Philippines: la Nobel de la paix Maria Ressa en appel devant la Cour suprême

Maria Ressa risque une longue peine de prison pour cette condamnation. (Photo, AFP)
Maria Ressa risque une longue peine de prison pour cette condamnation. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 11 octobre 2022

Philippines: la Nobel de la paix Maria Ressa en appel devant la Cour suprême

Maria Ressa risque une longue peine de prison pour cette condamnation. (Photo, AFP)
  • Cette journaliste chevronnée, critique virulente de l'ancien président Rodrigo Duterte et de sa guerre meurtrière contre la drogue, lancée en 2016, encourt jusqu'à sept ans de prison pour diffamation en ligne
  • La cour d'appel qui l'avait condamnée en juillet 2022 pour diffamation en ligne, de même que son ancien collègue Rey Santos, a refusé lundi de reconsidérer sa décision

MANILLE: La journaliste philippine Maria Ressa, co-lauréate du prix Nobel de la Paix 2021 condamnée pour diffamation en ligne, fera appel devant la Cour suprême du pays pour éviter de purger une longue peine de prison, a annoncé mardi son avocat. 

Cette journaliste chevronnée, critique virulente de l'ancien président Rodrigo Duterte et de sa guerre meurtrière contre la drogue, lancée en 2016, encourt jusqu'à sept ans de prison pour diffamation en ligne. 

Maria Ressa, 59 ans, et le journaliste russe Dmitri Mouratov ont reçu le prix Nobel de la Paix en octobre 2021 pour leurs efforts en faveur de "la liberté d'expression". 

Le travail de la journaliste sur son site d'information Rappler lui a valu ce que les défenseurs de la liberté de la presse considèrent comme une série d'accusations criminelles, d'enquêtes et d'attaques en ligne contre elle et son média. 

L'affaire va désormais être portée devant la Cour suprême philippine, a annoncé son avocat Ted Te, dans un communiqué. 

La cour d'appel qui l'avait condamnée en juillet 2022 pour diffamation en ligne, de même que son ancien collègue Rey Santos, a refusé lundi de reconsidérer sa décision. 

Ce rejet, que l'avocat a qualifié de "décevant", a, selon lui, "ignoré tous les principes fondamentaux du droit pénal et constitutionnel, ainsi que les éléments fournis". 

Les deux journalistes Maria Ressa et Rey Santos, condamnés en première instance en 2020, "vont porter ces questions devant la Cour suprême" à laquelle "nous demanderons de réexaminer et de renverser" l'arrêt de la cour d'appel, a ajouté Ted Te. 

« Rendre des comptes » 

La récente décision judiciaire sonne comme "un rappel de l'importance du journalisme indépendant qui oblige le pouvoir à rendre des comptes", a déclaré la journaliste. 

"Malgré ces attaques virulentes (venant) de toutes parts, nous continuons à nous concentrer sur ce que nous faisons le mieux: le journalisme", a-t-elle affirmé dans un communiqué. 

Dans sa décision, la Cour d'appel a considéré la demande de réexamen comme "non fondée" car les questions soulevées avaient "déjà été résolues et discutées de manière exhaustive". 

L'ancienne correspondante de la chaîne américaine CNN, qui est également une citoyenne américaine, fait l'objet de sept poursuites judiciaires dont celle pour cybercriminalité, pour laquelle elle a été libérée sous caution et encourt sept ans de prison. 

La loi controversée sur la cybercriminalité, qui date de 2012, année de la création de Rappler, réprime la diffamation en ligne mais aussi le harcèlement ou la pédopornographie. 

Rappler, qui fait également l'objet de multiples poursuites, s'est battu pour ne pas fermer après avoir été accusé d'avoir enfreint la loi interdisant à des intérêts étrangers de détenir des médias. 

En juin, quelques jours avant la fin de la présidence de M. Duterte, la Commission philippine des valeurs mobilières et des changes a ordonné la fermeture du site pour avoir violé "les restrictions constitutionnelles et légales sur la propriété étrangère dans les médias". 

Rappler conteste cette décision. 

Mais l'avenir du site et les chances de remporter un combat judiciaire sont incertains, dans un pays où le système juridique est hautement politisé. 

Le nouveau président philippin Ferdinand Marcos, qui a succédé à M. Duterte, le 30 juin, a donné peu d'indications sur ce qu'il pense des médias en général et de Rappler en particulier. 

Dans un récent discours, il a déclaré qu'il croyait en "l'importance de faire respecter le droit universel de la liberté d'expression et de la liberté de la presse, ainsi que de donner et de recevoir des informations exactes". 

Mais les militants redoutent que sous sa présidence la situation des droits humains et de la liberté d'expression ne s'aggrave. 


Paris accueille la 11e édition de la Modest Fashion Week : une vitrine mondiale de créativité et d’inclusion

La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
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  • Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie
  • À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style

PARIS: La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste.

Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie. À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style.

