La Jordanie manie l'arme diplomatique pour mettre fin aux tensions à Al-Aqsa

Un Palestinien priant devant la mosquée du Dôme du Rocher, dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem (Photo, AFP).
Un Palestinien priant devant la mosquée du Dôme du Rocher, dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 19 avril 2022

La Jordanie manie l'arme diplomatique pour mettre fin aux tensions à Al-Aqsa

  • De nombreuses voix s'élèvent en Jordanie pour témoigner leur solidarité avec les fidèles d'Al-Aqsa
  • Les Palestiniens craignent que les autorités israéliennes ne divisent la mosquée Al-Aqsa entre confessions

RAMALLAH: Le roi Abdallah II de Jordanie a intensifié ses efforts pour mettre fin à l'hostilité israélienne envers les fidèles palestiniens de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.
Lundi, le souverain s'est entretenu avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le prince héritier d'Abu Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyane, le président du Conseil européen, Charles Michel, l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Le roi Abdallah II a souligné la nécessité pour Israël de mettre fin à toutes ses actions dans la mosquée.
Les observateurs craignent en effet que le comportement provocateur d’Israël autour de la mosquée Al-Aqsa ne sape les efforts de paix israélo-palestiniens.
Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a annoncé cette semaine la convocation de l'ambassadeur d'Israël.
«Nous avons convoqué l'ambassadeur israélien, et nous convoquerons aussi le chargé d'affaires pour lui faire part de notre message ferme et clair qui condamne les actions israéliennes», a déclaré le ministre.
Il a ajouté que la Jordanie accueillerait jeudi prochain une réunion du comité de la Ligue arabe visant à faire face aux «mesures israéliennes illégales» dans les lieux saints de Jérusalem.
Al-Safadi a averti que si Israël ne mettait pas fin à «ces mesures illégales et leurs violations», il lui ferait porter la responsabilité de l'accroissement des tensions.
La décision de convoquer l'ambassadeur d'Israël intervient à un moment où les groupes nationaux en Jordanie continuent à témoigner leur solidarité avec les fidèles d'Al-Aqsa et leurs importantes manifestations, jusqu'à la fin du ramadan.
Israël s’est montré préoccupé par la convocation de son ambassadeur à Amman lundi.
Les Palestiniens constituent un pourcentage important de la population jordanienne. Des dizaines de milliers de personnes vivent dans des camps de réfugiés à la périphérie d'Amman et leurs manifestations de solidarité avec Al-Aqsa pourraient poser un problème pour la sécurité et la stabilité dans le pays.
Bien que l'Égypte et le Qatar aient servi de médiateurs entre le Hamas, le Jihad islamique et Israël pour empêcher de nouvelles escalades sécuritaires, les Palestiniens pensent toujours que seule la pression jordanienne est susceptible d’empêcher de nouvelles restrictions israéliennes à Al-Aqsa pendant le ramadan.
Israël avait demandé au roi Abdallah de servir de médiateur auprès du président palestinien Mahmoud Abbas avant le ramadan afin qu'il n'y ait pas de tension à Jérusalem pendant le mois sacré.
Le roi Abdallah s'est rendu à Ramallah le 28 mars pour y rencontrer Abbas. Ils se sont mis d’accord pour agir en vue de calmer la situation à la veille du ramadan.
Avant la réunion, il a reçu à Amman le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, et au cours de la même semaine le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, ainsi que le président israélien Isaac Herzog, pour tenter d'empêcher la détérioration de la situation sécuritaire pendant le mois sacré.
Cheikh Azzam al-Khatib, directeur des Awqaf islamiques à Jérusalem, un département lié au ministère jordanien des Awqaf et des Affaires islamiques à Amman, qui emploie 800 personnes veillant sur Al-Aqsa, a déclaré dans une interview à Arab News que la politique israélienne envers Al-Aqsa était «très dangereuse».
 «Toute violation israélienne sera accueillie par une protestation et une position jordanienne ferme de la part du roi Abdallah II, car la position religieuse et juridique repose sur le fait que la mosquée Al-Aqsa n'accepte pas la division ou le partenariat et qu’elle est la propriété des musulmans, et que tout préjudice en ce sens signifierait une violation des principes dans lesquels le roi Abdallah II a été élevé, de même que sur l'importance de préserver les lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem», a-t-il précisé à Arab News.
Les Palestiniens craignent que les autorités israéliennes ne divisent la mosquée Al-Aqsa entre musulmans et juifs, comme elles l'ont fait il y a plusieurs années pour la mosquée Ibrahimi à Hébron.
Israël a entre temps fermé la mosquée Ibrahimi lundi et mardi aux fidèles musulmans, afin de permettre aux fidèles juifs d'accomplir les prières de la Pâque.
Vendredi dernier, les Palestiniens en colère contre les actions de la police israélienne ont appelé la Jordanie à intervenir et ont remis en question la position du roi Abdallah sur la protection d'Al-Aqsa.
Nombre d'entre eux ont écrit des messages sur les réseaux sociaux. L'un d'eux disait: «La mosquée Al-Aqsa n'a pas besoin d'être recouverte de tapis, mais a plutôt besoin de la protection de ceux qui la dirigent afin d’y prier pendant le ramadan.»
Les Hachémites sont les gardiens des lieux saints islamiques de Jérusalem depuis cent ans. Même après la guerre de 1967, au cours de laquelle Israël a occupé Jérusalem-Est, la protection d'Al-Aqsa par la Jordanie a été maintenue. Cette situation a été confortée lors du traité de paix israélo-jordanien en 1994 – mieux connu sous le nom de Wadi Araba – qui avait été signé entre le défunt roi Hussein ben Talal et le Premier ministre israélien alors en fonction, Yitzhak Rabin.
«Il est naturel de convoquer l'ambassadeur d'Israël à Amman et de lui exprimer les protestations, et il est important que le peuple israélien sache qu'il existe des partis juifs d'extrême droite qui s'efforcent de lui causer du tort en menant une guerre de religion contre les musulmans dans ce pays», a affirmé Al-Khattib.
Il a ajouté que «toute violation du caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa concerne le monde entier, en particulier le roi Abdallah.»
 «Nous voulons que la paix règne dans cette région, qu’il ne soit porté atteinte à aucun lieu saint, de n’importe quelle partie, et que le spectre de la guerre de religion en soit éloigné», a-t-il ajouté.
Le ministère palestinien des Affaires étrangères a vivement critiqué sa contrepartie israélienne, et a réfuté les allégations d'Israël affirmant soutenir la liberté de culte.
Il a déclaré dans un communiqué que le ministère israélien des Affaires étrangères «continuait de fabriquer des mensonges et de la désinformation sur le désir de l'État d'occupation de préserver la liberté de culte dans Jérusalem occupée».
Il a également indiqué que «des centaines de vidéos» avaient documenté des cas de fidèles contraints de quitter la mosquée Al-Aqsa, ainsi que des cas de «répression et d'abus».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Short Url
  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: l'armée israélienne dit frapper le Hezbollah à Beyrouth

Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Des personnes se tiennent à l’intérieur d’une université publique transformée en refuge pour des déplacés par les frappes aériennes israéliennes à Beyrouth, au Liban, le 20 mars 2026. (AP)
Short Url
  • L’armée israélienne a lancé des frappes à Beyrouth contre le Hezbollah après avoir appelé à l’évacuation de quartiers du sud, bastion du mouvement
  • Le conflit s’intensifie au Liban (plus de 1 000 morts et 1 million de déplacés), tandis que des appels à des négociations directes avec Israël émergent malgré la poursuite des combats

Jérusalem: L'armée israélienne a annoncé avoir lancé samedi matin des frappes sur Beyrouth visant le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran, après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de la banlieue sud d'évacuer.

Les forces armées israéliennes "frappent actuellement des cibles de l'organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth", ont-elles indiqué dans un bref communiqué.

Auparavant, un porte-parole de l'armée avait enjoint les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant le lancement de frappes.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du mouvement pro-iranien Hezbollah en réprésailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février

Dans le sud du Liban, zone principale des affrontements entre Israël et le Hezbollah, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées samedi à l'aube dans une "lourde frappe" israélienne contre une maison dans le district de Bint Jbeil, a annoncé l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'agence nationale a également fait état de nouvelles frappes sur la ville côtière de Tyr, dans le sud du pays, et sur la ville de Naqoura, à proximité de la frontière avec Israël.

Le Hezbollah a affirmé que ses combattants ont ciblé des troupes israéliennes dans six villages du sud du Liban et lancé des roquettes au-delà de la frontière. L'armée israélienne a indiqué que les sirènes aériennes ont été activées.

Selon le ministère libanais de la Santé, le conflit a tué plus de 1.000 personnes au Liban et déplacé plus d'un million de personnes.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa, a salué vendredi la proposition du président libanais Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre avec le Hezbollah "car aucun accord ne peut être trouvé sans dialogue", a-t-il déclaré à des médias libanais, à l'issue d'une rencontre avec le patriarche maronite Béchara al-Raï à Beyrouth.

Mais ne croyant pas "qu'Israël ait décidé de mettre fin" aux combats, il a ajouté que "le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances".


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Short Url
  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.