Blinken achève sa visite au Moyen-Orient sans parvenir à mettre fin à la violence

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, accueille le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 31 janvier 2023 (Photo, AFP).
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, accueille le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 31 janvier 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 01 février 2023

Blinken achève sa visite au Moyen-Orient sans parvenir à mettre fin à la violence

  • Blinken a rencontré Abbas, mais il n'y a eu aucun signe de progrès, même sur l'objectif modeste de mettre fin à la dernière escalade
  • Mahmoud al-Aloul, leader du Fatah, a déclaré que les dirigeants palestiniens n'avaient plus confiance dans la politique américaine

RAMALLAH: Alors qu'il achevait mardi une visite de deux jours en Israël et en Cisjordanie occupée, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a rencontré le président palestinien, Mahmoud Abbas, à Ramallah et a appelé à une désescalade des tensions, mais n'a proposé aucune nouvelle initiative américaine pour y parvenir.
Rien n'indique qu'il ait fait des progrès, même dans le modeste objectif d'arrêter la dernière vague de violence, et encore moins qu'il ait abordé les questions plus larges concernant d'éventuels pourparlers de paix.
Abbas a rejeté toute la responsabilité de la flambée de violence sur Israël et a reproché à la communauté internationale de ne pas faire plus de pression sur les autorités israéliennes.
Blinken et William Burns, le chef de la CIA qui a rencontré Abbas le 29 janvier, l'ont exhorté à prendre des mesures contre les groupes militaires palestiniens et à réduire les niveaux de violence contre Israël.
Blinken a appelé au calme des deux côtés après l'incident de la semaine dernière, au cours duquel un Palestinien armé a tué sept personnes à l'extérieur d'une synagogue à Jérusalem, et dans un contexte de colère des Palestiniens face aux opérations des forces israéliennes et des colons en Cisjordanie occupée.
Il a transmis ce message lors de sa rencontre avec Abbas et a mis en garde toutes les parties contre toute action susceptible de menacer une solution à deux États aboutissant à la création d'un État palestinien indépendant aux côtés d'Israël.
Blinken a critiqué Israël pour ses actions qui, selon Washington, créent des obstacles à la solution à deux États. Il a notamment souligné «l'expansion des colonies, la légalisation des avant-postes de colonisation, les démolitions et les expulsions, les perturbations du statut historique des lieux saints et, bien sûr, l'incitation à la violence et son adoption».
Après la rencontre avec Abbas, Blinken a déclaré que les États-Unis allaient fournir 50 millions de dollars supplémentaires (1 dollar américain = 0,92 euro) à l'agence des Nations unies pour les Palestiniens et a annoncé qu'il avait conclu un accord avec le gouvernement israélien pour fournir des services de télécommunications 4G au peuple palestinien.
De son côté, Abbas a appelé à «l'arrêt complet des actions unilatérales israéliennes, qui violent les accords signés et le droit international». Il a réitéré la demande de longue date des Palestiniens pour qu'Israël mette fin à son occupation de leur territoire.
«Nous sommes maintenant prêts à travailler avec l'administration américaine et la communauté internationale pour rétablir le dialogue politique afin de mettre fin à l'occupation israélienne des terres de l'État de Palestine sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale», a-t-il signalé.
«L'opposition continue aux efforts du peuple palestinien pour défendre son existence et ses droits légitimes dans les forums et tribunaux internationaux est une politique qui encourage l'occupant israélien à commettre davantage de crimes et viole le droit international.
«Notre peuple n'acceptera pas la poursuite de l'occupation pour toujours, et la sécurité régionale ne sera pas renforcée en violant le caractère sacré des lieux saints, en piétinant la dignité du peuple palestinien et en ignorant ses droits légitimes à la liberté, à la dignité et à l'indépendance», a-t-il prévenu.
La direction palestinienne a déclaré à Blinken que, pour rétablir le calme, Israël doit cesser ses mesures unilatérales, arrêter la construction de colonies en Cisjordanie, mettre fin aux incursions de l'armée israélienne dans les villes palestiniennes et empêcher les attaques et les violences des colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie.
Les Palestiniens exigent également qu'Israël débloque les recettes fiscales pour l'Autorité palestinienne et qu'il offre un horizon politique pour la résolution du conflit.
Des sources palestiniennes de haut niveau ont indiqué que la compréhension et le soutien des États-Unis à l'égard des demandes palestiniennes pourraient empêcher une nouvelle escalade et renforcer la confiance, ce qui pourrait persuader Abbas de reprendre la coordination sécuritaire avec Israël, qu'il a interrompue le 26 janvier après le meurtre de neuf Palestiniens à Jénine.
Mahmoud al-Aloul, un dirigeant du Fatah, a déclaré que la direction palestinienne n'a plus aucune confiance ni aucun espoir dans la politique américaine, car elle est uniquement préoccupée par la protection et le soutien de l'occupation israélienne.
Il a ajouté que la visite de Blinken est intervenue après que les Palestiniens ont décidé de faire face aux «crimes et attaques de l'occupation et de ses colons, qui se sont récemment intensifiés».
L'analyste politique Majdi Halabi a déclaré à Arab News que la visite de Blinken était cruciale car elle contribuerait aux efforts visant à apaiser la situation et à réduire les tensions entre Palestiniens et Israéliens.
«Abbas ne peut pas empêcher les attaques individuelles des Palestiniens contre des cibles israéliennes», a affirmé Halabi. «Il peut influencer le groupe palestinien armé La Tanière des Lions car il comprend des éléments de l'organisation Fatah qu'il dirige.»
Halabi a ajouté que les États-Unis peuvent également faire pression sur Israël pour qu'il mette fin aux démolitions de maisons palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem, réduise le nombre d'arrestations de Palestiniens et limite l'expansion des colonies. Washington pourrait faire cela, s'il le souhaite, car Israël a besoin de l'aide financière américaine et de son assistance pour affronter l'Iran, a-t-il ajouté.
Pour l'analyste politique palestinien Nabil Amr, les Américains ne peuvent que donner des conseils aux deux parties et parler de la nécessité du calme et de la préservation de la solution à deux États. En attendant, «la pression est inévitablement du côté palestinien», a-t-il précisé.
Les Américains «ne sont plus en mesure d'influencer le gouvernement israélien, et les Israéliens ne les écoutent pas et profitent de leur soutien afin d’alimenter leur guerre contre les Palestiniens», a indiqué Amr.
Washington «formule des exigences que les Palestiniens ne peuvent pas satisfaire même s'ils les acceptent, comme empêcher les opérations individuelles contre les Israéliens. Ceux qui ont mené les récentes attaques contre des cibles israéliennes n'avaient aucun lien avec les organisations palestiniennes mais étaient des individus, alors comment l'Autorité palestinienne peut-elle les  empêcher?» s’est -il demandé.
Amr a vivement critiqué la politique américaine actuelle sur le conflit, «gérant des crises sans vision politique» à long terme.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.


