L’ONU exige que les assassins d'Abu Akleh soient traduits en justice

Mémorial improvisé sur le site où la journaliste Shireen Abu Akleh a été tuée par balle, dans la ville de Jénine, en Cisjordanie (Photo, AP).
Mémorial improvisé sur le site où la journaliste Shireen Abu Akleh a été tuée par balle, dans la ville de Jénine, en Cisjordanie (Photo, AP).
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Publié le Vendredi 27 mai 2022

L’ONU exige que les assassins d'Abu Akleh soient traduits en justice

  • Les membres du Conseil de sécurité condamnent la violence israélienne lors des funérailles de la journaliste et demandent à nouveau une enquête indépendante sur sa mort
  • Israël est de nouveau appelé à mettre fin à l'expansion des colonies et à annuler les ordres de démolition et d'expulsion des propriétés palestiniennes

NEW YORK: L'assassinat de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh à Jénine, en Cisjordanie, et l'usage excessif de la force par la police israélienne contre les personnes en deuil lors de ses funérailles ont de nouveau été au cœur de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui s'est tenue jeudi.

Les membres du Conseil ont condamné le meurtre d'Abu Akleh et ont réitéré leurs appels à une enquête indépendante et transparente sur sa mort, tandis que Tor Wennesland, le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a insisté que «les responsables de la mort de la journaliste doivent être tenus pour responsables».

La représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a décrit le «meurtre déchirant» d'Abou Akleh comme une «perte tragique et une offense à la liberté de la presse, partout dans le monde».

Elle a fermement condamné le meurtre et a appelé à «une enquête immédiate, approfondie, transparente et impartiale», ajoutant: «Dès la conclusion de l'enquête, nous attendons que les personnes jugées responsables répondent pleinement de leurs actes.»

Thomas-Greenfield a signalé que la mort d'Abu Akleh a été aggravée par la violence qui a marqué son cortège funéraire.

«Nous avons directement fait part de nos préoccupations à Israël concernant les images troublantes de la police israélienne faisant intrusion dans le cortège», a-t-elle avisé.

L'envoyée américaine a appelé toutes les parties à honorer Abu Akleh en «redoublant» les efforts de paix.

Les anciens et actuels membres européens du Conseil de sécurité ont également réitéré leur demande d'enquête sur le meurtre d'Abou Akleh et se sont dits choqués par «la violence exercée par la police israélienne à l'égard des personnes en deuil lors de ses funérailles».

Dans une déclaration commune publiée après la réunion du Conseil de sécurité, les membres de l'UE, la France, l'Irlande et l'Estonie, rejoints par l'Albanie, ont déploré la décision prise le 12 mai par le Conseil supérieur de la planification israélien d'avancer les plans de construction de plus de 4 000 logements en Cisjordanie occupée.

La déclaration a exhorté Israël à annuler cette décision, ainsi qu'à renoncer aux démolitions et aux expulsions prévues, en particulier dans la zone de Masafer Yatta, qui pourrait à elle seule entraîner le transfert forcé de 1 200 personnes.

Condamnant toutes les attaques contre les journalistes, Wennesland a indiqué que la mort d'Abu Akleh «a rassemblé les Palestiniens et d'innombrables autres personnes dans le monde entier dans le chagrin et la colère, tout en servant de nouveau à rappeler le coût humain dévastateur de ce conflit».

Le coordinateur spécial a également déploré «le schéma familier de la violence quotidienne, notamment les affrontements armés, l'expansion des colonies, les expulsions, les démolitions et les saisies de biens palestiniens, ainsi qu'une attaque terroriste mortelle en Israël».

Les violences quotidiennes ont fait 10 morts, dont une femme et trois enfants, et 346 blessés, dont 24 enfants.

Ces morts et ces blessés aux mains des forces de sécurité israéliennes se sont produits lors de manifestations, d'affrontements et d'opérations de recherche et d'arrestation, a indiqué Wennesland.

