous les mêmes structures institutionnelles et gouvernementales qu'ils ont créées et dominées.

À certains égards, les Kurdes du Conseil démocratique syrien (SDC) et du PYD se sont avérés très libéraux, accueillant joyeusement les tribus arabes, les chrétiens, les yézidis, les Arméniens, les Turkmènes et d'autres groupes et ethnies dans leurs rangs et leurs structures gouvernantes.

Néanmoins, ils semblent beaucoup moins ouverts et tolérants envers ceux qui cherchent à opérer en dehors du cadre politique d'«autonomie démocratique» qu'ils ont conçu.

Avec leurs propres forces de sécurité, leurs institutions politiques, leurs écoles et diverses organisations de la société civile fondées par le parti, il semble parfois que les Kurdes syriens aient l'intention de bâtir leur propre État séparé. Mais quel choix avaient-ils après le déclenchement de la guerre civile en Syrie en 2011 ?

Le régime d'Assad avait brutalement réprimé les Kurdes pendant des décennies avant la récente guerre. Après qu'Assad ait retiré ses forces et une grande partie du personnel du gouvernement syrien du nord-est de la Syrie au début du conflit, pour se concentrer sur les parties ouest et sud du pays où la menace rebelle semblait la plus grande, quelqu'un a dû combler le vide résultant. 

img 2
Des femmes kurdes syriennes portent des drapeaux du parti, pendant qu'elles participent à un rassemblement de soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS) et aux Forces de protection du peuple. (Photo, AFP/Archives)

Des groupes kurdes syriens alignés sur le PKK se sont déplacés pour défendre la région contre Daech et d'autres groupes extrémistes qui tentaient de prendre le contrôle de cette région. Ils se sont battus extrêmement fort contre les islamistes radicaux, infligeant à Daech sa première défaite, à Kobani en 2014.

Libérés de l'emprise de fer du régime pour la première fois de leur vie, les Kurdes ont saisi l'opportunité d'établir des programmes, des centres culturels, des écoles et des institutions en kurde et dans d'autres langues minoritaires.

Craignant les tactiques malveillantes de «diviser pour régner» des puissances voisines, les nouvelles autorités kurdes syriennes ont rejeté les tentatives d'autres partis kurdes, en particulier ceux sous l'influence du gouvernement régional du Kurdistan irakien, et des groupes rebelles arabes visant à créer des partis et des milices concurrents sur leur territoire durement gagné.

Les autorités turques, quant à elles, étaient préoccupées par ce qu'elles considéraient comme l'émergence d'un proto-État contrôlé par le PKK à leur frontière sud. Au cours de trois incursions militaires durant les cinq dernières années qui ont déplacé des centaines de milliers de Kurdes de souche, Ankara s'est emparée de centaines de kilomètres de la bande frontalière et s’est introduit environ 30 km dans le nord de la Syrie.

En 2018, Moscou a semblé donner son feu vert à l'invasion turque d'Afrin, qui à l'époque était sous contrôle des SDF/YPG/PYD, retirant ses troupes et permettant aux avions de chasse turcs d'opérer dans l'espace aérien précédemment contrôlé par la Russie.

img 3
Une femme regarde depuis un toit les troupes américaines patrouiller en 2020 dans les rues de la ville syrienne d'Al-Jawadiyah et rencontre les habitants, dans la province nord-est de  Hasakeh, près de la frontière avec la Turquie. (Photo, AFP/Archives)

L'année suivante, Washington a semblé faire de même, en retirant les troupes américaines de la région de Tal Abyad à la frontière avec la Turquie juste avant l'invasion turque. 

Ces incursions ont laissé l'administration kurde syrienne dans une sérieuse impasse. Sans le soutien américain et la présence d'une force de déclenchement américaine symbolique, la Turquie pourrait bien étendre sa zone de contrôle dans le nord de la Syrie.

Cette semaine encore, le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie était déterminée à éliminer les menaces présumées provenant du nord de la Syrie et qu'une attaque présumée des YPG qui a tué deux policiers turcs à Azaz était «la goutte qui fait déborder le vase».