Oman: deux blessés dans l'attaque d'un immeuble résidentiel 

Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat. (AFP)
Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat. (AFP)
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  • "Selon une source sécuritaire, un immeuble abritant les employés d'une entreprise dans le quartier de Tibat à Bukha a été visé"
  • "Deux expatriés ont été légèrement blessés, quatre véhicules ont été endommagés et les vitres d'une maison voisine ont été brisées"

MASCATE: Deux personnes ont été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat.

"Selon une source sécuritaire, un immeuble abritant les employés d'une entreprise dans le quartier de Tibat à Bukha a été visé", a annoncé l'agence de presse omanaise, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

"Deux expatriés ont été légèrement blessés, quatre véhicules ont été endommagés et les vitres d'une maison voisine ont été brisées", a-t-elle précisé.


L'Arabie saoudite condamne les nouvelles attaques contre les Émirats arabes unis et appelle à la reprise des négociations

Les Émirats arabes unis ont déclaré lundi que leurs systèmes de défense aérienne avaient répondu à quatre missiles tirés depuis l'Iran. (AFP/File Photo)
Les Émirats arabes unis ont déclaré lundi que leurs systèmes de défense aérienne avaient répondu à quatre missiles tirés depuis l'Iran. (AFP/File Photo)
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  • Les Émirats arabes unis interceptent des missiles et des drones en provenance d'Iran et expriment leur "droit de réponse".
  • Un incendie se déclare dans une installation pétrolière de Fujairah, trois résidents indiens sont blessés

RIYAD: Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman a condamné les attaques de lundi aux Émirats arabes unis lors d'un appel avec le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohamed bin Zayed.

Le prince Mohammed bin Salman a réaffirmé le soutien de son pays à la sécurité et à la stabilité des EAU, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Cet appel a été lancé après que le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a intercepté 12 missiles balistiques, trois missiles de croisière et quatre drones lancés depuis l'Iran lundi, faisant trois blessés parmi les mineurs.

Les Émirats arabes unis affirment que l'arsenal de munitions a été tiré par l'Iran, ce que la République islamique a démenti depuis.

Les attaques ont été marquées par l'apparition de messages d'alerte sur les téléphones portables des émirats. C'est la première fois depuis le début du cessez-le-feu que ces alertes ont été vues ou entendues.

Ces messages invitaient les habitants à "se mettre immédiatement à l'abri dans le bâtiment sécurisé le plus proche".

Une installation pétrolière de Fujairah prise pour cible : trois blessés

L'émirat de Fujairah, dans l'est des Émirats arabes unis, a également déclaré qu'un drone iranien avait déclenché un incendie dans une installation pétrolière. Fujairah est le terminus d'un oléoduc que les Émirats arabes unis ont utilisé pour éviter d'expédier du pétrole par le détroit d'Ormuz dans le cadre de la guerre contre l'Iran.

Les autorités de l'émirat ont déclaré que trois résidents indiens avaient été blessés lors de la frappe.

Le ministère des affaires étrangères des Émirats arabes unis a déclaré dans un communiqué que les attaques iraniennes constituaient une "grave escalade" et une "menace directe pour la sécurité du pays". Il a ajouté qu'il se réservait le "droit total et légitime de répondre" aux attaques.

Démenti iranien

La télévision d'État iranienne a déclaré que Téhéran n'avait "pas l'intention de prendre les Émirats arabes unis pour cible".

Un cargo a également pris feu au large des côtes des Émirats arabes unis lundi. Le centre d'opérations commerciales maritimes de l'armée britannique a annoncé que le navire avait pris feu, ajoutant qu'il s'agissait de la salle des machines du navire.

Il a confirmé que tous les membres de l'équipage du navire avaient été retrouvés.

Après l'interception des missiles, un communiqué du ministère de la défense a ajouté : "Les bruits entendus dans des zones éparses du pays sont le résultat de l'interception réussie des menaces aériennes".

L'Iran a lancé plus de 2 800 attaques de drones et de missiles contre les Émirats arabes unis depuis le 28 février, premier jour de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, ce qui en fait le pays le plus visé par la campagne de Téhéran contre les pays du Golfe.

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, a condamné les attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis, les qualifiant d'"acte d'agression grave et d'escalade flagrante".

L'Arabie saoudite s'est déclarée préoccupée par l'escalade militaire dans la région et a appelé à une désescalade, a déclaré lundi le ministère des affaires étrangères.

Le royaume a également appelé les nations à soutenir les efforts diplomatiques pakistanais pour parvenir à une solution politique.