Il a souligné que des colons israéliens et d'autres civils ont mené 57 attaques contre des Palestiniens, qui ont entraîné la mort d'un enfant palestinien, fait 24 blessés et endommagé des biens palestiniens.

Entre-temps, quatre civils israéliens et un membre du personnel de sécurité israélien ont été tués et 22 civils et 20 membres du personnel de sécurité ont été blessés par des Palestiniens lors d'attaques à l'arme à feu ou à l'arme blanche ou lors d'affrontements impliquant le lancement de pierres ou d’engins incendiaires de fabrication artisanale.

Wennesland a également demandé que l'on se penche d'urgence sur la situation financière «désastreuse» de l'Autorité palestinienne, «aggravée par les restrictions de l'occupation, l'absence de réformes palestiniennes sérieuses et les perspectives peu claires de soutien des donateurs».

 «Sans mesures politiques significatives de la part d'Israël, sans réformes audacieuses de la part de l'Autorité palestinienne et sans un soutien accru des donateurs, ces défis économiques se poursuivront», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite intercepte des drones visant le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah

L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Une série d'attaques de drones déjouées par les défenses aériennes du royaume
  • Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée

RIYAD: L'Arabie saoudite a abattu jeudi des drones qui visaient le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah, dans le sud-est du pays.

Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée.

"Un drone ennemi a été abattu alors qu'il tentait de s'approcher" du quartier diplomatique de la capitale, a déclaré tôt jeudi un porte-parole du ministère.

Au moins six drones ont été "interceptés et détruits" plus tard dans la journée dans le quartier vide "en direction du champ pétrolier de Shaybah", selon les déclarations.
Auparavant, le ministère avait déclaré qu'au moins 20 drones avaient été abattus dans la région de l'Est.

L'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe sont confrontés à des vagues d'attaques de missiles et de drones iraniens depuis qu'Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre l'Iran le 28 février.

Ces attaques ont visé la base aérienne Prince Sultan, l'ambassade des États-Unis à Riyad, des champs pétroliers et des infrastructures énergétiques.

Le ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, a condamné les attaques lors d'un appel avec son homologue turc.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a salué l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution exigeant la fin des attaques de l'Iran contre les États du Golfe et la Jordanie.


Liban: nouvelle frappe en plein jour sur Beyrouth, Israël menace de «prendre des territoires»

Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
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  • L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth"
  • Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël

BEYROUTH: Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban.

La guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, dont 98 enfants, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire se dégage d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer dans le centre de la capitale libanaise. Selon elle, le groupe avait "caché des millions de dollars pour financer ses activités" sous le bâtiment visé.

Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

Une cinquième frappe sur un quartier central a par ailleurs visé un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, a constaté l'AFP.

"C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter", a déclaré jeudi à la télévision le Premier ministre Nawaf Salam.

Un peu plus tôt, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le groupe chiite a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Désolation 

Le Hezbollah a également revendiqué jeudi des tirs de missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée (centre d'Israël), où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a une résidence.

A Beyrouth, une frappe israélienne a fait 12 morts et 28 blessés à l'aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah, selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", a raconté Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre".

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein Beyrouth, a dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

Après la première frappe, "une deuxième a suivi", entrainant "un carnage", a-t-elle dit.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu des taches de sang sur le trottoir et des éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Des frappes ont également visé jeudi Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts et cinq blessé, selon un nouveau bilan des autorités.

Et deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise en lisière de la banlieue sud, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne continue de frapper quasi quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, fief du groupe chiite dont une grande partie de la population a fui.

Un photographe de l'AFP a été témoin d'un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers.

L'armée israélienne a étendu jeudi son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve à environ 40 kilomètres de la frontière.

"Le déplacement massif de population que nous constatons ici (au Liban, ndlr) est sans précédent", a déclaré à l'AFP Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

"On a enregistré quelque 800.000 personnes en une semaine, c'est énorme", a-t-il dit depuis Beyrouth.

 


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.