Le Liban, bientôt le seul pays au monde où le pain n'est pas subventionné ?

Les queues pour le pain à Tripoli, capitale du nord libanais. (Photo, twitter @HitafBou)
Les queues pour le pain à Tripoli, capitale du nord libanais. (Photo, twitter @HitafBou)
Short Url
Publié le Samedi 25 juin 2022

Le Liban, bientôt le seul pays au monde où le pain n'est pas subventionné ?

  • En avril 2022, le gouvernement libanais avait accepté de débourser 15 millions de dollars pour résoudre temporairement la pénurie croissante de pain dans le pays
  • Depuis une semaine, de longues files d'attente se sont formées dans les boulangeries de toutes les régions, et les gens attendent des heures pour acheter du pain

BEYROUTH : Le 22 juin, le syndicat des boulangers libanais a mis en garde contre une crise du pain dans le pays, alors que plusieurs minoteries ont cessé leurs activités en raison d'un manque de financement. Le pays pourrait à tout moment se retrouver confronté à une crise du pain en raison de la pénurie de farine.

 Dans une déclaration, le Syndicat a indiqué que les boulangeries sont confrontées à une pénurie de farine de blé dans plusieurs régions libanaises.

 « Un certain nombre de boulangeries ont cessé de fabriquer du pain, tandis que d'autres disposent de quantités limitées de farine de blé qui ne suffisent que pour une journée », ajoute-t-il.

 En avril 2022, le gouvernement libanais avait accepté de débourser 15 millions de dollars pour résoudre temporairement la pénurie croissante de pain dans le pays, a déclaré à Reuters le ministre de l'Économie du gouvernement transitoire, Amine Salam, tout en précisant que les fonds ne dureraient que quelques semaines.

 Pour aborder à nouveau cette question, Amine Salam a rencontré vendredi dans son bureau une délégation de propriétaires de boulangeries pour discuter des derniers développements de la crise du blé et du pain.

 « L'État a cherché à obtenir des fonds pour les subventions et à ouvrir des lignes de crédit, malgré le fait que nous sommes dans un pays qui n'est pas en mesure de fournir des subventions, mais nous avons décidé de continuer à subventionner le pain », a expliqué Salam.

 « Aujourd'hui, je ne peux pas mettre en péril le Liban en pleine crise mondiale du blé », a-t-il poursuivi.

 Dans sa précédente déclaration, le syndicat a imputé la responsabilité de la crise à la Banque centrale du Liban, affirmant que « la Banque du Liban retarde le paiement des cargaisons de blé pour des raisons inconnues ».

« Nous allons assurer le suivi avec la Banque du Liban pour ouvrir les lignes de crédit », a rassuré de ce fait Salam.

Le chef de la municipalité de Ghobeiry (banlieue sud de Beyrouth) a mentionné sur twitter que « Quatre boulangeries sur un total de cinq boulangeries opérant à Ghobeiry vendent du pain avec un poids inférieur au poids officiel émis par le ministère de l'économie, elles ont été fermées et certaines d'entre elles ont rouvert après s'être engagées à respecter le prix officiel. »

Depuis une semaine, de longues files d'attente se sont formées dans les boulangeries de toutes les régions, les gens attendant des heures pour acheter du pain. Dans certaines villes libanaises, des paquets de pain ont été vendus au marché noir à des prix supérieurs à ceux fixés par le ministère de l'économie, car les entreprises ont cessé de livrer du pain aux magasins en raison du manque de farine et du prix élevé du carburant.

Depuis fin 2019, le Liban est aux prises avec une grave crise économique, érodant la capacité des gens à accéder aux produits de base, notamment la nourriture, l'eau, les soins de santé et l'éducation, tandis que les coupures de courant sont généralisées en raison des pénuries de carburant.

Alors que la corruption continue de régner sur le pays et que la guerre se poursuit entre la Russie et l'Ukraine, affectant la sécurité alimentaire mondiale, comment le Liban, dont la monnaie a perdu 90 % de sa valeur, pourra-t-il continuer à subventionner les besoins fondamentaux de ses citoyens ? Et jusqu'à quand ?


Liban: le chef du Hezbollah dit refuser toute zone de sécurité israélienne dans le sud

  • "Israël est un agresseur et doit partir. Les Etats-Unis assument l'entière responsabilité" des actions israéliennes, a réagi Naïm Qassem
  • "Même si Israël multiplie ses actes criminels, nous (nous) défendrons", a-t-il assuré

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé dimanche toute zone de sécurité israélienne dans le sud du Liban, après qu'Israël a dit vouloir y maintenir son armée.

Le maintien de forces israéliennes sur le sol libanais est "impossible" et "il n'y a pas de zones de sécurité pour Israël", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans une adresse télévisée.

"Nous avons une armée libanaise seule à même de se déployer et responsable de la sauvegarde de la souveraineté" du Liban, "et c'est avec elle que nous coopérons", a-t-il ajouté.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars par le Hezbollah, en soutien à Téhéran visé par une offensive israélo-américaine.

Depuis, l'armée israélienne mène une offensive terrestre dans le sud du pays et opère dans ce qui est présenté comme une zone de sécurité d'une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de la frontière, devant protéger les habitants du nord d'Israël.

Un cessez-le-feu avait été annoncé vendredi, après un précédent qui n'avait pas été respecté.

L'armée israélienne restera dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire", a déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sur fond de négociations entre l'Iran et les Etats-Unis en Suisse pour mettre fin au conflit dans la région.

Le ministre de la Défense, Israël Katz, a en outre affirmé que les troupes israéliennes pouvaient agir "sans aucune restriction" pour "éliminer les menaces" au Liban.

"Israël ne se retirera pas de la zone de sécurité au Liban", a-t-il répété.

"Israël est un agresseur et doit partir. Les Etats-Unis assument l'entière responsabilité" des actions israéliennes, a réagi Naïm Qassem.

"Même si Israël multiplie ses actes criminels, nous (nous) défendrons", a-t-il assuré.

Le chef du Hezbollah a tenu ces propos après l'ouverture en Suisse dimanche des pourparlers censés finaliser un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran.

L'Iran, qui a dit qu'aucun accord avec les Etats-Unis ne serait possible sans cessation des hostilités au Liban, avait annoncé samedi une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles aux attaques israéliennes sur ce pays.

Le Liban connaît depuis samedi soir une accalmie, l'armée israélienne ayant reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah.

"J'invite le pouvoir libanais à tirer profit du protocole d'entente", a affirmé Naïm Qassem.

L'Iran "a fermé le détroit d'Ormuz pour le Liban. C'est une arme entre vos mains (...). Utilisez-la", a-t-il ajouté.

Sous la pression des Etats-Unis, le Liban a entamé en avril des pourparlers directs avec Israël à Washington, que le Hezbollah rejette. Un cinquième cycle de négociations doit débuter la semaine prochaine.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Short Url
  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.