Explosion de Beyrouth: le juge chargé de l'enquête poursuivi en justice

Le juge Tarek Bitar, à la tête de l'enquête sur l'explosion massive du port de Beyrouth en 2020, a repris son travail le lundi 23 janvier 2023 après une interruption de près de 13 mois. (Photo, AP)
Le juge Tarek Bitar, à la tête de l'enquête sur l'explosion massive du port de Beyrouth en 2020, a repris son travail le lundi 23 janvier 2023 après une interruption de près de 13 mois. (Photo, AP)
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Publié le Jeudi 26 janvier 2023

Explosion de Beyrouth: le juge chargé de l'enquête poursuivi en justice

  • Le procureur général du Liban a décidé mercredi de poursuivre le juge Tarek Bitar, ripostant à sa propre mise en accusation sur fond d'un bras de fer judiciaire qui menace d'occulter l'enquête
  • M. Bitar est appelé à comparaître jeudi matin, selon un responsable judiciaire ayant requis l'anonymat

BEYROUTH: Poursuivi en justice après avoir été soumis à d'énormes pressions politiques, le juge indépendant chargé de l'enquête sur l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, a assuré mercredi qu'il n'abandonnerait pas son investigation.

Le procureur général du Liban a décidé mercredi de poursuivre le juge Tarek Bitar, ripostant à sa propre mise en accusation sur fond d'un bras de fer judiciaire qui menace d'occulter l'enquête.

L'explosion du 4 août 2020, qui avait fait plus de 215 morts et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, avait été provoquée par le stockage sans précaution de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium dans un entrepôt au port.

Les autorités libanaises sont accusées par des ONG et les familles des victimes de faire obstruction à l'enquête locale et refusent une enquête internationale.

Mercredi soir, les ONG Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont pressé le Conseil des droits de l'homme des Nations unies d'"adopter de toute urgence une résolution pour mettre en place une commission d'enquête impartiale".

"Il est parfaitement clair que les autorités libanaises sont déterminées à faire obstruction à la justice", ont-elles estimé dans un communiqué conjoint mercredi soir.

M. Bitar avait décidé lundi, à la surprise générale, de reprendre son enquête suspendue pendant 13 mois en raison de pressions de la part d'une grande partie de la classe politique, dont le puissant Hezbollah pro-iranien.

Il avait inculpé plusieurs personnalités de haut rang, notamment le procureur général Ghassan Oueidate et deux hauts responsables de la sécurité, une première dans l'histoire du Liban.

Dans une déclaration à l'AFP, M. Oueidate a annoncé avoir décidé de poursuivre le juge Bitar pour "rébellion contre la justice", et "usurpation de pouvoir", un fait rare.

Le juge est en outre frappé d'une interdiction de quitter le territoire libanais, a ajouté le procureur général près la Cour de cassation. M. Bitar est appelé à comparaître jeudi matin.

"Je suis toujours chargé de l'enquête et je ne me dessaisirai pas de ce dossier. Le procureur n'a pas la prérogative de me poursuivre", a réagi, dans une déclaration à l'AFP, le juge Bitar.

Selon un responsable judiciaire ayant requis l'anonymat, il refuse de comparaître jeudi.

«Coup d'Etat mafieux»

"C'est un coup d'Etat mafieux contre ce qu'il reste de la légalité", a affirmé à l'AFP l'avocat Nizar Saghié, directeur de l'ONG juridique libanaise Legal Agenda.

"On est dans un Etat où l'accusé fait la guerre au juge chargé de l'enquête. Il poursuit le juge qui l'a poursuivi il y a deux jours, ce n'est pas possible juridiquement", a-t-il ajouté.

L'explosion a été imputée par une grande partie de la population à la corruption et la négligence de la classe dirigeante.

Le procureur a également ordonné la libération des 17 personnes détenues sans jugement depuis la gigantesque explosion, parmi lesquelles un ressortissant détenant la double nationalité américaine et libanaise, ainsi que les directeurs des douanes Badri Daher et du port Hassan Koraytem.

Ces trois personnes ne figuraient pas parmi les cinq détenus dont M. Bitar avait ordonné la libération lundi, lorsqu'il avait décidé de reprendre l'enquête.

Les correspondants de l'AFP ont vu jeudi soir plusieurs détenus sortir du centre de Rihaniyé où ils étaient incarcérés, près de Beyrouth.