Pendant ce temps-là, le régime d'Assad ne semble pas intéressé par toute proposition d'un «État syrien plus décentralisé» dans lequel des parties du nord-est resteraient nominalement une partie de l'État mais tomberont en réalité sous contrôle kurde syrien.

Les récentes incursions diplomatiques d'Ahmed se sont donc concentrées sur Moscou et Washington. Dans le premier cas, les Kurdes syriens espèrent convaincre les Russes de persuader le régime d'Assad dans une sorte de compromis qui préservera autant d'autonomie que possible dans le nord-est de la Syrie. Dans ce dernier, ils visent à obtenir un engagement des États-Unis à ne plus les abandonner.

img 4
Des voitures passent devant les panneaux d'affichage de la campagne électorale représentant le président syrien Bashar Al-Assad, candidat au scrutin présidentiel, dans la capitale Damas, le 24 mai 2021. (Photo, AFP/Archives)

Ahmed a exposé ses espoirs lors d'une conférence organisée par le Washington Institute le 29 septembre.

«Le Conseil démocratique syrien (SDC) cherche une solution politique durable au conflit, en prônant un dialogue interne et, en fin de compte, une décentralisation politique et culturelle qui respecte la diversité du pays et renforce le développement économique», a-t-elle souligné.

«Le soutien continu de notre partenaire, les États-Unis, est crucial pour cette mission. L'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie est confrontée à de nombreux obstacles, notamment l'insécurité, la pauvreté, l'intervention étrangère et le terrorisme.

«De plus, le processus de paix de Genève et le processus constitutionnel sont au point mort. Les États-Unis pourraient aider à atténuer ces problèmes dans la recherche d'une Syrie plus stable, exempte de tyrannie, de conflits par procuration et de terreur».

Le retrait chaotique des États-Unis d'Afghanistan en août aura sans aucun doute perturbé les Kurdes syriens déjà inquiets quant à leur propre avenir. Assad, la Turquie et Daech seraient tous favorables à un retrait américain similaire du nord-est de la Syrie.

Il est peu probable que «l'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie», dont l'organe directeur est Le Conseil démocratique syrien (SDC), puisse résister à de telles pressions combinées. 

img 5
Les troupes américaines patrouillent dans les rues de la ville syrienne d'Al-Jawadiyah. (Photo, AFP/Archives)

Cependant, le retrait raté des États-Unis d'Afghanistan pourrait en fait jouer en faveur des Kurdes syriens, car l'administration Biden essaiera probablement d'éviter un embarras similaire en Syrie de si tôt.

Suite à des rencontres à Washington le mois dernier avec des représentants de la Maison Blanche, du Département d'État et du Pentagone, Ahmed semble avoir reçu une réponse rassurante.

«Les Américains ont promis de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour détruire l'État islamique (Daech) et de travailler à la construction d'infrastructures dans le nord-est de la Syrie», a déclaré Ahmed à l'agence de presse Reuters. « Ils ont affirmé qu'ils allaient rester en Syrie et ne se retireront pas. Ils continueront à combattre l'État islamique».

Elle a ajouté : «Avant, les choses n'étaient pas clairs sous Trump et même pendant le retrait afghan, mais cette fois-ci, les Américains ont tout clarifié».

Sans changement d'attitude à Damas ou à Ankara, les Kurdes syriens n'ont guère d'autre choix que de continuer à compter sur la présence, la coopération et le soutien américains. Au mieux, ils peuvent prolonger le statu quo et la longévité de leur autonomie précaire.

S'ils parviennent à convaincre Washington et Moscou de les aider à rouvrir les points de passage à la frontière avec l'Irak, à les exempter des sanctions visant le régime d'Assad et à autoriser l'acheminement de l'aide internationale directement dans leur enclave, plutôt que de passer par Damas avec le résultat qu'il atteint rarement le nord-est, alors la situation politique et économique s'améliorera.

Sans solution politique plus durable à l'horizon, cela reste probablement le mieux que les Kurdes syriens puissent espérer.

 

David Romano est Thomas G. Strong, professeur de politique au Moyen-Orient à la Missouri State University

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Short Url
  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

Short Url
  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.