Iran: nouvelles manifestations contre le pouvoir

Une photo obtenue par l'AFP hors d'Iran, montre une moto en feu dans la capitale Téhéran, le 8 octobre 2022.
Une photo obtenue par l'AFP hors d'Iran, montre une moto en feu dans la capitale Téhéran, le 8 octobre 2022.
Short Url
Publié le Samedi 15 octobre 2022

Iran: nouvelles manifestations contre le pouvoir

  • À l'ouest de Téhéran, des manifestants ont lancé des projectiles sur les forces de sécurité près d'un rond-point important de la ville de Hamedan
  • Malgré les fortes perturbations de l'Internet et le blocage par les autorités d'Instagram et WhatsApp, des Iraniens se sont rassemblés samedi dans les rues d'Ardabil, dans le nord-ouest du pays

PARIS : Des Iraniens sont de nouveau descendus dans la rue samedi pour manifester contre le pouvoir, un mois après le début du mouvement de contestation déclenché par la mort de Mahsa Amini et réprimé dans le sang, selon des médias et des ONG.

Cette Kurde iranienne de 22 ans est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la police des moeurs à Téhéran, pour avoir, selon celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, prévoyant notamment le port du voile pour les femmes.

Les autorités iraniennes affirment que la jeune femme est morte des suites d'une maladie et non de "coups", d'après un rapport médical rejeté par son père. Selon son cousin, elle est décédée après "un violent coup à la tête".

Depuis, nombre de jeunes femmes ont été le fer de lance des manifestations, criant des slogans antigouvernementaux, enlevant et brûlant leur foulard, et tenant tête aux forces de sécurité dans les rues.

"Les mollahs doivent déguerpir!", scandaient samedi des femmes sans hijab au Collège technique et professionnel Shariati de Téhéran, dans une vidéo largement partagée en ligne.

À l'ouest de Téhéran, des manifestants ont lancé des projectiles sur les forces de sécurité près d'un rond-point important de la ville de Hamedan, selon des images vérifiées par l'AFP.

Malgré les fortes perturbations de l'Internet et le blocage par les autorités d'Instagram et WhatsApp, des Iraniens se sont rassemblés samedi dans les rues d'Ardabil, dans le nord-ouest du pays, selon des vidéos partagées sur Twitter.

Des commerçants se sont mis en grève à Saghez, la ville natale de Mahsa Amini dans la province du Kurdistan (nord-ouest), et à Mahabad (nord), d'après le média en ligne 1500tasvir, qui recense les violations des droits humains.

"Des écolières dans le village de Ney à Marivan (ouest) ont provoqué des feux dans la rue et crié des chants antigouvernementaux", a indiqué Hengaw, un groupe de défense des droits des Kurdes d'Iran basé en Norvège.

Des jeunes ont également manifesté dans les universités de Téhéran, d'Ispahan (sud) et de Kermanshah (nord-ouest), selon des images partagées en ligne.

Situation sensible

Les manifestants répondaient à un appel de militants à des protestations massives sous le slogan "Le début de la fin!" du pouvoir.

Ces militants ont encouragé les Iraniens à manifester dans des endroits où les forces de sécurité ne sont pas présentes et à scander "Mort au dictateur", en référence au guide suprême Ali Khamenei.

Face à ces manifestations, le Conseil islamique de coordination du développement, un organisme officiel, a appelé les Iraniens à dire dans les mosquées, après la prière du soir samedi, "leur colère contre les émeutiers et la sédition".

Des "retraités" des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, se sont par ailleurs rassemblés samedi, selon le journal réformateur Shargh.

Lors du rassemblement, un commandant des Gardiens a déclaré que trois membres de sa milice paramilitaire Bassidj ont été tués et 850 blessés à Téhéran depuis le début de la "sédition", a rapporté l’agence de presse officielle Irna.

La contestation, entrée dans sa cinquième semaine, a suscité des rassemblements de solidarité à l'étranger et la répression, qui a fait plus de 100 morts selon des ONG, a été condamnée par la communauté internationale.

Au moins 108 personnes ont été tuées dans la répression, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo. Amnesty International a affirmé qu'au moins 23 enfants de 11 à 17 ans avaient été "tués par les forces de sécurité". Et des centaines de personnes ont été arrêtées.

Courageuses femmes

Vendredi, le président américain Joe Biden, dont le pays est ennemi juré de l'Iran, a affirmé se tenir "aux côtés des courageuses femmes d'Iran", appelant le pouvoir à "mettre fin à la violence contre ses citoyens".

Les dirigeants iraniens accusent les États-Unis de déstabiliser leur pays en fomentant des "émeutes".

Alors que l'Union européenne s'apprête à imposer lundi des sanctions à l'Iran, le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a appelé l'UE à adopter une "approche réaliste".

Il a également fustigé vendredi une politique de deux poids, deux mesures: "Qui aurait cru que la mort d'une seule fille serait aussi importante pour les Occidentaux ? Qu'ont-ils fait concernant les centaines de milliers de martyrs et de morts en Irak, en Afghanistan, en Syrie et au Liban ?".

Les manifestations en Iran sont les plus importantes depuis celles de 2019 contre la hausse du prix de l'essence dans ce pays riche en pétrole.


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Short Url
  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Short Url
  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.