Le bras de fer juridique entre le procureur et le juge chargé de l'enquête menace d'occulter l'enquête sur l'explosion, et la libération des détenus a provoqué la colère des familles des victimes.

Le parquet général "n'a pas le droit de libérer. C'est de la folie", a affirmé Cécile Roukoz, une des avocates des familles des victimes, qui a perdu son frère dans l'explosion.

"C'est le juge chargé de l'enquête qui est censé décider de leur libération, et le parquet général qui exécute. Ils font l'inverse", a-t-elle ajouté à l'AFP.

"La décision du juge Ghassan Oueidate de libérer l'ensemble des détenus et les autres initiatives menées par le régime signifient que le Liban est devenu un Etat totalement failli", a estimé de son côté Paul Naggear, qui a perdu sa fille de trois ans, Alexandra, dans l'explosion.


Un groupe de femmes retrace la route sacrée de la Hijrah jusqu’à Médine

Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
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  • L’environnement favorable du Royaume pour les femmes a rendu possible ce périple de 500 km à pied, selon la fondatrice de Soul Al-Hijrah

DJEDDAH : Dans un voyage spirituel unique, un groupe de femmes a retracé les pas sacrés du prophète Muhammad de La Mecque à Médine.

Les 22 participantes – aventurières, cadres, médecins, infirmières, enseignantes, mères âgées de 30 à 50 ans – seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir effectué le voyage le plus proche de l'itinéraire original.

Les femmes ont parcouru à pied près de 500 km pour revivre ce que le prophète Muhammad et ses compagnons ont pu traverser il y a plus de 1 400 ans.

« Oui, c’est la toute première marche de la Hijrah réservée aux femmes. Elles sont venues du monde entier pour marcher ensemble lors de ce périple inoubliable. Elles ont complété un voyage d’une semaine, expérimentant la signification historique et spirituelle du trajet », a déclaré Salma Abdulrahman, directrice de Soul Al-Hijrah, à Arab News.

Les 22 participantes ont visité des sites clés le long de la route, pour une immersion totale dans la valeur historique et spirituelle de la Hijrah. Abdulrahman faisait partie des premières à emprunter ce chemin.

« J’ai trouvé mon âme sur ce chemin et j’ai eu l’impression de renaître. Ce voyage a ravivé mon cœur et changé le cours de ma vie. C’est aussi le début de ma société de tourisme, Soul Al-Hijrah », a-t-elle expliqué.

Elle a accompagné les participantes tout au long du voyage : « Ce fut un honneur de les servir et d’accueillir les invités de notre bien-aimé Prophète Muhammad, paix et bénédictions sur lui, en veillant à leur confort tout au long du parcours. C’est un honneur que je chéris profondément, et ma joie envers elles est indescriptible. »

Abdulrahman a ajouté que plus de 20 voyages ont déjà été organisés sur la route de la Hijrah pour des groupes venus du monde entier, témoignant de l’intérêt croissant pour ce type de tourisme spirituel et historique.

« Il faut dire que ce type d’initiative n’aurait pas été possible sans l’environnement favorable offert par le Royaume aux femmes saoudiennes, leur donnant la confiance nécessaire pour être à l’avant-garde du secteur touristique », a-t-elle souligné.

La Dre Dina Altayeb, parodontiste et implantologue, a décrit ce voyage comme le plus intense et profond parmi toutes ses aventures. « J’aimerais que plus de gens aient cette opportunité, car elle offre d’innombrables bienfaits pour l’âme, le corps et l’esprit », a-t-elle déclaré.

Altayeb, qui est la première femme saoudienne à se qualifier et à participer au championnat du monde Ironman,  a déclaré à Arab News que c'était une expérience totalement différente. « Pour moi, ce n'était pas aussi difficile que mes aventures habituelles, mais spirituellement, ce fut une expérience formidable, car c'était une expérience émotionnelle indescriptible... (et) ce fut aussi une expérience enrichissante. »

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Les 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo: fournie)

Elle s’est dite ravie d’arriver à Médine. « Nous avons traversé des montagnes, des vallées et des déserts, tout comme l'avait fait le Prophète. Ce fut un sentiment extraordinaire lorsque nous sommes arrivés à Médine après huit jours de marche. »

Ghadeer Sultan, responsable en ressources humaines, a rejoint le groupe par hasard. « Je n’avais pas prévu de suivre le voyage de la Hijrah, c’était une coïncidence, une invitation qui m’est parvenue, et un peu de curiosité pour vivre l’expérience », a-t-elle confié.