Une scène internationale en pleine effervescence

Cette édition réunira des créateurs venus des quatre coins du monde, notamment des États-Unis, de Turquie, du Nigeria, d’Indonésie, du Royaume-Uni, de France et d’Australie. Tous présenteront des collections qui marient héritage culturel et design contemporain.

Des marques établies aux talents émergents, les participants illustrent l’évolution rapide d’un secteur autrefois considéré comme de niche. Aujourd’hui, la mode modeste s’affirme comme un segment dynamique, porté par une clientèle mondiale en quête d’élégance, d’authenticité et de diversité.

Selon Ozlem Sahin, directrice générale de Modest Fashion Weeks by Think Fashion, « cet événement dépasse le cadre d’un simple défilé. Il s’agit d’un mouvement mondial qui relie créativité, héritage et opportunités économiques, tout en s’inscrivant dans une démarche éthique et durable ».

Une visibilité mondiale et des opportunités économiques

La Paris Modest Fashion Week attire chaque année un public influent composé d’acheteurs internationaux, de médias et d’influenceurs. Avec une portée médiatique estimée à plus de deux milliards de personnes et un réseau de plus de 1 000 partenaires, l’événement offre une vitrine exceptionnelle aux marques participantes.

Il constitue également un point de rencontre stratégique pour les acteurs de l’industrie souhaitant développer leur présence sur les marchés européens, moyen-orientaux, asiatiques et américains.

Une expérience immersive portée par des partenaires clés

L’édition 2026 promet une expérience multisensorielle grâce à des collaborations avec plusieurs partenaires. Des marques spécialisées dans la beauté, la parfumerie et le bien-être contribueront à enrichir les défilés, en y apportant une dimension sensorielle et artistique supplémentaire.

Cette synergie entre mode, beauté et innovation reflète l’esprit collaboratif qui caractérise aujourd’hui l’écosystème de la mode modeste à l’échelle mondiale.

Pendant trois jours, les visiteurs assisteront à 30 défilés et participeront à 8 conférences consacrées aux enjeux majeurs du secteur, tels que la durabilité, l’innovation et le commerce international.

Un espace B2B dédié permettra également aux créateurs, distributeurs et investisseurs de nouer des partenariats et de favoriser des collaborations transfrontalières.

Depuis sa création en 2016 à Istanbul, la Modest Fashion Week s’est imposée comme un acteur clé du développement de cette industrie. Présente dans plusieurs capitales mondiales, elle accompagne la montée en puissance d’une mode qui conjugue identité, culture et modernité.

À Paris, cette 11e édition s’annonce comme une nouvelle étape dans l’affirmation d’une mode sans frontières, où l’inclusivité et la créativité occupent une place centrale.

Alors que l’industrie de la mode évolue vers des modèles plus responsables et diversifiés, la mode modeste s’impose comme l’un des moteurs de cette transformation, attirant une audience toujours plus large et internationale.


Le 12e Festival du film saoudien reporté à juin

Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
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  • Le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra du 25 juin au 1er juillet à Dhahran, avec pour thème « Cinéma du Voyage »
  • L’événement inclura des compétitions, projections, focus sur le cinéma coréen et programmes de développement pour les cinéastes

DHAHRAN : Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se déroulera désormais du 25 juin au 1er juillet.

Organisé par l’Association du Cinéma en partenariat avec le Centre Roi Abdulaziz pour la Culture Mondiale (Ithra) et soutenu par la Commission Saoudienne du Film, le siège d’Ithra à Dhahran accueillera à nouveau l’événement.

Le festival de cette année explore le thème du « Cinéma du Voyage », présentant une sélection soignée de films arabes et internationaux — courts et longs métrages — qui mettent en avant le voyage et le mouvement comme éléments essentiels de la narration.

Comme lors des éditions précédentes mettant en lumière le cinéma non saoudien, le festival proposera un « Focus sur le Cinéma Coréen ».

À cette occasion, Ahmed Al-Mulla, fondateur et directeur du Festival du film saoudien, a déclaré : « Le festival de cette année crée une atmosphère riche en inspiration, en échanges d’idées et en apprentissages partagés. C’est une célébration de la créativité cinématographique pour tous. »

Tariq Al-Khawaji, directeur adjoint du Festival, a ajouté : « À Ithra, nous sommes fiers de notre partenariat de longue date avec l’Association du Cinéma. Cela a permis la croissance et la diversité thématique du festival année après année, ce que nous voyons clairement dans la manière dont nous soutenons les cinéastes et créons des opportunités d’engagement avec le cinéma mondial. »

Depuis son lancement en 2008, le Festival du film saoudien est un moteur clé du cinéma saoudien et du Golfe et constitue le plus ancien festival de cinéma du Royaume. Après plusieurs interruptions, il est désormais devenu un événement annuel.

Le festival réunit des compétitions de films de fiction et documentaires, des programmes de développement professionnel, un marché de production et des concours de projets. Et, bien sûr, de nombreuses projections sur les écrans d’Ithra, avec de nombreuses stars foulant le tapis rouge et des producteurs de films en quête de talents. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.