A la BCE, un laboratoire secret anti-contrefaçons

Une sculpture représentant le symbole monétaire de l'euro de l'artiste allemand Ottmar Hörl est vue devant l'ancien siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 22 décembre 2021.(AFP)
Une sculpture représentant le symbole monétaire de l'euro de l'artiste allemand Ottmar Hörl est vue devant l'ancien siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 22 décembre 2021.(AFP)
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Publié le Mercredi 29 décembre 2021

A la BCE, un laboratoire secret anti-contrefaçons

  • La poignée d'experts qui travaille à la BCE est chargée de repérer les dernières techniques d'imitation employées par les faussaires
  • La contrefaçon des euros reste, 20 ans après la mise en circulation des espèces, une réalité

FRANCFORT : Au vingt-troisième étage de la tour abritant la Banque centrale européenne à Francfort, on pénètre par un sas de sécurité dans un endroit secret: le laboratoire de lutte contre les billets contrefaits en euros en circulation.

Une pièce aux allures de salle de travaux pratiques d'un collège renferme une série de machines sophistiquées, entre un microscope pour la vision en 3D, une balance réglée au microgramme près et un lecteur scientifique pour analyser la dizaine de signes apparents de sécurité insérés comme "signature" dans chaque billet.

La poignée d'experts qui y travaille est chargée de repérer les dernières techniques d'imitation employées par les faussaires.

Car la contrefaçon des euros reste, 20 ans après la mise en circulation des espèces, une réalité, même si le nombre a diminué au fil des années.

Environ 460.000 fausses coupures en euros ont ainsi été retirées de la circulation en 2020, soit une baisse de 18% sur un an.

Par comparaison, il y a actuellement environ 27 milliards de billets en euros en circulation.

Travail de fourmi

Les experts à Francfort doivent mener un travail de fourmi, en comparant au microscope les vraies des fausses coupures à partir d'infimes détails de sécurité.

Sur un vrai billet en euros agrandi près de soixante-dix fois sur l'écran d'un ordinateur, l'intérieur du nombre "vingt", sa valeur, ressemble ainsi aux sillons d'un champ de labour, soulignant une impression en relief, comme démontré par l'équipe de la BCE. Une grossière contrefaçon n'aurait pas le même rendu.

Les citoyens dehors n'ont eux "pas forcément le réflexe de bien regarder les billets pour repérer facilement les imitations", explique Eric Languillat, un des experts de la banque centrale.  

La BCE sensibilise depuis des années le public via la méthode consistant à "toucher, regarder, incliner" le billet.

Car "si on regarde bien un billet, la qualité d'une contrefaçon étant en général assez mauvaise, ce sera très facile de l'identifier", assure M. Languillat.

Au final, le risque demeure malgré tout "très faible" pour les consommateurs de récupérer un faux billet, veut croire aussi Jean-Michel Grimal, responsable de la Division du développement des billets au sein de la BCE.

Cela explique selon lui la "forte cote de confiance" de la monnaie unique comme moyen de paiement sécurisé au sein de la population européenne, à près de 80% selon les dernières enquêtes publiques.

 Armoire de fer 

La pièce stratégique du laboratoire, posée dans un coin, est une armoire de fer qui nécessite deux personnes pour l'ouvrir, chacune connaissant une partie d'une combinaison secrète.

Dedans sont stockés près de 1.000 billets imités, du 5 au 500 euros, qui ont été analysés à cet endroit depuis une vingtaine d'années.

Chaque pays de la zone euro dispose de son propre centre des contrefaçons. Mais c'est à Francfort qu'est dressé le catalogue des billets les plus "intéressants" car les mieux imités, explique Eric Languillat.

Ces données vont aider à leur tour les forces de police comme Europol qui traquent les réseaux criminels.

Les équipes de recherche et développement de la BCE, chargées d'améliorer la qualité et la sécurité des billets, sont aussi intéressées par les découvertes de ce laboratoire.

"Si on constate des efforts technologiques particuliers déployés par les contrefacteurs, les équipes de R&D vont se demander s'il n'y a pas quelque chose à mettre en place pour les contrecarrer", explique M. Grimal.

Chaque année, l'institut monétaire mobilise d'importants budgets pour tenter de fabriquer des billets inimitables. Et cette recette reste pour des raisons évidentes secrète. 

Le but est de "réduire le risque de contrefaçon à zéro ou presque", selon M. Grimal, un ingénieur, qui fut chercheur chez Saint-Gobain avant de rejoindre le monde des banques centrales.

Les efforts déployés par la BCE restent "un très bon investissement en comparaison du coût que représenterait une crise de contrefaçon" majeure en zone euro, est-il convaincu.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.