« Lorsque nous sommes entrés dans le jardin ombragé de Médine, j'ai eu l'impression que la paix et la lumière avaient pénétré au plus profond de mon âme. J'ai ressenti la joie des Ansar à l'arrivée du Prophète, que la paix et les bénédictions soient sur lui, et mon cœur a vibré à tous ces moments historiques. Je découvrais les véritables grandes valeurs incarnées par la ville du Prophète : les valeurs d'amour et de tolérance. »

À leur arrivée à Médine, après un voyage qui a débuté le 22 décembre et s'est terminé le 29 décembre, les participantes ont été chaleureusement accueillis avec des roses et des prières.

Leur première visite a été la mosquée Quba, où le Prophète a séjourné lors de sa migration. Première mosquée de l’histoire de l’Islam et en partie construite par le Prophète lui-même, elle revêt une profonde signification spirituelle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le lauréat du prix Nobel de chimie 2025, Omar Yaghi

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
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  • Le prince héritier a félicité Yaghi pour avoir reçu ce prix et lui a souhaité beaucoup de succès pour l'avenir

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi à Riyad le professeur Omar Yaghi, lauréat du prix Nobel de chimie 2025.

Le prince héritier a félicité Omar Yaghi pour cette distinction et lui a souhaité un succès continu, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le professeur a été récompensé par le prix Nobel de chimie 2025, qu’il partage avec Richard Robson, de l’Université de Melbourne en Australie, et Susumu Kitagawa, de l’Université de Kyoto au Japon.

Les scientifiques ont été distingués pour la création de « constructions moléculaires dotées de vastes espaces permettant la circulation de gaz et d’autres substances chimiques. Ces structures, appelées réseaux métallo-organiques, peuvent être utilisées pour capter l’eau de l’air du désert, piéger le dioxyde de carbone, stocker des gaz toxiques ou catalyser des réactions chimiques ».

Omar Yaghi a exprimé sa gratitude au prince héritier pour cette rencontre ainsi que pour le soutien qu’il a reçu dans ses travaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le cheikh Tahnoon « bienvenu à tout moment », selon le ministre saoudien des Médias

Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary (à gauche), et le Cheikh Tahnoon ben Zayed Al-Nahyane (à droite). (Photo fournie)
Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary (à gauche), et le Cheikh Tahnoon ben Zayed Al-Nahyane (à droite). (Photo fournie)
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  • Malgré des divergences sur le dossier yéménite, Riyad et Abou Dhabi soulignent l’importance stratégique de leur partenariat régional

RIYAD : Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a réfuté mercredi les allégations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le Royaume aurait refusé l’entrée au conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis, le cheikh Tahnoon ben Zayed.

« Ce qui circule au sujet d’un refus du Royaume de recevoir Son Altesse le cheikh Tahnoon ben Zayed est incorrect. Son Altesse vient au Royaume quand il le souhaite, sans autorisation ; c’est sa maison et sa direction est sa famille », a écrit le ministre sur X.

Le cheikh Tahnoon est le vice-gouverneur d’Abou Dhabi et le frère du président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohamed ben Zayed.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré mardi que, malgré une « divergence de vues » entre les deux pays au sujet du Yémen, leur relation était « d’une importance cruciale » pour la stabilité régionale.

« Le Royaume est toujours désireux d’entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis en tant que partenaire clé au sein du CCG », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que le retrait des Émirats arabes unis du Yémen constituait une « pierre angulaire » permettant à la relation avec les Émirats de rester solide.

Le mois dernier, le gouvernement yéménite internationalement reconnu a demandé aux Émirats arabes unis de retirer leurs forces du pays, après que le Conseil de transition du Sud (STC), qu’ils soutiennent, a pris le contrôle de vastes zones dans le sud et l’est du pays.

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite pour soutenir la légitimité au Yémen a indiqué, le 30 décembre, avoir mené une frappe aérienne « limitée » contre des cargaisons d’armes de contrebande destinées au STC.

Le ministère émirati de la Défense a annoncé avoir achevé un retrait total du Yémen le 2 janvier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com